Kobayashi, Kovalainen, Petrov, Glock…sont des noms que l’on entendra plus sur les grilles de départ de la saison à venir. Tous ces pilotes talentueux, qui sont montés au moins une fois sur un podium d’un Grand Prix, ont été remplacés par des jeunes aux dents longues et aux portefeuilles bien fournis, qui vont avoir fort à faire pour faire oublier leurs prédécesseurs.

Licence Creative Commons / Morio
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La Formule 1 a toujours été une question d’argent. Pour illustrer cet état de fait incontournable, on cite souvent l’exemple du premier volant de Niki Lauda, futur triple champion du monde, acheté par les millions d’un sponsor personnel. Cela se passait dans les années 70, mais tout ceci est encore présent de nos jours.

Le paroxysme de cette situation a néanmoins été atteint cette année avec des écuries à la politique de recrutement exclusivement axée sur la manne financière proposée par les pilotes. Le talent ne semble plus être le moteur principal d’une embauche dans la discipline. Quand on voit qu’un Giedo Van der Garde de 27 ans, qui n’a jamais été capable de convaincre une écurie de l’engager depuis plusieurs années, va maintenant remplacer Heikki Kovalainen, 31 ans, 109 Grands Prix, une victoire, une pole position, quatre podiums et une expérience acquise dans les plus grandes écuries (Renault et McLaren), on comprend bien que la recherche de performance n’est plus au centre des intérêts des équipes.

Certes, les pires problèmes financiers prennent à la gorge les plus petites écuries. Leurs priorités ne sont donc plus les mêmes. La preuve en est avec la disparition de HRT, la plus petite d’entres elles, qui a été obligé de déposer le bilan, ne pouvant assumer les folies dépensières inhérentes à sa présence dans la discipline reine du sport automobile.

Là où la réduction des couts est brandit comme un étendard de bonne conscience par les instances dirigeantes de la Formule 1, le paradoxe veut qu’une importante réforme technique frappe ce sport en 2014 et remette en cause la totalité de la conception d’une monoplace, de l’aérodynamique jusqu’au moteur…un changement radical, on s’en doute, couteux…

Si HRT a disparu, d’autres risquent de rapidement l’accompagner. On pense évidemment à Marussia, qui a du mettre à l’écart son meilleur représentant en 2012 en la personne de Timo Glock, 91 Grands Prix, 3 podiums, pour embaucher deux jeunes inexpérimentés, Max Chilton et Luiz Razia, pourvus d’un apport financier conséquent permettant à l’équipe d’assurer  sa présence, au moins à courts termes.

Et mis à part les cinq écuries de pointes, Ferrari, Red Bull, McLaren, Mercedes et Lotus, toutes ont fait appel à un pilote payant. Williams avec Maldonado, Sauber avec Gutierrez (au détriment de Kobayashi), Caterham avec Pic et Van der Garde, Marussia avec Chilton et Razia et même Force India, qui doit choisir entre le portefeuille de Bianchi et de Sutil, même si ce choix semble moins cornélien car il se porte sur deux pilotes qui ont le talent nécessaire pour prendre le départ d’une course dans ce sport censé être le pinacle de toute compétition automobile. Il n’y a guère que chez Toro Rosso ou le duo de pilote dépend des choix basés purement sur le talent.

Au final, la grille de 2013 va se composer de cinq ou six nouveaux pilotes qui auront tout à prouver, et qui devront surtout démontrer que, malgré l’apport d’une manne financière importante, ils méritent également leur place pour leur talent. Ils devront en cela s’inspirer de Pastor Maldonado, qui a claqué le bec de tous ses détracteurs en remportant le Grand Prix d’Espagne l’année dernière. Ce jour là, le talent l’a emporté sur l’argent, et souhaitons donc que ce beau scénario se reproduise rapidement !

Axel B.

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