Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





Bernie Ecclestone fait rayonner la F1 sur le toile

22 04 2015

Après avoir cadenassé le partage d’images et de vidéos concernant la Formule 1 sur internet, Bernie Ecclestone semble faire un pas en avant vers le modernisme en autorisant la création de comptes Youtube et Instagram pour partager du contenu, plus ou moins exclusif.

Licence Creative Commons / Morio

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La Formule 1 n’intéresse pas le jeune public, c’est bien ce que Bernie Ecclstone a déclaré il y a quelques mois. Le grand argentier de la discipline n’en est pas à un paradoxe près puisque qu’il vient d’autoriser la marque F1 à apparaitre officiellement sur Youtube et Instagram depuis quelques semaines.

Voilà une manière bien ludique de s’attirer l’intérêt du jeune public, pourtant sois disant peu intéressé. Bref, que peut bien cacher cette soudaine envie d’exposer la discipline, si bien protégée, aux yeux de tous ? En pleine polémique sur le désamour du public envers le Formule 1 Bernie a donc lâché du lest et a mis de côté son attitude vieux jeu et réfractaire aux choses qu’il pourrait avoir du mal à contrôler.

Toujours est-il que désormais, les fans de Formule 1 ont dans leurs mains de nouveaux outils pour vivre leur passion. Si le compte Instagram parait quelque peu limité, avec pour le moment un simple partage de photos à tendances historiques ou d’actualité, le compte Youtube pourrait être bien plus intéressant.

A ce jour, une trentaine de vidéos nourrit la page officielle. L’essentiel de celles-ci sont constituées de reportages, d’interviews ou de documentaires, très courts, sur les Grands Prix de la saison 2015. Mais de temps en temps, quelques vidéos historiques apparaissent ça et là et laissent entrevoir une ouverture sur les archives faramineuses et longuement cachées de la discipline.

La vidéo d’une ancienne victoire de Michael Schumacher en rouge, une autre de la première victoire d’Ayrton Senna au Portugal en 1986 ou une encore du triple champion du monde brésilien donnant une leçon de pilotage sous la pluie anglaise en 1993. Autre initiative intéressante, avant chaque Grand Prix, un sondage est organisé pour connaitre la plus belle course du pays accueillant la discipline dont un résumé vidéo, présenté par le journaliste Peter Windsor, est mis en ligne.

Avec un site officiel, une compte Instagram et une autre Youtube, la Formule 1 est en train d’envahir la toile. Reste à savoir de quelle manière seront exploités tous ces outils qui pourrait bien séduire un nouveau public pour la Formule 1…au grand dam, peut être, de Bernie Ecclestone.

Les liens :
http://www.youtube.com/user/Formula1
http://instagram.com/f1

Axel B.





Gérard Ducarouge, l’élégance de l’ingénierie à la française

15 03 2015

Gérard Ducarouge a été à l’origine de quelques unes des plus belles et efficaces lignes des monoplaces de Formule 1 des années 70 et 80. Cet ingénieur français, qui a connu le succès chez Ligier et Lotus, notamment, nous a quittés le mois dernier, laissant le sport automobile orphelin.

(c) DR

(c) DR

A l’époque où la Formule 1 était encore un sport en plein essor, bien loin de la machine parfaitement huilée que l’on connait aujourd’hui, Gérard Ducarouge, en ingénieur talentueux qu’il était, a pu écrire quelques unes des plus belles pages de la conception et de l’ingénierie.

Après une formation en aérospatiale, plutôt courante dans ce milieu, qu’il jugeait peu intéressante, le Français se dirige avec passion vers l’automobile au sein de la structure sportive de Matra, qui conçoit des voitures de courses. A l’aube des années 70, les innovations sont légions et Ducarouge va rapidement grimper les échelons de la Formule 3 au sport prototype jusqu’à atteindre le Graal d’une triple victoire au 24 heures du Mans entre 1972 et 1974.

