La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Première partie, de Lewis Hamilton à Sergio Pérez.

(c) Mercedes
(c) Mercedes

LEWIS HAMILTON :

Un champion trois étoiles ! Le but, à peine caché, du pilote britannique a été atteint cette année puisqu’il rejoint au palmarès de la Formule 1 son idole de toujours, Ayrton Senna. Hamilton a été magistral en 2015, coiffant la couronne dès le Grand Prix des Etats-Unis, bien aidé par un Nico Rosberg absent, comme durant une bonne partie de la saison. Sans véritable rivaux, le désormais triple champion du monde n’avait plus qu’à se méfier de lui-même. Mais ses errances passées ont laissé place à une assurance de tous les instants, même lorsque tous les éléments semblaient contre lui, comme à Monaco ou en Hongrie par exemple. Ce troisième titre devrait être marquant dans la vie du pilote britannique.

NICO ROSBERG :

En début d’année, tout le monde pensait que l’Allemand pourrait contester le titre suprême à son équipier. Las, en manque flagrant de rythme, Rosberg a laissé filer devant lui un Hamilton écrasant tout sur son passage en début de saison. Sebastian Vettel est venue jouer les troubles fêtes au milieu du clan Mercedes et il est apparu, au cours de la saison, que Rosberg n’allait se battre que pour essayer de conserver sa deuxième place au championnat face au pilote Ferrari. Un constat d’échec qui doit néanmoins être nuancé par sa formidable fin de saison qui l’a vu aligner six pole positions et trois victoires en six courses. De quoi repartir sur un bel élan en 2016 ?

SEBASTIAN VETTEL :

Après une saison 2014 complètement raté, Vettel est revenu sur le devant de la scène en faisant de Ferrari une équipe capable de contester la victoire aux Mercedes de façon sérieuse. Trois victoires, dans des circonstances différentes, on fait de l’Allemand le poil à gratter de Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Le pilote est redevenu incisif et l’homme est apparu plus détendu. Si le doute a pu le ronger l’an passé, 2015 l’aura remis sur les bons rails. Son sérieux, son abnégation, son esprit d’équipe et sa redoutable rapidité font qu’il semble inévitable qu’il ne soit pas titré dans les années à venir avec Ferrari. Mais on pensait exactement la même chose de Fernando Alonso, avec le résultat que l’ont connait aujourd’hui.

KIMI RAIKKONEN :

Cette année, on a vu le Finlandais souriant dans le paddock, et c’est sûrement grâce à son état d’esprit que son contrat chez Ferrari a été renouvelé. Parce que du point de vue des résultats, l’année de Raikkonen a été plutôt décevante. Trois podiums contre Trois victoires face à son équipier, le bilan est maigre. On retiendra surtout ses accrochages, avec Alonso en Autriche ou Bottas en Russie et au Mexique, et une quatrième place logique au championnat du monde des pilotes. Il va falloir cependant qu’il fournisse bien plus en 2016 s’il veut conserver une chance de rester en Formule 1 encore quelques temps. Il l’a avoué lui-même, il n’ira nulle par ailleurs que chez Ferrari, et si la Scuderia redevient une machine à gagner, sa place sera hautement convoitée.

VALTTERI BOTTAS :

A l’image de son équipe, Bottas a été quelque peu décevant cette année. Dominé en début de saison par son vétéran d’équipier, Felipe Massa, le Finlandais aura relevé la tête en fin de saison, avec un seul podium au Canada comme meilleur résultat. Forfait suite à des problèmes de dos pour la première course en Australie, Bottas aura surtout fait les gros titres pour ses deux affrontements, en Russie et au Mexique, avec son compatriote Kimi Raikkonen. Gageons que sa saison 2016 soit un pu plus flamboyante au risque de passer d’espoir en devenir à pilote de seconde zone.

FELIPE MASSA :

Auteur d’un bon début de saison, Felipe Massa n’en a quand même pas moins été contraint à un rôle d’outsider toute l’année, à l’image de son équiper, faute à une monoplace rétive. Avec deux podiums, en Autriche et à Monza, où il est resté très populaire, son bilan reste meilleur que celui de Bottas. Mais, avec un peu de fatigue et de lassitude, sa fin de saison ne lui aura pas permis de devancer le Finlandais au championnat, comme il l’a pourtant fait durant une bonne partie de l’année. Le Brésilien a sûrement sauvé son baquet pour 2016 grâce à une saison honnête et une volonté de stabilité chez Williams. Mais l’an prochain prendra probablement la forme d’un tour d’adieu pour l’un des pilotes les plus expérimenté de la discipline.

DANIEL RICCIARDO :

Prisonnier du conflit qui a sévit entre Red Bull et Renault, Daniel Ricciardo aura eu du mal à réaliser une saison aussi convaincante qu’en 2014. Lui qui se voyait se battre pour le titre après ses trois victoires l’an passé, est finalement dépassé au nombre de points par son équipier, transfuge de Toro Rosso. Deux podiums, chanceux ne suffiront pas à le satisfaire et on voit mal, malheureusement, comment sa situation pourrait évoluer en mieux en 2016. L’Australien devrait peut être commencer à regarder si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs, en dehors de sa maison Red Bull, comme l’a fait avec succès son ancien équipier, Sebastian Vettel. Un exemple à suivre, évidemment.

DANIIL KVYAT :

Le jeune russe avait beaucoup à prouver cette année. Beaucoup d’observateur ne le trouvaient pas réellement légitime pour remplacer le quadruple champion du monde Sebastian Vettel. Pourtant, après une entame de saison brouillonne et plutôt difficile, Kvyat a pris confiance en lui et a démontré une belle pointe de vitesse et une régularité étonnante. Ces deux qualités lui ont permis de devancer son équipier au championnat et devrait lui permettre d’aborder 2016 sous de bons auspices. En espérant que la nouvelle monoplace Red Bull lui en donne les moyens.

NICO HULKENBERG :

La saison de l’Allemand a été marquée par sa formidable victoire lors des 24 heures du Mans, en plein cœur de l’été. Un succès qui lui aura permis un temps d’occuper le devant de la scène dans les paddocks de la Formule 1, avant de retomber dans l’anonymat du peloton. « L’incroyable Hulk » aura commis beaucoup trop d’erreurs et d’approximations pour pouvoir prétendre au podium après lequel il court depuis le début de sa carrière. Il ne va pas falloir qu’il tarde trop avant de l’atteindre parce que le temps passe vite. Surtout lorsque l’on a à ses côtés un équipier rapide et richement doté en dollars.

SERGIO PEREZ :

Boosté par le retour de son Grand Prix national au calendrier, le Mexicain a passé un palier cette saison en devenant un pilote plus constant et moins fougueux. Certes, son agressivité peut encore se muer geste dangereux, mais il aura tenu son équipe à bout de bras en début de saison, avec une simple évolution de la monoplace de l’an passé et il aura inscrit le seul podium de Force India cette année, seulement le troisième de l’histoire de l’écurie, en Russie au terme d’une course d’attaque. Si la monoplace 2016 lui permet, on peut être sûr que Pérez deviendra un candidat crédible au podium de manière régulière.

Axel B.