Jacky Ickx : La référence belge

20 08 2015

La Formule 1 et la Belgique ont une histoire liée depuis longtemps. Si jamais aucun pilote belge n’a réussi à décrocher le titre mondial, le Plat Pays a néanmoins fourni quelques acteurs marquants et importants de la discipline comme Willy Mairesse, Thierry Boutsen et le plus prestigieux d’entre tous, Jacky Ickx.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Depuis plusieurs années, la Belgique reste un des joyeux de la Formule 1 grâce à son mythique circuit de Spa-Francorchamps, qui reste un des rendez-vous incontournables de l’année et une des pistes préférées des pilotes. Mais la Belgique a également plusieurs pilotes de renom qui, même s’ils n’ont jamais été champion du monde, ont réussi plusieurs exploits et ont marqué l’histoire de la discipline.

Le plus connu des pilotes belges est sans conteste le Bruxellois Jacky Ickx. Fort d’une carrière de 113 Grands Prix s’étalant sur 13 ans, Ickx était un pilote très complet participant autant à des courses de monoplaces que d’Endurance ou de rallye-raid. Son palmarès est impressionnant : deux fois vice-champion du monde de Formule 1, sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans il remporte également le Paris-Dakar dans les années 80 pour ce qui sera une des ses dernières grandes victoires.

En Formule 1, Ickx n’aura jamais remporté le titre suprême tout en ayant pourtant couru pour les plus grandes équipes comme Ferrari, Lotus ou Williams. Mais les circonstances, plus que son talent incontestable, ne lui auront pas permis d’atteindre son but ultime. En 1970, il se bat pour la victoire finale face à Jochen Rindt. Le décès tragique de l’Autrichien lors de la manche italienne en fin de saison ouvrait une voie royale au Belge vers le titre mondial. Mais Ickx ne voulait pas profiter de cet événement malheureux et ne chercha pas vraiment à capitaliser sur le mort de son rival à qui il laissa finalement les honneurs mondiaux. C’est la deuxième fois d’affilé qu’il terminait donc vice-champion.

Malgré une suite de carrière chez Ferrari et quelques victoires de prestiges (Nurburgring, Monza…), Ickx ne parviendra plus à se battre pour le titre en Formule 1. Il mangera son pain noir pendant trois ans, entre 1976 et 1978, au volant des monoplaces Williams, écurie alors en pleine construction, bien loin de celle victorieuse qu’elle deviendra à l’aube des années 80. Après une dernière saison au sein de l’écurie française Ligier pour laquelle il marquera trois poins, Ickx se concentrera sur d’autres disciplines.

Car parallèlement à sa présence en Formule 1, il participera à de nombreuses épreuves d’Endurance et remportera notamment six fois les prestigieuses 24 Heures du Mans, ce qui lui vaudra le surnom de « Monsieur le Mans ». En 1983, il remporta également la plus prestigieuses des épreuves de rallye-raid, le Paris-Dakar, aux côtés de l’acteur français Claude Brasseur.

Toujours proche de la Formule 1, il deviendra directeur de course du Grand Prix de Monaco en 1984. Mais sa décision d’arrêter la course au drapeau rouge pour raison de sécurité sous une pluie battante ruine les espoirs de victoire d’un jeune pilote nommé Ayrton Senna. Accusé d’avoir voulu favoriser la victoire d’Alain Prost, en tête au moment de l’interruption, Ickx sera démis de ses fonctions par la FISA et ne s’impliquera alors plus dans un rôle décisionnaire en Formule 1.

Il reste néanmoins toujours une ambassadeur de prestige et une référence évidente en sport automobile et en Formule 1, discipline pour laquelle il se sera investit corps et âmes, notamment pour des questions de sécurité pour lesquelles son franc parler et ses idées arrêtées auront permis de grandes avancées, aux côtés de Jackie Stewart, notamment.

Axel B.





Belgique 2009 : L’inattendu duel entre Kimi Raikkonen et Giancarlo Fisichella

14 08 2015

Le Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps nous a toujours offert un spectacle digne des plus grandes courses de la Formule 1. L’édition 2009 n’a pas failli à cette règle avec une pole position et un podium de Giancarlo Fisichella au volant une étonnante Force India, et la résurrection inattendue d’une certain Kimi Raikkonen.

