Les pilotes monégasques en Formule 1

30 06 2016

Le jeune Charles Leclerc, natif de Monaco, va faire ses débuts en Formule 1 dès le Grand Prix de Grande Bretagne pour une première séance d’essais libres officielle. Mais avant lui, deux autres pilotes issus de la Principauté se sont déjà fait remarquer dans la discipline.

Licence Creative Commons / Chris501

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La Principauté de Monaco est un haut lieu historique de la Formule 1 grâce à son Grand Prix, inscrit au calendrier depuis la création du championnat en 1950. Mais parmi ses quelques 37 000 ressortissants, peu de pilotes de course ont vu le jour.

Pourtant, dès la première saison officielle de Formule 1, en 1950, un monégasque est présent sur la liste des engagés. Il s’agit de Louis Chiron, pilote émérite d’avant-guerre, qui du haut de ses 50 ans va « lancer » sa carrière dans la toute nouvellement créée Formule 1. Au volant d’une Maserati pas au mieux de sa forme, Chiron réussira l’exploit de monter sur le podium de son Grand Prix national, ce qui restera son seul fait d’arme important dans la discipline reine du sport automobile. Ses autres succès seront acquis en dehors de sa présence en dent de scie en Formule 1, dans le championnat de voitures de sport ou en F2.

Louis Chiron reste encore et pour longtemps inscrit dans les pages de record de la discipline comme ayant été le plus vieux pilote à s’aligner sur un Grand Prix à l’âge, canonique, de 55 ans, pour une dernière tentative lors de la course monégasque en 1955.

Il faudra attendre la tristement célèbre saison 1994 pour trouver trace d’un second pilote monégasque en Formule 1. Olivier Beretta, 24 ans et protégé de Nelson Piquet, s’alignera sur une modeste Larousse, réussissant à se qualifier lors de tous les Grands Prix, mais sans avoir de résultats probants. Sa meilleure arrivée restera une 7ème place à Hockenheim lors de la manche allemande. Il réussira également le petit exploit de se classer 8ème de sa course nationale mais à cette époque, seuls les six premiers marquaient alors des points.

Sa carrière en Formule 1 ne survivra pas à ces résultats en manque de relief et à un manque flagrant de soutiens financiers, déjà essentiels à l’époque pour s’assurer un volant dans la discipline. Il s’alignera ensuite dans divers championnats de sport prototype, avec succès, et participera plusieurs fois aux mythiques 24 heures du Mans, remportant même la catégorie GT à six reprises. Détails amusant, Beretta avait été rappelé par Williams pour effectuer quelques séances d’essais privés au volant d’une F1 au début des années 2000.

Charles Leclerc, jeune pilote de seulement 18 ans, couvé par Nicolas Todt et proche de la famille Bianchi, semble donc le mieux placé pour être le troisième pilote monégasque à participer à un Grand Prix de Formule 1. Ses quelques séances d’essais libres programmées avec Haas F1 Team d’ici à la fin de la saison devraient permettre aux observateurs avertis de constater sa vraie valeur et ses possibilités de continuer dans la discipline.

Axel Brémond





Jusqu’au bout de l’ennui dans les rues de Bakou

26 06 2016

Le Grand Prix d’Europe à Bakou n’a pas vraiment été une réussite du point de vue du spectacle. Un tracé sans aucune surprise, ni difficulté majeure et des pilotes très sages n’ont pas animé un week-end pauvre en événements.

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L’Azerbaïdjan a accueilli sa première course de Formule 1 le week-end dernier sur une piste tracée dans la cité médiévale de Bakou. Mais si le cadre et l’environnement ont offert un décor somptueux pour la discipline, le spectacle n’a pas vraiment été au rendez-vous durant la course.

Constitué de longues lignes droites et de nombreux virages à 90°, le circuit n’a pas réellement répondu aux attentes des organisateurs qui s’attendaient à avoir une course spectaculaire, notamment dans le passage du circuit qui emprunte la vieille ville et qui se rétrécie pour ne laisser la place qu’à une seule monoplace pour se faufiler entre les murs.

Au lieu de ça, et au contraire de la course de GP2 qui a connu de nombreux accidents, le Grand Prix a été une procession ennuyeuse de Formule 1, battant des records de vitesse de pointe et se doublant principalement dans la ligne droite de départ grâce au DRS et au phénomène d’aspiration.

La seule lutte en piste qui avait un peu d’enjeux a été rapidement tronquée par une pénalité idiote infligée à Kimi Raikkonen désigné coupable d’avoir coupé la ligne blanche d’entrée des stands, tout comme de nombreux autres pilotes durant la course qui n’ont, quant à eux, pas été inquiétés.

