Déjà deux victoires, cinq pole positions et quelques belles places d’honneur pour Mercedes cette saison. Nico Rosberg et Lewis Hamilton semblent avoir la monoplace la plus rapide du plateau, même si sa gestion délicate des pneumatiques l’empêche de concrétiser pleinement cet avantage. Tout ce pourquoi Michael Schumacher s’était engagé avec l’équipe entre 2010 et 2012 est en train de se réaliser cette année…le septuple champion du monde n’est-il pas parti un peut trop vite finalement ?

Licence Creative Commons / Mark McArdle
Licence Creative Commons / Mark McArdle

Pendant que Michael Schumacher est sur son canapé à commenter les Grands Prix avec sa femme Corinna, son ancienne équipe, Mercedes, est en train de réaliser les plus belles performances depuis son retour en tant qu’équipe complète.

Les ambitions du septuple champion du monde avaient été mises à mal lors des trois saisons passées avec la firme étoilée, au volant de monoplaces souvent erratiques et inconstantes, ce qui avait amené l’ex-Baron Rouge à se retirer définitivement de la discipline à la fin de l’année dernière. Les quelques lueurs d’espoirs comme la victoire de son équipier Rosberg en Chine ou son propre meilleur temps lors des qualifications à Monaco en 2012 n’ont pas suffit à l’Allemand pour le motiver suffisamment et lui faire croire à un possible retour au premier plan.

Certes, la nouvelle direction de Mercedes représentée par Niki Lauda et Toto Wolff n’était guère enthousiaste à l’idée de conserver le vieillissant Schumacher. Lorsque les deux hommes ont compris qu’il y aurait une possibilité franche et réelle d’attirer dans leur équipe le jeune et talentueux Lewis Hamilton, les jours du septuple champion du monde étaient déjà comptés. Ajouté à cela une perte de réflexes flagrante (cf. les accidents avec Senna à Barcelone et Vergne à Singapour) et une monoplace à court de développement dans la deuxième partie de la saison, et l’histoire entre Michael et la Formule 1 allait cette fois-ci s’arrêter définitivement.

Mais à la vue des résultats de Mercedes en ce début de saison, Michael Schumacher doit sûrement se poser quelques questions devant sa télévision. Qu’aurait-il été capable de faire au volant de cette monoplace revigorée et sans conteste très rapide ?

Même s’il n’a pas eu la force et le talent suffisant pour mener à bien le développement de l’équipe durant ses trois ans de présence chez les gris, comme il avait réussi à la faire chez Ferrari à son arrivée en 1996, les efforts combinés de son association avec Ross Brawn, sont, semble-t-il, en train de porter leurs fruits aujourd’hui. Un simple manque de temps ? Le projet engageait effectivement Schumacher et Mercedes sur la base trois années, qui semblaient suffisante aux deux parties pour atteindre leur objectif.

Travailler dans la difficulté pour laisser la gloire aux autres ? Cela n’a jamais été l’apanage du champion allemand. Il doit désormais quelque peu se mordre les doigts d’avoir pris la décision, contraint et forcé ou de son propre chef, de s’être retiré, visiblement las et fatigué de se battre en milieu de grille. Comme il l’a avoué récemment, l’histoire aurait pu être différente si Mercedes lui avait fourni une monoplace capable de jouer le titre. Et à bien des égards, c’est ce qui est en train de se passer cette année avec Nico Rosberg et Lewis Hamilton.

Il est cependant très difficile de quantifier jusqu’à quel point la venue du champion du monde 2008 au sein de Mercedes a permis un tel revirement de situation. Hamilton n’a pas eu grande influence sur la conception de la W04 de cette année, et le Britannique est surtout réputé pour sa vitesse intrinsèque que pour ses talents de metteur au point. De plus, Nico Rosberg entame sa quatrième saison avec les flèches d’argents et semble se révéler cette année. Son influence sur les progrès réalisés depuis quelques mois est également difficilement quantifiable, mais elle a sûrement été plus importante que celle d’Hamilton, forcément. Bien que la présence du champion britannique au sein de l’équipe est apportée de la fraicheur et une manière de travailler différente, ce qui a pu influencer beaucoup de facteurs d’amélioration.

On pourrait donc en déduire que les orientations proposées par Schumacher ces trois dernières années ont eu une grande influences sur le bon fonctionnement de la monoplace en 2013. Son expérience des situations difficiles et sa capacité à a fédérer une équipe pour la faire avancer dans le bons sens ont maintes fois été louées.

Il est certes facile aujourd’hui d’essayer de faire un rapprochement entre la présence chez Mercedes de Michael Schumacher ses trois dernières années et les bons résultats de l’équipe aujourd’hui. Il aurait peut être fallu que l’Allemand prolonge son aventure d’une année supplémentaire pour qu’il récolte les fruits de son implication. Les partisans de cette idée ne seraient peut être pas contre un troisième retour du champion du monde dans un avenir proche, mais cette possibilité semble totalement loufoque et improbable. D’autres, plus raisonnables, pensent que les qualités et les réflexes de Schumi étaient lentement en train de l’abandonner et que sa décision a été la bonne.

 En attendant, on pourra toujours se demander si Schumacher n’aurait pas pu briller au volant de la Mercedes 2013. Une question qui restera sans réponse, et qui frustrera sûrement le principal intéressé et tous ses fans.

 

Axel B.

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