Trois Grands Prix et déjà deux victoires, Lewis Hamilton n’avait plus été à pareille fête depuis longtemps. Pas même en 2008, année de son titre de champion du monde. Le voilà en tout cas bien placé pour remettre la Formule 1 à l’heure anglaise et doubler ainsi son palmarès.

 

(c) Mercedes
(c) Mercedes

Parfois, la Formule 1 semble facile. L’année dernière, tout le monde se demandait pourquoi Lewis Hamilton avait fait le choix étrange de quitter McLaren pour rejoindre une écurie Mercedes qui, malgré de beaux atouts, avait du mal à décoller.

Au final, en 2013, McLaren a vécu sa pire saison depuis plus de trente ans et Mercedes a fourni une monoplace suffisamment compétitive à ses deux pilotes pour qu’ils remportent trois courses. Certes, Lewis Hamilton n’était pas au sommet de son art, embrouillé par des problèmes personnels qui avaient une fâcheuse tendance à prendre le dessus sur sa concentration. Mais sur les quelques dix neuf Grands Prix au calendrier, le Britannique a en fait poser les fondations qui lui permettent aujourd’hui de caracoler devant la meute des moteurs Mercedes.

Pas grand monde n’aurait parié sur Mercedes quelques années auparavant. Le retour de Michael Schumacher a pu faire rêver mais l’effet est tombé aussi rapidement que les ambitions du septuple champion du monde. Dominé par un Rosberg arrivé à maturité, l’Allemand céda sans trop de regrets sa monoplace à Hamilton qui allait en faire bon usage.

Aujourd’hui, l’équipe basée à Stuttgart a parfaitement pris le virage de la nouvelle réglementation et a sortie une W05 redoutablement efficace. La puissance et la fiabilité de la nouvelle unité de puissance a relégué les pourtant très estimés bloc Renault au rang de faire-valoir.

L’histoire n’est pas sans rappeler l’aventure de l’équipe Brawn GP, sur les cendres de laquelle Mercedes est d’ailleurs construite. Bénéficiant d’une meilleure compréhension des nouveaux règlements techniques de 2009, les monoplaces blanches de Jenson Button et Rubens Barrichello avaient dominé la saison pour mener le Britannique au titre mondial des pilotes. Ironie du sort, c’est avec le départ de Ross Brawn de Mercedes cette année que l’équipe va jouer le titre.

Qu’est ce qui pourrait alors arrêter la marche en avant d’Hamilton ? Son principal souci se trouve en fait très proche de lui en la personne de son équipier Nico Rosberg. L’Allemand, au sein d’une équipe allemande, serait la parfaite incarnation de la réussite de Mercedes. Présent depuis plus longtemps que Lewis au sein de l’équipe, Nico en connait tous les rouages. Sans parler de préférences, une certaine habitude de travail s’est forcement inscrite entre l’homme et son équipe. Mais celle-ci justement, a prouvé à Bahreïn qu’elle ne souhaitait pas favoriser un des ses pilotes. Le résultat est gagnant pour tout le monde : l’image de marque de l’équipe, les pilotes qui peuvent prouver leurs valeurs humaines et sportives, et le sport qui gagne ainsi un regain d’intérêt après les querelles intestines sur le spectacle ou le bruit. Mais cet état de grâce durera jusqu’à quand ?

 

Lewis Hamilton est suffisamment rapide et intelligent pour savoir mettre de son côté tous les éléments nécessaire à l’obtention du titre suprême. Finalement, son plus gros avantage dans la lutte avec son équipier sera peut être psychologique. Lui, contrairement à Rosberg, a déjà porté les lauriers du titre, et il fera tout pour y gouter à nouveau.

 

Axel B.

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