Depuis que Mark Webber a annoncé son départ de la discipline à la fin de la saison les rumeurs vont bon train sur le nom de son remplaçant. Si Kimi Raikkonen serait le premier choix de Red Bull, il est un peu trop tôt pour mettre de côté les deux jeunes pilotes Toro Rosso : Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo. Le duel de ces deux là pour l’obtention d’une place aux côtés de Sebastian Vettel va être passionnant à suivre durant la seconde partie de la saison. Mais lequel des deux à le plus de chance d’y arriver ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray
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Mark Webber a surpris Christian Horner et Red Bull lorsqu’il a annoncé, en marge du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, son intention de quitter la Formule 1 à la fin de la présente saison. Ce n’est pas vraiment sa décision qui a été surprenante, mais plutôt la manière dont elle a été annoncée, sans prévenir les dirigeants de l’équipe, qui l’ont donc appris en même temps que le reste du paddock.

Par ce geste que d’aucun qualifierait de peu élégant, Webber a certainement voulu régler ses comptes avec une équipe qui, selon lui, ne l’a pas assez soutenu malgré le fait qu’elle lui a fourni des monoplaces capable de remporter le titre depuis trois ans.

Maintenant, l’Australien s’est lancé un nouveau défi en Endurance en rejoignant Porsche et laisse de ce fait une place vacante chez les champions du monde aux côté de Sebastian Vettel.

Parmi les prétendants à sa succession, il y a logiquement les deux pilotes Toro Rosso, Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo, qui ont appris le métier au sein de l’équipe de Faenza et qui, au terme de leur seconde année de présence sur les grilles de départ, n’ont d’autres choix que d’ambitionner un volant au sein de l’écurie mère.

Dietrich Mateschitz et son bras droit, Helmut Marko, leur ont donné deux années pour prouver leur talent. En 2012, le Français et l’Australien ont chacun mis en avant leurs qualités. Ricciardo était souvent très rapide en qualifications, au dépend de Vergne, mais ce dernier réalisait des courses plus constantes, ce qui lui a permis au final de devancer son équipier au championnat de quelques points. La monoplace qu’ils avaient entre leurs mains cette année là ne leur a cependant pas permis de briller outre mesure, et une seconde saison n’était pas de trop pour pouvoir se faire un jugement définitif sur les deux hommes.

Cette année, le schéma de la saison précédente semble se renouveler. Daniel Ricciardo impressionne toujours par ses performances en qualifications, mais Jean-Eric Verge a sensiblement augmenté son niveau de jeu dans cet exercice. De ce fait, les résultats entre les deux hommes sont de plus en plus proches et les bons résultats, au volant d’une monoplace bien plus compétitive, s’enchainent pour les deux pilotes.

La pression semble également jouer un rôle important dans leur affrontement. Vergne et Ricciardo savent tous deux que tous les regards sont tournés vers eux, et le moindre faux pas risque de faire pencher la balance du mauvais côté. Du coup, même si intrinsèquement leurs résultats sont meilleurs (Toro Rosso a déjà quasiment le même nombre de points à la mi-saison que son total de l’an dernier), la constance n’est pas au rendez-vous. Vergne a réalisé deux courses magnifiques à Monaco et au Canada, ponctué par un flatteuse 6ème place à Montréal, mais il s’est ensuite écroulé lors des deux Grands Prix suivants à Silverstone et en Allemagne, où son équipier Ricciardo s’est fait remarquer par des performances exceptionnelles en qualifications (deux fois 6ème) et une prestation solide en course (8ème en Grande-Bretagne), pendant que le Français se battait en fond de peloton et devait subir deux abandons sur des problèmes mécaniques.

On comprend bien que le choix des dirigeants de Red Bull est cornélien. Aucun des deux pensionnaires de Toro Rosso n’arrive à se détacher et leurs performances sont finalement semblables au volant d’une monoplace qui ne leur permet pas de jouer les premiers rôles. Du coup, leur nationalité pourrait peut être jouer un rôle dans le choix de Red Bull. Mark Webber a déjà appuyé la candidature de son compatriote Ricciardo, mais la voix de l’Australien trentenaire pèse-t-elle vraiment au sein de l’équipe désormais ? Vergne pourra bien bénéficier du fait que Red Bull aimerait développer sa présence et son chiffre d’affaire en France, mais au final, Mateschitz et ses hommes ne sont intéressés que par une chose : la victoire. Vettel les a habitués comme cela depuis plusieurs années…

La seconde partie de la saison va être cruciale et passionnante à suivre entre les deux pilotes Toro Rosso qui se sont engagés dans un rodéo fou pour tenter de dompter le taureau rouge qui fait rêver tant de pilotes. Le premier qui tombera de la selle n’aura certainement pas d’autres opportunités de prouver ses talents d’équilibriste, d’autant plus qu’un certain Kimi Raikkonen se fait également courtiser par toute la manade.

Axel B.

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