Une saison riche en émotions contrastées

31 12 2014

L’année 2014 a été fertile en émotions: de la joie, de la tristesse, de la colère, de l’excitation, de l’incompréhension…tous ces éléments ont fait entrer cette saison dans l’histoire de la Formule 1.

Licence Creative Commons / Jake Archibald

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2014 n’avait pas encore commencé que déjà la Formule 1 était plongée dans la plus grande des tristesses. Fin décembre 2013, on apprenait avec stupéfaction le gravissime accident dont avait été victime Michael Schumacher sur une piste de ski française. Les questions les plus dures et l’insoutenable attente auront rythmé cette année 2014 avec, parfois, l’espoir renaissant de retrouver comme avant le plus grand champion de la discipline. Combattant hors pair, l’homme a réussi à repousser la mort pour retrouver les siens auprès desquels, aujourd’hui, il essaye de se rapprocher le plus possible de la normalité.

Le premier Grand Prix en Australie, début mars, allait lancer la saison avec le spectre du champion allemand dans tous les esprits. Ironie malheureuse du sort, c’est son ancienne équipe, Mercedes, qui sonne le glas des espoirs de titre de toutes ses rivales, en dominant outrageusement le début d’année.

Les aficionados de la Formule 1 allaient donc devoir se contenter d’un duel entre deux hommes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, au volant de leur flèche d’argent. Mais les deux pilotes, laissant libre court à leur imagination et à leur générosité, allaient, dès Bahreïn, nous offrir une lutte historique, bien aidé par l’intelligence de leurs patrons qui avaient décidé de laisser libre court aux velléités de leurs poulains.

Toute l’année, le duel sera passionnant à suivre, tant sur le plan psychologique que sur le plan sportif. Les Grands Prix de Monaco, Belgique, Japon ou Russie, marqueront des étapes importantes dans leur lutte jusqu’au titre final remporté par un Lewis Hamilton, quasi mystique, qui n’aura jamais été si près de la comparaison avec Ayrton Senna.

Mais il était dit que cette année serait noire. Lors d’un Grand Prix du Japon pluvieux, la Formule 1 allait subitement se voir jeter au visage sa dangerosité peut-être parfois un peu oubliée. Le terrifiant accident de Jules Bianchi en fin de course, laisse un jeune homme de 25 ans et sa famille dans l’attente la plus douloureuse. Mettre un nom sur son traumatisme n’aidera pas vraiment à comprendre comment le sort a pu s’abattre si douloureusement sur lui. Son combat est tout autre désormais et la Formule 1 a perdu de sa légèreté depuis ce mois d’octobre 2014.

Des grands noms de la Formule 1 nous ont également quitté cette année comme Jack Brabham, ingénieur pilote fantastique et victorieux du championnat à trois reprises, et l’infatigable Andrea de Cesaris qui, tel le pilote rapide qu’il était, aura quitté les siens sur une route de son Italie natale au guidon de sa moto.

Mais 2014 a aussi connu ses moments de joie et d’allégresse avec l’exploit des deux points marqués par Marussia à Monaco avec Jules Bianchi, les trois victoires du souriant Daniel Ricciardo qui aura sauvé à lui seul la saison de Red Bull, sans oublier le retour au premier plan de Williams et Felipe Massa que d’aucuns présentent déjà comme des candidats au titre en 2015.

Cette année se clôt donc sur beaucoup d’espoirs. L’espoir d’avoir des nouvelles rassurantes de Michael Schumacher et Jules Bianchi très rapidement, et l’espoir de voir une saison 2015 encore plus spectaculaire que la précédente.

Axel B.





McLaren et Alonso : je t’aime moi non plus

18 12 2014

Fernando Alonso de retour chez McLaren ? Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est pourtant devenu réalité. Autopsie d’un retour opportuniste de l’Espagnol chez ses meilleurs ennemis.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fernando Alonso est souvent considéré comme le pilote le plus doué de sa génération. Pourtant, son palmarès ne le reflète pas vraiment. Avec une bonne trentaine de victoires en Grands Prix et seulement deux titres mondiaux, il est bien loin des statistiques d’un Sebastian Vettel, quadruple lauréat du championnat du monde des pilotes et multi-récidiviste de la victoire ces dernières années.