Mais c’est en Formule 1, au sein de l’écurie Ligier qu’il rejoindra après avoir claqué la porte de Matra, qu’il sera sous les feux de la rampe. Il participera à la formidable épopée de l’écurie française aux côtés notamment de Jacques Laffite, en remportant plusieurs victoires et en frôlant le titre en 1979.

Mis à la porte par l’autoritaire Guy Ligier au début des années 80, Ducarouge n’aura aucun mal à trouver une place au sein d’une équipe Lotus récemment devenue orpheline de son concepteur, Colin Chapman. Le Français reprend en mains l’écurie moribonde, en y intégrant des innovations importantes, comme les coques en nid d’abeilles et la conception des châssis en fibre de carbone.

Avec l’équipe britannique, il accompagnera les premiers succès en Formule 1 du jeune Ayrton Senna au volant de la fameuse 97T qui permettra au Brésilien de se faire suffisamment remarquer pour rejoindre la grande équipe McLaren. Ducarouge, lui, restera fidèle à Lotus encore quelques temps avant de refaire un tour du côté de Ligier et finir sa carrière chez Matra, terre de ses débuts, en tant que directeur du développement international.

Avec la mort de Gérard Ducarouge, c’est une page de l’histoire de la Formule 1 qui se referme. Un homme intègre et discret qui n’aura sûrement pas manqué d’influencer toute une génération d’ingénieurs de génie à laquelle appartiennent notamment Adrian Newey ou encore Paddy Lowe.

Axel B.





Une saison riche en émotions contrastées

31 12 2014

L’année 2014 a été fertile en émotions: de la joie, de la tristesse, de la colère, de l’excitation, de l’incompréhension…tous ces éléments ont fait entrer cette saison dans l’histoire de la Formule 1.

Licence Creative Commons / Jake Archibald

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2014 n’avait pas encore commencé que déjà la Formule 1 était plongée dans la plus grande des tristesses. Fin décembre 2013, on apprenait avec stupéfaction le gravissime accident dont avait été victime Michael Schumacher sur une piste de ski française. Les questions les plus dures et l’insoutenable attente auront rythmé cette année 2014 avec, parfois, l’espoir renaissant de retrouver comme avant le plus grand champion de la discipline. Combattant hors pair, l’homme a réussi à repousser la mort pour retrouver les siens auprès desquels, aujourd’hui, il essaye de se rapprocher le plus possible de la normalité.

Le premier Grand Prix en Australie, début mars, allait lancer la saison avec le spectre du champion allemand dans tous les esprits. Ironie malheureuse du sort, c’est son ancienne équipe, Mercedes, qui sonne le glas des espoirs de titre de toutes ses rivales, en dominant outrageusement le début d’année.

Les aficionados de la Formule 1 allaient donc devoir se contenter d’un duel entre deux hommes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, au volant de leur flèche d’argent. Mais les deux pilotes, laissant libre court à leur imagination et à leur générosité, allaient, dès Bahreïn, nous offrir une lutte historique, bien aidé par l’intelligence de leurs patrons qui avaient décidé de laisser libre court aux velléités de leurs poulains.

Toute l’année, le duel sera passionnant à suivre, tant sur le plan psychologique que sur le plan sportif. Les Grands Prix de Monaco, Belgique, Japon ou Russie, marqueront des étapes importantes dans leur lutte jusqu’au titre final remporté par un Lewis Hamilton, quasi mystique, qui n’aura jamais été si près de la comparaison avec Ayrton Senna.

Mais il était dit que cette année serait noire. Lors d’un Grand Prix du Japon pluvieux, la Formule 1 allait subitement se voir jeter au visage sa dangerosité peut-être parfois un peu oubliée. Le terrifiant accident de Jules Bianchi en fin de course, laisse un jeune homme de 25 ans et sa famille dans l’attente la plus douloureuse. Mettre un nom sur son traumatisme n’aidera pas vraiment à comprendre comment le sort a pu s’abattre si douloureusement sur lui. Son combat est tout autre désormais et la Formule 1 a perdu de sa légèreté depuis ce mois d’octobre 2014.