Finalement, la piste tant vantée de Bakou n’est pas sans rappeler celle tant critiquée de Valence, qui a servi de cadre au Grand Prix d’Europe durant quatre saisons et qui n’a pas non plus apportée satisfaction au petit monde de la Formule 1.

Est-ce que l’Azerbaïdjan aura cependant plus de chance de voir son nom perdurer un peu longtemps dans la discipline ? Sans aucune tradition dans le sport automobile, sa présence au calendrier le rend déjà anachronique, et avec un tracé qui ne fait pas l’unanimité, peu d’atouts sont donc de son côté. Mais on sait très bien que Bernie Ecclestone et la FIA voient souvent des avantages extra-sportif à fréquenter des pays qui n’ont pas vraiment tradition à accueillir la Formule 1…qui n’en est pas à une incohérence près…

Axel Brémond





Les faits marquants du GP d’Europe en F1

17 06 2016

Ce week-end, la ville de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, va accueillir le 23ème Grand Prix d’Europe de l’histoire de la Formule 1. Ce pays du Caucase sera seulement le 4ème à accueillir cette course qui a parfois marqué la discipline.

(c) F1

(c) F1

Le premier Grand Prix d’Europe s’est déroulé en Grande Bretagne en 1983. A cette époque, c’est le circuit de Brands Hatch qui avait obtenu l’opportunité de recevoir la Formule 1. Cette saison là, le Grand Prix de Grande Bretagne se déroulait à Silverstone et pour satisfaire la volonté anglaise d’organiser une seconde course sur ses terres, la notion de Grand Prix d’Europe fut introduite dans la discipline reine de sport automobile. On notera, pour l’histoire, que c’est le Brésilien Nelson Piquet, futur champion du monde cette année là, qui remporta la course. Il devança sur le podium le Français Alain Prost et le Britannique Nigel Mansell.

L’année suivante, c’est au mythique Nurburgring que revint l’honneur d’accueillir le titre de Grand Prix d’Europe avant que Brands Hatch ne reprenne la main en 1985. Mais il faudra attendre jusqu’en 1993 pour revoir le drapeau bleu étoilé au calendrier mondial. Avec une course devenue mythique, dans des conditions météorologiques dantesques sur la piste de Donnington Park, couronnée par la victoire d’un Ayrton Senna impérial, le Grand Prix d’Europe entra alors dans l’histoire.

En 1996, c’est une nouvelle fois le Nurburgring qui organise la course et qui voit Jacques Villeneuve s’imposer pour la première fois en Formule 1. L’année suivant, le Canadien remportera son titre mondial lors d’un Grand Prix d’Europe entré dans les annales, sur la piste de Jerez. En lutte avec Michael Schumacher et sa Ferrari, le montréalais subira une attaque violente de l’Allemand dont il se sortira sans dommage pour finir sur le podium et être porté en triomphe par les deux pilotes McLaren, David Coulthard et Mika Hakkinen, qui fêtait, lui, sa première victoire en F1.

Pendant les neuf années suivantes, le Nurbrugring a accueilli le Grand Prix d’Europe avant de céder sa place en 2008 au circuit urbain de Valence en Espagne, qui consolidera sa présence durant cinq années, sans enthousiasmer ni les foules ni les pilotes. Durant ces années, on verra passer une victoire surprise de Johnny Herbert sur sa Stewart-Ford en 1999, la seule dans le palmarès de l’équipe, et Fernando Alonso remportera trois fois la course avec trois équipes différentes : Renault, McLaren et Ferrari. L’Espagnol est à ce titre le recordman de victoire en Grand Prix d’Europe encore en activité, le record absolu étant détenu par Michael Schumacher avec six succès. On se souviendra également du vol plané impressionnant de Mark Webber au volant de sa Red Bull à Valence en 2010 après que l’Australien ait été propulsé dans les airs après un contact avec la Lotus d’Heikki Kovalainen.

Après trois ans d’absence, le Grand Prix d’Europe va donc faire son retour sur la piste de Bakou, qui s’annonce déjà spectaculaire tant par son décor que par son tracé, à en croire les quelques chanceux qui ont pu faire quelques tours de piste avant l’inauguration officielle ce vendredi.

Axel Brémond





Le chemin de croix de Sauber

9 06 2016

L’équipe Sauber s’enfonce dans le classement saison après saison. Lui sera-t-il bénéfique de toucher le fond pour mieux rebondir ? Son avenir est toutefois lié en grande partie à un possible investisseur qui vienne renflouer les caisses de l’écurie suisse, en manque flagrant de liquidités.

