Il est coutume de dire en Formule 1 que le début de la saison européenne fait office de « vrai départ ». Il est vrai, depuis quelques années, que cela coïncide avec le Grand Prix d’Espagne, sur un tracé que tout le monde connait dans ces moindres recoins et qui est la piste la plus adéquate pour se rendre compte du niveau de chacun.

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Certaines écuries en manque de performances profitent justement de cette occasion pour relancer un début de saison plutôt chaotique. Cette année, on pense bien sûr à Ferrari qui va devoir prouver un peu plus pour prétendre à la victoire de manière régulière, et sans profiter des conditions de course. Même si la lutte pour le championnat semble s’éloigner de plus en plus et entrer dans le domaine du rêve pour la Scuderia, elle a une obligation de résultats face à tous ses tifosi et aussi et surtout face à Fernando Alonso, souvent considéré comme étant le plus doué de sa génération, et qui risque de vite se lasser de ces contres performances à répétions lors des week-ends de Grand Prix.

Si l’on prend en compte les difficultés semble-t-il insurmontable de Felipe Massa dans l’autre bolide rouge, le titre des constructeurs est encore plus éloigné…

Par contre, viendra le temps de la confirmation pour Red Bull et Sebastian Vettel. Après une entame de saison plutôt décevante, et un agacement non feint du pilote Allemand en certaines situations, l’écurie autrichienne semble avoir relevé la tête en remportant sa première course au Bahreïn.

Si la victoire de Vettel rappelle son hégémonie des années précédentes, tant dans la manière que dans la performance, on soulignera également que la circuit de Sakhir est plutôt atypique, et ne représente pas vraiment un étalonnage des forces en puissance.

De son côté, Mark Webber devra prouver que sa régularité peut s’affirmer également sur les trois premières places en course, synonyme de podium, et qu’il a encore toute sa force pour renverser son ogre de coéquipier, encore plus frustré par ses désillusions de début de saison et avide de revanche. Les folles rumeurs liant l’avenir de l’Australien à la Scuderia Ferrari pourraient bien donner lui du baume au cœur.

L’Europe, terre sacrée de la Formule 1 va accueillir pour la première fois depuis bien (trop ?) longtemps nos trois représentants français.

Deux d’entres eux ont déjà marqué des points et le troisième, Charles Pic, a prouvé lors de la dernière course qu’il avait le talent nécessaire pour devancer son expérimenté équipier Timo Glock, tant en vitesse pure en qualifications qu’en régularité en course. Somme toute des qualités impératives pour réussir à ce niveau de compétition.

Romain Grosjean, lui, a enfin confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Avec son podium au Bahreïn et surtout, sa magnifique course d’attaque tout au long du Grand Prix, il rassure enfin son entourage et se place directement comme un prétendant à la victoire sur l’échiquier de la Formule 1. Kimi Raikkonen, toujours frais malgré ses deux années passées loin des circuits, aura fort à faire pour contenir son encombrant équipier. Mais nuls doutes que le flegme du Finlandais l’aidera dans son entreprise.

Enfin, le dernier mousquetaire, Jean-Eric Vergne, va devoir travailler encore plus durement avec ses ingénieurs pour débusquer enfin le chat noir planqué dans sa monoplace. Le pilote français n’arrive plus depuis deux courses à rivaliser avec son équipier Daniel Ricciardo, étincelant en qualifications, mais cependant beaucoup moins fringant en course.

Mais en sachant que parmi les principales qualités du Français on trouve le calme et la confiance en soi, on ne devrait pas être trop inquiet quant à son réveil.

Bien entendu, la saison ne commence pas vraiment en Espagne. Les résultats passés comptent mathématiquement dans les classements, et les épreuves subit par les pilotes sont bien ancrée dans leur tête et dans leur moral. Mais si certains doivent se relancer ou confirmer, c’est l’endroit idéal !

Axel B.

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