A la fin du mois de décembre dernier, Jean Alesi annonçait qu’il mettait un terme définitif à sa carrière en sport automobile. Après une dernière tentative malheureuse aux 500 Miles d’Indianapolis, soldée par un échec, l’avignonnais décide donc de raccrocher son casque. Retour sur la carrière d’un pilote dont la passion a souvent guidé ses choix.

Licence Creative Commons / StuSeeger
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Comme un ultime challenge, Jean Alesi voulait lui aussi s’aligner sur le « banking » du célèbre circuit d’Indianapolis. Il l’avait certes déjà foulé avec une Formule 1, mais jamais pour participer aux mythiques 500 Miles. Animé par sa passion dévorante pour la vitesse, il s’engage donc avec Lotus pour participer à l’édition 2012. Mais au volant d’une monoplace en manque criant de performance, il sera stoppé au drapeau noir par la direction de course (avec la Suisse Simona de Silvestro, elle aussi au volant d’une Lotus) car trop lent pour pouvoir prétendre à rester en piste.

Peut être que cet ultime avatar dans la carrière de Jean Alesi l’a fait réfléchir, à 48 ans, à une possible fin de carrière. De plus, déçu par l’expérience américaine, Lotus a décidé de se retirer de la compétition. Ce qui veut dire que le pilote français devrait se trouver quelques sponsors s’il souhaite continuer l’aventure…chose qu’il n’est pas prêt à faire.

Mais il peut cependant se targuer d’avoir participé aux trois courses mythiques du sport automobile mondial : le Grand Prix de Monaco, les 24h du Mans et les 500 Miles d’Indianapolis.

En Formule 1, Jean Alesi n’a pas eu la carrière qu’il escomptait. Pourtant, ses débuts ont été impressionnants. Remplaçant au pied levé Michele Alboreto chez Tyrell en 1989, le Sicilien d’origine se classe quatrième dès sa première course, lors du Grand Prix de France sur le circuit Paul Ricard, dans le sud qui l’a vu naître.

Repéré par les plus grandes écuries du moment, il choisira de rester fidèle à « Oncle Ken » une année supplémentaire afin de parfaire son expérience. Grand bien lui en fera puisqu’il se frottera aux plus grands comme Ayrton Senna et Alain Prost pour réaliser une saison formidable qu’il terminera à la neuvième place du championnat avec deux podiums à la clé.

A partir de là, l’histoire aurait pu être bien différente. Un précontrat avec Williams a été signé, mais un appel du pied tardif de Ferrari fera basculer le cœur de cet italien de sang. Guidé par sa passion pour la Scuderia, Jean Alesi rejoindra à partir de 1991 l’écurie au cheval cabré, pourtant dans une de ses périodes les plus troubles.

Alors que pendant ce temps, l’écurie Williams entamait une ère de succès marquée par l’obtention de plusieurs titres pilotes et constructeurs, Alesi voyait sa carrière fléchir et sombrer au volant de monoplaces de plus en plus erratiques.

Une seule victoire, sommet de sa carrière en Formule 1, au Grand Prix du Canada en 1995, lui apportera satisfaction. En 1996, Alesi rejoint cependant Benetton-Renault, l’écurie championne du monde en titre. Mais là encore, l’équipe italo-britannique, orpheline de Michael Schumacher, commencera une lente descente aux enfers en emportant avec elle les ambitions démesurées du pilote français et de son équipier d’alors, Gerhard Berger.

« Jeannot », comme le surnomme affectueusement son entourage, jouit cependant d’une côte de popularité énorme auprès du public. Il continuera donc sa carrière dans la discipline chez Sauber, Prost et Jordan en réalisant quelques belles performances, comme son dernier podium en 1998 sur le circuit de Spa-Francorchamps dans le cadre du Grand Prix de Belgique.

Poussé vers la sortie à la fin de la saison 2001 par le motoriste Honda, désireux de placer chez Jordan son poulain Takuma Sato, Jean Alesi termine donc sa carrière en Formule 1 au Grand Prix du Japon, tout un symbole pour cet amoureux du pays du soleil levant, marié depuis des années à l’actrice Kumiko Goto.

Sa carrière en sport automobile continuera cependant dans d’autres disciplines comme le DTM de 2002 à 2006, avec quelques victoires, puis avec le championnat Speedcars Series en 2008 et 2009 dans lequel il frôle le titre.

En 2010, il décide de retenter sa chance aux 24h du Mans. Il participe donc au championnat Le Mans Series et s’aligne sur la course sarthoise pour y arriver à une honorable 16ème place finale, et 4ème de sa catégorie. En 1989, lors de sa première participation, il avait été contraint à l’abandon.

Sa récente aventure aux 500 Miles d’Indianapolis aura donc été son dernier défi sportif, même si la frustration finale consécutive à son retrait en course aurait bien pu lui donner des idées.

Le monde du sport automobile parle de Jean Alesi comme d’un pilote à la passion débordante, souvent excessif mais toujours animé par l’amour du pilotage. Un des derniers pilotes à l’ancienne, qui n’aurait pas juré à l’époque des James Hunt ou Elio de Angelis, à qui d’ailleurs il a rendu hommage tout au long de sa carrière en portant ses couleurs sur son casque. Mais vu la personnalité du bonhomme, finalement, rien ne dit que cette retraite soit vraiment définitive…

 Axel B.

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