Il est parfois très dur de redescendre de son petit nuage. Surtout lorsque la réalité vous rattrape violemment. C’est le cas en ce moment pour Sebastian Vettel qui est en train de vivre quelques moments difficiles.

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Etre champion du monde en titre, ca donne de la confiance. C’est aussi une fierté qui envahit tout votre être et qui vous fait vous sentir invincible. Alors être double champion du monde, c’est encore plus grisant !

Mais la pression est bel et bien présente elle aussi ; et plus vous avez l’image d’un pilote invincible, plus cette pression est décuplée. L’attente de la moindre faute par vos adversaires ne passera pas inaperçu. Et nul ne doute qu’ils profiteront de cette moindre faiblesse pour s’emparer de la situation et essayer de détruire cette grande confiance.

C’est exactement ce qui est en train d’arriver à Sebastian Vettel en ce début de saison 2012. En difficulté avec sa monoplace, le pilote allemand va devoir prouver qu’il est vraiment le grand que tout le monde soupçonne.

Cette situation est arrivée à d’autres grands champions bien avant lui. Sans remonter jusqu’à la création du championnat du monde dans les années 50, on peut aisément trouver des exemples de telle situation.

On compare souvent Vettel à son ainé Michael Schumacher. Mais le septuple champion du monde a lui aussi, en son temps, connu quelques péripéties. Certes, en quittant une écurie Benetton victorieuse, pour rejoindre une Scuderia Ferrari moribonde en 1996, il avait fait ce choix en son âme et conscience. Mais il connaissait également les difficultés qu’il allait rencontrer. Son désir ardant d’aller de l’avant, sa passion et son immense talent on fait que se pari s’est transformé en exceptionnelle réussite. Mais rien n’était écrit à l’avance et surtout, sa crédibilité et ses talents de pilotage se sont révélés supérieurs à ce que pouvaient penser tous les observateurs qui suivaient ses performances depuis ses débuts en compétition. En quelque sorte, cette mise en difficulté volontaire a fait passer le pilote Michael Schumacher d’un champion du monde au talent évident à une véritable légende.

D’un autre côté, l’exemple de Fernando Alonso est un peu différent. Même si la situation de base est similaire, le contexte n’est sensiblement pas le même.

L’Espagnol avait fait le choix après ses deux titres mondiaux, de rejoindre l’équipe McLaren, chez qui il pensait trouver la force suffisante pour enchaine les titres et les victoires. Malheureusement, l’aventure tourna court à cause de quelques incompatibilités d’humeur, et Fernando retourna vers Renault, en plein déclin, mais lui offrant une ambiance bien plus chaleureuse et conforme à ses attentes. Avec une monoplace bien en deçà de son talent, Alonso a néanmoins réussi à impressionner son monde et à remporter deux victoire qui ont fait penser à certaine que l’Ibère avait vraiment un talent hors normes. Il a su ensuite se relancer chez Ferrari et jouer le titre mondial dès sa première saison au sein de la Scuderia, la suite de l’histoire balbutie un peu cependant. Il est quand même considéré comme un, sinon le, meilleur pilote actuel.

Alors certes, Sebastian Vettel n’a pas changé d’équipe. Mais il se retrouve néanmoins au volant d’une monoplace beaucoup moins dominatrice que celles qu’il avait en mains ces deux dernières saisons.

Son énervement contre Karthikeyan en Malaisie et sa onzième place en qualification en Chine sont autant de preuve que la saison risque d’être longue est difficile pour le double champion du monde allemand.

La lueur d’espoir entrevue avec sa victoire à Bahreïn lui a sûrement mis du baume et au cœur et a attisé son côté conquérant. Mais qu’est ce qu’il lui garanti que sa monoplace sera compétitive à ce point sur les prochaines courses ?

C’est donc dans ces épreuves qu’il va devoir révéler sa vrai nature de champion, pas forcement en remportant un troisième titre en 2012, mais en prouvant à chacun qu’il est capable de faire des miracles, même quand la situation n’est pas à son avantage.

Axel B.

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