Il faut dire que l’Espagnol a eu des choix de carrière pour le moins étrange et une réussite pas toujours au rendez-vous. Couvé par Renault et Flavio Briatore au début de sa carrière, l’essentiel de son palmarès et de sa réputation se constitueront entre 2002 et 2006 lors de sa période dorée lors de laquelle il remportera ses deux titres. Voulant quitter le nid, il s’envolera alors chez McLaren avec un contrat pluriannuel comme il est coutume de le dire dans le milieu, tout un chacun sait pourtant bien que les contrats ne sont que du papier, et Nando nous le prouvera rapidement.

Victime de son statut de double champion du monde et de son caractère de leader exclusif, voire même égocentrique, Alonso va se heurter en 2007 chez McLaren à deux hommes qui possèdent les même caractéristiques que lui : Ron Dennis et Lewis Hamilton.

Si la relation avec ce dernier se détériorera assez rapidement et assez logiquement compte tenu de l’intensité de leur lutte pour le titre, la haine entre Dennis et Alonso sera plus latente et discrète. Ayant horreur des scandales, le flegmatique patron de McLaren tentera à tout prix d’étouffer la rébellion de son fougueux Taureau des Asturies mais devra faire face au plus grand électrochoc subit par Woking avec l’affaire du spygate dans laquelle l’Espagnol a joué un rôle décisif.

En dénonçant les pratiques d’espionnage de McLaren tout en assurant son immunité, Alonso a commencé à dessiner un schéma qu’il ne cessera pas la suite de renouveler. Mettre la pression sur son équipe et son entourage pour arriver à ses fins. Il recommencera dans cette attitude avec Renault et l’histoire du crashgate, dont on peut fortement douter qu’il n’ait jamais rien su, puis ensuite avec Ferrari, en maintenant un pression psychologique sur ses dirigeants et ses ingénieurs, les bousculant verbalement et publiquement plus d’une fois. Cependant, à chaque fois, l’insuccès était au rendez-vous.

Aujourd’hui, quel est l’état des relations entre Fernando Alonso et Ron Dennis ? Nul ne le sait, même si l’attitude des deux hommes semble tendre vers un effacement complet de leurs vieilles querelles. Le Britannique a finalement été le seul homme a véritablement tenir tête à l’Espagnol qui avait préféré claquer la porte plutôt que de lutter en vain.

On dit d’Alonso qu’il est un homme très dur avec son entourage professionnel, mais ces cinq années d’insuccès avec la Scuderia lui auront peut être révélé que son approche de la Formule 1 devait évoluer pour s’adapter au nouveau jeu politique de ces dernières années. D’ailleurs, il n’a pas été le maître des transferts hivernaux comme il l’aurait aimé et son retour chez McLaren pourrait apparaitre comme un choix par défaut après l’échec de ses contacts avec Red Bull ou Mercedes. L’aura du double champion du monde a été légèrement écornée dans cette mésaventure.

Mais la Formule 1 est bien trop importante pour Alonso pour qu’il la quitte ainsi. Lors de l’officialisation de son retour à Woking, il a évoqué un travail à finir chez McLaren et un goût d’inachevé. Gageons que ce goût, soit également associé à celui de la victoire, qui lui a trop souvent échappé ces dernières années et qu’il voudrait à tout prix retrouver avant de pouvoir tourner la page.

En attendant, le nouveau chapitre de sa carrière va s’écrire sur un cahier déjà griffonné de quelques histoires, heureuses et malheureuses. Alonso n’a plus qu’a espérer que l’encre qui va écrire la suite de ce conte inachevé entre le conquistador et le roi Dennis, soit des plus sympathiques.

Axel B.





La fin de l’innocence d’une génération

29 10 2014

L’accident de Jules Bianchi est venu marquer durablement la Formule 1 et ses acteurs. Si jusqu’à là, les pilotes de cette génération n’avaient jamais été confrontés à un tel drame, la réalité leur a brutalement sauté aux yeux.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Le 30 avril et le 1er mai 1994, la Formule 1 vivait deux des jours les plus sombres de son histoire. Avec les décès brutaux de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, toute une génération de pilotes a été directement confrontée à la dangerosité de son sport. De cette époque, plus aucun homme n’est encore en activité sur les grilles de départ cette saison. Michael Schumacher ayant été le dernier de cette génération marquée au fer rouge à participer à un Grand Prix, c’était en 2012.

