C’est maintenant ou jamais pour Vettel

23 04 2012

Il est parfois très dur de redescendre de son petit nuage. Surtout lorsque la réalité vous rattrape violemment. C’est le cas en ce moment pour Sebastian Vettel qui est en train de vivre quelques moments difficiles.

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Etre champion du monde en titre, ca donne de la confiance. C’est aussi une fierté qui envahit tout votre être et qui vous fait vous sentir invincible. Alors être double champion du monde, c’est encore plus grisant !

Mais la pression est bel et bien présente elle aussi ; et plus vous avez l’image d’un pilote invincible, plus cette pression est décuplée. L’attente de la moindre faute par vos adversaires ne passera pas inaperçu. Et nul ne doute qu’ils profiteront de cette moindre faiblesse pour s’emparer de la situation et essayer de détruire cette grande confiance.

C’est exactement ce qui est en train d’arriver à Sebastian Vettel en ce début de saison 2012. En difficulté avec sa monoplace, le pilote allemand va devoir prouver qu’il est vraiment le grand que tout le monde soupçonne.

Cette situation est arrivée à d’autres grands champions bien avant lui. Sans remonter jusqu’à la création du championnat du monde dans les années 50, on peut aisément trouver des exemples de telle situation.

On compare souvent Vettel à son ainé Michael Schumacher. Mais le septuple champion du monde a lui aussi, en son temps, connu quelques péripéties. Certes, en quittant une écurie Benetton victorieuse, pour rejoindre une Scuderia Ferrari moribonde en 1996, il avait fait ce choix en son âme et conscience. Mais il connaissait également les difficultés qu’il allait rencontrer. Son désir ardant d’aller de l’avant, sa passion et son immense talent on fait que se pari s’est transformé en exceptionnelle réussite. Mais rien n’était écrit à l’avance et surtout, sa crédibilité et ses talents de pilotage se sont révélés supérieurs à ce que pouvaient penser tous les observateurs qui suivaient ses performances depuis ses débuts en compétition. En quelque sorte, cette mise en difficulté volontaire a fait passer le pilote Michael Schumacher d’un champion du monde au talent évident à une véritable légende.

D’un autre côté, l’exemple de Fernando Alonso est un peu différent. Même si la situation de base est similaire, le contexte n’est sensiblement pas le même.

L’Espagnol avait fait le choix après ses deux titres mondiaux, de rejoindre l’équipe McLaren, chez qui il pensait trouver la force suffisante pour enchaine les titres et les victoires. Malheureusement, l’aventure tourna court à cause de quelques incompatibilités d’humeur, et Fernando retourna vers Renault, en plein déclin, mais lui offrant une ambiance bien plus chaleureuse et conforme à ses attentes. Avec une monoplace bien en deçà de son talent, Alonso a néanmoins réussi à impressionner son monde et à remporter deux victoire qui ont fait penser à certaine que l’Ibère avait vraiment un talent hors normes. Il a su ensuite se relancer chez Ferrari et jouer le titre mondial dès sa première saison au sein de la Scuderia, la suite de l’histoire balbutie un peu cependant. Il est quand même considéré comme un, sinon le, meilleur pilote actuel.

Alors certes, Sebastian Vettel n’a pas changé d’équipe. Mais il se retrouve néanmoins au volant d’une monoplace beaucoup moins dominatrice que celles qu’il avait en mains ces deux dernières saisons.

Son énervement contre Karthikeyan en Malaisie et sa onzième place en qualification en Chine sont autant de preuve que la saison risque d’être longue est difficile pour le double champion du monde allemand.

La lueur d’espoir entrevue avec sa victoire à Bahreïn lui a sûrement mis du baume et au cœur et a attisé son côté conquérant. Mais qu’est ce qu’il lui garanti que sa monoplace sera compétitive à ce point sur les prochaines courses ?

C’est donc dans ces épreuves qu’il va devoir révéler sa vrai nature de champion, pas forcement en remportant un troisième titre en 2012, mais en prouvant à chacun qu’il est capable de faire des miracles, même quand la situation n’est pas à son avantage.

