Depuis son arrivée en Formule 1 à l’aube de la saison 2010, Eric Boullier s’est forgé une réputation d’homme fort. Tout au long de sa présence dans la discipline reine du sport automobile, il a dû faire face à un nombre impressionnant de défis qu’il a toujours su relever.

 

(c) Lat
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Peu de directeur d’équipe auront vécu autant d’événements en quatre années de présence en Formule 1 qu’Eric Boullier. Parachuté début 2010 à la tête de l’équipe Renault après le scandale du « crashgate », l’ingénieur français, passé par DAMS, a réussi à devenir une figure emblématique de la discipline.

En devant maintenir à flots une équipe brisée après le départ de ses hommes forts, Flavio Briatore et Pat Symonds, l’ingénieur français est entré directement dans le vif du sujet, et son pragmatisme a fait des merveilles. Suite au départ vers Ferrari de Fernando Alonso, qui avait tenu à lui tout seul les résultats l’équipe durant les deux dernières saisons, il a su engager un pilote fort au talent reconnu en la personne de Robert Kubica. Avec quelques podiums et une saison régulière, Boullier a redonné confiance à son équipe qui était enfin prête à repartir sur de nouvelles bases.

Mais une fois de plus, le Français va devoir faire face à nouvel événement tragique avec l’accident de Kubica durant l’intersaison 2010-2011 qui mettra un terme à la présence du Polonais en Formule 1. Jouant la carte de la sécurité, Boullier fera appel à l’expérimenté Nick Heidfled qu’il remplacera en court de saison pour des raisons de marketing par Bruno Senna, bien moins convaincant. Mais derrière cette apparente nébulosité dans l’organisation de son équipe, le Français préparait un coup de maitre en recrutant le revenant Kimi Raikkonen pour les deux saisons suivantes.

En 2012 et 2013, le Finlandais remportera deux victoires tandis que son équipier, Romain Grosjean, clairement talentueux mais surtout très brouillon, allait faire les gros titres pour son comportement en piste plus que contestable. Une fois de plus, Boullier au centre de la polémique, soutiendra corps et âme son pilote, dont il était également le manager à l’époque, et arrivera à en faire un compétiteur plus sûr de lui et régulier des podiums, à tel points qu’il arrivera même a éclipser son champion du monde d’équipier à la fin de l’année 2013.

Englué par une situation financière très instable, l’écurie Lotus envisageait le début de saison 2014 de la pire des manières. Le départ de Kimi Raikkonen en claquant la porte n’avait pas arrangé le manque de sérénité ambiant au sein de l’équipe.

Mais fort de son expérience et de son talent de management démontré durant ses trois saisons passées à la tête d’une des écuries de pointe, Eric Boullier s’est vu proposer une offre qu’il ne pouvait pas refuser : remplace Martin Whitmarsh à la tête de la direction de la mythique écurie McLaren.

 

Choisi par Ron Dennis en personne, l’ingénieur français de 40 ans donne là une nouvelle impulsion à sa carrière, peut être la plus importante, dans un rôle qu’il connaît bien, à savoir celui de maitre d’œuvre dans la reconstruction d’une équipe qui a bien connu la victoire. Un défi passionnant pour ce passionné de sport automobile qui aura réussi jusqu’à là à se faire un nom dans le monde très fermé de la Formule 1.

 

Axel B.

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