Torger « Toto » Wolff est un vrai passionné de sport automobile. Son parcours est à ce titre révélateur de son amour de la vitesse puisque avant d’être un homme d’affaires redoutable, l’Autrichien s’est retrouvé derrière plusieurs volants de course. Il a en effet débuté la compétition dans le championnat de Formule Ford de son pays natal puis en Allemagne, avant de se tourner avec succès vers les championnats de Tourisme, remportant notamment dans sa catégorie les 24h du Nürburgring en 1994 puis en participant durant une dizaine d’années aux différents championnats GT organisés par la FIA.

(c) Mercedes
(c) Mercedes

Durant sa présence dans la discipline il remportera quelques courses, notamment auprès de son compatriote et ex-pilote de Formule, Karl Wendlinger. Il finira par se tourner en 2006, à 34 ans, vers le rallye avec un relatif succès puisqu’il terminera second du championnat autrichien. Il mettra cependant un terme à sa carrière sportive en remportant la première édition des 24h de Dubaï, la même année, aux côtés d’un autre ex-pilote de Formule 1, Hans Joachim Stuck.

La Formule 1 justement, Toto Wolff a toujours rêvé d’y accéder. Si ce n’était dans le baquet d’une monoplace, il fallait alors que cela soit derrière le muret des stands. Cet objectif avoué allait lui permettre de réaliser un parcours intéressant pour devenir aujourd’hui le directeur exécutif de Mercedes, actuellement en tête des deux championnats du monde.

Mais avant d’en arriver là, Wolff s’est construit petit à petit un empire financier qui lui permettra d’arriver à ses fins. En investissant à partir de 1998 dans diverses entreprises, notamment spécialisées dans les nouvelles technologies. Il se rapprochera au fur et à mesure de sa passion première, le sport automobile en investissant en 2006 des fonds dans l’entreprise allemande HWA AG qui s’occupe entre autres du programme de course Deutsche Tourenwagen Masters pour Mercedes Benz et qui développe également des moteurs de F3. Il apporte également un financement dans un des plus gros revendeurs de pièces détachées de voitures de rallye en Europe avant de se tourner vers le management de pilotes en devenant copropriétaire d’une société de gestion avec le double champion du monde de Formule 1 Mika Häkkinen, qui s’occupe parmi d’autres d’Alexandre Prémat, Bruno Spengler ou Valtteri Bottas.

Il n’en fallait pas plus pour que Wolff mette un pied dans la Formule 1, et que son nom commence à apparaître dans les paddocks à partir de 2009, année lors de laquelle il achète 16% des parts de l’écurie Williams, alors en grande difficulté financière. Par sa connaissance de la course et son investissement, il gagne la confiance de Frank Williams qui le nomme directeur exécutif de son équipe en 2012. Sa nomination sera soulignée par la victoire de son pilote, Pastor Maldonado, lors du Grand Prix d’Espagne cette même année, la première pour Williams en huit ans !

Mais à la fin de l’année 2012, Wolff reçoit une offre qu’il ne peut pas refuser. En effet, l’équipe Mercedes, alors en pleine restructuration, fait appel à lui pour en faire son directeur exécutif aux côtés de Niki Lauda. Après en avoir parlé à Frank Williams, qui lui donnera son aval, l’Autrichien prend ses fonctions en janvier 2013 dans une année charnière pour l’équipe qui tourne la page Schumacher et voit l’arrivée de Lewis Hamilton. Cette prometteuse saison se termine avec une seconde place au championnat des constructeurs pour la firme à l’étoile et laisse envisager de belles perspectives pour 2014. Toto Wolff est notamment à l’origine des profondes mutations de personnels au sein de l’équipe avec le départ de Ross Brawn et l’arrivée de l’ingénieur britannique Paddy Lowe.

Avec un début de saison tonitruant en 2014, les choix effectués par Wolff sont clairement validés sur la piste. Ses qualités de management entrevues chez Williams se confirment donc et l’Autrichien est en train de se faire une place de choix sur l’échiquier de la Formule 1. A ce titre, son parcours est similaire à un autre grand manager d’équipe : Christian Horner. Les deux hommes ont été pilotes, ils sont entrés relativement jeunes en Formule 1 et ont managé des équipes en devenir qu’ils ont réussi à porter jusqu’à la consécration mondiale. Ça n’est pas encore tout à fait le cas avec Wolff et Mercedes, mais vu la tournure des événements en ce début d’année, il y a fort à parier que cela ne saurait tarder. Avec Eric Boullier, Monisha Kaltenborn, Claire Williams et Christian Horner donc, Toto Wolff fait partie de la nouvelle génération de patrons d’équipes qui est amenée à régner sur la Formule 1 dans les années à venir.

 

Axel B.

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