Cette saison, McLaren ne joue pas les premiers rôles. Une situation plutôt inhabituelle pour l’équipe britannique qui peut s’expliquer par diverses raisons. Bien entendu, la mauvaise conception de la monoplace est pointée du doigt, mais est ce que les deux pilotes actuels sont capables de faire remonter l’écurie vers les sommets ? Il semblerait que McLaren n’est pas de vrai leader cette année…

Licence Creative Commons / Morio
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Habituée aux victoires et aux podiums à répétition depuis leur retour en force à la fin des années 90, l’équipe McLaren est en train de vivre une saison noire, où les maigres espoirs de réaliser un bon résultat sont surtout annoncés dans la presse par les pilotes qui essaient de se motiver tant bien que mal.

La monoplace de cette saison est totalement ratée, et Martin Whitmarsh et son équipe en sont conscients. A tel point que le directeur sportif britannique avoue s’être déjà tourné vers 2014 afin de se concentrer de la meilleure manière possible pour affronter les nouveaux règlements sportifs qui vont régir la discipline.

Mais outre le fait que la voiture soit mal née, est ce que les deux pilotes actuels, Jenson Button et Sergio Pérez, sont capables de tirer l’équipe vers le haut ? Le Britannique, champion du monde en 2009 avec Brawn GP est le plus expérimenté des deux. A ce titre, c’est lui qui a obtenu cette saison les meilleurs résultats de McLaren en course, et sa gestion légendaire des pneumatiques et des conditions météorologiques changeantes lui ont permis de se montrer à son avantage en certaines circonstances. Mais est-il vraiment le leader dont McLaren a besoin depuis le départ de Lewis Hamilton ? A l’époque ou les deux pilotes se côtoyaient à Woking, une seine émulation s’était créée entre eux, à tel point qu’il était très difficile de les départager. Jenson Button avait alors impressionné tous les observateurs qui pensaient le natif de Frome incapable de tenir tête à Hamilton.

McLaren a donc pensé qu’après le départ de Lewis cette année, Jenson serait capable de prendre le leadership de l’équipe. Mais par le passé, Button avait déjà démontré ses limites dans ce rôle. Lors de son succès au championnat du monde en 2009, le Britannique avait capitalisé sur l’avantage des Brawn et de leurs doubles diffuseurs magiques en début de saison pour remporter un nombre important de victoires avant de lâcher prise une fois la concurrence revenu. Il aura fallu attendre le dernier Grand Prix, au Brésil, pour voir son sacre confirmé après une course difficile mais majestueuse. Au fil de la saison, Button et son équipier du moment, Rubens Barrichello, avaient été bien incapables de faire évoluer leurs monoplaces pour conserver l’important avantage du début d’année. Preuve s’il en faut de la difficulté de Button d’exhorter et aider son équipe à trouver des solutions  pour s’améliorer…ce qui semble être le cas encore aujourd’hui chez McLaren, même si le Britannique compense cette impression grâce à un pilotage toujours aussi fin, précis et rapide.

De son côté, Sergio Pérez est encore en phase d’apprentissage au sein d’une écurie de haut niveau. Le Mexicain, qui s’était fait remarquer avec quelques coups d’éclats au volant d’une Sauber ces deux dernières années, ne fait pas encore figure de référence. Son inexpérience criante et la pression engendrée par le fait de courir pour une écurie mythique qui a des attentes très élevées, annihilent quelque peu son talent et lui donne l’image convenue d’un diamant brut que l’on doit encore polir.

L’année prochaine va être un véritable tournant pour toutes les équipes et encore plus pour McLaren qui n’aura plus droit à une année de transition après la saison qu’elle est en train de vivre. Avec un Jenson Button en fin de carrière et un Sergio Pérez en plein apprentissage, l’écurie devra peut être songer à un remaniement profond en vue d’un futur à long terme.

 

Axel B.

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