(c) Bridgestone

(c) Bridgestone

La saison 2009 de Formule 1 a été en tout point particulière. Profitant de l’aubaine d’une meilleure interprétation de la réglementation concernant les diffuseurs, quelques équipes dominent par surprise le début de saison. Parmi elles, les Williams, Toyota et Brawn GP.

Cette dernière, construite sur les cendres de l’équipe Honda qui a décidé au dernier moment de stopper son investissement en Formule 1, capitalisera suffisamment bien sur son début de saison tonitruant pour remporter les deux titres, pilotes et constructeurs, avec le Britannique Jenson Button, avant d’être rachetée par la motoriste Mercedes qui en fera son écurie éponyme, avec le succès que l’on connait aujourd’hui.

Mais en 2009, les écuries historiques telles que McLaren ou Ferrari, qui avaient pourtant été les fers de lance du championnat les années précédentes, étaient en difficultés depuis le début de la saison face à une concurrence, il faut bien l’avouer, plus maline qu’elles. Ferrari, plus particulièrement, allait vivre une saison noire avec comme point culminant dans sa détresse le grave accident de Felipe Massa lors du Grand Prix de Hongrie, qui allait le tenir éloigné de sa monoplace pour le restant de l’année.

C’est donc dans une ambiance morose que se présentait la Scuderia pour les Grands Prix suivants, à Valence et en Belgique. Luca Badoer, remplaçant au pied levé du petit brésilien, n’était clairement pas à la hauteur. Kimi Raikkonen, qui allait raccrocher momentanément son casque à la fin de la saison, ne se sentait plus vraiment concerné par la situation.

Mais la piste de Spa-Francorchamps, comme cela avait été le cas auparavant avec Michael Shumacher, était la favorite du Finlandais. Avant cette édition 2009, il y totalisait déjà trois victoires. Ce week-end d’août, comme d’habitude, le taciturne finnois ne semblait pas plus à l’aise que depuis le début de la saison. Une cinquième place aux qualifications venait conforter son état. D’autant plus qu’un étonnant Giancarlo Fisichella sur une non moins étonnante Force India avait créé la surprise en subtilisant au nez et à la barbe des favoris la pole position.

Un premier tour chaotique propulse Raikkonen à la deuxième place derrière Fisichella qui a réussi à conserver son avantage. Plusieurs cadors comme Lewis Hamilton et Jenson Button ne passent pas le premier virage des Combes et la voiture de sécurité entre alors en piste. Lorsqu’elle s’efface, la Ferrari du pilote finlandais profite de son KERS pour dépasser la Force India de l’Italien. Ce dernier, malgré une course d’attaque qui le verra se rapprocher à moins d’une seconde de son rival, n’arrivera plus à reprendre la première place et se contentera de fêter dignement le premier podium de l’histoire de son équipe. Kimi Raikkonen, quant à lui, sauve là sa saison et celle de Ferrari, et peut quitter, momentanément, la Formule 1 par la grande porte au soir du dernier Grand Prix de la saison.

Pour la petite histoire, personne ne le sait encore au soir de la manche belge, mais les deux protagonistes de cette course se retrouveront équipiers le Grand prix suivant, en Italie. En effet, après de piètres performances, Luca Badoer sera remercié par la Scuderia qui décidera d’embaucher Fisichella, sûrement aussi grâce à sa magnifique performance sur la piste de Spa-Francorchamps.

Si le Romain saisit là une opportunité qui ne se refuse pas pour tout Italien, il terminera néanmoins sa carrière en Formule 1 paré de rouge, mais sans marquer le moindre point au volant d’une F60 rétive. Mais Ferrari sait aussi se montrer généreuse puisqu’à ce jour, Fisichella fait toujours partie de la maison italienne et court avec succès en Endurance sous le blason du cheval cabré tandis que que Raikkonen a fait son retour au sein de la Scuderia en 2014.

Axel B.