Vingt ans après, une certaine innocence et légèreté flottaient dans les paddocks. Les instances dirigeantes et de nombreux pilotes s’étaient battus pour rendre cette discipline la plus sûre possible, à tel point que même des accidents graves et spectaculaires comme ceux de Robert Kubica au Canada en 2007 ou de Felipe Massa en Hongrie en 2009, faisaient office de miracles évidents aux yeux des participants et des spectateurs.

Les pilotes cependant n’ont jamais oublié l’aspect dangereux de la course automobile, mais ils avaient peut être un peu tendance à le mettre de côté pensant, à tort ou raison, que la fatalité ne pourrait pas les toucher. Une génération innocente et presque naïve…

Mais finalement, des dizaines de pilotes ont eu une carrière pléthorique avec un nombre de Grands Prix important, sans connaitre de drames. Des compétiteurs comme Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Ralf Schumacher, Nick Heidfeld, Juan Pablo Montoya ou encore Mark Webber ont fait toute leur carrière avec le spectre de la dangerosité sur leur tête mais sans, avec bonheur, le toucher violemment du doigt.

Désormais, la vingtaine de pilote de cette saison 2014 sera profondément marquée par cette terrible journée du 05 octobre, qui aura vu un de leur collègue lutter pour la vie au prix de leur passion commune, comme l’a été la génération de 1994.

D’ailleurs, tout au long de sa carrière en Formule 1, Michael Schumacher, par exemple, a toujours couru en ayant à l’esprit de ce dur moment du 1er mai 1994, comme l’ont prouvé ses larmes en Italie lors d’une conférence de presse après sa 41ème victoire qui faisait de lui l’égal d’Ayrton Senna dans le palmarès de la Formule 1.

Une génération à jamais marquée mais qui devra être le moteur d’une réaction sécuritaire évidemment nécessaire pour faire en sorte que chaque accident de ce type serve au moins à quelque chose. D’abord à faire réagir l’inconscient collectif sur la prise de conscience perpétuelle de la dangerosité du sport automobile et ensuite à amener une réflexion sur les normes de sécurité qui doivent toujours être remise en question pour qu’à l’avenir, l’accident de Jules Bianchi, dont on ne pensait naïvement qu’il ne pouvait pas arriver, ne se reproduise plus. Et ce, quelque en soit l’issue pour le jeune pilote français.

Axel B.





Allemagne 1997 : la dernière victoire de Gerhard Berger

17 07 2014

A l’époque où le circuit d’Hockenheim était encore une succession de longues lignes droites cassées par quelques chicanes, le Ring a été le théâtre de la dernière victoire de Gerhard Berger, acquise dans des conditions particulières pour l’Autrichien.

(c) Gepa

(c) Gepa

Au début de l’année 1997, Gerhard Berger savait qu’il allait entamer sa dernière saison en Formule 1. Il avait rejoint un an plus tôt les rangs de l’équipe Benetton, championne du monde en titre grâce aux génies de Michael Schumacher et Ross Brawn. Le pilote autrichien avait accompagné dans cette aventure son ami de toujours, Jean Alesi, dont il était l’équipier chez Ferrari depuis 1993.

Porteur de gros espoirs, Berger et Alesi allaient être vite déçus par les performances de leur monoplace. La fuite des cerveaux de Benetton vers Ferrari, sous l’impulsion de Schumacher, a fait le plus grand mal à l’équipe italo-britannique toujours dirigée par le flamboyant Flavio Briatore.

Malgré quelques places d’honneur et un nombre important de podiums, ni le Français, ni l’Autrichien, n’ont entrevu un mince espoir de victoire durant leur première année de présence dans l’équipe. Quelque peu las de la situation et l’esprit parasité par de mauvaises relations avec Briatore, les deux pilotes se présentent au début de l’année 1997 avec des ambitions à la baisse qui seront confirmées par des résultats guère plus probants lors des premières courses.

