Cette année 2013 va marquer le 40ème anniversaire de la mort de François Cevert, un des plus talentueux et des plus aimés des pilotes français que la Formule 1 ait connu. Si le destin ne l’avait pas fauché en plein vol lors des essais du dernier Grand Prix de la saison 1973 sur le circuit de Watkins Glen aux Etats-Unis, ce dandy parisien aurait pu devenir le premier pilote français champion du monde.

Licence Creative Commons / Raimund Kommer
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Si le sport automobile, et plus particulièrement la Formule 1, ont toujours été dans la tradition française, un seul pilote tricolore a réussi à inscrire son nom au palmarès du championnat du monde des pilotes. En réalisant cet exploit à quatre reprises en 1985, 1986, 1989 et 1993, Alain Prost a essuyé l’affront d’une non-présence française au tableau des champions depuis la création du classement en 1950. Pourtant, avant lui, quelques pilotes tricolores auraient pu être les pionniers. Parmi eux, le plus sûr espoir était assurément François Cevert.

Ce pilote parisien a gravi les uns après les autres les échelons menant au pinacle du sport automobile, la Formule 1. A une époque où la course était encore plus une histoire de talent que d’économie, François Cevert avait réussi à faire éclater son talent pour séduire Ken Tyrrell, propriétaire de l’écurie du même nom alors en plein essors suite à son double titre pilote/constructeur acquis en 1969 sous le nom de Matra.

En remplacement de Johnny Servoz-Gavin, démissionnaire au bout de trois courses, Cevert rejoint donc une écurie capable de gagner puisque Jackie Stewart remporte le Grand-Prix d’Espagne en début de saison. Même s’il ne marquera qu’un seul point cette année là, Cevert engrangera l’expérience nécessaire du haut niveau qui lui permettra de remporter sa première victoire l’année suivante, lors de la dernière course de la saison aux Etats-Unis. La victoire finale au championnat 1971 reviendra à son équipier Stewart qui ne manquera pas de louer la loyauté du Français capable selon lui de le battre à plusieurs reprises s’il n’avait pas respecté les consignes de son équipe visant à favoriser son premier pilote écossais. Cevert n’en tiendra pas rigueur et jouera le jeu sans rechigner, sachant que son heure ne tardera pas à venir.

Après une saison 1972 en demi-teinte marquée par aucune victoire de sa part, « Le Prince », comme la presse avait l’habitude de le surnommer, aborde l’année 1973 sur les chapeaux de roues et contestera de nombreuses victoires à Stewart, mais se pliera toujours aux consignes pour laisser gagner son leader, comme lors du Grand Prix d’Allemagne où l’Ecossais remporte son succès avec l’aide complice du Français.

Alors que le plus bel avenir lui semble tracé avec l’annonce semi-officielle de la retraite de Stewart à la fin de la saison, François Cevert est frappé de plein fouet par l’ironie de la mort qui le rappelle à elle lors des essais du Grand Prix des Etats-Unis sur la piste de Watkins Glen, terre de son premier et seul succès en Formule 1 deux ans plus tôt.

Suite à cette tragédie, les hommages se succèdent et Jackie Stewart, extrêmement touché par la mort d’un homme qu’il estimait tant, décide de ne pas participer à la dernière course et met un terme définitif à sa carrière. Par la suite, l’Ecossais ne cessera de s’engager pour améliorer la sécurité des pilotes et des hommes dans la discipline.

François Cevert aurait pu être le premier Français champion du monde. Idole d’une époque, sa belle gueule en avait fait le chéri de ses dames et sa classe était enviée par tous les aspirants gentlemen. Preuve de son importance dans le paysage français des années 70, plusieurs rues portent son nom au Mans, à Angers ou à Vaison-la-Romaine. Pilote complet, il avait également participé aux 24h du Mans, terminant deuxième en 1972.

Mais au final, quel plus bel hommage que celui rendu par son mentor, Jackie Stewart, triple champion du monde, qui avait fait de François Cevert son digne successeur : « La mort de François Cevert a été un coup terrible pour toute l’équipe Tyrrell et en particulier pour Helen [la femme de Stewart] et moi, il était devenu presque un frère pour moi et un très bon ami pour toute la famille. Il était un pilote intelligent, un énorme talent, qui je pense aurait pu devenir un vrai champion. »

 

Axel B.

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