(c) Sauber

(c) Sauber

La vision des deux Sauber C35 de Felipe Nasr et Marcus Ericsson s’accrochant entre elles à la Rascasse en plein milieu du dernier Grand Prix de Monaco, est symptomatique de la situation vécue actuellement par l’écurie suisse.

Lors du week-end monégasque, Monisha Kaltenborn est enfin sortie de l’ombre de son motorhome pour se vouloir rassurante sur l’avenir, plutôt flou, de Sauber. Être un indépendant au milieu des plus grands constructeurs mondiaux n’est pas chose aisée. Et on ne peut pas dire que depuis la reprise de l’équipe par Peter Sauber à BMW, la tâche eut été facile pour les dirigeants de Hinwill.

Depuis quelques années, c’est désormais Kaltenborn qui a la tête d’une des équipes les plus anciennes du plateau de Formule 1. Mais depuis quelques années aussi, les financements sont de plus en plus durs à trouver pour une écurie en manque de résultats et donc, en manque de séduction pour les sponsors.

Avec l’arrivée l’an passé de Felipe Nasr, la manne bienvenue de Banco do Brasil a donné un peu d’air aux finances de Sauber. Mais juste de quoi avoir le temps d’imprimer les couleurs bleue et jaune sur la monoplace et de trouver un investisseur crédible qui pourrait permettre la pérennité de l’équipe.

Du coup, les plus folles rumeurs circulent depuis des mois sur une reprise de l’équipe par divers investisseurs. Ferrari a été au cœur de ses pourparlers pour faire de Sauber une équipe B badgée Alfa Roméo. On sait que la marque italienne, propriété de Fiat, réfléchie de plus en plus à un retour en Formule 1. Revenir avec une structure déjà existante, solide et expérimentée, lui éviterait les vicissitudes de la création d’une nouvelle écurie à partir d’une page blanche.

Mais pour suivre la volonté de Kaltenborn qui ne souhaite pas commenter l’aspect financier de son équipe en public, aucune confirmation, ni aucune rumeur crédible de tractations n’ont été mises à jour concernant ce possible rachat. En attendant, Sauber tire la langue et espère néanmoins marquer les premiers points de sa saison ce week-end, au Canada pour se démarquer de sa plus proche rivale du moment, Manor.

Axel Brémond





Romain Grosjean et la malédiction monégasque

31 05 2016

L’histoire entre Romain Grosjean et le Grand Prix de Monaco n’est pas des plus simples. Le pilote français, presque à domicile dans la Principauté, n’a jamais eu de chance entre les rails de ce circuit si particulier. Cette année encore, un événement de course indépendant de sa volonté l’a fait rater des points importants.

(c) Haas

(c) Haas

Une treizième place à Monaco est un résultat plutôt décevant, surtout lorsque l’on s’appelle Romain Grosjean et que l’on aimerait bien briller sur ce circuit atypique, véritable enclave princière sur le sol français et qui correspond le plus à un Grand Prix national pour le pilote Haas.

Si le début de saison de Grosjean a été plutôt prometteur voire même impressionnant à bien des égards compte tenu du contexte de l’équipe pour laquelle il court, les quelques derniers mois ont été plus durs avec une monoplace ne correspondant pas au comportement voulu par le Français.

Pourtant, à Monaco, l’ancien pilote Lotus avait retrouvé le sourire en même temps que l’équilibre de sa monoplace. Il était relativement ambitieux et surtout confiant de pouvoir marquer des points sur un Grand Prix qu’il apprécie fortement mais qui ne lui a malheureusement jamais réussi, comme il le résume très bien lui-même : « Monaco ! Quand je suis rapide, ça ne le fait pas au premier virage, comme en 2012. En 2013 j’ai été bloqué par Ricciardo en qualifications, en 2014 c’était nul mais nous avons réussi à marquer des points, l’année dernier j’ai foiré les qualifications quand j’ai tiré tout droit à la Piscine et cette année…alors oui, on a besoin de beaucoup de chose qui aillent dans le bon sens. »

Et bien sûr, cette année, tout est allé de travers pour le pilote Haas. Il a fallu qu’il croise la route d’un médiocre Kimi Raikkonen, détestant cette piste et envoyant le nez de sa monoplace direct dans le rail. Voulant ramener celle-ci en piste le plus rapidement possible, le Finlandais en oublia de regarder ses rétroviseurs et envoya à son tour, dans un coup de volant malheureux, l’infortuné Grosjean dans les rails.