Axel B.





Pour le plaisir de Schumacher

20 04 2012

Beaucoup de commentaires ont été écrit au sujet du retour de Michael Schumacher. Mais plus les saisons avancent et plus les Grands prix se passent, une chose évidente saute aux yeux : Michael est là pour son propre plaisir.

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Effectivement, il y avait de grandes attentes autour de ce come-back fortement médiatisé. Imaginez un peu la scène : le septuple champion du monde, recordman de victoires, de pole positions, de meilleurs en tour en course et plus encore, revient à ses premières amours chez Mercedes, l’écurie qui lui a permis d’être ce qu’il est aujourd’hui, entouré de Ross Brawn, son plus fidèle ingénieurs (qui l’a suivit de Bentton chez Ferrari au milieu des années 90) ; le teasing est alléchant c’est vrai.

On a eu tôt fait de faire un premier bilan de ce retour en arguant du fait qu’à 41 ans, Michael Schumacher n’avait plus ses réflexes de jeune homme. Dominé en vitesse pure comme en point par son jeune coéquipier Nico Rosberg, l’Allemand était déjà enterré et jeté aux oubliettes, juste bon à parader dans les paddocks dans une ambiance nostalgique.

Effectivement, les performances de Schumacher étaient un peu décevantes. Mais on pouvait également lui trouver des excuses plus que valable pour expliquer cela.

La Formule 1 a vécu une évolution technique formidable durant ses dix dernières années, à tel point qu’une voiture de 2006 n’a plus grand choses à voir avec ses homologues de 2010, date du retour de Michael. Mais plus que ces difficultés d’adaptation, c’est la comparaison direct avec son équipier qui a été montré du doigt par ses détracteurs.

Seulement, en toutes circonstances, nous n’avons jamais vu le septuple champion du monde perdre ses nerfs ou s’agacer de cette situation.

L’Allemand est toujours apparut détendu, voire même amusé par ses péripéties et il n’a jamais perdu sa bonne humeur. En affichant un sourire radieux dans les paddocks, l’Allemand prouvait s’il en était besoin que son retour n’avait rien de forcé. Certes l’appel du pied de Mercedes devait être difficile à repousser, tant historiquement que financièrement.

Mais le principal point d’ancrage de ce retour est surtout et avant tout le plaisir. Il n’y a qu’à voir sa réaction lors de la pole position et la victoire de Nico Rosberg ce week-end en Chine pour se rendre compte que Schumacher est là pour partager des bons moments entouré de son équipe.

Bien entendu, cela ne veux pas dire que le Kaiser est revenu pour amuser la galerie, et qu’aucune ambition n’émane de ce projet avec la frime à l’étoile. Michael Schumacher est revenu avec l’ambition, si ce n’est de remporter un championnat, au moins d’augmenter son nombre total de victoire pour, qui sait, peut être atteindre le chiffre symbolique des 100 succès ?

Quoi qu’il en soit, Schumacher n’a rien à prouver. Et c’est justement grâce à ca que la sérénité fait maintenant parti de lui. Son palmarès risque d’être très dur à égaler durant les années à venir, et il le sait très bien. Son seul souhait, après avoir connu tant de succès et de plaisir dans le monde de la Formule 1 qui est un peu le sien, est de revivre toute l’intensité de ces bons moments et d’en profiter un maximum…à n’en pas douter !

Axel B.





Alonso dans la cours des grands

12 04 2012

Évidemment, en lisant le titre de cette chronique, on pourrait se sentir en léger décalage temporel. Il y a bien longtemps que Fernando Alonso fait parti des plus grands pilotes de la Formule 1. Mais sa récente victoire en Malaisie le fait surtout entrer en cinquième position des pilotes les plus victorieux de l’histoire de ce sport.

 

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Il fût un temps, qui semble bien lointain, où le record de Jackie Stewart de 27 victoires semblait inaccessible. Mais à la fin de sa carrière en 1973, le pilote écossais ne pensait certainement pas que son total de succès en Grand Prix ne serait battu que plus de 14 ans plus tard, par Alain Prost.

