Souvenez-vous, il y a quelques mois, avant le début de la saison,  à l’époque des rumeurs liant Kimi Raikkonen à l’écurie Williams-Renault, je m’étais mis à rêver dans une précédente chronique sur un retour au premier plan de la mythique écurie britannique, fait de victoires et de champagne. Certes, le pilote que je voyais en tête n’est pas le même, mais quelle émotion de revoir Frank Williams fêter un succès !

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Cette saison 2012 de Formule 1 est assurément une des plus folles et des plus inédites qu’il nous ait été donné de voir. Plusieurs vainqueurs de différentes écuries se partagent les victoires sans qu’aucune individualité ne sorte réellement du lot. D’ailleurs, historiquement, c’est souvent le cas : après une période intensive de domination par un pilote ou une écurie (ici en occurrence Sebastian Vettel et Red Bull en 2010 et 2011), il existe une compétition exacerbée lorsque les leaders tombent de leur piedéstal aussi subitement que ce qu’ils y sont parvenu.

Donc, après Button, Alonso, Rosberg et Vettel, c’est au tour du plus inattendu Pastor Maldonado d’inscrire son nom au palmarès des vainqueurs de Grands Prix en 2012. Certes, on sentait depuis le début de la saison que la Williams était revigoré et pouvait permettre à ses pilotes de réaliser des performances plus intéressantes que l’année dernière. Une entrée régulière dans les points, peu être un ou deux podiums occasionnels en profitant de conditions de course particulières…mais de là à remporter une course !

Voilà pourquoi la Formule 1 nous fait tant vibrer et nous passionne. Nous ne la vivons presque qu’exclusivement pour voir ces images du bonheur de Maldonado une fois la ligne d’arrivée franchie, et son explosion de joie à la sortie de sa monoplace sous le podium. Ces images donnent des frissons, comme celles de Frank Williams, qui semblait interloqué mais pas vraiment surpris de voir son équipe en haut des classements. On parle là quand même d’une équipe qui vient de signer sa 114ème victoire, certes plus de sept ans après son dernier succès (Brésil 2004 avec un autre sud-américain, le Colombien Juan-Pablo Montoya), mais cela n’est vraiment qu’un détail. C’est avant tout la victoire d’un des derniers, sinon le dernier artisan de la Formule 1, bercé par la passion de la course automobile et qui, à 70 ans, démontre toujours autant de passion envers son entreprise, son équipe et la compétition.

Bien sûr, cette victoire révèle aussi quelques parts d’ombre qui risque d’empoisonner le futur proche de l’écurie. La rançon de la gloire en quelques sortes. Car si la performance de Maldonado est exceptionnellement bonne (souhaitons cependant que cela ne soit pas qu’une exception…), elle met en abîme le résultat plus que décevant de Bruno Senna. Une qualification ratée à cause d’une bête erreur commise sous la pression, et un accrochage idiot en course avec Michael Schumacher. Même si le Brésilien n’a pas été reconnu coupable de cet avatar, il s’est retrouvé dans trop de mauvais coups ce week-end pour pouvoir empêcher une comparaison plus que défavorable à son encontre face à son coéquipier. On parle déjà de Bottas, le pilote essayeur, pour prendre sa place. Les rumeurs vont vite, et il faudra une bonne dose de courage et de talent à Bruno pour renverser la tendance et prouver que lui aussi est un vainqueur potentiel de Grand Prix.

Car grâce à cette performance, Maldonado vient d’effacer tous les doutes que l’on pouvait encore avoir à son encontre. A une époque où peu de monde avait compris le choix de Frank Williams de remplacer le prometteur Nico Hulkenberg par ce besogneux Vénézuélien, Sir Frank lui, restait convaincu par le potentiel financier et le talent de Pastor. Au final, c’est bien lui qui avait raison et qui vient de fait en sorte que mon rêve devienne prémonition.

Axel B.

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