Ce lundi, Luca di Montezemolo a dit adieu à Ferrari. Celui qui était considéré comme le fils spirituel d’Enzo Ferrari aura fait beaucoup pour la marque au cheval cabré, sportivement et économiquement parlant.

Licence Creative Commons / Dgtmedia - Simone
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Luca Cordero di Montezemolo est un homme complexe. Il a été à la tête de nombreuses organisations et entreprises, à tel point qu’on le surnomme en Italie « Il Pluripresidente ». Sa carrière ne se borne donc pas à la seule présidence de Ferrari, même si c’est avec cette fonction qu’il a occupé la majeure partie de son exposition médiatique.

En même temps que sa passion pour l’automobile et la Formule 1, l’élégant italien originaire d’une riche famille de châtelain piémontais, a également baigné dans le football avec les clubs de la Juventus de Turin et de Bologne, mais aussi dans les sports nautiques en ayant permis à l’Italie de remporter sa première régate à la Coupe de l’America dans les années 80.

Arrivé par la petite porte au sein de la Scuderia Ferrari, la Formule 1 aura permis à cet homme d’affaires intelligent et opportuniste de se faire une place au sommet de la firme italienne. En devenant Président de la marque en 1991, soit trois ans après la mort de son mentor, Enzo Ferrari, Montezemolo prend les pleins pouvoirs d’un point de vue économique et sportif.

L’aspect commercial est bien entendu crucial dans cette ascension. A cette époque, les ventes de voitures de la marque italienne sont en chute libre. A titre d’exemple, aucune Ferrari ne s’est vendue en France entre 1989 et 1991. Un véritable désastre dans un contexte socio-économique difficile.
En misant sur la rareté et le luxe, Montezemolo parvient à faire remonter les ventes de manière exceptionnelle en quelques années, jusqu’à atteindre un pic très récent en 2012, qui reste à ce jour la meilleure année en terme de vente.

Mais malgré tout, l’image de Ferrari est indissociable de la Formule 1. Écurie historique de la discipline, la Scuderia se doit d’être à l’avant de la course. Dès son arrivée en 1991, Montezemolo prend pourtant les bonnes décisions. Dans les années qui suivent, il fera venir au sein des rouges le Français Jean Todt, qui sera un des grands artisans de la renaissance de la marque au cheval cabré en Formule 1. Ensuite, les arrivées successives de Michael Schumacher, Ross Brawn et Rory Byrne, offriront à Ferrari les plus belles pages de son histoire et les plus grandes lignes à son palmarès. Six titres constructeurs et cinq de pilotes redoreront le blason un peu terni de la Scuderia. Mais comme toujours, chaque ère a une fin. Le départ des hommes forts de l’équipe fragilisera les résultats et la position même de Montezemolo.

Malgré deux autres titres constructeurs acquis en 2007 et 2008, l’équipe n’arrivera plus à aligner les victoires d’antan. L’échec et les cinq années d’insuccès au championnat avec Fernando Alonso marqueront durablement l’équipe et précipitera une restructuration profonde de l’équipe en place.
Fragilisé par ces défaites à répétition, Montezemolo n’a plus l’aura de son passé aux yeux des patrons de Fiat, propriétaire de la marque italienne. En dépit de quelques sorties médiatico-politiques visant à consolider sa présence et sa volonté de rester à la tête de Ferrari, l’Italien se verra dans l’obligation de se retirer après 23 années de présidence.

Luca di Montezemolo a néanmoins soigné sa sortie. Depuis l’annonce de son départ le 10 septembre dernier, il a eu le temps de faire ses adieux, face à la presse, comme face à ses hommes, à Maranello, siège historique de Ferrari. Il a pu à cette occasion confier une dernière fois son attachement à la marque : « Ferrari est la plus belle entreprise du monde. Ça a été un grand privilège et un honneur d’en être le président. Je me suis dévoué toutes ces années avec enthousiasme. » La Formule perd là un homme très influent et connaissant tous les rouages de la discipline. Reste à savoir maintenant si Ferrari perdra aussi beaucoup, tant sur le plan économique que sportif.

 

Axel B.

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