La Formule 1 et le football sont deux sports totalement différents. Pourtant, dès que l’on parle d’économie et de financement, un rapprochement évident peut s’effectuer. Si le Qatar et la Russie ont fait une entrée fracassante dans le monde du ballon rond (Paris St Germain, Cheslea, Monaco…), ces deux pays sont en train de s’implanter dans la discipline reine du sport automobile.

Licence Creative Commons / Morio
Licence Creative Commons / Morio

Pour faire fonctionner une écurie de Formule 1, il faut un financement solide. Si les écuries du haut de tableau comme Red Bull, Ferrari ou Mercedes sont à ce point compétitives, c’est qu’elle ont une excellentes assise financière qui leur permet d’élaborer des plans d’évolution sur le long terme. Accueillir les meilleurs ingénieurs et les meilleurs pilotes a un coût, et si les équipes qui ferment la marche comme Marussia et Caterham par exemple, ont de telles difficultés à hausser leur niveau, c’est qu’elle se retrouve confrontée à d’innombrables difficultés pour trouver des financements leur permettant de s’améliorer. Le temps et l’énergie passés à attraper ces chimères souvent inaccessibles sont perdues pour le développement et les progrès concrets sur la piste.

Dernièrement, l’écurie Sauber, présente en Formule 1 depuis 1993, s’est retrouvée dans une situation inconfortable, en grande difficultés financière, au point de ne pouvoir payer Ferrari pour la fourniture de ses moteurs et quelques mois de salaires de son premier pilote, Nico Hulkenberg. L’équipe a trouvé une solution auprès de richissimes investisseurs russes. Provenant de divers fonds d’investissements et fédération du pays, cette manne financière inespérée apporte cependant quelques obligations à l’écurie suisse.

En effet, à l’approche du premier Grand Prix de Russie organisé pour la saison 2014, le gouvernement du pays aimerait bien avoir la présence d’un pilote national sur les courses après l’échec de la tentative de Vitaly Petrov de figurer à long terme sur les grilles de départs. Sauber se voit donc presque obligé par contrat à titulariser l’année prochaine le jeune espoir Sergey Sirotkin, pas forcement le nouveau Vettel, mais fils de l’influent directeur de l’Institut National de Technologie d’Aviation russe, qui vient tout juste d’investir dans l’entreprise basée à Hinwill…

Comble d’ironie, l’équipe Sauber est en partenariat depuis plusieurs mois avec le club de football de Chelsea, lui aussi détenu par des investisseurs russes. De là à dire qu’il y ait un lien de cause à effet, rien n’a cependant filtré de ce côté-là.

Mais le parallèle entre ces deux sports est tout de même assez intéressant. Du point de vue financier tout du moins. La Russie est donc présente en Formule 1 désormais avec son implication chez Sauber, la présence sur les grilles d’une écurie nationale avec Marussia (bien que celle-ci soit installé en Angleterre et est une forte connotation britannique) sa future présence dans le calendrier mondial avec un Grand Prix à Sotchi et donc, peut être, l’arrivée d’un jeune pilote en 2014. Mais le pays est également implanté dans le football depuis de nombreuses année avec le club anglais de Cheslea donc, et plus récemment avec le club de Monaco, qui va faire un retour fracassant en première division du championnat de France en ayant attiré dans son escarcelle des grands noms de la discipline comme Falcao, Abidal ou Carvalho, grâce aux généreux financements de son nouveau président, le multimilliardaire russe Dmitry Rybolovlev.

L’équipe monégasque souhaite donc, dès cette année, rivaliser avec le Paris St Germain, autre grand club aux financements abondants apportés cette fois-ci par des investisseurs qatari. L’annonce du rachat de l’équipe de la capitale avait fait grand bruit, et malgré les incessants remous que le club subit depuis plusieurs mois, les résultats sportifs et les annonces de venues de grands joueurs ne cessent d’activer les média.

D’ailleurs, il ne serait guère étonnant que l’on n’entende pas parler du Qatar dans le milieu de la Formule 1 dans les années à venir. Cela fait quelques temps déjà qu’un rapprochement entre la FIA, présidée par Jean Todt, et la fédération qatarienne des sports mécanique (QMMF), avec sa tête l’influent Nasser Bin Khalifa Al-Attiyah, a eu lieu, et même si un Grand Prix n’est pas encore à l’ordre du jour, de nombreuses idées pour faire venir la Formule 1 sur le sol qatari existent déjà.

Depuis plus d’un an déjà, la QMMF souhaite accueillir les essais hivernaux sur son circuit de Losail, qui accueille déjà une manche du championnat du monde de Moto GP et du GP2 Asia. Des investisseurs qatari avaient également formulé le projet de racheter le circuit de Silverstone lorsque celui-ci s’était retrouvé en difficulté financière en 2011.

Jean Todt s’est positionné favorablement à une présence du Qatar, pays émergeant de la scène économique mondiale, en Formule 1, et des écuries comme Williams ou McLaren ont, elles aussi, compris l’attrait de ce pays en y implantant une partie de leurs activités et en profitant de la manne financière qui leur ait offerte.

Lorsqu’il s’agit de trouver de l’argent pour financer un projet sportif, la Formule 1 et le football se tournent donc vers les mêmes investisseurs. L’Europe, en période de crise semble avoir bien du mal à concurrencer des pays riches et émergents comme la Russie ou le Qatar. Et dans le microcosme de la Formule 1, la situation se constate clairement, notamment par la présence de nombreux Grands Prix dans des pays dits « exotiques » au dépends de son berceau naturel qu’est le vieux continent.

Axel B.

Publicités