De même, le record de 51 victoires établi par le français en 1993 ne pouvait être atteint à l’époque que par Ayrton Senna, à dix longueurs derrière son éternel rival.

Les vicissitudes et les drames de l’histoire en auront décidé autrement, même s’il semblait probable que le talent du géni brésilien lui aurait permit d’atteindre cet objectif qui n’a rien d’anecdotique.

Bien sur, on retrouve maintenant à la tête de ce record l’inévitable septuple champion allemand Michael Schumacher.

Fort de ses 91 victoires, le Kaiser devient une cible intéressante pour toutes les jeunes pousses qui sont avide de reconnaissance historique et mathématique. Bien entendu, Sebastian Vettel est présenté comme le meilleur espoir pour succéder à son ainé en tête de ce classement. Son talent et sa précocité en font le candidat idéal pour atteindre la barre symbolique des 100 succès en course. Mais même si son début de saison 2012 oscille entre le décevant et le déroutant, tout espoir n’est pas perdu.

A coté de lui, Fernando Alonso fait son petit bonhomme de chemin, et ses deux victoires en deux saisons (Grand Bretagne 2011 et Malaisie 2012) font de lui le cinquième homme de ce classement prestigieux.

L’Espagnol est considéré, sûrement à juste titre, comme le pilote le plus complet de sa génération. A voir ses prouesses au volant d’une monoplace erratique et ratée, les observateurs ayant constaté cet état de fait ne sont pas loin de la vérité. Et cette statistique, et les 28 victoires qui la composent, sont là pour affirmer un peu plus ce constat.

Mais à plus de trente ans, et à la vue de la situation actuelle de la Scuderia Ferrari (qui semble ne pas réussir à se sortir de cette spirale infernale de la défaite), est ce que le double champion du monde arrivera à battre le record de victoires en Grand Prix ? Probablement que non. Même si rien n’est sûr en Formule 1…

 

Mais il aura cependant le privilège de côtoyer pendant de longues années des noms prestigieux qui auront marqué le sport automobile de leur empreinte. Outre ceux précédemment cités, il ne faut pas oublier d’évoquer le britannique Nigel Mansell, qui aura atteint le chiffre impressionnant de 31 victoires, alors qu’il n’aura ouvert son compteur qu’à partir de sa 32ème année. Voilà de quoi donner de l’espoir à bon nombre de pilote en attente de succès…

 

Axel B.





Kobayashi en lutte contre l’oubli

2 04 2012

On entend beaucoup parler de l’explosion du talent de Sergio Pérez, de la menace qu’il pourrait représenter pour Felipe Massa et de son avenir en rouge. Mais l’autre dommage collatéral de la performance du Mexicain à Sepang pourrait concerner son coéquipier chez Sauber, Kamui Kobayashi.

Licence Creative Commons / Morio

A son arrivée en Formule 1, Kamui Kobayashi n’était pas très connu du public européen. L’histoire des Japonais dans la discipline reine du sport automobile est entourée de beaucoup de passion et de ferveur au pays du soleil levant, mais aussi de beaucoup de déception.

Un petit contingent de pilotes nippons est parvenu en Formule 1, surtout depuis les années 80. Si les pionniers de la discipline datent des années 60 et de la première écurie Honda, c’est avec l’émergence de Satoru Nakajima en 1987 que la pays se trouve enfin une idole respectable. Même si ses performances n’atteignent pas des sommets, Satoru marque des points à chaque saison aux quelles il participe, et devient surtout célèbre pour avoir été l’équipier d’Ayrton Senna au sein de l’écurie Lotus.

Sa présence en Formule 1 ne sera pas très longue (74 Grands Prix tout de même) mais elle laissera surtout une porte ouverte à d’autres de ses compatriotes dans les années suivantes.

Notamment Aguri Suzuki, qui, avant de devenir patron de l’écurie Super Aguri, est entré dans les annales de la discipline en étant le premier pilote Japonais à monter sur un podium grâce à sa troisième place lors de son Grand Prix national à Suzuka en 1990.

