Le faux débat sur la dangerosité en Formule 1

24 06 2015

A en croire certains observateurs, qualifiés d’avertis, et même certains acteurs, la Formule 1 ne serait pas assez dangereuse et donc moins intéressante qu’à une certaine époque… voilà une affirmation qui peut choquer, surtout après les épisodes malheureux de la fin de saison dernière et du début de celle-ci.

(c) Morio

(c) Morio

Il n’y a pas besoin de rappeler le terrible accident de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon en octobre 2014, ni celui de Fernando Alonso en début d’année à Barcelone qui l’a contraint à déclarer forfait pour la première course, afin de prouver une fois de plus que la Formule 1 est un sport suffisamment dangereux.

Aujourd’hui, le jeune pilote français se bat toujours pour sa survie, avec force et courage, à l’hôpital de Nice, entouré de sa famille qui a sûrement dû trouver ces déclarations sur la dangerosité de la Formule 1 plutôt déplacées, voire même idiotes. Fernando Alonso a eu plus de chance après un choc latéral plutôt violent qui lui aura néanmoins causé quelques soucis, heureusement passagers, de santé.

Mais le plus aberrant est de constater de qui viennent ces propos. Tout d’abord, de Niki Lauda. Le triple champion du monde autrichien a pourtant touché du doigt, et de manière violente, la dangerosité dans laquelle était plongée ce sport dans les années 70. Grièvement brûlé, donné pour mort sur la piste et portant toujours les stigmates de son accident au Nürbürgring en 1976, l’actuel directeur non-exécutif de Mercedes s’en voudrait sûrement de retrouver un de ses deux poulains dans une telle situation.

Ensuite, Kimi Raikkonen, pour qui la Formule 1 manque de piquant. Entendre ce discours d’un pilote en activité n’est guère étonnant puisque désormais, piloter une monoplace s’apparente plus à de la gestion et de l’endurance qu’à de l’utilisation du talent et de son sens de la trajectoire pour battre ses rivaux en piste.

Leur argumentation est de dissocier dangerosité et sécurité. Mais ces deux notions sont tout de même interdépendantes. Comment accentuer le danger sans pour autant négliger la sécurité ? Si plus aucun pilote n’est mort lors d’un Grand Prix de Formule 1 depuis 1994, c’est grâce à la prise de conscience des instances dirigeantes sur les manquements sécuritaires dans lesquels baignait la discipline. De nombreuses évolutions ont vu le jour depuis plus de vingt ans et il nous a été donné de voir, à plusieurs reprises, un spectacle passionnant durant cette période.

Pourtant, d’autres pilotes, de diverses générations, semblent avoir identifié les principales raisons du manque d’attrait de la Formule 1 actuelle. Max Vertstappen, 17 ans, et Jenson Button, 35 ans, souhaiteraient avoir des monoplaces avec plus d’appuis et des contraintes de pilotage plus importantes, afin d’avoir une vraie lutte en piste contre leurs adversaires. Aujourd’hui, les deux pilotes constatent bien l’impossibilité de se rapprocher de la monoplace qui les précède sans abîmer leurs pneumatiques et donc compromettre le reste de leur course.

De plus, une réglementation trop compliquée et opaque génère des confusions difficilement compréhensible à la fois pour les pilotes mais aussi pour les spectateurs et téléspectateurs. Les pénalités cristallisent bien ce problème lorsque l’on s’aperçoit qu’un pilote peut être sanctionné de 25 places sur une grille comportant seulement 20 voitures et qu’en Autriche, si Lewis Hamilton avait devancé Nico Rosberg de 3 ou 4 secondes, il aurait salué en premier le drapeau à damier mais n’aurait été que deuxième de la course à cause de sa pénalité de 5 secondes ajoutée à son temps final.

D’autres aberrations de ce genre peuvent être pointées et remplir un cahier de doléances à fournir à la FIA qui semble ne pas se rendre compte de la caducité de ses règlements. Voilà donc une piste intéressante à creuser avant d’aller chercher du danger et du sensationnel, dont les pilotes, principaux acteurs de la discipline, seront toujours les victimes. Replacer les gladiateurs au centre de l’arène et redonner de l’importance à leur talent doit être une priorité. Après tout, ce sont bien les pilotes et non pas leurs monoplaces qui montent sur les podiums…

Axel B.





L’incroyable Hulk !

19 06 2015

Le week-end dernier, Nico Hulkenberg a rajouté une ligne des plus prestigieuses à son palmarès en remportant les 24 Heures du Mans. Un exploit retentissant pour un pilote de Formule 1 en activité.