Voilà comment la course du Français fut ruinée, sans n’avoir rien demandé à personne, comme l’an passé où le jeune et fougueux Max Verstappen décida de rater son freinage à Sainte Devote pour aller s’encastrer dans l’arrière de la Lotus de Grosjean…

L’an prochain sera une nouvelle expérience pour lui, mais sa motivation sera sûrement intacte pour enfin réussir à briller sur un des circuits les plus réputé en terme de pilotage. Rendez-vous y est pris pour, peut-être, voir la première victoire française en Formule 1 depuis Oliver Panis en 1996 sur cette même piste ? Le clin d’œil serait historique.

Axel Brémond

 





Il y a 20 ans, Olivier Panis remportait le Grand Prix de Monaco

26 05 2016

La seule et unique victoire d’Olivier Panis en Formule 1 a été acquise à Monaco, il y a tout juste 20 ans, dans des circonstances de course rocambolesques, desquelles le pilote français s’était extirpé avec talent.

(c) Ligier

(c) Ligier

Il était écrit que ce Grand Prix de Monaco 1996 allait avoir une saveur particulière. Cette saison était la première de Michael Schumacher avec Ferrari. Le nouveau double champion du monde, star de la discipline, avait choisi de relever le dur défi de remettre la Scuderia sur le chemin de la victoire.

Face aux Williams dominatrices de Damon Hill et Jacques Villeneuve, l’Allemand avait fort à faire cette saison. Jusqu’à présent, le Britannique et le Canadien se sont échangés les victoires : trois pour Hill et une pour Villeneuve, lors de sa quatrième participation en Grand Prix. Un exploit retentissant qui place d’emblée le fils de Gilles comme un des sérieux prétendants à la victoire monégasque. D’autant plus que Damon Hill n’a jamais été à son aise dans les rues de la Principauté.

Mais à la surprise générale, c’est bien Michael Schumacher qui signe la pole position le samedi à Monaco. Sa deuxième consécutive après celle acquise quinze jours plus tôt à Imola. Damon Hill, deuxième, était relégué à plus d’une demi-seconde et Jacques Villeneuve, qui découvrait la piste, ne pointait qu’à une décevante dixième place.

Jean Alesi et Olivier Panis représentaient la France cette saison en Formule 1. Le premier au volant d’une Benetton-Renault championne du monde en titre, et le second dans le baquet d’une modeste Ligier-Mugen-Honda, écurie en passe d’être rachetée par un certain Alain Prost.

Le premier coup de théâtre de cette course eu lieu dès le premier tour. A l’image d’Ayrton Senna en 1988, Michael Schumacher part à la faute à l’entrée du tunnel, sur une piste détrempée et doit abandonner sa monoplace rouge rutilante dans les barrières ! Voilà de quoi ouvrir la voie royale à Damon Hill qui se rêve en vainqueur monégasque, 27 ans après la dernière victoire de son père, Graham, grand spécialiste de Monaco avec ses cinq victoires au compteur.

Malchance ou malédiction, le moteur Renault de la Williams du Britannique part en fumée sous le tunnel à la mi-course, laissant les commandes à Jean Alesi. Le Français n’a pour le moment remporté qu’une seule victoire dans sa carrière. Celui que l’on surnomme le Poulidor de la F1, en référence à ses nombreuses deuxièmes places, se voit déjà accrocher à son palmarès une victoire de prestige. Mais à 20 tours de l’arrivée, la suspension de sa Benetton le trahit et le force à l’abandon.

C’est ainsi que l’on voit émerger en tête la Ligier d’Olivier Panis. La course du Grenoblois n’a cependant pas été de tout repos. Parti de la 14ème position sur la grille, il est longtemps resté coincé derrière un petit groupe comprenant notamment Eddie Irvine (Ferrari) et Heinz-Harald Frentzen (Sauber). C’est au prix d’un dépassement autoritaire sur l’Irlandais dans le 34ème tour, au virage du Loews, que la course de Panis prend réellement forme.

La piste s’asséchant, le pilote Ligier met en place la bonne stratégie et évite toutes les embûches d’une piste extrêmement piégeuse. En effet, nombre de ses collègues sont partis à la faute et, en y ajoutant les problèmes mécaniques, la liste des abandons s’allonge de tour en tour. Au rang des échoués, on retrouve notamment Gerhard Berger (Benetton), Rubens Barrichello (Jordan), Jacques Villeneuve, Martin Brundle (Jordan) ou encore Eddie Irvine.

