La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus
(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.