(c) The359

(c) The359

Dans l’histoire du sport automobile moderne, durant ces vingt dernières années, Nico Hulkenberg est le premier pilote de Formule 1 régulier à remporter la mythique course d’Endurance des 24 Heures du Mans.

Pilote Force India en 2014, à la tête de 79 Grands Prix et considéré comme un véritable talent qui n’a pas encore eu la chance de le prouver au volant de monoplaces compétitives en Formule 1, l’Allemand vient là confirmer tout le bien que l’on pense de lui.

Pour sa première participation, et entouré d’un équipage tout aussi jeune que lui composé du Néo-zélandais Earl Bamber, 24 ans et du Britannique Nick Tandy, tout juste 30 ans, Hulkenberg entre par la grande porte dans l’Histoire du sport automobile.

Pourtant, sa carrière en Formule 1 n’est pas à l’image de ce à quoi il pouvait s’attendre en rejoignant les rangs de Williams en 2010. A 22 ans, il effectue donc sa première saison au sein de la prestigieuse équipe anglaise, encore à la recherche d’un second souffle. Il domine son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello, et s’offre même la pole position lors du Grand Prix du Brésil, en fin de saison, dans des conditions de piste changeantes.

Mais malgré ces débuts impressionnant, « Hulk », comme le surnomme assez facilement la presse de son pays, va faire une première connaissance du monde ardu et sans pitié de la Formule 1. A la recherche de budget, Williams le met sur la touche pour lui préférer le fortuné Pastor Maldonado. Il trouve alors refuge chez Force India, tout d’abord pour une année en tant que pilote essayeur puis ensuite en tant que titulaire, profitant des déboires judiciaires de son compatriote Adrian Sutil, démissionnaire.

Mais las de trouver une opportunité à la hauteur de ses attentes, chez Ferrari par exemple où son nom est souvent cité, il se tourne en 2013 vers Sauber…motorisée par Ferrari. Le début de saison est catastrophique au volant d’une monoplace complètement ratée, mais il arrivera au fur et à mesure des Grands Prix à faire fonctionner sa rétive monture jusqu’à se battre à la régulière pour les points face aux Ferrari ou aux Lotus.

Après avoir longtemps hésité à quitter Sauber en cours de route, il décide néanmoins d’aller au bout de son contrat et de s’engager pour les deux saisons suivantes avec Force India, qu’il retrouve donc en 2014. La monoplace indienne, bien née, lui permet de signer quelques bonnes performances, mais c’est son équipier Serio Perez, qui s’adjuge les lauriers en montant sur la troisième marche du podium lors du Grand Prix de Bahreïn. En manque de financement, l’équipe ne peut malheureusement pas suivre le développement de ses rivales et ne cessera de régresser au classement au fil de la saison.

En 2015, la situation est bien pire puisque Force India, en grandes difficultés financières, ne peut proposer à ses deux pilotes une nouvelle monoplace capable de jouer les points à la régulière. Malgré tout, Hulkenberg et Perez arrivent à tirer le maximum de leur voiture durant les premières courses et marquent des points inespérés en attendant de nouvelle évolution de leur monture qui devrait intervenir en milieu d’année.

Cette situation frustrante en Formule 1 a sûrement influencé l’Allemand dans sa volonté de s’essayer à l’Endurance et de s’inscrire, au volant d’une Porsche, aux 24 Heures du Mans. Les hasards du calendrier font que son engagement en Formule 1 ne l’empêche pas de s’aligner sur la manche mancelle, et ce, avec de réelle chances de bien figurer.

Encore mieux que bien figurer, après des qualifications correctes, Hulkenberg, Bamber et Tandy, remporte la course après 24 heures haletantes et exténuantes pour les trois hommes. Comme un symbole, c’est à Hulkenberg qu’est confié l’honneur de franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. De quoi lui donner un boost au moral pour la suite de sa carrière en Formule 1 ou de nouvelles idées pour donner une nouvelle impulsion à sa présence en sport automobile.

Axel B.





La folle ambiance de Montréal

12 06 2015

Le Grand Prix du Canada est toujours un rendez-vous particulier du calendrier mondial de la Formule 1. Si d’apparence, la course a été un peu moins agitée en piste qu’à l’accoutumée, il ne s’en est pas moins passé quelques péripéties amusantes dans cette folle ambiance québécoise.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Le week-end dernier, la Formule 1 est allée faire la fête du côté du continent américain avec ce rendez-vous incontournable au Canada. La course à Montréal est un véritable succès à chaque édition, même si sa place au calendrier mondial a pourtant été maintes fois menacée,

Si cette année la course a paru un peu moins spectaculaire que lors des saisons précédentes, tous les acteurs de la discipline, pilotes en tête, avaient le sourire aux lèvres durant le week-end. Lewis Hamilton, sur son circuit fétiche, qui avait vu sa première victoire en 2007, n’a cessé de tarir d’éloges sur le côté amusant de la piste et l’enthousiasme sans faille du public québécois.

