Depuis le départ d’Ayrton Senna en 1993, l’écurie McLaren n’arrive plus à gérer la présence de pilotes latins, au sang chaud. Juan Pablo Montoya, Fernando Alonso et maintenant Sergio Pérez en sont des exemples frappants.

Licence Creative Commons / Michael Elleray
Licence Creative Commons / Michael Elleray

Sergio Pérez n’aura tenu qu’une petite saison au sein de l’équipe McLaren. Le pilote mexicain était arrivé en trombe chez les gris pour remplacer l’enfant prodige Lewis Hamilton parti sous d’autres cieux. Les performances de Pérez chez Sauber en avaient fait un espoir un peu brouillon que Martin Whitmarsh s’efforcerait d’affiner. Las du manque de rythme et de constance de son prodige, le dirigeant britannique a finalement préféré jeter l’éponge pour se tourner vers un autre produit maison, Kevin Magnussen, dans l’espoir de réitérer les prouesses réalisées avec Hamilton quelques années auparavant.

Sergio Pérez s’ajoute donc à la liste des pilotes n’ayant pas réussi à faire leur trou dans la très stricte et froide équipe McLaren. Plus généralement, et depuis la rupture en 1993 entre Senna et McLaren, cette dernière n’arrive plus à gérer les pilotes latins comme Juan Pablo Montoya ou Fernando Alonso qui ont tout deux claqué la porte de Woking avant la fin de leur contrat, sans avoir réussi à remporter un championnat.

L’Espagnol n’aura lui aussi duré qu’un an chez les gris en 2007. Et en l’espace de ces douze mois, l’équipe a vécu plus de polémiques que dans toute son histoire récente. Se sentant délaissé au profit de Lewis Hamilton, le double champion du monde 2005 et 2006 commencera à jouer les divas exigeantes et à monter clairement les membres de son équipe technique contre ceux d’Hamilton. Le « spygate », affaire d’espionnage industriel entre McLaren et Ferrari, viendra pourrir définitivement la relation entre Alonso et son équipe après que le pilote ait joué les informateurs contre une immunité de la FIA dans cette histoire. Au final, l’Espagnol ira faire deux ans de transitions chez Renault avant de rejoindre la Scuderia, sans plus gagner un championnat jusqu’à présent.

De son côté, Juan Pablo Montoya n’aura survécu guère plus de temps chez McLaren. Fraichement débarqué en provenance de Williams en 2005 avec un statut de prétendant au titre mondial, le Colombien n’arrivera jamais vraiment à s’intégrer aux méthodes de travail et à l’ambiance de Woking. Blessé au début de sa première année, sa relation s’envenimera très rapidement avec Ron Dennis au sujet des causes de cet accident. Officiellement, Montoya s’est blessé en jouant au tennis, officieusement, c’est en faisant du Quad que le Colombien s’est démis l’épaule. Ce qui le handicapera par ailleurs pour le restant de l’année. Son sérieux, son abnégation et ses résultats étant donc fortement remis en cause par l’équipe, cette dernière préférera signer Alonso dès fin 2005 (pour une arrivée en 2007) et se séparer du natif de Bogota. Celui-ci n’attendra pas l’échéance et se retira au soir du Grand Prix des Etats-Unis 2006 conclu par un accrochage avec son équipier Kimi Räikkönen. Un départ semble-t-il forcé et voulu par Ron Dennis après que le Colombien ait annoncé avoir signé en Nascar pour la saison suivante.

Aujourd’hui, c’est au tour d’un autre « latino » de faire les frais de sa folie en piste. Souvent critiqué et montré du doigt cette année pour son comportement en piste, Sergio Pérez a eu du mal à tirer le maximum d’une monoplace totalement ratée et en perte de vitesse. Si le Mexicain avait rejoint McLaren avec l’espoir de remporter sa première victoire, il n’aura jamais eu dans les mains une voiture lui permettant de faire un podium. Sûrement trop jeune et manquant d’expérience à ce niveau de la course automobile, Pérez n’a jamais réussi à prouver qu’il pouvait amener avec lui toute une équipe technique derrière lui pour faire progresser sa monoplace. Avec à ses côtés un pilote aussi expérimenté que Jenson Button, la tâche était effectivement ardue, mais pas impossible. Sergio Pérez n’a jamais réussi à atteindre ses objectifs et il rejoint désormais la liste de ces pilotes prometteurs qui se sont écroulés une fois venu la pression trop forte d’une écurie de pointe. Peu ont eu une seconde chance. Martin Whitmarsh essais d’en trouver une à son futur ex-pilote, une manière de lui faire comprendre qu’il n’a pas encore tout gâché et qu’un retour dans une écurie moins performante pourrait lui permettre de retrouver ses marques. Mais sa carrière au plus haut niveau de la discipline n’est-elle pas déjà compromise ?

Il faudra sûrement attendre longtemps avant de voir McLaren se tourner vers un autre pilote latin. Le jeune Magnussen est Danois et c’est peut être la preuve que le calme et la réflexion, qui sont deux qualités du récent champion de Formule Renault 3.5, sont indissociables du succès récent avec McLaren, comme à l’époque de Mika Hakkinen ou Kimi Räikkönen, par exemple.

Axel B.

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