Ross Brawn est actuellement un des hommes les plus demandés de la Formule 1. Depuis l’annonce de son retrait de chez Mercedes et de sa possible période sabbatique, l’ingénieur britannique est lié par des rumeurs à toutes les équipes en manque de dirigeant comme McLaren, Lotus ou même Honda. Il faut dire que l’homme à un curriculum vitae plutôt séduisant.

Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo
Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo

Dans le monde de la Formule 1, Ross Brawn est associé à la victoire. Tout d’abord, il a fait partie de la glorieuse époque Ferrari où, aux côtés de Jean Todt et Michael Schumacher, il formait le trio le plus victorieux de la discipline. La symbiose qui a existé entre le septuple champion du monde et l’ingénieur britannique datait du passage des deux hommes chez Benetton, où l’ingénieux et opportuniste Flavio Briatore avait eu la bonne idée de les associer. C’est de cette époque d’ailleurs que datent les premières victoires de Ross Brawn, avec les deux titres pilotes acquis en 1994 et 1995 et le titre constructeur cette dernière année.

Il ne tardera pas cependant à suivre son ami Schumacher vers d’autres cieux et à relever le défi de redonner le gout de la victoire à Ferrari, à partir de 1997. Il lui faudra trois ans et quelques péripéties pour parvenir à ses fins, entouré par une des plus belles équipes de cette période comprenant donc Michael Schumacher, Jean Todt mais aussi Rory Byrne ou Rubens Barrichello, tous indispensables à la formidable épopée victorieuse des rouges, qui les verra collectionner la totalité des titres pilotes et constructeurs entre 2000 et 2004.

Mais Fernando Alonso et sa Renault viendront mettre fin à l’hégémonie de la Scuderia et, petit à petit, la « dream team » se séparera pour voler vers d’autres cieux. Michael Schumacher et Rory Byrne en retraite presque forcée, Jean Todt sur le chemin de la présidence de la FIA et enfin, Ross Brawn vers un rôle clé au sein de l’équipe Honda.
Le choix du Britannique de se tourner vers cette équipe va d’ailleurs s’avérer crucial pour la suite de sa carrière. En effet, le constructeur japonais, las de voir ses monoplaces végéter en fond de grille en Formule 1, décide à la surprise générale de laisser tomber son engagement à la fin de la saison 2008, mettant dans l’embarras toutes l’équipe technique et les pilotes, Jenson Button et Rubens Barrichello.

Mais pour ne pas cesser l’activité d’une équipe qu’il pense capable de gagner, Ross Brawn décide alors de racheter l’actif de l’écurie pour un euro symbolique et de la faire courir en 2009 sous son nom, vierge de tout sponsor. Profitant des nouvelles réglementations, notamment celles concernant les diffuseurs, la Brawn GP, motorisée à la va-vite par Mercedes et pilotée par Button, domine la majeure partie de la saison et remporte finalement les deux titres. Ross Brawn aura marqué d’une trace indélébile les annales de la discipline et aura écrit une des histoires les plus fascinantes et incroyables de ces dernières décennies.

La revente de son équipe à Mercedes l’année suivante, le retour de Michael Schumacher au sein de celle-ci, ne seront que des étapes vers une certaines lassitude ressentie par Brawn, qui, poussé insidieusement vers la sortie par les nouveaux décisionnaires de la firme à l’étoile, Toto Wolff et Niki Lauda, préférera se retirer de son propre gré à la fin d’une saison 2013 qui aura cependant marqué un retour vers le premier plan d’une équipe qui a pour racines Tyrrell, BAR, Honda et enfin Brawn.

Aujourd’hui, Ross Brawn se retrouve dans la même situation que lors de son retrait de chez Ferrari à la fin de l’année 2006. Une année sabbatique qui lui avait permis de rebondir vers d’autres objectifs. Il y a fort à parier que son intelligence de la course ne reste inemployée très longtemps. Les rumeurs qui le lient à un retour chez Honda, qui va s’associer avec McLaren en 2015, semblent probables, plus tout du moins qu’une possible association avec une équipe Lotus, qu’il connait pourtant depuis son passage chez Benetton, mais qui est en proie à d’incessantes difficultés financières. Et si finalement tout ça ne l’intéressait pas, et qu’il choisisse de relancer sa propre écurie en répondant à l’appel d’offre de la FIA pour l’engagement d’une nouvelle équipe à l’orée de la saison 2015 ?

 Axel B.

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