Le 1er mai 1994, Grand Prix de Saint Marin. La course vient de reprendre après l’intervention de la voiture de sécurité. Les pilotes entament le sixième tour. Ayrton Senna, sur sa Williams-Renault, devance Michael Schumacher sur sa Benetton-Ford. Les deux pilotes arrivent à fond dans l’effrayante courbe de Tamburello qu’ils négocient sans encombre…

 

Licence Creative Commons / pher38
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Après deux Grands Prix catastrophiques, Ayrton Senna doit se rattraper à Imola et gagner la course pour mettre un coup d’arrêt à la domination de Michael Schumacher. Le week-end a très mal débuté pour le monde de la Formule 1 après les accidents de Rubens Barrichello le vendredi et Roland Ratzenberger le samedi.

Si le Brésilien et ami de Senna s’en est sorti miraculeusement, l’Autrichien n’a pas eu la même chance et a trouvé la mort en piste. C’est la première fois depuis 1982 qu’un pilote décède dans le cadre officiel d’un week-end de course, et tout le monde est choqué par cet événement. Mais même si Ayrton semble particulièrement touché, il décide cependant de continuer à vivre sa passion et de ne pas abandonner sa quête en chemin.

Durant toute la course à Imola, Senna et Schumacher se livrent une lutte sans merci. Et c’est au bout d’un Grand Prix éreintant psychologiquement et physiquement, qu’Ayrton peut enfin lever les bras en signe de victoire. Sa saison est relancée en même temps que le championnat. Mais plus qu’une victoire de plus à son palmarès, ce succès est surtout une victoire sur le sort qui s’est abattu lors de ce week-end. Il fallait que le Brésilien gagne pour se rassurer son son état et sur son envie de courir.

Quinze jours plus tard, à Monaco, un autre drame survient avec la violente sortie de piste de Karl Wendlinger. Le pilote autrichien restera plusieurs jours dans le coma suite à cet accident mais aura la vie sauve. La septième victoire de Senna en principauté restera anecdotique face au coup de gueule lancé par le triple champion du monde face à l’insécurité qui règne sur les circuits. Pour lui, cette saison 1994 sera un véritable combat sur la piste et en dehors.

Face à Schumacher, les victoires et les défaites s’enchainent tout au long de la saison. Les deux hommes se livrent un combat de titans course après course et se partagent les points, si bien qu’ils se retrouvent à Adélaïde dans le cadre du Grand Prix d’Australie, le dernier de la saison, avec un seul petit point d’écart à l’avantage du Brésilien. Le reste appartient à l’histoire. Schumacher tente un dépassement osé sur son rival et les deux voitures terminent péniblement leur course sur la bas côté. Senna est sacré une quatrième fois champion du monde et rejoint au palmarès son rival de toujours, Alain Prost.

Lors de la conférence de presse d’après Grand prix, le Brésilien a du mal à contenir ses émotions. D’autant plus qu’il a décidé d’annoncer la fin de sa carrière après cet ultime titre. Ce grand cirque devenu morbide n’a plus guère d’intérêt à ses yeux et il souhaite mettre toute son énergie dans la lutte contre l’insécurité en sport automobile et plus particulièrement en Formule 1. Plus tôt dans la saison, Max Mosley, président de la FIA, l’avait sollicité pour faire partie d’un groupe de réflexion sur le sujet. Mieux que cela, Senna présidera à temps plein une commission sécuritaire qui fera faire des progrès énorme dans tous les domaines ayant trait à la sécurité des pilotes et des hommes qui travaillent sur les courses pour que ce funeste week-end d’Imola ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

Durant quelques années, Senna restera présent en marge de la Formule 1 pour faire appliquer toutes ses réflexions à ce sujet et pour aider la progression de son neveu, Bruno, dans la discipline. Puis il décidera enfin de s’éloigner de celle-ci, qui lui aura tant apporté et à laquelle il aura tellement contribué, pour retourner dans son Brésil natal et s’occuper de sa fondation, et même plus… Il se murmure d’ailleurs que Senna pourrait bientôt briguer la présidence de son pays…

 

Axel B.

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