1994-2015 : D’Ayrton Senna à Jules Bianchi, 21 ans de miracles

7 08 2015

Vingt et une années se sont passées entre les deux drames qui ont enlevé la vie à Ayrton Senna et Jules Bianchi. Durant cette période, la Formule 1 a fait des progrès importants en termes de sécurité. Certains pilotes ont néanmoins eu beaucoup de chance de sortir indemnes d’accidents spectaculaires.

(c) Pirelli

(c) Pirelli

La Formule 1 aurait voulu que le week-end noir vécu à Imola en 1994 soit le dernier. Pourtant, le décès de Jules Bianchi le 17 juillet 2015 des suites de son accident au Grand Prix du Japon en octobre 2014, a réveillé toutes les consciences sur la dangerosité inhérente au sport automobile.

Depuis ce triste 1er mai 1994, la discipline a pourtant déjà frôlé la catastrophe à de maintes reprises, mais sans déplorer d’issus fatales. Des miracles, pris pour autant d’avertissements qui ne pouvaient cependant influencer l’inévitable.

Quelques jours après les doubles sortis de piste meurtrière de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, c’est un autre Autrichien qui a frôlé la mort sur la périlleuse piste de Monaco. Karl Wendlinger perd le contrôle de sa Sauber à la sortie du tunnel et frappe violemment le mur, lui causant un grave traumatisme crânien qui le plongera de longs jours dans le coma. Il s’en sortira miraculeusement sans séquelles et continuera normalement sa carrière en sport automobile. En 2003, Jenson Button sortira au même endroit durant les essais au volant de sa BAR-Honda, mais sans aucun dommage, même s’il devra renoncer à la course pour raison de sécurité.

En 1996, lors du Grand Prix inaugural an Australie sur la toute nouvelle piste de Melbourne, le départ est mouvementé. A tel point que Martin Brundle perd le contrôle de sa Jordan à moteur Peugeot et s’envole sur la Sauber de Johnny Herber. Le vétéran fait plusieurs tonneaux mais sort lui-même de sa monoplace pour prendre le second départ.

Un an plus tard, en 1997, sur le circuit Gilles Villeneuve dans le cadre du Grand Prix du Canada, une embardée effroyable de la Ligier d’Olivier Panis mettra un terme à son magnifique début de saison et enverra le pilote français à l’hôpital avec les deux jambes fracturées. Il en sera de même pour Michael Schumacher, deux ans plus tard, après son tout droit dans la première courbe du circuit de Silverstone qui le privera d’un possible titre mondial en fin de saison et le gratifiera d’un repos forcé de plusieurs Grands Prix pour soigner sa jambe cassée.

En 2008, c’est un Heikki Kovalainen chanceux au volant de sa McLaren qui sortira indemne d’une sortie de piste violente dans les murs de pneus lors du Grand Prix d’Espagne. Le Finlandais, choqué mais sain et sauf, n’aura aucun souvenir de son accident. Il sera, en outre, le spectateur, deux ans plus tard, de l’envol de la Red Bull de Mark Webber sur l’arrière de sa Caterham sur le circuit urbain de Valence. Après un vol plané de plusieurs mètres, l’Australien échoue dans une échappatoire, indemne. Encore un miracle.

Il y a également deux accidents qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Celui de Luciano Burti tout d’abord, lors du Grand Prix de Belgique 2001. Le pilote brésilien se voit couper la route par la Jaguar d’Eddie Irvine et file tout droit au volant de sa Prost, à une vitesse folle, dans les pneus qui bordent la piste. Son casque, fortement endommagé lors du choc, lui a sauvé la vie. Une commotion cérébrale et 48 heures de coma sont des moindres maux aux vues de la violence du choc.

Cet accident rappelle aussi celui de Felipe Massa lors du Grand Prix de Hongrie 2009. Le pilote brésilien reçoit un élément de suspension dans le casque de la monoplace qui le précède et perd connaissance. Il fonce à toute allure dans le mur et va s’encastrer dans les pneus. Après une opération périlleuse de la boite crânienne et une longue période de repos, Massa a repris le cours normal de sa carrière et pilote aujourd’hui une Williams avec le succès que l’on connaît.