Des grands noms de la Formule 1 nous ont également quitté cette année comme Jack Brabham, ingénieur pilote fantastique et victorieux du championnat à trois reprises, et l’infatigable Andrea de Cesaris qui, tel le pilote rapide qu’il était, aura quitté les siens sur une route de son Italie natale au guidon de sa moto.

Mais 2014 a aussi connu ses moments de joie et d’allégresse avec l’exploit des deux points marqués par Marussia à Monaco avec Jules Bianchi, les trois victoires du souriant Daniel Ricciardo qui aura sauvé à lui seul la saison de Red Bull, sans oublier le retour au premier plan de Williams et Felipe Massa que d’aucuns présentent déjà comme des candidats au titre en 2015.

Cette année se clôt donc sur beaucoup d’espoirs. L’espoir d’avoir des nouvelles rassurantes de Michael Schumacher et Jules Bianchi très rapidement, et l’espoir de voir une saison 2015 encore plus spectaculaire que la précédente.

Axel B.





McLaren et Alonso : je t’aime moi non plus

18 12 2014

Fernando Alonso de retour chez McLaren ? Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est pourtant devenu réalité. Autopsie d’un retour opportuniste de l’Espagnol chez ses meilleurs ennemis.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fernando Alonso est souvent considéré comme le pilote le plus doué de sa génération. Pourtant, son palmarès ne le reflète pas vraiment. Avec une bonne trentaine de victoires en Grands Prix et seulement deux titres mondiaux, il est bien loin des statistiques d’un Sebastian Vettel, quadruple lauréat du championnat du monde des pilotes et multi-récidiviste de la victoire ces dernières années.

Il faut dire que l’Espagnol a eu des choix de carrière pour le moins étrange et une réussite pas toujours au rendez-vous. Couvé par Renault et Flavio Briatore au début de sa carrière, l’essentiel de son palmarès et de sa réputation se constitueront entre 2002 et 2006 lors de sa période dorée lors de laquelle il remportera ses deux titres. Voulant quitter le nid, il s’envolera alors chez McLaren avec un contrat pluriannuel comme il est coutume de le dire dans le milieu, tout un chacun sait pourtant bien que les contrats ne sont que du papier, et Nando nous le prouvera rapidement.

Victime de son statut de double champion du monde et de son caractère de leader exclusif, voire même égocentrique, Alonso va se heurter en 2007 chez McLaren à deux hommes qui possèdent les même caractéristiques que lui : Ron Dennis et Lewis Hamilton.

Si la relation avec ce dernier se détériorera assez rapidement et assez logiquement compte tenu de l’intensité de leur lutte pour le titre, la haine entre Dennis et Alonso sera plus latente et discrète. Ayant horreur des scandales, le flegmatique patron de McLaren tentera à tout prix d’étouffer la rébellion de son fougueux Taureau des Asturies mais devra faire face au plus grand électrochoc subit par Woking avec l’affaire du spygate dans laquelle l’Espagnol a joué un rôle décisif.

En dénonçant les pratiques d’espionnage de McLaren tout en assurant son immunité, Alonso a commencé à dessiner un schéma qu’il ne cessera pas la suite de renouveler. Mettre la pression sur son équipe et son entourage pour arriver à ses fins. Il recommencera dans cette attitude avec Renault et l’histoire du crashgate, dont on peut fortement douter qu’il n’ait jamais rien su, puis ensuite avec Ferrari, en maintenant un pression psychologique sur ses dirigeants et ses ingénieurs, les bousculant verbalement et publiquement plus d’une fois. Cependant, à chaque fois, l’insuccès était au rendez-vous.

Aujourd’hui, quel est l’état des relations entre Fernando Alonso et Ron Dennis ? Nul ne le sait, même si l’attitude des deux hommes semble tendre vers un effacement complet de leurs vieilles querelles. Le Britannique a finalement été le seul homme a véritablement tenir tête à l’Espagnol qui avait préféré claquer la porte plutôt que de lutter en vain.

