De plus en plus de rumeurs font état d’un possible retour de Fernando Alonso chez McLaren pour les saisons à venir. Mais vu leur récente histoire commune, est-ce que cette éventualité est encore crédible ?

(c) Axel Brémond
(c) Axel Brémond

On dit Fernando Alonso las de Ferrari et du manque de compétitivité de ses monoplaces successives depuis son arrivé au sein de la Scuderia en 2010. Et cette cinquième saison passée chez les rouges, sans aucune victoire, est sans aucun doute la plus difficile à avaler pour le double champion du monde espagnol, qui a malgré tout affirmé ne pas vouloir partir pour l’instant.

La Formule 1 est un monde de rumeurs, et il n’est donc pas étonnant de voir le nom d’Alonso s’associer à McLaren et au retour de Honda en 2015. Le motoriste japonais veut un pilote de premier choix pour briller dès la première année de son retour. Jenson Button, vieillissant et Kevin Magnussen encore trop tendre, l’équipe dirigée par Eric Boullier semble vouloir aller chercher ailleurs son leader… on parle également de Sebastian Vettel ou encore de Lewis Hamilton, mais ces pistes là sont moins incandescentes que celle qui mène à l’Espagnol.
Pour analyser pleinement la crédibilité de cette possible association, il faut faire un bref retour en arrière, en 2007 précisément, pour se souvenir du premier passage de Nando au sein de l’équipe basée à Woking, et surtout, de leur séparation après une année tumultueuse.

Le Taureau des Asturies avait signé sont contrat chez les gris à la fin de la saison 2005, alors qu’il n’était qu’un tout jeune champion du monde. Son arrivée chez McLaren en 2007, après la conquête de son second titre, promettait de belles pages dans les livres d’histoire de la Formule 1. Mais à défaut d’apparaître dans celles des palmarès, l’union du pilote de feu et de l’écurie de glace aura surtout agité celles des polémiques.

Le début de saison sera pourtant à l’avantage d’Alonso qui remportera des victoires marquantes devant son jeune coéquipier, Lewis Hamilton. Mais au fur et à mesure des Grands Prix, le Britannique, couvé par Ron Dennis, va prendre la mesure de son voisin de garage jusqu’à réussir à le déstabiliser sportivement et mentalement. Alonso va se sentir trahi par son équipe à laquelle il reproche d’avantager son équipier. Une guerre interne entre les deux hommes va s’installer et Alonso en sera le grand perdant, fustigé par la FIA pour un geste anti-sportif en Hongrie où il bloque son équiper au stand, il se verra même battu par Hamilton au classement final du championnat du monde, au nombre de deuxième places.

En outre, les relations avec son équipe ne cesseront de se dégrader avec l’histoire du spygate, lors de laquelle McLaren a été reconnue coupable d’espionnage industriel envers Ferrari. Dans le dossier, politiquement lourd, Alonso aura un rôle important puisqu’il achètera son immunité auprès de Max Mosley en contrepartie d’informations à charge contre McLaren. Voilà de quoi rompre définitivement les liens qui l’unissent à l’équipe et à Ron Dennis, deux ans avant la fin officielle de son contrat.

Dans ces conditions, et sept ans après, est-ce que le retour de Fernando Alonso chez McLaren est possible ? Oui, selon les dires de Ron Dennis, qui serait prêt à tout oublier pour remettre son équipe au plus haut sommet. Moins sûr du côté du pilote qui ne cesse de déclarer sa volonté de continuer le challenge Ferrari pour réussir enfin à gagner un titre chez les rouges, ce qui le mythifierait à coup sûr. Le double champion du monde a un fort caractère et il l’a prouvé à maintes reprises. Sa fierté et sa volonté farouche de gagner avec Ferrari l’empêcheront sûrement de tenter un retour hasardeux chez McLaren qui ne l’a pas considéré autrefois comme le pilote leader qu’il aurait aimé être.

Axel B.

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