Mais d’un point de vue plus personnel, Gerhard Berger sera encore plus touché dans sa chair et dans son âme en cette année 1997 : il sera en prise dès le début de la saison avec une sinusite récurrente qui le forcera même à déclarer forfait pour les Grands Prix du Canada, de France et de Grande Bretagne, où il laissera la place à son jeune compatriote Alexander Wurz. Ce dernier réussira même l’exploit de monter sur le podium à Silverstone. Pendant ce repos forcé, Gerhard Berger aura également la douleur de perdre son père, Johann, dans le courant du mois de juillet, victime d’un accident à bord de son avion privé.

Cette série d’événements font de Berger un homme fragile lorsqu’il reprend la compétition en Allemagne sur le circuit d’Hockenheim, son circuit fétiche. En effet, il y remportera deux de ses dix victoires en Grand Prix, mais surtout, y a développé une technique de pilotage qui lui permet, selon les dires de Jean Alesi, de franchir les vibreurs des chicanes d’une manière encore plus rapide que tout le monde.

Le jour du Grand Prix, Berger qui a signé une pole position surprenante la veille, s’élance sans difficultés et mène la course à bon train. Il est simplement menacé à mi-parcours par un étonnant Giancarlo Fisichella au volant de sa Jordan, qui sera pourtant rapidement réduite au silence à cause d’une crevaison. C’est alors la voie royale pour l’Autrichien, qui s’impose devant la Ferrari de Michael Schumacher et la McLaren de Mika Hakkinen. Ce sera sa dernière victoire en Formule 1.

L’Autrichien a semblé ailleurs durant tout le week-end allemand, dans un autre monde, perturbé par des sentiments mitigés entre tristesse, nostalgie et excitation. Mais il était également dans un autre monde sur la piste, en parvenant à élever sa rétive Benetton B197 à un niveau jamais vu depuis le début de la saison.

Une belle touche finale, avec panache, pour ce pilote apprécié qui aura côtoyé les plus grandes écuries comme McLaren ou Ferrari et aura su se faire apprécier et respecter des plus grands pilotes comme Ayrton Senna, dont il était un ami intime.

Axel B.





Le paradoxe de Lewis Hamilton

31 05 2014

Ce week-end, une fois de plus, Lewis Hamilton a laissé perplexe un bon nombre d’observateurs. Jovial quand il est vainqueur, grognon et renfermé lorsqu’il perd, son comportement est véritablement difficile à cerner. Agit-il comme un vrai champion qui n’aime que la victoire ou comme un enfant gâté qui boude dans son coin quand rien ne se passe comme il le souhaite ?

Licence Creative Commons / emperornie

Licence Creative Commons / emperornie

De plus en plus, le comportement de Lewis Hamilton apparait paradoxal. Que cela soit dans l’art de son pilotage ou en dehors de la piste et des circuits, le Britannique n’est pas facile a appréhender. Du Docteur Jekyll joyeux et enthousiaste lorsqu’il gagne, il peut vite se transformer en Mister Hyde lorsque la roue ne tourne pas du bon côté pour lui.

Dominateur depuis le début de la saison, le champion du monde 2008 est apparu plus détendu et ouvert que jamais après sa belle série de quatre victoires consécutives entre Sepang et Barcelone. L’homme avait semble-t-il mûri depuis ses jeunes années et avait enfin réussi à trouver une stabilité confortable dans sa vie privée qui l’a tant tourmenté ces dernières années. Avec la nouvelle Mercedes dominatrice entre ses mains, tous les éléments semblaient réunis pour qu’il écrase la concurrence et se rappelle au bon souvenir de ceux qui l’avaient enterré un peu trop tôt.

Mais ce bonheur de façade a commencé à se craqueler dès le Grand Prix d’Espagne, où des signes de fébrilité sont apparus durant la course. Lewis était nerveux de voir son équipier plus rapide lui revenir dessus et il laissait transparaitre quelques inquiétudes que l’on n’aurait pas soupçonné venant de l’homme qui avait si bien résisté à la pression de Rosberg durant la course de Bahreïn, lors d’un duel devenu historique.

