La FIA nous a habitué a faire de grands écarts décisionnels. Mais lors des deux derniers Grands Prix, c’est la sécurité qui en était la principale concernée : sécuritaire à outrance ou faussement négligente, l’instance dirigeante a semblé tâtonner dans un domaine qui ne le permet pas.

(c) Axel Brémond
(c) Axel Brémond

A la fin du Grand Prix d’Allemagne couru le week-end dernier à Hockenheim, Adrian Sutil, en difficulté depuis le début de la saison, a perdu sa Sauber dans le dernier virage du circuit, débouchant sur la ligne droite d’arrivée. Dans l’impossibilité de repartir et de mettre sa monoplace à l’abri, l’Allemand a donc abandonné sa C33 hors trajectoire mais en plein milieu de la piste, créant une situation potentiellement dangereuse pour les pilotes débouchant avec peu de visibilité à cet endroit.

Certains attendaient l’intervention de la voiture de sécurité pour dégager la monoplace, d’autant plus qu’aucun commissaire de piste ne semblaient pouvoir intervenir…jusqu’à ce qu’une image étonnante et effrayante apparaisse. En effet, une poignée de commissaires, postée du côté opposé de la piste où se trouvait la Sauber, a traversé en courant pour venir dégager la monoplace. Au même moment, d’autres commissaires ont surgit de derrière la barrière des stands pour prêter main forte à leurs collègues.

C’est à se demander pourquoi ces commissaires, qui étaient plus à l’abri et surtout plus proches de la monoplace de Sutil, ne sont pas intervenus pour dégager la voiture ? L’intervention de la voiture de sécurité n’était peut être pas nécessaire avec une meilleure gestion de l’intervention des commissaires. Il faut savoir que ces derniers sont tous des bénévoles, triés sur le volet et soumis à une formation intensive fournit pas la FIA et les Automobile Club auprès desquels ils sont licenciés.

Généralement, les commissaires sur les circuits européens sont plutôt expérimentés au contraire de ceux des pays émergents comme la Corée du Sud ou l’Inde, où il nous a été donné de voir quelques unes des situations les plus ubuesques de la discipline. Mais toutes leurs actions sont néanmoins contrôlées sinon conduites par la direction de course présidée par Charlie Whiting. D’où l’incompréhension de voir ce genre de scène dans une ère ou la sécurité est devenue prioritaire.

D’ailleurs, comment penser que ces instances qui ont passé plus d’une heure à réparer un rail de sécurité défectueux suite à la sortie de piste de Kimi Raikkonen au Grand Prix de Grande Bretagne, aient pu laisser des hommes traverser la piste en pleine course à Hockenheim ? Le souvenir de l’accident mortel de Tom Pryce survenu en pleine course en 1977 et intelligemment rappelé par Lewis Hamilton dans une interview après la course, aurait du empêcher cette décision.

Il y a eu trop de situations idiotes où des hommes de l’ombre ont perdu la vie pour ne pas en créer soit même. La FIA devrait être irréprochable en toutes circonstances en ce qui concerne la sécurité. C’est son obligation morale, surtout depuis 1994, et il ne faut pas qu’elle perdre cet objectif de vue, même pour ce qui pourrait paraître anecdotique.

Axel B.

Publicités