La valse des pilotes n’en finit plus au sein des petites équipes. Si la raison voudrait que celle-ci dépende de choix purement sportifs, la réalité est en fait tout autre et l’argent tient une fois de plus le rôle de décisionnaire. Tant pis pour les Kobayashi, Chilton ou Sutil.

Licence Creative Commons / Habeed Hameed
Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Depuis la nuit des temps, c’est à dire depuis le jour où la Formule 1 est devenue un sport économiquement important et professionnel, les choix que doivent faire les équipes pour la titularisation de leurs pilotes dépendent d’aspects économiques souvent obscurs pour le simple passionné.

Pourquoi Kamui Kobayashi n’a-t-il pas couru le Grand Prix de Belgique ? Pourquoi André Lotterer a-t-il fait ses débuts dans la discipline à 32 ans ? Pourquoi la place d’un pilote expérimenté comme Adrian Sutil pèse-t-elle moins lourd que celle d’un anonyme Esteban Gutierrez ? Autant de questions qui pourraient rester sans réponses si l’on s’arrête aux simples faits, sans aller chercher des indices plus loin.

Pour revenir en Formule 1 après une année d’absence, Kobayashi a du faire un appel au don à ses fans du monde entier afin de pouvoir monnayer ses talents auprès d’une équipe en manque de fonds. Son choix, évidemment par défaut, s’est tourné vers les modestes Caterham, qui n’ont cessé de sombrer depuis le départ de Mike Gascoyne et de ses pilotes expérimentés qu’étaient Heikki Kovalainen et Jarno Trulli.

Le sympathique pilote japonais pensait avoir réuni, outre un capital sympathie évident et un talent démontré lors de sa trentaine de Grands Prix passé chez Sauber, une somme d’argent suffisante pour pouvoir prétendre à concourir toute la saison en fond de grille. Mais après la vente de l’équipe par Tony Fernandes et l’arrivée d’un consortium dirigé par le peu émotif Colin Kolles, les places des deux titulaires Caterham, Marcus Ericsson compris, ont immédiatement été menacées. Et le sort s’est donc abattu sur Kobayashi qui va avoir beaucoup de mal à retrouver son volant d’ici à la fin de la saison.
Hier, s’est André Lotterer, arrivé avec une valise bien remplie par son sponsor Hype, autre boisson énergisante, qui s’est offert le volant, demain, cela sera peut être Carlos Sainz Jr, supporté par Red Bull, qui pourrait faire son trou chez les verts.

Mais parmi les petites équipes, tout le monde est logé à la même enseigne. Du côté de chez Marussia, la blague belge est venu chatouiller les zygomatiques de Max Chilton qui, par un problème contractuel annoncé qui cachait bien entendu un retard de paiement d’un de ses sponsors, a bien failli se voir priver de sa course sur le circuit de Spa-Francorchamps. Cependant, Marussia, un peu plus classe que sa rivale, aura tenté de justifier son choix en mettant en avant la volonté de son pilote titulaire de céder sa place pour aider financièrement son équipe… à propos de quoi l’entourage de l’anglais a préféré sourire…

Les surprises ne sont peut être pas finies cette année puisque l’épée de Damocles sembler peser de plus en plus sur le casque de l’infortuné Adrian Sutil au sein d’une équipe Sauber en plein marasme financier et sportif. Le principal sponsor de l’Allemand semble lui aussi avoir du retard de paiement, et le pilote d’essais, Giedo Van der Garde – soutenu par son milliardaire de beau-père, n’attend plus que le feu vert pour sauter dans son baquet. L’écart entre talent et argent n’aura jamais été aussi ténu cette année que pour cette rentrée des classes.

Axel B.

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