Ce week-end, la Formule 1 fait étape au Japon sur le mythique circuit de Suzuka. Bien malgré elle, la piste nippone a souvent marqué durablement la discipline. Retour sur quelques événements les plus remarquables.

(c) Lat
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Le circuit de Suzuka n’accueille la Formule 1 que depuis l’année1987, pourtant, la piste va rapidement devenir célèbre. En 1989, déjà, la saison atteint son paroxysme lors de la pénultième course, au Japon. Alain Prost et Ayrton Senna, tous deux chez McLaren, jouent le titre mondial des pilotes. Les deux hommes ne s’apprécient guère et leur lutte tout au long de l’année est un long calvaire.

Le Français mène la course au Japon mais son rival brésilien est plus rapide que lui à la deuxième place et tente un dépassement en fin de course à la chicane précédent la ligne droit des stands. Prost semble lui ouvrir la porte puis se rabat précipitamment sur son poursuivant. Les deux McLaren MP4/5 s’accrochent. Prost reste sur le carreau et sort rapidement de sa monoplace tandis que Senna invective les commissaires de piste pour l’aider à se relancer en piste. Il repart et gagne la course avant d’être disqualifié pour avoir été aidé à revenir en piste. Prost remporte de ce fait le titre mondial. La victoire du Grand Prix, anecdotique, revient à l’italien Alessandro Nanini et Senna, très en colère, gardera cet épisode en mémoire pendant longtemps, se sentant floué par la FIA, dirigée alors par Jean-Marie Balestre, qu’il accuse de favoritisme envers Prost.

Sa rancœur durera toute une année, jusqu’au prochain Grand Prix du Japon en 1990. Sa rivalité avec Prost est toujours très grande et les deux pilotes se retrouvent une nouvelle fois à Suzuka pour jouer le titre. Le Brésilien est en pole position sur la grille devant le Français, passé à l’intersaison chez Ferrari. Si Prost abandonne, Senna est champion du monde. Prost prend un meilleur envol et la McLaren de Senna semble ne pas se soucier de négocier la courbe et fonce délibérément sur la Ferrari. Les deux monoplaces s’accrochent dans un nuage de fumée et terminent leur course dans le bac à gravier. Prost, dépité, sort de sa voiture sans trop comprendre ce qu’il vient de lui arriver et Senna, impassible, se dirige à pied vers son stand en sachant qu’il vient de remporter son deuxième titre mondial. Le Brésilien s’est vengé à sa manière de sa désillusion de l’an passé.

Rendez-vous incontournable de la Formule 1, Suzuka l’est également pour les pilotes japonais. Peu nombreux et surtout peu victorieux dans la discipline, le Grand Prix du Japon a surtout été le théâtre des meilleurs résultats des nippons dans la discipline reine du sport automobile. En 1990, Aguri Suzuki au volant d’une Larousse motorisée par Lamborghini, va être le premier pilote japonais à monter sur un podium en Formule 1. Le natif de Tokyo s’offrira le meilleur résultat de sa carrière devant son public, après une course maitrisée de main de maitre. Il faudra attendre 14 ans pour revoir un Japonais sur un podium – Takuma Sato au Grand Prix des États-Unis 2004, et 22 ans pour applaudir un autre nippon sur le podium de son Grand Prix national, avec Kamui Kobayashi en 2012 au volant de sa Sauber.

Cette année, aucun pilote japonais n’est sur la grille de départ et le titre ne se jouera pas à Suzuka. Mais la course promet d’être spectaculaire, sur un des circuits les plus exigeants au niveau du pilotage. D’ailleurs, les pilotes la citent souvent parmi leurs pistes préférées.

Axel B.