Le reste de sa carrière est plus anecdotique (tout comme les écuries qu’il a fréquenté) et à l’image de celles des pilotes qui l’ont suivi tels qu’Ukyo Katayama, Taki Inoue, Tora Takagi, Kazuki Nakajima (fils de Satoru) ou encore Takuma Sato. Bien que ce dernier ait réalisé quelques performances dignes d’être remarquées comme sa troisième place finale au Grand Prix des Etats-Unis en 2004, son inconstance fera de lui un espoir déchu, dont Honda tentera de sauver la présence en Formule 1 en créant une équipe autour de lui, en collaboration avec Aguri Suzuki dans la fameuse écurie Super Aguri. Ce qui était à la base une idée séduisante de réunir les deux seuls pilotes Japonais à avoir fait un podium en Formule 1, finira par devenir un calvaire du au manque de moyen financier à une époque peu propice aux investissements en terme de sponsoring.

Mais en 2009, Kamui Kobayashi débarque en Formule 1 lors de l’ultime manche au Brésil en remplacement de Timo Glock, forfait, et il se fera déjà remarquer par un sens de l’attaque inouïe, en tenant tête à Jenson Button, futur champion du monde au bout de la course. Voilà de quoi redonner de l’espoir à tout un peuple.

Il n’en faudra pas plus au grand découvreur de talents, Peter Sauber, pour l’engager dès la saison suivante aux côtés de Pedro de la Rosa. Il damnera le pion à son expérimenté coéquipier cette année et marquera une trentaine de point en faisant preuve d’une sagesse et d’une régularité peu commune aux pilotes de sa nationalité. Ce qui fait dire à de nombreux observateurs qu’il pourrait bien devenir le premier Japonais à avoir une carrière stable et régulière en Formule 1.

La saison 2011 sera à l’image de la précédente, faite de quelques coups d’éclats et coups de volants judicieux, mais sans entrevoir non plus l’exceptionnalité d’un talent annoncé.

Peter Sauber était donc dans l’attente d’une évolution de la part de son pilote au commencement de la saison 2012. Après une solide course à Melbourne, qui l’a vu accrocher la 6ème place, Kobayashi se verra voler la vedette par son jeune équipier Sergio Pérez en Malaisie. Le Mexicain, flamboyant, a réalisé un authentique exploit à Sepang en contestant la victoire à Fernando Alonso jusqu’à dans les derniers tour pour finalement rapporter un podium à Sauber, le premier depuis de longues années d’attente. Il réussi surtout, avec cette performance, à effacer d’un seul coup son équipier Japonais, prit dans la tourmente de la mousson malaisienne qui abandonnera à quelques boucles de la fin alors qu’il occupait une triste 16ème place. Après s’être fait dominer par Perez en qualification, on ne peut pas dire que la comparaison entre les deux pilotes soit à l’avantage de Kobayashi ce week-end là.

Le problème qui se pose maintenant pour Kamui est celui de sa confirmation tardive. Il est maintenant à la tête d’une quarantaine de Grand Prix et il est toujours en attente d’un résultat marquant. Alors que de son côté, Pérez, avec deux fois moins d’expérience, s’est déjà fait remarquer grâce à sa course en Malaisie. Si le Mexicain continue sur sa lancée, cela va devenir de plus en plus difficile pour Kobayashi de se mettre en avant et, après plusieurs années passées chez Sauber, sans réelle évolution de carrière et de performance, il risque fortement de se faire oublier, ce qui, en Formule 1, est plutôt dangereux. Surtout s’il n’apporte pas de soutien financier au contraire de Pérez avec la société Telmex.

Au final, cette saison va être un véritable juge de paix pour Kobayashi qui joue la suite de sa carrière face à Sergio Perez. Ce dernier a déjà marqué de gros points dans la confrontation entre les deux hommes, et il va falloir beaucoup de travail, d’implication, d’abnégation et un peu de chance ? au Japonais pour reprendre le dessus.

 Axel B.








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