Comme la plupart de ceux qui l’accompagnent en haut des statistiques, Sebastian Vettel fait naitre des controverses. Les Schumacher, Prost, Senna sont tous des champions sur qui planent parfois des incompréhensions, soit avec le public, soit avec leurs pairs. Sur la route de ses quatre titres mondiaux, le pilote allemand de 26 ans ne déroge pas à la règle.

Licence Creative Commons / Morio
Licence Creative Commons / Morio

Bien entendu, le public aime le divertissement. Même si la domination sans partage de Sebastian Vettel représente un exceptionnel exploit sportif, révélant au grand jour le talent immense de ce jeune homme, elle créer néanmoins un ennui profond pour les spectateurs et téléspectateurs qui font du pilote allemand leur cible préférée. Pour preuve, les huées dont le quadruple champion est victime depuis plusieurs Grands Prix et qui traduisent, de manière idiote, le mécontentement de public.

La Formule 1 est sûrement le seul sport où les plus belles réussites sont ainsi galvaudées. Horner, Newey et Vettel, qui représentent à eux trois la magie de Red Bull, sont donc montrés du doigt pour leur talent qui éclate à la figure de tous. Même dans le football, où les supporters n’ont pourtant pas bonne presse, ce cas de figure n’arrive pas. Imaginez le Camp Nou de Barcelone siffler Lionel Messi après un triplé ! Bref, cette archi-domination de l’association Vettel/Red Bull ne pourrait être endiguée que par l’intervention réglementaire de la FIA, comme cela était arrivé au milieu des années 2000 où une batterie de changements de réglementations était entrée en vigueur pour casser la suprématie de Michael Schumacher au volant de sa Ferrari.

Mais ceci n’est pas le seul point noir qui vient troubler le palmarès de Sebastien Vettel. Tout le monde a encore en tête l’action malheureuse de l’Allemand en Malaisie lorsqu’il avait désobéit aux consignes d’équipe pour aller chiper la victoire à son équipier Mark Webber, enterrant par là même les dernières notes d’optimisme de l’Australien.

Ce geste, qu’il a reconnu lui-même au soir de son quatrième titre comme étant une erreur (voilà déjà une preuve de maturité bien venue), est à ranger dans le même tiroir que les fameux duels de Suzuka entre Alain Prost et Ayrton Senna qui se sont rendu la pareille à coup de roues en 1989 et 1990 et de ceux de Michaël Schumacher à Adelaïde en 1994 face à Damon Hill ou à Jerez en 1997 contre Jacques Villeneuve. Dans tout ces cas, ces grands champions ont été aveuglés par leur talent et par la peur de perdre. Un sentiment commun que l’on peut désormais affubler à Vettel, mais qui restera dans l’histoire de la Formule 1 comme un manquement à l’intégrité du champion.

Mais peut être que l’extraordinaire ne peut pas se concevoir sans ce tempérament. Et justement, Sebastian Vettel est un pilote extraordinaire. Mais il lui restera encore un défi de taille à relever avant de peut être se retirer d’ici une dizaine d’année, à savoir conquérir le cœur de la majorité du public. La défaite rend humain, Fernando Alonso en est la preuve, mais peut être que Vettel pourra ajouter une dose de panache supplémentaire à sa facilité pour finalement faire taire toutes les controverses.

 

Axel B.

Publicités