L’Inde deviendrait-il un pays incontournable dans le paysage de la Formule 1 ? Avec une écurie, un pilote et un Grand Prix national, tout porte à croire que cette nation veut s’imposer durablement dans la discipline.

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Il aura fallu attendre 2005 et la participation de Narain Karthikeyan pour la saison de Grand Prix au volant d’une Jordan, pour que l’Inde fasse son entrée dans le petit monde de la Formule 1.

Depuis cette date, sa présence ne cesse de croitre, notamment grâce à une personnalité importante du nom de Vijay Mallya.

L’homme d’affaire indien gravite autour de la Formule 1 depuis quelques temps maintenant. On se souvient qu’il a été notamment un des sponsors, avec la marque de bière Kingfisher, de l’écurie Benetton en 1996, juste après l’ère victorieuse de Michael Schumacher.

Il s’est ensuite investi encore plus durablement en acquérant la moribonde écurie Spyker (ex- Jordan et Midland) pour créer la première équipe indienne sous le nom très ambitieux de Force India.

Après des débuts plutôt difficiles lors de la saison 2008 où l’écurie ne marque aucun point, cette dernière progresse d’année en année avec pour point culminant une pole position et un podium réalisés par Giancarlo Fisichella au Grand Prix de Belgique 2009.

Si depuis, plusieurs pilotes de talents sont passés dans les rangs de l’équipe (Paul di Resta, Nico Hulkenberg, Adrian Sutil…), celle-ci court toujours après une nouvelle performance de choix, qui lui permettrait de décoller du milieu de grille afin de prétendre à la victoire et de placer ainsi l’Inde dans la hiérarchie des nations victorieuses de ce sport.

Car en effet, Force India semble être actuellement la mieux placée pour représenter dignement son pays. Car du côté des pilotes, seulement deux ont à ce jour couru pour le drapeau indien.

Narain Kartikeyan a été le pionnier en la matière en réussissant à décrocher un volant au sein d’une écurie Jordan en fin de vie et fréquentant les fonds de grille de départ. Seules des circonstances bien particulières lors du Grand Prix des Etats-Unis 2005, où seules les écuries chaussées en pneumatiques Bridgestone avaient pris le départ – soit six monoplaces- auront permis à Karthikeyan de marquer les points de la quatrième place et ainsi devenir le premier pilote indien à réussir cette performance.

Cependant, à court de budget, on ne reverra pas le pilote avant la saison 2011 pour un come-back étonnant au sein de l’écurie HRT. Il est une fois de plus encore le seul représentant de son pays.

Car entre-temps, Karun Chandhok a fait un passage éclair dans la discipline, toujours au sein de l’équipe HRT pour laquelle il ne disputera pas la totalité de la saison 2010, et n’arrivera pas à renouveler la confiance que l’on avait placée en lui. Il fera une pige d’une course l’année suivante pour le compte de Team Lotus (désormais Caterham) sans pouvoir donner de suite à sa carrière en Formule 1.

On comprend mieux alors pourquoi Vijay Mallya a jusqu’à présent toujours refusé d’engager un pilote indien dans son écurie. Si cette décision pourrait paraître étrange à l’heure ou le nationalisme des écuries fait rage (McLaren avec deux pilotes Britanniques, Mercedes avec deux pilotes Allemands…), elle est en fait très logique puisque aucun représentant de son pays ne se trouve être à la hauteur de l’ambition de Force India de se battre régulièrement pour le podium.

Finalement, la plus belle réussite pour l’instant de l’Inde en Formule 1 est sûrement l’organisation de son Grand Prix national sur le circuit de Buddh. La piste, inaugurée en 2011, a offert une belle course et a reçu l’enthousiasme unanime du paddock, autant pour son ambiance que pour la justesse de son tracé. Voilà déjà de quoi installer l’Inde durablement dans la discipline.

Axel B.

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