Fernando Alonso et Kimi Räikkönen; voilà sur le papier une association qui semblait dangereuse. Après cinq Grands Prix et l’arrivée de la Formule 1 en Europe, le duo de pilotes Ferrari a plutôt l’effet d’un pétard mouillé. La faute en grande partie à une F14-T qui a rapidement désarmé ses deux soldats et à une crise en rouge qui commence à s’installer.

Licence Creative Commons / Habeed Hameed
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Il est particulièrement difficile de trouver deux pilotes aux tempéraments aussi différents que Fernando Alonso et Kimi Räikkönen. Lorsque l’annonce de l’engagement du Finlandais par la Scuderia pour la saison 2014 est intervenue, tout le monde avait attendu avec fébrilité la réaction de son nouveau coéquipier espagnol.

Le double champion du monde natif d’Oviedo n’avait pourtant pas sourcillé, se contentant de dire que l’apport de talent du Finlandais serait un bienfait pour l’équipe, même s’il regrettait le départ de son ami Felipe Massa, équipier modèle et peu encombrant depuis plusieurs années. Les efforts, moraux et financiers, consentis par Luca di Montezemolo pour remettre Räikkönen dans le baquet d’une Ferrari après leur brouille de 2009 risquaient d’être vains. En effet, le flamboyant italien, avait remisé sa fierté pour appeler le Finlandais en renfort afin de mettre la pression sur un Fernando Alonso très critique envers son équipe et souvent plus destructeur que fédérateur.

Résultats des courses, après cinq Grands Prix dans cette nouvelle ère de la Formule 1, Alonso ressort gagnant de la première manche de son duel à distance avec Di Montezemolo. Kimi Räikkönen se retrouve avec les pires difficultés pour comprendre le comportement de sa monoplace tandis que l’Espagnol enchaine les performances honorables. Son comportement critique envers l’équipe reste cependant le même, mais peut-on réellement l’en blâmer ? Ses statistiques depuis qu’il est arrivé chez Ferrari en 2010 parlent d’elles-même.

Fernando Alonso a la réputation d’être un pilote de course. Ses performances en qualifications n’ont jamais été exceptionnelles comme le souligne les seules 4 pole positions qu’il a signé en plus de 80 Grands Prix chez les rouges. Les 11 victoires récoltées dans le même laps de temps pourraient paraitre dérisoires mais il ne faut pas oublier que l’Espagnol s’est battu à 3 reprises en 4 saisons pour le titre de champion du monde, en étant le principal rival de Sebastian Vettel. De l’extérieur, il donne donc l’impression de tenir l’équipe à bout de bras. Mais si cette dernière n’arrive pas vraiment à progresser, c’est aussi parce que depuis 2010, les personnes influentes de l’équipe n’arrivent pas à donner l’impulsion technique et humaine suffisante pour gagner, comme cela pouvait être le cas à l’époque de Michael Schumacher, Jean Todt et Ross Brawn. Stefano Domenicali a déjà fait les frais de cette constatation, et Fernando Alonso ne peut être mis à l’écart de toutes responsabilités dans cette série d’échec. Le voir quitter Ferrari en fin de saison ne serait qu’une demi-surprise.

Dans cette éventualité, la Scuderia pourrait-elle assurer son avenir avec Kimi Räikkönen ? Le pilote finlandais n’est que l’ombre de lui-même depuis le début de la saison. Les performances de sa monoplace ne sont pas à la hauteur de ses attentes et l’homme semble anormalement nerveux. Sa confrontation avec Alonso est très loin de ce à quoi il pouvait s’attendre et son optimise de façade devant la presse ne cache que très peu son impatience. On sait que le champion du monde 2007 ne s’embarrasse guère de concessions, et qu’il avait déjà tourné le dos à la Formule 1 dans de pareilles circonstances, victime d’un agacement et d’un ennui constant qui l’avait conduit à se retirer vers d’autres cieux. Se faire battre à la régulière en piste par son équipier et se sentir l’âme d’un numéro 2 seraient des raisons largement assez suffisantes pour envisager une telle éventualité.

Finalement, ce face à face entre deux champions orchestré par Ferrari pourrait bien se retourner contre l’équipe. La faute à un énième raté dans la conception de la nouvelle monoplace et à un semblant de crise qui est en train de s’installer insidieusement au sein de la Scuderia. Cette dernière a joué un jeu dangereux et risque bien de tout perdre si les performances continuent de ne pas être au rendez-vous.

Peut être que préparer l’avenir sereinement, sur des bases tout à fait différentes, pourrait être salvateur pour les rouges. On pourrait alors se mettre à rêver d’une restructuration en profondeur et à tous les niveaux de l’équipe au cheval cabré, dans laquelle Adrian Newey ou Jules Bianchi pourraient jouer des rôles cruciaux.

Axel B.

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