On dit d’Alonso qu’il est un homme très dur avec son entourage professionnel, mais ces cinq années d’insuccès avec la Scuderia lui auront peut être révélé que son approche de la Formule 1 devait évoluer pour s’adapter au nouveau jeu politique de ces dernières années. D’ailleurs, il n’a pas été le maître des transferts hivernaux comme il l’aurait aimé et son retour chez McLaren pourrait apparaitre comme un choix par défaut après l’échec de ses contacts avec Red Bull ou Mercedes. L’aura du double champion du monde a été légèrement écornée dans cette mésaventure.

Mais la Formule 1 est bien trop importante pour Alonso pour qu’il la quitte ainsi. Lors de l’officialisation de son retour à Woking, il a évoqué un travail à finir chez McLaren et un goût d’inachevé. Gageons que ce goût, soit également associé à celui de la victoire, qui lui a trop souvent échappé ces dernières années et qu’il voudrait à tout prix retrouver avant de pouvoir tourner la page.

En attendant, le nouveau chapitre de sa carrière va s’écrire sur un cahier déjà griffonné de quelques histoires, heureuses et malheureuses. Alonso n’a plus qu’a espérer que l’encre qui va écrire la suite de ce conte inachevé entre le conquistador et le roi Dennis, soit des plus sympathiques.

Axel B.





La fin de l’innocence d’une génération

29 10 2014

L’accident de Jules Bianchi est venu marquer durablement la Formule 1 et ses acteurs. Si jusqu’à là, les pilotes de cette génération n’avaient jamais été confrontés à un tel drame, la réalité leur a brutalement sauté aux yeux.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Le 30 avril et le 1er mai 1994, la Formule 1 vivait deux des jours les plus sombres de son histoire. Avec les décès brutaux de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, toute une génération de pilotes a été directement confrontée à la dangerosité de son sport. De cette époque, plus aucun homme n’est encore en activité sur les grilles de départ cette saison. Michael Schumacher ayant été le dernier de cette génération marquée au fer rouge à participer à un Grand Prix, c’était en 2012.

Vingt ans après, une certaine innocence et légèreté flottaient dans les paddocks. Les instances dirigeantes et de nombreux pilotes s’étaient battus pour rendre cette discipline la plus sûre possible, à tel point que même des accidents graves et spectaculaires comme ceux de Robert Kubica au Canada en 2007 ou de Felipe Massa en Hongrie en 2009, faisaient office de miracles évidents aux yeux des participants et des spectateurs.

Les pilotes cependant n’ont jamais oublié l’aspect dangereux de la course automobile, mais ils avaient peut être un peu tendance à le mettre de côté pensant, à tort ou raison, que la fatalité ne pourrait pas les toucher. Une génération innocente et presque naïve…

Mais finalement, des dizaines de pilotes ont eu une carrière pléthorique avec un nombre de Grands Prix important, sans connaitre de drames. Des compétiteurs comme Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Ralf Schumacher, Nick Heidfeld, Juan Pablo Montoya ou encore Mark Webber ont fait toute leur carrière avec le spectre de la dangerosité sur leur tête mais sans, avec bonheur, le toucher violemment du doigt.

Désormais, la vingtaine de pilote de cette saison 2014 sera profondément marquée par cette terrible journée du 05 octobre, qui aura vu un de leur collègue lutter pour la vie au prix de leur passion commune, comme l’a été la génération de 1994.

D’ailleurs, tout au long de sa carrière en Formule 1, Michael Schumacher, par exemple, a toujours couru en ayant à l’esprit de ce dur moment du 1er mai 1994, comme l’ont prouvé ses larmes en Italie lors d’une conférence de presse après sa 41ème victoire qui faisait de lui l’égal d’Ayrton Senna dans le palmarès de la Formule 1.

