Tout comme l’Italie cette saison, ou la France encore très récemment, le Brésil risque de ne plus avoir de pilotes pour le représenter la saison prochaine en Formule 1. En effet, les deux seuls « auriverde » du plateau, Felipe Massa et Bruno Senna, sont dans une situation précaire.

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La Formule 1 est un sport mondial, tant au niveau des pays qu’elle fréquente qu’au niveau de la nationalité des pilotes qui y participent. A ce titre, beaucoup de pays, de divers horizons, sont représentés : très récemment, l’Inde ou la Malaisie ont été les nouveaux venus alors que le Venezuela et le Mexique ont fait un retour fracassant grâce à Pastor Maldonado, vainqueur en Espagne cette année, et Sergio Pérez, désormais habitué des podiums.

Plus flagrant encore, la France qui avait connu une période de disette dans les années 2000 (entrecoupée par les quelques courses de Frank Montagny chez Super Aguri), après les départs de Jean Alesi et Olivier Panis, a réussi grâce à l’investissement de plusieurs sociétés nationales et au travail de la Fédération française de sport automobile, à trouver des représentants dignes d’être sur la grille de départ. Après le passage en 2008 et 2009 de Sébastien Bourdais au sein de l’écurie Toro Rosso, ce ne sont pas moins de trois pilotes, cette saison, qui portent haut les couleurs de la France.

A côté de cela, un autre pays européen vient de perdre son dernier représentant, quand l’italien Jarno Trulli a décidé de raccrocher son casque. Ce pays pourtant toujours présent en Formule 1, sauf lors de la saison 1969, se retrouve désormais sans aucun pilote dans la liste des engagés.

Cette situation risque maintenant de s’imposer pour le Brésil, qui ne compte cette année que deux pilotes. Si l’on peut penser que ce quota de représentation s’avérerait suffisant pour assurer une présence sur le long terme des Brésiliens en Formule 1, la situation personnelle de ces deux pilotes laisse cependant planer un doute.

On ne reviendra pas en détails sur la situation tant commentée de Felipe Massa chez Ferrari, mais pour le moment, rien n’est décidé quant à l’avenir du vice-champion du monde 2008. Si Luca di Montezemolo et Fernando Alonso restent de fervents défenseurs du Pauliste, nul doute que ce dernier devra prouver sur la piste qu’il mérite de rester une année supplémentaire chez les Rouges. Les récentes déclarations de Massa concernant son avenir laissent à penser que si Ferrari ne lui renouvelle pas sa confiance, il n’insistera pas en Formule 1 et se tournera peut être vers une autre discipline.

De son côté, Bruno Senna est également sur la sellette. Les performances du neveu d’Ayrton, même si elles sont plus régulières que celles de son équipier Maldonado, sont surtout moins étincelantes. La victoire du Vénézuélien à Barcelone a marqué les esprits au sein de l’écurie Williams, et les difficultés récurrentes rencontrées par Senna en qualifications compromettent à la fois ses courses et son avenir en Formule 1. Après être passé chez HRT et Lotus-Renault, Williams était sa dernière chance de briller pour sauver sa présence dans la discipline. A ce stade de la saison, les rumeurs s’orientent plus vers un remplacement du Brésilien que vers une reconduction de son contrat. Valtteri Bottas, le pilote essayeur de l’écurie britannique attend son heure avec patience en coulisse.

Une fois écarté de chez Williams, Senna aura-t-il beaucoup d’opportunités pour continuer sa route en Formule 1 ? Rien n’est moins sûr dans une période ou l’argent et la jeunesse sont des atouts décisifs pour l’obtention d’un baquet. Le Brésilien, 29 ans en octobre, n’a plus qu’un seul de ces atouts dans la poche.

Si un tel cas de figure devait se présenter pour la saison 2013, la fédération brésilienne de sport automobile devrait commencer à se pencher sur le sujet pour étoffer un vivier de jeunes pilotes bien peu convaincant jusqu’à présent.

Si l’on regarde dans les deux principales formules de promotions qui abreuvent généralement la Formule 1 de nouveaux talents (à savoir la Formule Renault 3.5 et le GP2 Series), on se rend vite compte que peu de Brésiliens y brillent. Felipe Nasr, pensionnaire en GP2, atteint péniblement une dixième place finale au championnat, alors qu’un autre de ses compatriotes, Victor Guerin n’a pas marqué un seul point de la saison. Du côté de la Formule Renault, le bilan n’est guère plus flatteur. André Negrao est actuellement dixième du championnat à deux manches de la fin de la saison et Lucas Foresti n’est que vingt-deuxième avec sept petits points.

Au final, il n’y a que Luiz Razia en GP2 Series qui peut représenter un espoir crédible pour l’avenir du sport automobile brésilien de haut niveau. Le jeune pilote natif de Barreiras s’est battu pour le titre jusqu’à la dernière course face à l’Italien Davide Valsecchi, pour finalement échouer à la seconde position finale.

Razia a même eu le privilège de participer aux essais lors de deux week-ends de Grand Prix en 2011 au sein de l’écurie Caterham (qui s’appelait encore Team Lotus) mais sans réellement impressionner l’équipe qui n’a pas reconduit l’expérience cette saison. L’avenir est-il bouché pour lui en Formule 1 ? Si c’est le cas, cela pourrait précipiter vers l’oubli le Brésil, pourtant terre de champions avec Emerson Fittipaldi, Nelson Piquet et Ayrton Senna.

 

 Axel B.

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