Il n’est pas commun qu’une équipe de pointe perde son leader sans le remplacer. Dans le cas de McLaren, la situation est un peu plus alambiquée car Lewis Hamilton, sur le départ pour Mercedes en 2013, et Jenson Button, peuvent tous deux s’apparenter à des meneurs d’équipe. Plusieurs questions restent donc en suspens : Button sera-t-il apte à prendre un rôle omniscient au sein de l’écurie de Woking après le départ d’Hamilton ? Quelle sera la place de Sergio Pérez dans l’équipe ? McLaren ne va-t-elle pas entrer dans une ère de récession ?

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Il y a quelques années, personne n’aurait pensé que Lewis Hamilton puisse se séparer de McLaren. Une histoire forte liait les deux parties depuis des années, à l’époque ou le très jeune Hamilton avait abordé, de manière espiègle, Ron Dennis, alors directeur de l’équipe basée à Woking.

Lewis et McLaren ont vécu une histoire d’amour dont le point culminant a été la victoire au championnat du Britannique en 2008. Depuis cette date, il n’est pas faux de dire que les résultats, en dents de scies, ont été plutôt décevant.

L’arrivée de Jenson Button en 2010 a également perturbé l’équilibre devenu précaire des relations entre le « chouchou » Hamilton et son équipe.

A tel point que la réalité est désormais claire et tranchante : Mercedes a récupéré l’enfant chéri pour en faire le remplacent de Michael Schumacher. Lewis risque cependant de voir ses ambitions contrariées puisqu’il rejoint une équipe peu habituée à la victoire et en pleine expectative sur son avenir. Un choix étrange donc, mais révélateur des tensions qui existent entre le champion 2008 et sa désormais ex-équipe.

Mais du côté de McLaren, le réveil risque également d’être douloureux. Et au milieu de ce changement, Jenson Button va devoir jouer un rôle primordial.

Le champion du monde 2009 est-il véritablement un leader ? Certes, il a remporté un titre de champion avec Brawn, mais il était au volant d’une monoplace dominatrice et bien au dessus de la concurrence. D’ailleurs, lorsque ces rivaux, en premier lieu Red Bull et Sebastian Vettel, sont revenus à son niveau en milieu de championnat, Button est de nouveau apparu fébrile et n’a confirmé son titre que lors de la dernière course.

Bien sûr, on pourrait mettre en avant sa belle saison 2011 où il a dominé aux points et en piste son équipier Hamilton perturbé par des problèmes extra sportifs. Mais cette année, il semble de nouveaux marquer le pas et il est très rare qu’il réalise un week-end parfait comme en Belgique cette saison où il a dominé les qualifications et la course sans profiter de conditions météorologiques changeantes, comme cela fût le cas pour bon nombre de ses victoires précédentes.

A ses côtés, l’énigme de 2013 portera le nom de Sergio Pérez. Il est rare que McLaren mise sur des jeunes pilotes qui ont encore tout à prouver. Et même si le Mexicain semble avoir des aptitudes formidables et un futur de vainqueur, personne ne sait s’il aura les épaules assez larges pour devenir rapidement un leader d’équipe. Les premières courses de la saison prochaine nous donneront rapidement les enseignements sur la capacité d’adaptation de l’actuel pilote Sauber et sur sa compétitivité.

Un des seuls points positifs visible pour l’instant tiendrait dans la gestion des pneumatiques des deux futurs McLaren Boys. En effet, Jenson Button tout comme Sergio Pérez, sont réputés pour la souplesse de leur pilotage favorisant une usure moindre des gommes Pirelli. Mais pour l’instant, personne ne connaît encore la spécificité des enveloppes qui seront fournis par le manufacturier italien.

McLaren risque donc de passer un hiver dans le flou et se dirige donc vers une nouvelle ère dans son histoire. Cette incertitude peut donc, soit être couronné de succès, soit plonger l’équipe dans une période de disette comme elle l’a déjà connu après le départ d’Ayrton Senna fin 1993, jusqu’à son renouveau grâce aux deux titres de Mika Hakkinen en 1998 et 1999.

Axel B.

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