Le week-end dernier, Sebastian Vettel aurait bien pu perdre très gros face à son désormais unique adversaire, Fernando Alonso. Sa mésaventure des qualifications et son déclassement suite à une erreur de son équipe sur la quantité d’essence parait à ce stade de la saison, improbable. Et pourtant…

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Comment est ce possible qu’une écurie du niveau de Red Bull, désormais rompue à la victoire et aux titres mondiaux, puisse faire une telle erreur que celle commise lors des qualifications du Grand Prix d’Abu Dhabi le week-end dernier ?

En effet, Sebastian Vettel, en lutte pour le titre, avait réalisé le troisième temps des qualifications. Une performance qui le plaçait au devant de son principal adversaire, Fernando Alonso. Mais à la toute fin de la séance, la Red Bull de l’Allemand stoppait nette au bord de la piste en donnant quelques sueurs froides aux supporters du double champion du monde en titre.

A ce moment là, tout le monde a eu en tête la mésaventure survenue à Lewis Hamilton en Espagne, où celui-ci avait été obligé de s’arrêter à la fin des qualifications, en panne d’essence, et dans l’impossibilité de ramener sa monoplace aux stands par ses propres moyens. Cette erreur dans le calcul de la consommation d’essence de l’équipe McLaren avait valu au pilote britannique sa pole position et une possible victoire le lendemain.

Cette fois-ci, la pole n’était pas en jeux, mais l’erreur était bien flagrante. Certes, dans la Formule 1 moderne, il est devenu moins grave de partir en fond de grille grâce notamment à la tenue des pneumatiques et à une possible stratégie décalée, mais Vettel a du employer tout son talent pour parvenir à se hisser jusqu’au podium et ainsi limiter les dégâts.

Mais on a bien vu durant la course que rien n’est facile lorsque l’on doit se frayer un chemin dans le peloton : un accrochage et un bout d’aileron perdu, une incartade hors pistes derrière la Toro Rosso de Daniel Ricciardo au rythme de la voiture de sécurité le forçant à rentrer aux stands…le pilote allemand n’a pas ménagé sa peine.

La pression commence-t-elle à être trop forte pour l’équipe Red Bull ? En position d’outsider en 2010 puis largement dominatrice en 2011, l’écurie se retrouve cette année dans une situation moins confortable dans la lutte au titre.

Cette erreur évitable est en tout cas un signe de fébrilité que l’on n’avait pas encore constaté au sein de l’équipe autrichienne. C’est également le genre de brèche qu’il ne faut pas faire voir à Ferrari et Fernando Alonso, tant ce dernier est assoiffé par sa rage de vaincre comme il nous l’a prouvé une fois de plus dans le dernier quart du Grand Prix d’Abu Dhabi en menant une chasse incroyable derrière la Lotus-Renault de Kimi Raikkonen. Sa hargne sur le podium et ses encouragements envers son équipe en sont des preuves supplémentaires.

Mais à ce niveau du championnat, la tension est telle pour les derniers acteurs de la grande bagarre finale, qu’il n’est pas étonnant que l’un d’entre eux craque.

Cette fois-ci, c’est Red Bull qui a fait la première erreur, comme avaient pu le faire Ferrari lors de l’ultime course en 2010, avec une stratégie pour Alonso calquée sur Mark Webber alors que Vettel s’envolait vers le titre, ou encore Mika Hakkinen en 1999 à Monza, qui avait abandonné en partant en tête-à-queue dans les graviers à la première chicane, ce qui eu pour conséquence de le mettre à égalité de points au championnat avec Eddie Irvine, son plus proche rival.

Il reste deux Grands Prix à courir, et ce genre d’erreur ne doit pas se répéter. La marge de manœuvre serra très serrée entre les deux protagonistes à la victoire finale, et le premier à craquer, sera sûrement le premier à pleurer au soir de l’ultime course au Brésil.

Axel B.

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