En ce 5 octobre 2014, cette série de miracle a pris fin. Cela serait mal connaître le sport automobile de vouloir que l’accident de Jules Bianchi soit le dernier. Le danger en fait partie et tous les pilotes le savent. Ils essayent simplement de l’oublier et en reprennent conscience au moment où les drames les rattrapent.

Axel B.





Entre grand spectacle et intense émotion en Hongrie

31 07 2015

Tous les ingrédients qui font de la Formule 1 un sport excitant étaient présents sur la piste du Hungaroring le week-end dernier. Une victoire surprise de Sebastian Vettel et Ferrari, des accrochages et sorties de piste à profusion et sans gravité et, bien sûr, beaucoup d’émotions aussi.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Ce Grand Prix de Hongrie était placé sous le signe du souvenir et de l’émotion, juste une semaine après le décès de Jules Bianchi des suites de ses blessures consécutives à sa sortie de piste au Grand Prix du Japon 2014.

Si l’émotion était bien présente sur la grille de départ, avant le grand rush vers le premier virage, les pilotes, qui ont rendu un hommage poignant à Jules, tous réunis comme un seul homme autour de leur casque et de celui du Français, la course a vraiment repris ses droit une fois les visières baissées.

Dès le départ, on a compris que la course que nous allions vivre allait être spectaculaire. Un Lewis Hamilton, comme scotché sur son emplacement, se faisait déborder par les deux Ferrari, un peu à l’image du départ canon des deux Williams lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Si le double champion du monde en titre a estimé après la course que son départ n’avait pas été si mauvais que cela, il va falloir que Mercedes revoie ses références en la matière. D’autant plus qu’à cause de cet élan raté, la lutte fratricide entre Hamilton et Rosberg a bien failli refaire surface au détour d’un virage…

Ferrari, quant à elle, semblait filer vers un doublé plutôt aisément mais le chat noir coincé dans la monoplace de Kimi Raikkonen a choisi de ronronner pour empêcher le Finlandais de filer vers le podium. Plus loin dans le peloton, les habituels pourvoyeurs de carbone, à savoir, entres autres, Sergio Perez et Pastor Maldonado commençaient leur entreprise en semant ça et là des morceaux de leurs monoplaces respectives après des contacts virils.

Nico Hulkenberg, las de se sentir dans l’ombre en Formule 1 après sa prestigieuse victoire au 24 Heures du Mans cette année, décida alors de se rappeler au bon souvenir de tous en perdant son aileron avant et en allant s’encastrer dans le mur de pneumatiques en bout de ligne droite. La mise en place de la voiture de sécurité virtuelle rapidement inutile, la véritable safety car fit alors son entrée, réduisant à néant l’impressionnante avance de Vettel sur ses poursuivants.

La fin de course fût encore plus chaotique avec un festival d’accrochages et de crevaisons. Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo puis Nico Rosberg en furent les victimes et au milieu de ce champ de guerre, des combattants inespérés apparaissaient comme par miracle dans les dix premiers.

C’est ainsi que, comme un épilogue joyeux à cette course pleine de vie et de rebondissements, on retrouva deux McLaren dans les points, un Max Verstappen au pied du podium, ce dernier occupé par les deux Red Bull dont Daniil Kvyat qui signe là son meilleur résultat en Formule 1 et par là même le meilleur résultat d’un Russe dans la discipline.

Jules Bianchi aurait adoré cette course, c’est à n’en point douter. Il y aurait même sûrement marqué quelques points. La Formule 1 n’aurait pu lui rendre plus bel hommage.

Axel B.





Adieu Jules…

21 07 2015

Le jeune espoir français, Jules Bianchi, est décédé ce 17 juillet à l’âge de 25 ans. Le monde du sport est en deuil ainsi que sa famille, déjà durement touché par la tragédie dans sa passion pour le sport automobile.