Une génération à jamais marquée mais qui devra être le moteur d’une réaction sécuritaire évidemment nécessaire pour faire en sorte que chaque accident de ce type serve au moins à quelque chose. D’abord à faire réagir l’inconscient collectif sur la prise de conscience perpétuelle de la dangerosité du sport automobile et ensuite à amener une réflexion sur les normes de sécurité qui doivent toujours être remise en question pour qu’à l’avenir, l’accident de Jules Bianchi, dont on ne pensait naïvement qu’il ne pouvait pas arriver, ne se reproduise plus. Et ce, quelque en soit l’issue pour le jeune pilote français.

Axel B.





Allemagne 1997 : la dernière victoire de Gerhard Berger

17 07 2014

A l’époque où le circuit d’Hockenheim était encore une succession de longues lignes droites cassées par quelques chicanes, le Ring a été le théâtre de la dernière victoire de Gerhard Berger, acquise dans des conditions particulières pour l’Autrichien.

(c) Gepa

(c) Gepa

Au début de l’année 1997, Gerhard Berger savait qu’il allait entamer sa dernière saison en Formule 1. Il avait rejoint un an plus tôt les rangs de l’équipe Benetton, championne du monde en titre grâce aux génies de Michael Schumacher et Ross Brawn. Le pilote autrichien avait accompagné dans cette aventure son ami de toujours, Jean Alesi, dont il était l’équipier chez Ferrari depuis 1993.

Porteur de gros espoirs, Berger et Alesi allaient être vite déçus par les performances de leur monoplace. La fuite des cerveaux de Benetton vers Ferrari, sous l’impulsion de Schumacher, a fait le plus grand mal à l’équipe italo-britannique toujours dirigée par le flamboyant Flavio Briatore.

Malgré quelques places d’honneur et un nombre important de podiums, ni le Français, ni l’Autrichien, n’ont entrevu un mince espoir de victoire durant leur première année de présence dans l’équipe. Quelque peu las de la situation et l’esprit parasité par de mauvaises relations avec Briatore, les deux pilotes se présentent au début de l’année 1997 avec des ambitions à la baisse qui seront confirmées par des résultats guère plus probants lors des premières courses.

Mais d’un point de vue plus personnel, Gerhard Berger sera encore plus touché dans sa chair et dans son âme en cette année 1997 : il sera en prise dès le début de la saison avec une sinusite récurrente qui le forcera même à déclarer forfait pour les Grands Prix du Canada, de France et de Grande Bretagne, où il laissera la place à son jeune compatriote Alexander Wurz. Ce dernier réussira même l’exploit de monter sur le podium à Silverstone. Pendant ce repos forcé, Gerhard Berger aura également la douleur de perdre son père, Johann, dans le courant du mois de juillet, victime d’un accident à bord de son avion privé.

Cette série d’événements font de Berger un homme fragile lorsqu’il reprend la compétition en Allemagne sur le circuit d’Hockenheim, son circuit fétiche. En effet, il y remportera deux de ses dix victoires en Grand Prix, mais surtout, y a développé une technique de pilotage qui lui permet, selon les dires de Jean Alesi, de franchir les vibreurs des chicanes d’une manière encore plus rapide que tout le monde.

Le jour du Grand Prix, Berger qui a signé une pole position surprenante la veille, s’élance sans difficultés et mène la course à bon train. Il est simplement menacé à mi-parcours par un étonnant Giancarlo Fisichella au volant de sa Jordan, qui sera pourtant rapidement réduite au silence à cause d’une crevaison. C’est alors la voie royale pour l’Autrichien, qui s’impose devant la Ferrari de Michael Schumacher et la McLaren de Mika Hakkinen. Ce sera sa dernière victoire en Formule 1.

L’Autrichien a semblé ailleurs durant tout le week-end allemand, dans un autre monde, perturbé par des sentiments mitigés entre tristesse, nostalgie et excitation. Mais il était également dans un autre monde sur la piste, en parvenant à élever sa rétive Benetton B197 à un niveau jamais vu depuis le début de la saison.

Une belle touche finale, avec panache, pour ce pilote apprécié qui aura côtoyé les plus grandes écuries comme McLaren ou Ferrari et aura su se faire apprécier et respecter des plus grands pilotes comme Ayrton Senna, dont il était un ami intime.

Axel B.








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