Il peut sourire, Daniel Ricciardo, car cette saison s’offre à lui comme un cadeau. Mais il serait faux de croire que seuls la chance ou l’opportunisme sont la base des résultats de l’Australien cette année. L’actuel troisième homme du championnat a prouvé sur la piste qu’il mérite largement son moment de gloire.

 

(c) Getty
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Jusque là, le parcours de Daniel Ricciardo en sport automobile est plutôt classique. Victorieux dans toutes les disciplines auxquelles il a participé avant d’accéder à la Formule 1, le pilote australien n’a cependant remporté qu’un seul titre de Formule Renault en 2008.

Couvé par Red Bull qui a vu en lui un potentiel énorme dès son plus jeune âge, Ricciardo a réussi à se faire une place de choix en Formule 1 en restant humble et en travaillant dans la bonne direction. Il a tout d’abord accepter de faire ses armes dans la modeste équipe HRT en 2011, apprenant le métier en fond de grille tout en essayant de terminer devant son expérimenté équipier, ancien transfuge de la maison Red Bull lui aussi, Vitantonio Liuzzi.

Une fois cette mission accomplie, Daniel a eu le droit de rejoindre la petite sœur Toro Rosso pour prouver son talent. On connait l’exigence des dirigeants autrichiens, Helmut Marko en tête, et la pression qui est mise sur les jeunes pilotes pour prouver leur valeur. La filière Red Bull est impardonnable et intransigeante, mais l’Australien, grâce à son calme, son retour technique excellent et sa rapidité, a su se faire remarquer au point de devenir le prétendant logique au remplacement de Mark Webber chez Red Bull cette année.

Peu de monde lui accordait en début de saison la qualité d’égaler, et encore moins de dominer, Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre et muse du taureau rouge. Mais pendant que l’Allemand se lamentait sur la nouvelle réglementation de la discipline et vociférait envers une monoplace rétive qui ne lui convenait pas, l’Australien habillé de son sourire légendaire et de sa bonne humeur communicative, se chargeait d’apporter un peu de légèreté au sein d’une équipe dans la tourmente.

Ricciardo n’a pas été épargné par les déconvenues en début de saison : une disqualification en Australie, une roue mal serrée en Malaisie auraient pu le condamner à la déception ou au moins entamer sa confiance. Mais il s’est au contraire servi de ces événements pour rebondir encore plus fort et montrer à son équipe qu’elle pouvait compter sur lui. Intrinsèquement plus rapide que Vettel au volant de la RB10, il est devenu un habitué du podium, allant même jusqu’à remporter sa première victoire au Canada, en profitant certes des déconvenues de ses rivaux, mais en réalisant également une course intelligente et d’attaque.

Sa récente victoire en Hongrie peut également avoir un léger goût d’opportunisme, mais ses somptueux dépassements sur Lewis Hamilton en fin de course et celui sur Alonso dans les derniers tours prouvent la qualité de son pilotage. Et ce n’est pas la première fois qu’il le démontre. En Allemagne, son coup de volant génial lui a valu les félicitations et l’admiration de ses pairs, et pas des moindres, puisque Fernando Alonso, entre autre, s’est extasié de sa dextérité. Après ses deux victoires, il ne lui manque peut être plus qu’une pole position pour mettre tout le monde d’accord !

 

Pas sûr que ses rivaux continuent de l’admirer s’il continue à gravir ainsi les échelons qui le mènent vers d’autres probables victoires et, pourquoi pas, une future lutte pour le titre. Le chemin est encore long, et on sait également qu’en Formule 1, il faut se trouver au bon endroit au bon moment pour avoir toutes les chances de son côté. Mais Daniel Ricciardo semble déjà sur la bonne route pour mettre tous ces éléments de son côté.

 

Axel B.

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