Ils sont beaucoup en ce début de saison à critiquer le nouveau chemin emprunté par la Formule 1. Trop économe, pas assez spectaculaire, plus véritablement un sport… les commentaires affluent et la situation, au final, semble bien loin de ces vociférations…

Licence Creative Commons / Mariom990
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Depuis la naissance du championnat du monde de Formule 1 en 1950, la discipline n’a cessé d’évoluer. De sport réservé à des gros bras au cœur gros à tendance limite suicidaire, elle est devenue une vitrine technologique réservée à des pilotes d’élites qui ont fait de leur art une profession.

Cette évolution est bien entendue naturelle. Loin de là cependant l’idée de minimiser les talents exceptionnels des Fangio, Clark, Brabham et autres Stewart, mais comme tout, la Formule 1 doit également vivre avec son temps. De nos jours, il serait inacceptable de voir un pilote par week-end de course se tuer, comme cela pouvait être le cas il y a cinquante ans.

Les progrès réalisés dans la sécurité des pilotes et des hommes sont louées par tous, et n’auraient été possibles sans les talents d’innovation et les capacités de réactions de certaines personnes. En 1950, il aurait été impensable de voir un pilote le visage entièrement dissimulé derrière un casque intégral, comme il nous serait aujourd’hui impossible d’accepter qu’un pilote ne coure avec un simple casque de vélo sur la tête.

Il en est de même avec les évolutions technologiques, qui vont souvent de pair avec les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité. Aujourd’hui, on critique le manque de bruit des moteurs hybrides et leur mode de fonctionnement basé sur la récupération d’énergie. Mais ceux qui critiquent ont dû oublier qu’une bonne partie des avancées technologiques proposées par la Formule 1 ont servi les progrès du quotidien de tout un chacun. Ce n’est pas être démagogue que de se soucier actuellement de l’environnement pour les générations futures, et la Formule 1, pinacle de l’automobile, du sport et de l’innovation, se devait de se pencher sur ce problème pour en proposer sa propre vision, qui fera sûrement école.

Qui s’est offusqué lorsque les boîtes de vitesses manuelles à pommeau ont été remplacées par des palettes automatiques derrière le volant ? Qui s’est offusqué de l’apparition des premiers ailerons sur les monoplaces cigares des années 60 ? Qui s’est offusqué encore de l’intégration de la technologie ? Tous ces éléments qui paraissaient à l’époque être une hérésie sont désormais devenus les standards de la discipline. Tout comme le deviendront les unités hybrides, les préoccupations sur l’environnement et la réduction du bruit ambiant. La Formule 1 doit vivre avec son temps et vivre avec son temps est synonyme de progression et d’innovation, deux termes qui qualifient au mieux la discipline et ce pourquoi les fans en sont toujours amoureux.

Certes, la Formule 1 est aussi un sport humain. Et les spectateurs veulent voir les plus bells bagarres entre leurs pilotes favoris. Mais cette année, les Grands Prix de Bahreïn ou du Canada ont été parmi les plus belles courses de l’ère moderne, preuve s’il en fallait, que les ingénieurs, les pilotes et tous les acteurs de la Formule 1 ne sont pas bridés par la nouvelle réglementation et continuent à utiliser au mieux le matériel qui est en leur possession.

Si les écuries qui, aujourd’hui, n’arrivent plus à suivre, autrement qu’à cause de problèmes financiers, râlent envers cette évolution, elles feraient sûrement mieux de se remettre à l’ouvrage pour prouver que leurs capacités de réaction et d’innovation sont restées intactes… au risque de paraitre bien terne et anachronique durant les années à venir. Une fois encore, la Formule 1 doit vivre avec son temps, et elle y arrive à merveille !

 

Axel B.

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