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

Jules Bianchi était un mec bien, et un pilote redoutablement rapide. Sûrement le plus talentueux des quatre mousquetaires de sa génération. Ni Romain Grosjean, ni Jean-Eric Verge, ni Charles Pic ne pourraient dire le contraire.
La vitesse, qui était sa passion, l’aura fauché à l’autre bout du monde, sur le circuit de Suzuka au Japon en octobre 2014. Il n’est plus temps de commenter les circonstances ou de trouver les fautifs, il est temps désormais à la famille Bianchi de faire le deuil de son champion.
Une famille qui a déjà été éprouvée par la tragédie. Une famille de pilote, investie dans le sport automobile comme d’autre créer la légende dans la musique ou le cinéma.
Lucien, déjà, était un pilote émérite dans les années 60. Le grand-oncle de Jules a commencé sa carrière par une victoire de prestige, dans la catégorie des 2 litres, aux 24 Heures du Mans en 1957, pour sa deuxième participation seulement. Il remportera l’épreuve reine de l’Endurance en 1968 aux côté de Pedro Rodriguez.
Simultanément à sa carrière ne Endurance, et comme c’était souvent le cas à l’époque, Lucien participera également au championnat du monde de Formule 1. Il y brillera par intermittence et montera même sur le podium du Grand Prix de Monaco lors de sa fructueuse année 1968. Malheureusement, il se tuera la saison suivante lors des essais de préparation de la course mancelle.
Monaco, voilà un lieu au combien mythique qui va le lier à son petit-neveu, Jules. Le jeune niçois a gravi lui aussi une par une les marches des catégories de monoplaces pour atteindre la Formule 1 en 2013. Au volant d’une Marussia, il est plutôt difficile de se mettre en évidence mais c’est à cela que l’on remarque les véritables talents. Et Jules en était sans conteste un.
Son Grand Prix de Monaco 2014 de toute beauté lui permettra de marquer les deux points d’une neuvième place providentielle pour son équipe. Elle concrétisera également tout le bien que les observateurs avertis pensaient de lui et lui aurait sans doute ouvert, dans un avenir plus ou moins proche, les portes de la mythique Scuderia Ferrari.
Mais en ce jour du 5 octobre 2014, le destin allait arracher au sport automobile un de ses plus beaux talents en devenir. Le combat de Jules pour sa survie aura duré 9 mois. De longues semaines qui ont laissé planer un espoir un peu fou pour une lutte qui semblait pourtant perdue d’avance.

Jules était un battant, un talent pur, un jeune homme au combien respecté et respectable. L’élan de sympathie qui avait envahi Monaco en ce dimanche de mai 2014 était indescriptible. A la hauteur de la classe du bonhomme et de son exploit sportif. J’en garde un souvenir ému, et aussi quelques photos, mal cadrées, qui me feront me rappeler que j’ai eu la chance de côtoyer un des plus grands pilotes de sa génération. On aurait tellement voulu qu’il est le temps de le prouver à tout le monde…

Axel B.





Michelin : La F1 pour compléter son engagement en sport automobile

19 07 2015

Le manufacturier de pneumatiques français Michelin est prêt à faire son grand retour en Formule 1. Face à un projet ambitieux, les instances dirigeantes de la discipline devront faire un choix audacieux. L’entreprise basée à Clermont-Ferrand pourrait alors compléter son engagement en sport automobile avec une présence dans de nombreux championnats très différents.

(c) Lat

(c) Lat

La tradition de Michelin en sport automobile est très importante depuis la création de l’entreprise. De tout temps, le manufacturier français a été présent en compétition, souvent pour y jouer la gagne.

Actuellement, l’entreprise clermontoise est engagée dans de nombreux championnats mais un, et non des moindres, semble lui manquer : la Formule 1. Michelin y a été engagé de nombreuses années et y a connu l’ivresse des succès à répétition. Désormais, elle souhaite y faire son retour mais en y apportant un changement technologique avec l’introduction des pneumatiques de 18 pouces.

Le manufacturier français est déjà présent dans diverses disciplines du sport automobile. En rallye tout d’abord où il peut mettre en avant sa qualité de conception avec des gommes souvent sollicitées dans des conditions extrêmes et sur des terrains très différents. De quoi prouver au monde entier les capacités d’adaptation des conceptions françaises.

En WEC ensuite, où, bien entendu, les qualités d’endurance sont misent en exergue sans toutefois négliger les impératifs de vitesse inhérents à toutes compétitions automobiles. Un autre aspect important donc, après l’adaptabilité rencontrée en rallye.

