Loin de Fernando Alonso depuis le début de la saison, n’arrivant pas à se satisfaire d’une Ferrari peu puissante, ne pouvant adapter son pilotage aux nouvelles contraintes imposées par le changement de réglementation, Kimi Raïkkönen n’est que l’ombre de lui-même. Ne serait-il pas temps pour lui de passer à autre chose ?

Licence Creative Commons / Habeed Hameed
Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Le premier tour du Grand prix de Grande Bretagne disputé dimanche dernier à Silverstone a été très animé. Avec une grille de départ très mélangée voyant quelques monoplaces rapides partir derrière comme les Williams et les Ferrari, le spectacle était attendu. Et un des principaux acteurs de ce premier acte anglais a été Kimi Raïkkönen.

Le Finlandais, une nouvelle fois décevant en qualifications, s’est offert une figure comme l’on en voyait plus depuis longtemps. A l’attaque et tout en glisse dans les premiers virages, le pilote Ferrari est sorti un peu trop large avant la première ligne droite et a fracassé sa F14-T dans le rail avant de rebondir au milieu de la piste en provoquant la panique entre les Caterham, Max Chilton et Felipe Massa. Heureusement que le Finlandais partait en fond de grille et que cet accident n’a pas eu lieu en tête de la course, les conséquences auraient pu en être des plus dramatiques.

Raïkkönen est-il vraiment à blâmer pour cette sortie de piste ? Oui, clairement. Un pilote de son expérience devrait savoir que garder le pied au plancher en passant dans l’herbe n’apporte que peu de satisfaction au final. Certes, il ne pouvais anticiper la bosse derrière le vibreur, et on a senti sa volonté de sortir entre deux lignes de gazon, là où le bas côté semblait le plus propre. Mais la précision de son geste est à remettre en question.

Ce geste n’est clairement pas celui d’un pilote qui est en pleine confiance. Dans les virages précédents sa sortie de piste, on a pu constater que l’avant de sa monoplace était très instable, comme depuis le début du week-end et plus généralement comme depuis le début de la saison. Le Finlandais n’arrive pas à équilibrer sa voiture et il compense ce déficit avec un pilotage devenu trop agressif sur la pédale d’accélérateur pour le style de pilotage requis après l’introduction des nouvelles spécificités moteur. Son tête en queue en pleine course dans l’épingle du circuit Gilles Villeneuve à Montréal dans le cadre du Grand Prix du Canada est à ce titre significatif des difficultés rencontrées par le pilote Ferrari.

Pris dans plusieurs accrochages depuis le début de l’année, la question peut également se poser sur sa capacité à anticiper les événements en piste et sur son talent à jouer des roues dans le peloton. Raïkkönen nous a pourtant habitué à être un des pilotes les plus habiles de la grille en réalisant souvent des dépassements là où personne ne songerait à les faire. Cependant, depuis le début de la saison, le Finlandais semble avoir perdu un peu de lucidité. Certes sa monoplace est rétive et ne lui convient pas, mais sa motivation n’est plus aussi importante qu’à son retour chez Lotus en 2012.

En début de week-end, le champion du monde 2007 a même annoncé sa probable retraite à la fin de la saison 2015. Une déclaration étonnante et qui en dit long sur son ras le bol actuel de galérer dans une discipline qu’il avait déjà quitté par ennuie. Connaissant le caractère du bonhomme, il ne serait pas étonnant qu’il quitte même la Formule 1 avant le terme de son contrat avec Ferrari, comme il l’avait fait en 2009, et surtout si ce genre de mésaventures vécues à Silverstone a tendance à se renouveler trop souvent.

Peut être ne manque-t-il qu’un bon résultat à Raïkkönen pour se relancer sur les bons rails. Mais quand on voit la hargne d’Alonso derrière le volant et le dépit du Finlandais qui traine son spleen de week-end en week-end, il est légitime de se demander s’il ne devrait peut être pas définitivement arrêter de faire de la figuration dans une discipline pour laquelle il a déjà beaucoup donné. Le Finlandais mérite mieux que de devenir un pilote banal.

Axel B.

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