Avec l’arrivée de ses premiers points au champion du monde de Formule 1, l’équipe Marussia a réussi son premier objectif après quatre années de présence dans la discipline. Mais saura-t-elle franchir le palier suivant et devenir une candidate régulière du top 10 ?

Licence Creative Commons / Habeed Hameed
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Lors du Grand Prix de Monaco, Jules Bianchi est devenu le héros du week-end en réussissant l’exploit de faire entrer sa modeste Marussia dans les dix premiers de la course. Cette huitième place (neuvième après une pénalité) acquise de haute lutte dans un peloton, certes décimé de beaucoup de ses concurrents mais tout de même compétitif, a été synonyme de victoire pour la modeste équipe qui a fait ses débuts en Formule 1 en 2010.

Les premiers pas justement ont été quelque peu difficiles. Lancée sous l’égide de Richard Branson et sous le nom de Virgin Racing, l’équipe se battra de nombreuses courses en fond de grille avec les Lotus/Caterham et les HRT. Ces dernières d’ailleurs feront leurs adieux à la fin de l’année 2012, faute de moyens financiers suffisants pour poursuivre l’aventure.

Virgin aurait pu connaître cette même mésaventure, mais la lucidité de Branson, qui aura vendu en 2012 la totalité de ses actifs à Marussia Motors, permettra à l’équipe de survivre. Les hommes forts restés en place, l’écurie n’a cessé de s’améliorer courses après courses, pour réussir à battre Caterham, sa rivale de toujours, et jusqu’à marquer ainsi des points lors de cet historique Grand Prix de Monaco en mai dernier.

Le premier objectif de Marussia rempli, l’équipe russe va désormais devoir se pencher sur sa capacité à rester régulièrement dans les points. Et, sur le papier, ce challenge semble réaliste.

En effet, l’équipe a été construite sur les bases de l’équipe Manor Racing, qui détient une expérience plutôt enviable dans le sport automobile. Un bon atout pour progresser rapidement et s’insérer avec succès dans le monde si particulier de la course.

Mais plus récemment, deux autres atouts très importants sont venus se greffer à l’équipe et lui ont permis de faire un bond intéressant dans la hiérarchie des performances.

Premièrement, l’association étroite avec Ferrari a été le point crucial des progrès de Marussia. Après avoir abandonné un moteur Cosworth peu cher mais manquant cruellement de puissance, l’équipe s’est équipée de blocs italiens depuis le début de l’année. Mais la collaboration entre les deux équipes ne s’arrête pas là. Un partenariat technique est en cours et les progrès des uns font avancer l’autre. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il arrive aussi parfois que cela soit la petit équipe qui aide la grande…

Le second atout non négligeable est également lié à Ferrari puisque la Scuderia a placé chez Marussia le jeune Jules Bianchi, issus de son académie de pilotes. Depuis 2013, date de sa titularisation, le Français fait des prouesses derrière son volant. Régulièrement une seconde plus rapide que son équipier britannique Max Chilton, Bianchi, par son retour technique très précis et sa vitesse en piste, a réellement fait progresser l’équipe au point que celle-ci envisage désormais de se battre avec les Sauber, pour ce qui pourrait être considéré comme le niveau supérieur de performance et lui permettrait de sortir de cette image peu enviable de « petite équipe ».

La deuxième partie de saison va être cruciale dans le développement de l’écurie, qui va devoir continuer à faire des efforts colossaux pour rester au contact du milieu de grille tout en devant se concentrer sur la monoplace de l’année prochaine qui doit marquer un grand pas en avant et faire de Marussia une équipe régulièrement prétendante aux point. Jules Bianchi, qui devrait vraisemblablement rester une année supplémentaire, et la continuité du partenariat avec Ferrari, devrait lui permettre, couplés avec son expérience, de réaliser des choses intéressantes en 2015.

Axel B.

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