Le fournisseur unique de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, est actuellement en train de réfléchir aux suites à donner à son engagement dans la discipline. Cette hésitation est cependant justifiée à la vue de l’image peu flatteuse que reflète actuellement sa présence sur les grilles de départ.

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas
Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Les polémiques font partie intégrante de la Formule 1. Chaque année, une nouvelle affaire vient défrayer les chroniques des magazines spécialisés et agite l’allée des stands. Hier le « Spygate », aujourd’hui le « Testgate »
Mais depuis trois ans, il y a une polémique insistante qui concerne les pneumatiques Pirelli. La firme milanaise a accepté de revenir en Formule 1 pour trois saisons à compter de l’année 2010 avec un cahier des charges bien précis imposé par la FIA. Cette dernière voulait donner une nouvelle impulsion au spectacle de la discipline et a judicieusement penser qu’en agissant sur le seul lien entre les monoplaces et la piste, donc les pneus, elle aurait l’occasion d’arriver à ses fins.

Effectivement, on peut dire que depuis trois ans, le spectacle est d’avantage présent lors des Grands Prix. Avec des gommes instables et difficilement compréhensibles et appréhendables par une majorité de pilotes, il nous a été donné de voir des courses plutôt mouvementées.
Les pilotes et les équipes sont en rognes mais le spectacle et ses promoteurs sont gagnants. Et Pirelli, dans cette histoire, se retrouve coincée et otage d’une situation qui commence lentement à lui échapper.

Car en effet, quel est le but premier d’une présence en Formule 1 pour une entreprise ? En ce qui concerne le domaine des pneumatiques, avec un manufacturier unique, on peut d’ores et déjà écarter le concept de compétition. Pirelli n’a pas à prouver qu’elle gagne plus souvent qu’un de ses concurrents. Il faut donc pour cette dernière travailler sur son image de marque et faire en sorte que l’excellence de ses produits soit mise en avant.
Or, depuis plusieurs mois maintenant, l’entreprise italienne croule sous les critiques des pilotes et des écuries qui font ressortir une incapacité à tirer la quintessence de leurs monoplaces à cause de pneumatiques trop peu endurants. Paul Hembery, le directeur sportif de Pirelli, se confond en explications pour justifier les choix conjointement pris par son entreprise et la Fédération.

Au final, qu’aurait à gagner Pirelli à continuer dans cette direction pour 2014 et au delà ? Si la situation reste en l’état, pas grand-chose. On l’a dit, le but premier de Pirelli est de faire rejaillir ses succès et sa technique sur ses ventes de pneumatiques dans le monde. Le marketing est un point assez important dans le milieu commercial pour ne pas se forger une mauvaise image en dépensant des millions en Formule 1. Certes, le nom de Pirelli est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Au niveau de la représentation par l’image, c’est un succès. Mais au niveau de l’image de la marque en elle-même, Pirelli se retrouve sur le fil du rasoir entre une bonne et une mauvaise appréciation.

Paul Hembery et ses partenaires vont donc devoir faire un choix cornélien et réussir à définir si leur présence à long terme en Formule 1 va continuer à leur apporter ce qu’ils étaient venus chercher en entrant dans la discipline, c’est-à-dire une meilleure image de leurs produits axés sur la compétitivité, l’endurance et l’excellence. Pas si sûr que les décideurs de la Formule 1 soient sur la même longueur d’onde.

 

Axel B.

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