Au final, seules quatre monoplaces franchiront la ligne d’arrivée, offrant un podium inattendu regroupant le vainqueur du jour, Olivier Panis, ivre de joie, le pilote McLaren David Coulthard, qui aura couru toute la course avec un casque prêté par Michael Schumacher à cause d’un problème d’aération sur le sien, et enfin Johnny Herbert, tous deux partis pourtant devant la Ligier du Français.

Jamais plus Olivier Panis ne remportera de Grand Prix. Un violent accident l’année suivant venant interrompre une montée en puissance qui semblait inexorable. Cette victoire, sur le circuit le plus prestigieux du monde, n’en a donc que plus de valeur et ce n’est pas un hasard si l’on en parle encore 20 ans après.

Axel Brémond

 





Max Verstappen fait voler la filière Red Bull en éclats !

19 05 2016

La victoire de Max Verstappen au Grand Prix d’Espagne a apporté un vent d’air frais sur la Formule 1, après deux saisons de domination sans partage de Mercedes. Mais l’éclosion de ce jeune talent risque bien d’avoir des conséquences fâcheuses sur le reste du vivier de la filière Red Bull.

(c) Red Bull

(c) Red Bull

Un seul Grand Prix au volant de la Red Bull à moteur Renault et déjà une première victoire pour Max Verstappen ! Le Néerlandais n’y est pas allé de main morte et a démontré à ses dirigeants qu’ils avaient faits le bon choix en le titularisant en lieu et place de Daniil Kvyat pour le début de la saison européenne.

Au premier rang des battus, le Russe a été forcé d’être beau joueur. Il est allé serrer la main de son remplaçant juste après la course et s’est même permis de signer le meilleur tour en course, le premier de sa carrière, juste au moment où celle-ci, justement, est au creux de la vague. Un sursaut d’orgueil qui prouve à qui veut bien le voir que Kvyat n’est pas totalement fini.

Sa carrière chez Red Bull, elle, et dans une moindre mesure chez Toro Rosso, n’est, par contre, pas loin de se terminer. Le Russe s’ajoute à la longue liste des mis au placard de la filière autrichienne, au même titre que les Scott Speed, Vitantonio Liuzzi ou autre Sébastien Bourdais. A la seule différence près que Kvyat a eu la chance de trouver refuge chez Toro Rosso. Mais vu que le but de l’équipe basée à Faenza est de produire les futurs titulaires pour Red Bull, on voit mal comment le jeune russe pourrait trouver un avenir dans cette filière. Un retour chez Red Bull est désormais improbable !

Une filière qui a mis sur la grille de nombreux pilotes talentueux et qui semble changer de référence à chaque saison. Ces deux dernières années, Daniel Ricciardo était présenté comme le futur meneur. Aujourd’hui, sa côté de popularité au sein de l’équipe autrichienne a pris un sacré coup. Mis à part en qualifications, l’Australien s’est fait dominer tout le week-end par son jeune équipier. Certes, en course, il a été victime d’une stratégie douteuse et a mené la majorité du Grand Prix. Mais en Formule 1 et face à son coéquipier, seul le résultat compte. Max Verstappen étant en train de devenir le nouveau chouchou du paddock et des dirigeants de Red Bull, ne serait-il pas temps pour Ricciardo d’aller voir ailleurs ?

L’autre victime de l’ogre Verstappen est son ancien équipier chez Toro Rosso, Carlos Sainz. Dans un moindre mesure cependant. L’Espagnol aurait pu prendre ombrage de la promotion du Néerlandais en direction de Red Bull. Pourquoi ses patrons lui ont-ils préféré son équipier ? Cette question a dû traverser l’esprit du pilote Toro Rosso, mais sa course en Espagne, où il a tenu la troisième place pendant un temps pour finalement signer le meilleur résultat de sa carrière en Formule 1, a prouvé qu’il avait bien digéré cet affront. Sa domination totale sur Daniil Kvyat a également marqué les esprits. Aura-t-il cependant une chance de se retrouver chez Red Bull aux côtés de Verstappen dans un avenir proche ? L’histoire d’amour entre l’équipe championne du monde et le Néerlandais est faite pour durer, au grand dam de Kvyat qui ne retrouvera plus sa place. Du coup, l’avenir de Sainz est soumis à deux facteurs importants : la continuité de ses performances en piste et le futur de Daniel Ricciardo.

Paradoxalement, la filière Red Bull n’a jamais aussi bien fonctionné, avec un pléthore de pilotes talentueux. Mais justement, avec quatre pilotes de grand cru et seulement deux places dans l’équipe de pointe, des décisions difficiles doivent être prises, souvent au détriment de l’humain. Ce n’est pas Daniil Kvyat, pourtant honorable pilote, qui dira le contraire.

Axel Brémond

 








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