La Formule 1 est-elle devenue une discipline plus commune, qui ne représente plus l’élite du sport automobile mondial ? Cette saison, les nombreux vainqueurs de Grands Prix et les courses aux résultats plus que jamais aléatoires tendent à confirmer cette hypothèse.

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C’est du jamais vu dans l’histoire de la Formule 1. Cette saison, les sept premiers Grands Prix ont été remportés par sept pilotes différents. Et parmi eux, deux sont de nouveaux vainqueurs en la personne de Nico Rosberg en Chine et Pastor Maldonado en Espagne.

Si le spectacle est le grand bénéficiaire de cette incertitude dans le classement, certaines voix s’élèvent pour dénoncer ce côté trop aléatoire dans la lutte pour la victoire.

A ce titre, Jacques Villeneuve, champion du monde en 1997 avec l’écurie Williams, fait une critique acerbe de la situation : « La F1 devrait être un sport où la meilleure combinaison voiture/pilote gagne, mais cela n’est pas le cas. »

On se doute bien que cette phrase ne s’adresse pas aux vainqueurs habituels que sont Alonso, Hamilton, Button, Vettel ou Webber. En quelque sorte, la victoire de Maldonado en Espagne, et dans une moindre mesure celle de Rosberg en Chine, sont stigmatisées.

En effet, lorsque l’on voit les résultats dans cette première moitié de saison du pilote vénézuélien, le moins que l’on puisse constater est un flagrant manque de régularité. Il n’a plus marqué un point depuis la course à Barcelone…

Maldonado n’a plus besoin de prouver sa pointe de vitesse. Sa présence sur quasiment toutes les qualifications en Q3 est là pour démontrer sa rapidité. Mais ses errances en courses sont elles aussi très nombreuses. On ne compte plus le nombre d’incident et d’accident dans lesquels le pilote Williams s’est retrouvé embarqué, de sa propre initiative ou non.

De plus, la FW34 n’est certainement pas la meilleure monoplace du plateau. Selon les circuits, son aérodynamique ne fait pas de miracle. Quand on se souvient d’où revient l’équipe après sa saison catastrophique en 2011, on néglige un petit peu moins le facteur chance dans leur victoire espagnole. Car dans tous les sport, et surtout en Formule 1, il est très difficile d’inverser totalement la tendance en seulement quelques mois…sauf si l’on s’appelle Ferrari ou McLaren et que l’on a les hommes et le budget adéquat. Mais c’est loin d’être le cas pour l’écurie britannique de Sir Frank Williams.

Du coup, il devient évident que Williams et Maldonado ont parfaitement exploité les circonstances de course à Barcelone et notamment la dégradation des pneumatiques Pirelli, qui sont fortement montré du doigt comme cause de la disparité des résultats.

Mais ce phénomène n’est pas vraiment nouveau. En 1986, Benetton, alors motorisée par BMW, avait remporté son premier Grand Prix grâce à la tenue exceptionnelle de leurs gommes…Pirelli.

Piloté par l’Autrichien Gerhard Berger (qui remportera du coup sa première victoire), la monoplace italienne ne fera aucun arrêt aux stands durant la course pour finalement s’offrir la première marche du podium devant la McLaren d’Alain Prost et la Lotus d’Ayrton Senna, toutes deux équipées de pneumatique GoodYear.

Certes, en 2012, il n’y a pas de guerre des manufacturiers de pneus. Mais chaque équipe s’adapte à ses gommes selon les qualités de leurs monoplaces. Et cela fait aussi parti intégrante de la difficulté et de la finesse de ce sport.

Si Maldonado ou Rosberg, ou même Button, Vettel, Alonso et consort ont réussi à gagner des courses cette année, c’est qu’ils ont été, à un moment, plus fort que leurs adversaires. Que cela soit dans la compréhension de leurs machines ou simplement sur une simple question de talent.

Axel B.

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