Depuis l’arrivée d’un « pilote commissaire » durant les Grands Prix pour aider à l’analyse des situations litigieuses en piste, les controverses concernant les sanctions, infligées ou pas, aux pilotes, sont de plus en plus présentes. Il semblerait cependant que les objectifs d’égalité et de neutralité recherchés soient difficiles à atteindre.

 

Licence Creative Commons / Emperornie
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Depuis plusieurs saisons, les sanctions infligées aux pilotes pour leur comportement en course sont systématiquement remises en causes. La FIA a pourtant, à force de modifications fréquentes, clarifié nettement le règlement sportif pour faire de la Formule 1 un spectacle à la fois intéressant et sûr.

A ce titre, les dépassements, qui restent l’apanage du sport automobile, ont été favorisés avec l’introduction du KERS et du DRS mais également réglementés afin que les pilotes puissent les réaliser en toute sécurité. Il est par exemple interdit de changer plus d’une fois de trajectoire pour défendre sa position, ce qui semble avoir été intégré par la majorité des acteurs du plateau.

Un autre point du règlement, très à la mode en ce moment, concerne l’espace que doit laisser un pilote à son concurrent qui est en train de le doubler. Le chassé doit laisser suffisamment de place au chasseur pour lui éviter de sortir de la piste. Une autre réglementation en découle directement, celle concernant les limites de la piste. Tout pilote qui effectue un dépassement doit le faire sur la piste, sans franchir les lignes blanches continues qui la délimite.

Il est cependant parfois difficile pour les pilotes d’appliquer à chaque fois cette obligation, pris dans le feu de l’action, sur des circuits modernes permettant de sortir très large d’un virage, dépourvu de bac à gravier. Il n’est donc pas rare de voir un pilote ayant gagné un avantage de la sorte laisser passer quelques virages plus loin la malheureuse victime de cette manœuvre. Ceci afin d’éviter la sanction immédiate d’un passage obligé par les stands faisant perdre un temps précieux.

De nombreux pilotes ont été ainsi sanctionnés et la règle semblait donc très claire. Jusqu’à ce fameux incident lors du récent Grand Prix d’Abu Dhabi entre Fernando Alonso et Jean-Eric Vergne. Il était pourtant flagrant sur les images que le pilote Ferrari avait utilisées bien plus que le largueur de la piste autorisée pour se permettre un dépassement sur la Toro Rosso à la sortie de la voie des stands. Les commissaires ont d’ailleurs lancé une investigation sur cet incident pour finalement repousser leur décision après la course. Une décision assez surprenante puisque l’Espagnol ne recevra aucune pénalité, la FIA estimant dans son communiqué : « La télémétrie confirme que la voiture 3 (Alonso) était significativement plus rapide que la voiture 18 (Vergne) en pneus tendres. » Voilà qui est étrange. Il suffit donc d’être plus rapide et d’avoir des pneumatiques différents pour avoir la clémence des commissaires sur un dépassement litigieux ? Vergne s’étonnait lui-même de la situation : « Depuis un moment, si un pilote met une roue à l’extérieur en dépassant, il prend une pénalité et il avait les quatre roues à l’extérieur. » Ce à quoi Alonso répond par sa propre interprétation du règlement : « Le règlement dit que lorsque vous avez la voiture à côté de l’autre alors vous pouvez utiliser tout l’espace. » Consternant…Mais à ce stade de la réflexion, il est utile de se poser la question de l’influence probable de Ferrari et de ses dirigeants sur une telle décision qui, soyons en sûr, ne fera pas jurisprudence.

Comment donc donner de la crédibilité à la FIA et aux commissaires qui ne sanctionnent pas un comportement dangereux et qui, d’un autre côté, infligent des pénalités financières à Sebastian Vettel en Inde coupable d’avoir assuré le spectacle…une fois encore, c’est surtout la crédibilité de la Formule 1 qui est en jeu.

 

Axel B.

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