Même Nico Rosberg, pourtant battu en piste par son rival, affichait un sourire franc sur le podium, ce qui réussissait à lui faire oublier une deuxième place forcement décevante et frustrante lorsque l’on joue le titre mondial. Fernando Alonso, lui aussi, avait décidé de s’amuser un peu au volant de son erratique McLaren-Honda en envoyant valser les consignes d’économie de carburant de son équipe technique pour tenter de défendre face à notamment Sebastian Vettel, qu’il aurait sûrement bien aimé pouvoir contenir plus longtemps dans son dos. Avec comme objectif un abandon quasiment prévisible, l’Espagnol s’est laissé emporter par la bonne humeur ambiante. A croire que la folie canadienne qui régnait aux alentours du circuit Gilles Villeneuve a guéri les pilotes de tous les maux, même les plus malheureux.

Tous… ou peut être pas. Dans le clan Renault, c’était plutôt la soupe à la grimace. Le pourtant habituellement très souriant Daniel Ricciardo ne s’est pas gêné lui non plus pour constater le gros manque de performances de son équipe, tout juste un an après sa première victoire. Aujourd’hui, Red Bull et Renault courent après leur lustre d’antan et semblent bien loin des espoirs de victoires arrachées de haute lutte l’an passé à l’ogre Mercedes.

Perdu pour le podium, les pilotes Lotus ont eux décidé d’animer la course à leur façon en inversant leur rôle. Pastor Maldonado a fait une course solide pour marquer les six premiers points de sa saison, tandis que Romain Grosjean s’est rappelé ses vieux démons en accrochant bêtement et inutilement la Manor de Will Stevens, à qui il prenait un tour en bout de ligne droite.

Et puis la course nous a également offert deux belles remontées : celles de Sebastian Vettel et Felipe Massa. L’Allemand a accroché une inespérée cinquième place, éclipsant la course brouillonne de son équipier Kimi Raikkonen, alors que le Brésilien de Williams offre un beau tir groupé à son équipe avec le résultat de Valtteri Bottas, qui monte sur le podium pour la première fois de la saison.

Finalement, en y regardant bien, il s’est passé pas mal de choses lors de cette édition du Grand Prix du Canada… comme souvent, et pour encore longtemps espérons-le.

Axel B.





La possibilité d’un Grand Prix en Finlande

6 06 2015

La Finlande est plutôt le pays du rallye et pourtant, quelques pilotes se sont laissé tenter, avec succès, par la Formule 1. Alors pourquoi le pays n’accueillerait-il pas un Grand Prix sur ses terres ?

(c) Williams

(c) Williams

Lorsque l’on parle de sport automobile, de pilotes et de Finlande, instinctivement, le rallye et des noms comme Tomi Makinen, Ari Vatanen, Hannu Mikkola, Juha Kankkunen ou encore Marcus Grönholm, nous viennent à l’esprit.

Pourtant, ce pays d’Europe du Nord a également une belle tradition en Formule 1. Plus qu’une tradition même, puisque la Finlande possède un très beau palmarès avec la particularité de n’avoir eu que sept pilotes à s’engager de manière pérenne dans la discipline depuis 1950 et la création du championnat du monde.

Parmi ces sept vikings venus du froid, quatre d’entre eux ont remporté au moins une course et trois ont été titrés en fin de saison. Un ratio envié par beaucoup d’autres nations dites historiques de la Formule 1 comme l’Italie ou la France, par exemple.

Mais malgré une présence continue des pilotes finlandais en Formule 1 depuis la fin des années 70, le pays n’a jamais eu l’honneur d’organiser un Grand Prix qui soit inscrit au calendrier mondial de la discipline. Bien sûr, des courses de sport automobile ont déjà eu lieu au pays des milles lacs, notamment en rallye, mais aussi avec des monoplaces de Formule 1 jusque dans les années 50, mais jamais de manière officiellement reconnue.

L’organisation d’un Grand Prix de Finlande de nos jours n’est cependant pas du domaine de l’impossible. Or période hivernale, et plus au sud du pays, les étés sont particulièrement chauds et les conditions météorologiques se prêteraient parfaitement aux monoplaces et aux pneumatiques actuels. Helsinki, Tampere ou Espoo, sont des villes largement assez grandes pour pouvoir prétendre avoir leur circuit automobile et même, pourquoi pas, une course urbaine.

