Même s’il y a encore une chance mathématique pour qu’un de ses adversaires fasse tomber Sebastian Vettel de son piédestal, en haut du classement du championnat pilotes, il y a fort à parier qu’aucun d’entre eux n’y arrivent. Il est donc grand temps, pour les équipes et les supporters, de se tourner vers la saison prochaine.

Licence Creative Commons / Michael Elleray
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Ferrari et Fernando Alonso l’avaient annoncé au début de ce week-end italien. Ils se donnaient encore deux courses, Monza et Singapour, pour définir leur stratégie de fin d’année. Si l’Espagnol avait réussi à finir devant Sebastian Vettel et sa Red Bull en terre italienne, ils attendraient un nouveau bon résultat à Singapour pour continuer leur lutte pour le titre cette saison. Mais voilà, l’Allemand, triple champion du monde, a une fois de plus dominé outrageusement la course, et les derniers espoirs des rouges se sont sûrement envolés avec la deuxième place d’Alonso. Il est donc probable que l’écurie au cheval cabré renonce d’ors et déjà au titre 2013 et concentre ses efforts pour la saison à venir, tout comme l’ont semble-t-il déjà fait les Mercedes et Lotus, en pertes de performances depuis deux courses.

Cela ne veut pas dire que Vettel et Red Bull n’auront plus de concurrence lors des derniers Grands Prix, mais il faudra des circonstances défavorables (problèmes mécaniques, caprices météorologiques…) ou des conditions moins avantageuses (piste qui convienne moins à la RB9, pilote en méforme…) à ce duo infernal pour qu’il rate la victoire et qu’elle tombe, avec plus ou moins de chance, dans l’escarcelle d’un de ses adversaires.

Beaucoup de regards sont donc tournés vers 2014 et ses grands changements de réglementation technique attendus. Mais là aussi, les autres acteurs de la grille de départ se méfient au plus haut point de Red Bull.

En effet, l’équipe autrichienne a parmi elle un des plus beaux atouts techniques, le génial ingénieur Adrian Newey. Ce nouveau défi technologique va être très excitant pour le Britannique, et aux vues des récents succès de ses dernières monoplaces dessinées depuis quinze ans, on voit mal l’artiste rater son tableau.

Ceci dit, avec l’arrivée dans la maison mère de Daniel Ricciardo, le chouchou Vettel pourrait bien trouver du changement. En effet, le tout jeune Australien est issu de la même famille (le junior team Red Bull) que le triple champion du monde. Ce qui n’était pas le cas de son prédécesseur Mark Webber. Son excellent bagage technique, sa bonne humeur, et son expérience de pilotage sur des monoplaces souvent rétives (HRT puis Toro Rosso) ont fait pencher la balance en sa faveur aux dépends de Jean-Eric Vergne, pourtant très talentueux, mais atteint du syndrome « Alain Prost » qui équivaut à souvent se plaindre de sa machine, de son équipe et des circonstances pour finalement avoir l’image d’un pilote rapide mais râleur. Attitude adoptée en son temps également par Sébastien Bourdais au sein de la même équipe. Vergne devra donc mettre à profit sa troisième saison chez Toro Rosso, une chance rare dont aurait bien aimé bénéficier Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, pour faire évoluer son attitude afin de pouvoir prétendre à plus.

2014 sera aussi une année cruciale pour Ferrari et Mercedes. Pour les Italiens tout d’abord, il faudra fournir à Fernando Alonso une monoplace à la hauteur de ses ambitions. L’Espagnol est en train de se demander s’il a fait le bon choix en rejoignant la Scuderia il y a trois ans. En ayant remporté seulement onze victoires, quatre pole-position et jamais un titre de champion, son agacement est croissant et ses envies d’ailleurs pourraient être décuplées s’il devait faire face à un nouvel échec ou a un nouvel équipier trop encombrant comme pourrait l’être Kimi Raikkonen.

Pour l’équipe allemande Mercedes, 2014 pourrait être l’année charnière de sa présence en Formule 1. Les autorités de Stuttgart sont venues dans la discipline pour gagner, et ils ont misé gros pour la saison à venir. Une nouvelle année en dent de scie pourrait donc être l’année de trop pour une entreprise qui a beaucoup investi dans une restructuration clinquante et onéreuse, et qui a déjà fait connaitre ses doutes quant à une présence en Formule 1 en tant que simples figurants.

Bien sûr, tout le monde partira d’une feuille blanche. De son côté, McLaren risque de vivre une nouvelle année de transition en attendant la venue de son nouveau motoriste Honda pour 2015. Lotus, si elle conserve Raikkonen devra faire face aux ambitions de son champion du monde de pilote, tandis que de l’autre côté de la grille, Sauber devra courir pour sa survie. Les Force India, Williams et autres Caterham et Marussia auront-elles leur mot à dire avec cette nouvelle donne ?

Mais rien ne dit qu’une de ses petites équipes ne trouvera pas une solution miracle pour bondir d’un seul saut vers le sommet. Les changements prévu laissent entrevoir certaines possibilités, même si les plus pragmatiques ne s’attendent pas à de grands changements dans la hiérarchie mondiale.

Axel B.

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