Cette saison de Formule 1 a vu l’émergence d’un débat concernant les sanctions infligées aux pilotes. Outre le fait que celles-ci touchent directement aux résultats, le spectre de leur influence peut s’étendre jusqu’à une réflexion idéologique sur le comportement des pilotes en course et la place laissée à la compétition face aux impératifs de sécurité.

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La Formule 1 est un sport dangereux. Ceci est un fait acquis, qui du reste tient une place prédominante dans l’esprit de tous les acteurs de ce sport à haut risque. Cependant, depuis le terrible week-end du 1er mai 1994, la Formule 1 peut se targuer de ne plus avoir eu à faire face à des accidents mortels.

Pourtant, plusieurs événements auraient pu s’avérer dramatiques. L’accident de Robert Kubica en 2007 lors du Grand Prix du Canada ou encore celui de Felipe Massa deux ans plus tard en Hongrie, sont autant de signes qui prouvent que la sécurité a fait un bond en avant impressionnant durant les vingt dernières années. Aucun de ses deux pilotes ne s’en serait sorti vivant dans les années 80.

Mais faut-il pour autant penser que tout est fait, et que le risque doit être relégué au rang des mauvais souvenirs ? Bien sûr que non. Une vigilance constante des autorités et de tous les acteurs de la Formule 1 est essentielle pour que ce sport continue d’être à ce point sécurisé.
C’est dans ce sens que plusieurs sanctions, consécutives la plupart du temps à des précisions de règlement, ont été prises cette année.

Le cas de Pastor Maldonado est sûrement des plus flagrants. Les puristes de l’ancienne école du sport automobile trouvent le Vénézuélien flamboyant, digne de se retrouver dans les livres d’histoire de la discipline aux côtés des James Hunt ou Alan Jones. D’autres observateurs, plus pragmatiques, jugent son pilotage dangereux voir incorrect envers ses adversaires.
Le pilote Williams a été la cible de beaucoup de critiques et de sanctions cette année et, même si certaines de ces dernières semblaient être quelques fois un peu dures, la véritable volonté des commissaires de piste et de la FIA était d’endiguer un mouvement qui pourrait devenir vite incontrôlable.

Grâce à ces sanctions, les pilotes se savent observés, et ils n’ont plus droit à l’erreur. La moindre faute, le moindre manquement de respect sera automatiquement sanctionné. Romain Grosjean est l’exemple parfait de cette politique. Souvent au milieu d’accrochage en début de course, le pilote français est allé un peu trop loin lors du départ du Grand Prix de Belgique en manquant de décapiter le pauvre Fernando Alonso, victime involontaire de l’accrochage entre la Lotus de l’espoir tricolore et la McLaren de Lewis Hamilton.
Si l’affaire a été longtemps commentée, au final, personne ne s’est trouvé choqué par cette décision. Et les pilotes non plus. Preuve en est que chacun connait les risques encourus et que personne ne veut dépasser les limites du raisonnable.

Certes, l’homogénéité des sanctions n’est pas encore totale. Les commissaires passent allégrement d’un simple « drive-through » à une suspension pure et simple. Des pénalités de places ou de secondes sont distribuées sans véritable règles, de fait que parfois, la compétition semble en pâtir. Il est souvent arrivé qu’une course soit décapitée à cause d’une sanction tombée après le Grand Prix. Sebastian Vettel se souvient encore de son week-end en Allemagne et de son podium qui n’en était finalement pas un.

Au final, la volonté des instances qui dirigent ce sport est la bonne. Maximiser la sécurité en sanctionnant le moindre faux pas de pilotage, pour ne pas perdre l’éveil des consciences. Mais une plus grande cohérence dans la gestion des sanctions serait profitable à tous et surtout à la compétition.

Axel B.

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