Il y a un an, Adrian Sutil regardait le premier Grand Prix de la saison 2012 en tant que spectateur. Mis à l’écart par Force India, l’Allemand voyait sa carrière en Formule 1 stoppée nette, sans savoir s’il aurait de nouveau une chance un jour. Aujourd’hui, le pilote de 30 ans, est de retour avec l’écurie indienne et a fait sensation en Australie en étant un prétendant à la victoire.

Licence Creative Commons / Morio
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Au milieu de l’année 2011, une bien sombre affaire aurait pu couter la carrière d’Adrian Sutil. Une bagarre dans une boite de nuit en Chine, un procès, une condamnation à 18 mois de prison avec sursis et 200.000 euros d’amende et au final, une année de repos forcée, loin de la Formule 1…il n’en faut pas plus à certains pour ne pas se relever.

Mais Sutil a déjà réussi l’exploit de ne pas se faire oublier dans le microcosme de la discipline, puis ensuite de se voir donner une nouvelle chance au volant d’une monoplace compétitive.

Avant cette interruption dans la carrière de l’Allemand, son profil tendait à devenir celui d’un pilote prometteur qui tarde à confirmer un talent évident. Malgré quelques coups d’éclat, notamment sous la pluie ou dans des conditions humides, Sutil n’a jamais réussi à obtenir des résultats probants lui permettant de prétendre piloter dans une écurie de pointe.

Le point d’orgue de sa carrière reste le Grand Prix d’Italie 2009 à Monza où, s’élançant de la première ligne en deuxième position sur sa Force India, il rate le podium de peu et termine à la quatrième place, non sans signer le meilleur tour en course. Mais cette belle performance est néanmoins un peu éclipsée pat celle de son coéquipier Giancarlo Fisichella lors de la course précédente en Belgique où l’Italien réalise la pole position (la première de l’équipe) et signe une belle deuxième place après avoir longtemps mené la course.

Même s’il gagne en régularité lors des saisons suivantes, Sutil semble légèrement marquer le pas sans réussir à donner un second souffle à sa carrière. Sa mise à l’écart fin 2011 apparaît comme un coup de poignard dans sa carrière qui pourrait bien lui être fatal.

Mais cela aurait été bien mal connaître le personnage que de penser qu’il allait abandonner toutes ambitions dans la discipline. Durant toute la saison 2012, Sutil s’est baladé dans les paddocks, restant en contact avec les bonnes personnes, chez Force India et ailleurs, pour finalement se positionner en tant que prétendant sérieux au remplacement de Nico Hulkenberg au sein de l’écurie indienne. Sa connaissance de l’équipe et ses qualités évidentes ont fait pencher la balances de son côté, au dépend de Jules Bianchi, qui trouvera refuge finalement chez Marussia.

D’aucun auraient pu s’inquiéter des performances immédiates de l’Allemand après une année passée loin des circuits. Beaucoup d’exemple dans l’histoire de la discipline existent pour illustrer cette situation, des retours gagnants d’Alain Prost en 1993 ou Kimi Raikkonen en 2012 au moins réussi de Michael Schumacher en 2010.

Après une course impressionnante à Melbourne le week-end dernier, le retour de Sutil semble se ranger du côté des réussites. L’Allemand n’avait jamais mené un Grand Prix, voilà qui est chose faite, et de belle manière en plus.

Même si le résultat final, une septième place, ne reflète pas vraiment sa belle performance, et qu’une stratégie décalée est avancée pour expliquer ses bonnes dispositions, la performance de Sutil restera dans les esprits et va permettre au pilote de repartir sur d’excellente base. Finalement, on se demande si cette pause dans sa carrière ne lui aurait pas été des plus bénéfiques ? Les Grands Prix suivant répondront à cette question.

Axel B.

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