Ils ne sont pas beaucoup de pilotes issus de la filière Red Bull, à gagner des Grands Prix dans l’écurie mère du taureau rouge. Les deux seuls pilotes à qui cette confiance a été accordée, à savoir Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo, ont su se montrer digne de cette promotion.

Licence Creative Commons / Emperornie
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Si la victoire à Montréal, dimanche dernier, de Daniel Ricciardo a avant tout apporté un vent de fraicheur et de sympathie à cette saison 2014, elle a surtout souligné la réussite insolente de la filière de jeunes pilotes montée par Red Bull depuis plusieurs années.
Avant même son implication dans la gestion d’écuries, Dietrich Mateschitz, a toujours été présent en sport automobile et plus particulièrement en Formule 1. Tout d’abord en tant que sponsor, notamment des écuries Sauber ou Arrows dans les années 90 et 2000, mais également en tant qu’accompagnateur de jeunes talents dans les diverses disciplines.
Mais le magnat autrichien n’aura pas trouvé son quadruple champion du monde du premier coup. Il a commencé à soutenir des pilotes qui ne sont pas tous parvenus au grand destin que Mateschitz leurs vouait. Les Enrique Bernoldi, Christian Klein, Patrick Friesacher ou Robert Doorbnos n’ont jamais concrétisé les espoirs placés en eux et ont quitté la Formule 1 aussi rapidement que ce qu’ils y étaient arrivés.
Finalement, le patron de Red Bull a estimé qu’il serait bien plus fructueux de faire courir ses pilotes sous les couleurs de sa propres écurie, un avantage à la fois commercial et sportif. Et au fur et à mesure des saisons, son intuition s’est avérée payante. Il n’aura fallu que trois saisons à Toro Rosso pour révéler le bijou Sebastian Vettel qui se verra offrir l’opportunité de rejoindre la grande sœur Red Bull, active dans le championnat depuis quatre ans et largement dégrossie par des pilotes d’expérience comme David Coulthard et Mark Webber.
La suite, tout le monde la connait. Vettel et Red Bull ont enchainé les succès et les titres jusqu’à devenir la référence des quatre dernières saisons en Formule 1. Pendant ce temps, Toro Rosso s’est aguerrie dans son rôle de formatrice de jeunes pilotes Red Bull pour faire éclore de nouveau talents à l’image de Daniel Ricciardo qui marche désormais sur les traces de son illustre ainé quadruple champion du monde.
Si la filière Red Bull a connu quelques ratés avec des pilotes comme Sébastien Buémi ou Jaime Alguersuari, la victoire de Daniel Ricciardo à Montréal est la meilleure preuve de la réussite de l’ambition de Mateschitz. Lui et son homme de confiance, Helmut Marko, ne se sont pour l’instant pas encore trompé au moment de titulariser un pilote issu de leur filière au sein de l’écurie championne du monde. Sebastian Vettel a rapidement dépassé toutes les attente et Daniel Ricciardo est en train d’impressionner son monde en ayant déjà remporté une victoire après seulement sept Grands Prix au volant d’une Red Bull.
Sa précocité n’est pas sans rappeler celle du champion allemand qui avait remporté sa première victoire avec Red Bull lors de sa troisième participation, en Chine, en 2009. L’Australien est même sur le point d’éclipser son illustre équipier, qui ne pouvait faire que contre mauvaise fortune bon cœur sur le podium du Grand Prix du Canada, sûrement déjà nostalgique de sa période de succès intense.

Au final, le vrai vainqueur de cette belle histoire est bien Dietrich Mateschitz qui voit son projet de formation et d’investissement aboutir à ses objectifs. A n’en pas douter, cette réussite donne aussi des ailes et des idées aux suivants sur la liste qui pourraient être Jean-Eric Vergne, Daniil Kvyat, Carlos Sainz Jr ou encore Antonio Felix da Costa.

Axel B.

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