Dans les pays nordiques, la Suède a accueilli le grand cirque de la Formule 1 pendant six ans, durant les années 70 et désormais, c’est la Russie, depuis 2014, qui organise son propre Grand Prix sur le site olympique des Jeux de 2014.

Avec des pilotes actuels comme Kimi Raikkonen, Valtteri Bottas et même pourquoi pas Nico Rosberg, Finlandais par son champion du monde de père, ou des glorieux anciens comme Mika Hakkinen, Mika Salo ou Keke Rosberg justement, la Finlande aurait des appuis importants pour légitimismer sa présence au calendrier mondial.

Voilà une idée qui pourrait chatouiller Bernie Ecclestone à l’heure de découvrir de nouvelle contrées pour étoffer le calendrier. La création de nouveaux rendez-vous européen, en Autriche ou en Azerbaïdjan, pourrait laisser une porte ouverte à un tel projet. Il ne manquerait plus qu’un jeune espoir du pays capable de jouer le titre pour que cette idée se réalise. On parle déjà de Valtteri Bottas chez Ferrari en 2016 ou 2017, voilà de quoi donner des idées !

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





L’hégémonie des pilotes européens en Formule 1

14 05 2015

Alors que la Formule 1 s’externalise de plus en plus en dehors des frontières européennes dans l’organisation de ses Grands Prix, il est intéressant de constater que la majorité des pilotes qui gagnent dans la discipline sont issus du Vieux Continent.

(c) Lat

(c) Lat

De plus en plus, l’Europe perd sa place dominatrice dans le calendrier mondial de la Formule 1. Bernie Ecclestone, avide de nouveaux horizons et de nouvelles sources de financement, cherche à exposer la discipline en dehors du Vieux Continent.

Depuis près de vingt ans, cette volonté a été exacerbée avec l’arrivée dans le calendrier de pays tels que la Malaisie, la Chine, la Corée, Bahreïn, Abou Dhabi, les États-Unis, la Russie, le Mexique et bien d’autres encore. Bien sûr, ces intégrations se font au détriment des autres courses, souvent en terres européennes, sans compter sur les menaces qui planent au dessus des rendez-vous mythiques comme en Italie, en Allemagne, en Belgique ou encore en Grande Bretagne.

Mais force est de constater que cette fuite vers des pays plus argentés et plus séduisants commercialement parlant, n’arrive pas forcement à trouver son pendant côté sportif. En effet, depuis toutes ces années où la Formule 1 va visiter des pays émergents, aucun pilote de course véritablement compétitif n’est venu représenter sa nation.

Narain Karthikeyan et Karun Chandhok ne sont restés que peu de temps en Formule 1, tout comme leur Grand Prix national en Inde d’ailleurs, rapidement rayé du calendrier. Daniil Kvyat essaye de faire mieux que son prédécesseur, Vitaly Petrov, pour défendre les couleurs russes, mais sans impressionner jusqu’à maintenant. Et on cherche encore la perle rare de l’Extrême Orient qui serait prête à relever le défi de la discipline la plus prestigieuse du sport automobile.

Pendant ce temps là, les pilotes européens se partagent les victoires avec une nette domination de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. Seuls le continent américain et l’Australie, où le sport automobile a des racines profondes, arrivent à concurrencer le Vieux Continent. L’Amérique du Sud, plus particulièrement, est un vivier de talentueux pilotes et la Formule 1 n’a d’ailleurs pas manqué de visiter le Brésil ou l’Argentine très tôt dans son histoire.

D’un point de vue purement statistique, les pilotes européens ont remporté un total de 664 Grands Prix répartis en 11 nations (Grande Bretagne, Allemagne, France, Finlande, Italie, Autriche, Espagne, Suède, Belgique, Suisse et Pologne) contre seulement 259 pour les pilotes d’autres nationalités, constitués de 10 pays (Brésil, Argentine, Australie, États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Colombie, Mexique et Venezuela).

Il est donc juste de constater que l’Europe et ses champions dominent depuis longtemps la Formule 1, comme le podium du récent Grand prix d’Espagne l’a encore prouvé avec deux Allemands et un Britannique aux trois premières places. Peut-être que, de temps en temps, Bernie Ecclestone devrait se pencher avec attention sur ces statistiques avant d’écarter d’un revers de la main les Grands Prix européens du calendrier…

Axel B.








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