On aurait pu penser que l’intersaison allait faire le plus grand bien à Romain Grosjean après une campagne 2012 sous le feu des critiques. Après un début de saison plutôt calme, le Français se voit cependant rattrapé par ses vieux démons depuis quelques courses.

Licence Creative Commons / Morio
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Que penser de Romain Grosjean ? La majorité des observateurs avertis voit en lui un pilote à la rapidité redoutable. En effet, le Français est souvent très rapide en qualifications, ce qui prouve bien que sa capacité à exploiter le maximum de sa monoplace sur un tour est une de ses qualités première. Mais les difficultés interviennent lors de la course. Le natif de Genève semble avoir des problèmes récurrents pour conserver son discernement et sa concentration sur la durée totale d’un Grand Prix.

Ses approximations lors de ses dépassements lui ont même valu une exclusion temporaire de la discipline après le carambolage du premier tour au Grand Prix de Belgique la saison dernière. De plus, son impatience au départ et sa volonté de doubler plusieurs voitures au premier virage lui ont valu une série d’accrochages qui lui ont fait, auprès de ses pairs, une réputation de kamikaze, voire même « d’imbécile » selon les dires de Mark Webber.

Cette année, après avoir été suivi par un psychologue durant l’hiver pour essayer de cerner les raisons de ses échecs l’an passé, Romain Grosjean avait à cœur de récompenser par des résultats probants et une attitude irréprochable la confiance que lui avaient accordée ses dirigeants, Gerard Lopez et Eric Boullier.

Un début de saison difficile marqué par une dégradation des gommes Pirelli très handicapante pour un pilote agressif comme lui, et un Kimi Raikkonen au sommet de sa forme qui enchaine les podiums et se permet même de remporter la première course de la saison, ont fait plonger Romain Grosjean dans le doute qui planait encore au dessus de sa tête.

Si l’on aurait pu penser que son beau podium à Bahreïn après deux courses médiocres allait lancer sa saison, ses démons sont vite revenus sur le devant de la scène.

En un seul week-end, lors du Grand Prix de Monaco, Grosjean a retrouvé la palette complète de ses pires cauchemars de la saison passée. Le pilote Lotus a donné des sueurs froides à toute son équipe en touchant les rails trois fois durant les séances d’essais du jeudi et du samedi. Mais malgré toutes ses erreurs, à chaque fois que le Français reprenait la piste, il était instantanément plus rapide que son équipier finlandais. Et c’est là tout le paradoxe de ce pilote. Malgré une pointe de vitesse incontestable, son manque de précision et de constance lui font faire des erreurs irrattrapables. Il clôturera malheureusement son week-end par un accrochage avec Daniel Ricciardo qu’il harponnera à la sortie du tunnel dans une manœuvre qui n’est pas sans rappeler la panne de cerveau de Michael Schumacher l’année dernière lors du Grand Prix de Singapour lorsqu’il avait embouti l’arrière de la Toro Rosso de Jean-Eric Vergne.

Il va donc falloir que Romain Grosjean sorte très vite de cette mauvaise passe au risque de se retrouver dans la tourmente comme en 2012. A la différence prés que cette fois-ci, plus aucune chance ne lui sera accordée. Il y a beaucoup d’autres pilotes talentueux qui ont été mis sur la touche en 2013 et qui attendent le moindre faux pas d’un des vingt deux titulaires pour prendre leurs places. On peut penser notamment à Heikki Kovalainen ou à Kamui Kobayashi, qui n’hésitent pas à faire parler d’eux dans les paddocks dès que l’occasion se présente.

La piste du Circuit Gilles Villeneuve au Canada, cadre du prochain Grand Prix, ne sera pas la plus facile pour faire valoir son talent. Mais Romain Grosjean pourra s’appuyer sur son bon résultat de la saison passée (deuxième, soit à ce jour le meilleur résultat de sa carrière) pour tenter d’inverser la tendance. A lui d’éviter tous les écueils de la course, et le fameux mur « Bienvenue au Québec » qui a déjà fait chuter beaucoup de champion. Il ne faudra pas que le dernier virage du circuit de Montréal devienne le cimetière des ambitions en Formule 1 du pilote français.

Axel B.

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