Quel Grand Prix ! Enfin, à Bahreïn, la Formule 1 version 2014 nous a apporté le spectacle tant attendu ! Il ne reste plus à espérer maintenant que cette course ne soit pas une exception. Quelques éléments permettent cependant d’être optimiste pour la suite.

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo
Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Le circuit de Sakhir n’est peut être pas le plus spectaculaire de toute la saison, mais ce week-end, il nous a offert une des plus belles course de la décennie. La première course de nuit au Royaume de Bahreïn a fait briller la Formule 1 de mille feux.

Tous les ingrédients qui font la beauté du sport automobile étaient effectivement présents ce dimanche pour faire frissonner jusqu’au plus blasé des passionnés de Formule 1 : des bagarres roues contre roues, des duels fratricides entre équipiers, des sorties de piste effrayantes…

Chaque saison connaît une course folle lors de laquelle tout le monde s’extasie avant de vite retrouver le cours normal des choses. C’était le cas l’année dernière en Grande Bretagne avec les explosions de pneumatiques ou bien encore au Canada en 2011 avec la victoire surprise de Jenson Button au dernier tour, dans des conditions dantesques. Mais cette année, à Bahreïn, rien d’extérieur n’est venu brouiller les cartes et plusieurs raisons font qu’il y a de quoi être optimiste pour que pareille course se renouvelle tout au long de la saison.

L’élément principal à prendre en compte est bien entendu l’absence de consigne chez Mercedes. L’équipe a laissé ses deux pilotes se battre pour la victoire, ce qui nous a offert un duel fratricide digne des plus beaux moments de la Formule 1. Pour cela, il faut saluer l’état d’esprit de l’équipe allemande qui n’a pas souhaité favoriser un de ses pilotes en piste. L’avance des Flèches d’argent est tellement grande face à la concurrence, que de telles consignes n’auraient pas été comprises par la majorité des observateurs. Et elles auraient été incompréhensibles ! Mercedes vient de nous démontrer ce qu’est l’essence même du sport automobile. La compétition, le frisson, l’affrontement des talents, bien des caractéristiques qui avaient été galvaudées ces dernières années, muselées par des tristes consignes des Ferrari, Red Bull ou plus récemment Williams. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont prouvé que l’on pouvait être équipiers en se battant en piste comme des chiffonniers tout en gardant une relation empreinte de respect. Leurs accolades à la sortie de leurs monoplaces en sont les preuves ultimes.

Mercedes d’ailleurs n’a pas été la seule à réagir de cette manière puisque Force India et Red Bull ont, elles aussi, laissé leurs pilotes se bagarrer en piste pour la beauté du spectacle. La polémique soulevée par Williams à Sepang aurait-elle réveillé chez ses concurrents une loyauté envers le public si souvent oubliée ? Et que dire aussi de la révolte des équipiers lorsque l’on voit des Sergio Pérez ou des Daniel Ricciardo faire trembler leur collègue respectif que l’on pensait pourtant établis et dominants au sein de leur équipe ? On ne saurait que s’en satisfaire car la Formule 1 est avant tout un spectacle !

Pastor Maldonado semble également avoir compris qu’à défaut de faire rêver les aficionados avec ses performances, il pouvait lui aussi faire partie du spectacle en réalisant des gestes que seul lui arrive encore à justifier. La Formule 1 est de plus en plus sécurisée et c’est un bienfait. Mais à cause de cette absence de peur qui pouvait envahir les pilotes au volant il y a encore quelques dizaines d’années, certains se pensent invincibles et tentent des gestes qui auraient pu être dramatiques à une autre époque.

Pour cette mésaventure, le Vénézuélien a écopé d’un stop-and-go de dix seconde durant la course, une pénalité de cinq places sur la grille de départ en Chine et trois points en moins sur son permis. En comparaison, Daniel Ricciardo, relâché hâtivement de son stand avec une roue desserrée en Malaisie par son équipe, à qui la faute en était entièrement imputable, avait reçu un stop-and-go à Sepang en plus d’une pénalité de dix places sur la grille du prochain Grand Prix. Le manque de cohérence des sanctions est encore flagrant mais il ne saurait néanmoins gâcher le plaisir d’avoir vu une course d’une telle intensité aussi tôt dans la saison. Les polémiques sur le bruit des moteurs et le manque de spectacle en piste ont subitement pris un sérieux coup de vieux !

Si l’état d’esprit des pilotes et des écuries reste le même durant toutes la saison, il n’y a pas de raisons de ne pas revoir un pareil spectacle se reproduire fréquemment. Chaque duo de pilotes semble très proche l’un de l’autre, et les difficultés constatées à piloter ces nouvelles monoplaces ont tendance à niveler les performances. Les vaincus d’une course voudront être les vainqueurs de la suivante et les rois déchus, tels Sebastian Vettel, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen ou Jenson Button ne sauront se satisfaire de l’affront qui leur a été fait en ce début de saison. Leurs réveils risquent de pimenter encore plus la compétition, et c’est ça, la Formule 1 qu’on aime !

Axel B.

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