Mais Michelin soigne aussi son image de marque avec une présence remarquée lors de la première saison de Formule E, qui s’est déroulée cette année. Certes, cette nouvelle discipline n’est pas la plus exigeante en termes de performance, mais l’entreprise française a pris son rôle très au sérieux en proposant des gommes assez résistantes pour permettre quelques libertés de stratégie aux équipes.

Avec une arrivée l’an prochain en Moto GP, Michelin aimerait donc également toucher le pinacle du sport automobile en faisant son retour en Formule 1, en privilégiant l’aspect très important à ses yeux que représente le défi technique.

Être manufacturier unique en Formule 1 peut également être à double tranchant. Il faut proposer des produits suffisamment uniformes pour satisfaire toutes les équipes mais également être assez performants pour ne pas subir les foudres de ces mêmes équipes. Une mission à laquelle Pirelli a eu du mal à faire face ces dernières années. Une belle opportunité pour Michelin ?

Axel B.





Renault : La tentation d’un retour comme constructeur

9 07 2015

Une fois de plus, Renault est dans l’éventualité d’un retour en tant que constructeur à part entière. Après les déconvenues rencontrées depuis 2014 concernant leur partenariat moteur avec Red Bull, revenir avec son propre châssis est-il vraiment une bonne idée ?

(c) Renault

(c) Renault

Tout s’agite autour de Renault ces derniers mois. Le motoriste français est dans l’œil du cyclone, pointé du doigt pour ses pauvres performances par son seul et unique partenaire cette saison : Red Bull et Toro Rosso.

Helmut Marko, véritable icône de la marque de boissons énergisantes n’y va pas par quatre chemins et condamne régulièrement le manque de progrès effectué par la marque au losange pour justifier des piètres performances de ces deux équipes, face à la concurrence des moteurs Ferrari et surtout Mercedes.

Renault, piqué au vif, tente de réagir mais semble mal supporter la pression exercée par la marque autrichienne. Ferrari a prouvé qu’on pouvait réagir entre 2014 et 2015 et que les quelques mois d’expérience avec les unités de puissance hybrides pouvaient permettre de relever la barre. Après un triste exercice l’an dernier, le motoriste italien est devenu un habitué des podiums et s’est même payé le luxe de ravir une victoire à Mercedes en début de saison.

Devant ce constat gênant, Renault cherche des solutions. L’un d’elle serait donc de ressusciter l’équipe Renault, à la fois motoriste et constructeur de châssis. Le savoir-faire est là, c’est une évidence. Durant ses deux périodes de présence en Formule 1, la marque au losange a remporté deux titres de champion du monde des pilotes, autant chez les constructeurs et a collectionné 35 victoires en Grands Prix. Les hommes de Viry-Chatillon savent donc gagner et l’ont prouvé à maintes reprises.

Cependant, chaque engagement de Renault en tant que constructeur correspondait à un défi technique. Dans les années 70, c’était la technologie des moteurs turbo qui avait été choisi pour démontrer les capacités de la marque française. A son retour au début des années 2000, il s’agissait d’un moteur révolutionnaire avec un angle d’ouverture à 111° contre les habituels 90°. Même si ces deux projets ont fini par être abandonnés faute de succès, l’habitude de Renault est de se présenter avec un défi à relever.

Aujourd’hui, le défi concerne clairement la technologie des unités de puissance hybrides, et depuis deux ans, on ne peut pas dire que la marque française est réussi à arriver au niveau de performance qu’elle est endroit d’espérer. A quoi bon donc, créer son propre châssis si la difficulté de faire fonctionner un moteur est toujours présente ? Quelle est la part d’innovation à apporter à cette technologie pour se démarquer de la concurrence et faire en sorte de jouer la victoire ? Pendant combien de temps les dirigeants de Renault vont-ils décider d’investir sur ce qui ressemble à un échec et qui de surcroît donne une mauvaise image de la marque dans le monde ? Voilà autant de questions aux quelles le constructeur français va devoir apporter des réponses avant de se relancer dans la grande aventure.

Axel B.








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