Non, je n’ai pas changé, chantait le plus Français des Espagnols, Julio Iglesias. Le parallèle entre l’éphèbe ibérique et la Formule 1 reste bancal, mais en Espagne, le scénario qui nous est offert depuis le début de la saison n’a pas, lui non plus, beaucoup changé.

 

Licence Creative Commons / Habeed Hameed
Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Les fans de Formule 1 ne seront décidemment jamais contents. Las de voir la monoplace de Sebastian Vettel dominer outrageusement la discipline depuis quatre ans, ils s’extasient aujourd’hui de voir l’Allemand revenir en haut du peloton après une paire de courses délicates soulignée surtout par la malchance du Taureau Rouge marqué du Losange.

Mais finalement, cette course à Barcelone qui devait être un véritable tournant dans la saison du changement, n’aura apporté que peu d’enseignements si ce n’est le come-back de « Baby Schumi » auteur d’une remontée spectaculaire comme seul les plus grands désespérés savent le faire.

Devant, les deux Mercedes se sont tiré la bourre durant toute la course, Lewis Hamilton devant son équipier Nico Rosberg. On s’est mis à rêver samedi après-midi que l’Allemand devance enfin son rival en qualifications. Il était bien parti pour le faire jusqu’à ce que Vettel le coupe net dans son élan en provoquant un drapeau rouge salvateur pour Hamilton qui avait manqué son premier tour rapide.

Au final, Lewis est parti devant et Rosberg l’a chassé toute la course pour finalement échouer dans ses échappements en pestant contre le fameux tour manquant à son talent pour dépasser son concurrent. Peut-être que si l’Allemand n’avait pas été aussi prudent en doublant les retardataires, il aurait pu avoir la chance de nous gratifier d’une tentative de dépassement au lieu de nous laisser sur notre faim.
Mais peut-on finalement le blâmer ? Cette année, Hamilton est vraiment imbattable et Rosberg l’a visiblement compris. On ne pouvait que se demander, en voyant la mine déconfite de l’Allemand au sortir de sa monoplace, s’il n’avait pas pris conscience qu’il est en train de rater la chance de sa vie.

Derrière, l’histoire semble se poursuivre mot à mot depuis l’Australie. Ferrari est en perdition et l’équipe est en train de se créer une crise à l’italienne dont elle seule a le secret. Maldonado au volant de sa Lotus nous a offert sa bourde habituelle, mais avec des conséquences un peu moins spectaculaires cette fois-ci. Ce n’est pas Marcus Ericsson qui va s’en plaindre. Pendant ce temps, Romain Grosjean a retrouvé des couleurs malgré son agonie de fin de course, et ses quatre points acquis de haute lutte sauvent déjà sa saison du désastre.

Encore plus loin, Felipe Massa et Jean-Eric Vergne se bagarrent pour le titre de pilote le plus malchanceux de l’année et McLaren semble avoir gagné sa lutte avec Ferrari pour le record du monde de l’écroulement de performance le plus rapide de l’histoire. Il n’aura fallu que trois courses à l’équipe de Woking pour passer de héros à zéro. La bonne volonté de Jenson Button n’y peut rien et les errances en course de Kevin Magnussen, finalement plus tendre que ce que l’on pensait, n’arrangent pas les choses.

A Monaco, il ne faudra pas s’attendre à voir beaucoup plus de changements. Les rails seront surtout plus durs pour les téméraires et tout le fond de grille, ainsi que les spectateurs, auront les yeux rivés sur le fou du volant vénézuélien qui pourrait bien être, encore une fois, le piment de la soupe froide genre gaspacho qui nous est servie actuellement. La bagarre entre les deux Mercedes à Bahreïn, seul et véritable éclair de lumière dans la saison, est-elle amenée à se reproduire ?

Axel B.

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