Qui aurait eu le courage de parier un euro sur un Kimi Raikkonen se battant pour le titre de champion du monde au terme de la saison européenne ? Peut être seulement le principal intéressé et quelques autres téméraires Finlandais. En tous cas, le constat est là : Kimi Raikkonen est bien le troisième homme du championnat !

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On avait quitté, à la fin de la saison 2009, un Kimi Raikkonen usé. Physiquement absent, mentalement éprouvé, sa période Ferrari, bien que lui ayant remportée un titre mondial tant convoité, n’aura pas été de tout repos pour le pilote finlandais.

Las d’une succession de monoplaces plus à la hauteur de ses attentes et d’un ras le bol à peine dissimulé envers les obligations commerciales et médiatiques inhérente au monde de la Formule 1, Kimi préféra jeter l’éponge plutôt que de végéter et de trainer sa carcasse blonde dans un paddock où il ne se sentait plus à sa place.

Sa passion pour le rallye, comme tout bon Finlandais qui se respecte, allait devenir une échappatoire vitale. Mais on ne passe pas facilement de la lutte dans le peloton à une lutte contre le chronomètre. C’est sur ce point que se fait toute la différence entre la course sur circuit fermé et celle sur piste ouverte. Si l’impression de voyager et sûrement plus grande en rallye, jamais aucun pilote ne se bat directement l’un contre l’autre, roue contre roue, à la différence de la Formule 1, où Raikkonen s’était fait une réputation de pilote pugnace, difficile à doubler et un peu tête brulée il faut le dire. Bref, un pilote de la vieille école comme l’aime le public.

Les performances du champion du monde 2007 n’ont jamais atteints des sommets en rallye. Et son retour dans la discipline reine du sport automobile devenait un serpent de mer de plus en plus vivace. Les différentes annonces du pilote concernant sa volonté de renouer avec la compétition directe complétaient les rumeurs les plus tenaces.

Il a suffit, paradoxalement, que Robert Kubica, alors pilote Lotus-Renault, se blesse grièvement lors d’une épreuve de rallye, pour que la porte de la Formule 1 soit de nouveau ouverte pour Raikkonen.

Ni une ni deux, le Finlandais ne s’est pas vraiment fait prier pour se jeter dans le baquet de la Lotus, même si une Williams lui semblait promise à un moment.

Aujourd’hui, Raikko n’a sûrement pas regretté son choix. Il devient au soir du Grand Prix d’Italie, le troisième homme du championnat, seulement 38 point derrière le leader Alonso et à un petit point de la seconde place de Lewis Hamilton. Sa régularité est effarante, au même titre que celle de l’Espagnol qui mène les débats. Un seul résultat vierge en Chine pour le Finlandais et pas moins de six podiums à son actif.

Est-ce vraiment une surprise ? Pas tout à fait. Kimi est toujours resté au contact de la vitesse et de la compétition dans un championnat grâce à son expérience en rallye. Au contraire notamment de Michael Schumacher, autre revenant prestigieux, qui a eu bien plus de mal que le Finlandais à s’acclimater de nouveau à la Formule 1 après plusieurs mois loin du sport de haut niveau.

Bien sûr, il ne manque plus à Raikkonen qu’une victoire pour que le tableau de marche soit parfait. De plus, celle-ci le projetterais encore plus en avant dans la course au titre et lui donnerais encore plus de crédibilité et de crainte de la part de ses adversaires dans le peloton.

La Lotus est au final une voiture assez homogène. Il suffit de voir ce qu’en fait le quasi-débutant Romain Grosjean avec très peu d’expérience. Certes, le pilote français est plutôt doué, mais sa monoplace est docile et efficace.

Tous les atouts semblent être du côté de Raikkonen en cette fin de saison. La régularité, tant en course que sur la durée du championnat, qui lui faisait tant défaut lors de sa première carrière en Formule 1, sont au rendez-vous cette saison.

Il en est un qui doit sourire sous cape à la fin de chaque Grand Prix. Là non plus, personne n’aurait parié un euro sur un duo de pilote Raikkonen/Grosjean pour reconstruire une équipe en perdition. Eric Boullier a fait ce choix et il gagne aujourd’hui les dividendes de son investissement audacieux.

Axel B.

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