On apprendra finalement plus tard que l’Anglais avait décidé d’ignorer les consignes de son ingénieur qui lui demandait de soulager son moteur, afin de pouvoir rester devant son équipier en fin de course. La base saine des relations entre les deux hommes allait se fissurer à partir de ce moment.

Dès le Grand Prix suivant, à Monaco, Nico Rosberg a donc décidé de prendre l’avantage psychologique sur son équipier. Et Hamilton a été suffisamment sensible pour se laisser prendre au piège. Au petit jeu des phrases assassines, le Britannique s’est un peu emmêlé les pinceaux. Lorsqu’il justifia son envie de victoire au début du week-end en comparant ses origines sociales avec celles de Rosberg, son analyse ne manquait pas d’être naturellement contre balancée par sa position sociale actuelle, lui le jetsetteur ami des stars et compagnon d’une chanteuse de RnB renommée, face à un Nico Rosberg, certes n’ayant manqué de rien dans sa jeunesse, mais surtout beaucoup plus discret. L’Allemand, ne tiendra d’ailleurs guère compte de cette remarque et choisit alors de déstabiliser son rival sur la piste.

Que le geste de Nico en qualification ait été volontaire ou pas n’est plus la question. Le résultat ne s’est pas fait attendre et Hamilton s’est relancé dans un petit cortège de phrases assassines histoire de bien faire comprendre à son meilleur ennemi que la situation ne lui convenait pas. Repris de volé en interne par son équipe, Toto Wolff et Niki Lauda en tête, le Britannique se rangea du côté de la raison en course pour finir à une convenable deuxième place pour quelqu’un qui veut capitaliser les meilleurs résultats en vue de devenir champion du monde.

Trainant son spleen jusqu’au podium, Hamilton se permit même de critiquer la stratégie choisie par son équipe pour son ravitaillement en louant, un brin faussement nostalgique, les qualités de son ancienne équipe, McLaren. Des propos bien vite contre-balancés par l’expression de sa fierté de faire partie de Mercedes et d’avoir la possibilité de piloter pour la meilleure équipe du moment.

Que la relation entre Hamilton et Rosberg devienne tendue n’est pas réellement un problème, sauf peut-être pour Mercedes. Mais que Lewis Hamilton se sente mis à l’écart de son équipe au profit de Rosberg comme il a pu le laisser entendre ce week-end, peut être plus problématique pour l’Anglais et son entourage. L’histoire nous a prouvé que les plus grands champions possèdent tous leur part d’ombre. D’Ayrton Senna à Michael Schumacher en passant par Alain Prost ou Nelson Piquet, tous avaient des caractères bien trempés qui ont souvent fait état de débordements sur la piste ou en dehors. Mais le plus urgent pour Lewis n’est pas de se faire une réputation, mais de gagner un nouveau titre, six ans après son premier obtenu en 2008.

Ainsi, pour arriver à ses fins, il ne faut pas que le Britannique s’éparpille et réagisse en enfant gâté comme il a pu le faire chez McLaren aux côtés de Fernando Alonso en 2007. Woking était sa maison, Brackley s’apparente plus à celle de Rosberg qui la fréquente depuis plus longtemps. Le comportement ambivalent d’Hamilton, un jour funambule spectaculaire et souriant, l’autre jour clown triste, ne joue pas en sa faveur, surtout après avoir prouvé qu’il pouvait dominer la discipline en mettant tous les éléments, techniques et personnes, dans le bon ordre.

 

Axel B.





Si Senna n’était pas mort…

10 05 2014

Le 1er mai 1994, Grand Prix de Saint Marin. La course vient de reprendre après l’intervention de la voiture de sécurité. Les pilotes entament le sixième tour. Ayrton Senna, sur sa Williams-Renault, devance Michael Schumacher sur sa Benetton-Ford. Les deux pilotes arrivent à fond dans l’effrayante courbe de Tamburello qu’ils négocient sans encombre…

 

Licence Creative Commons / pher38

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Après deux Grands Prix catastrophiques, Ayrton Senna doit se rattraper à Imola et gagner la course pour mettre un coup d’arrêt à la domination de Michael Schumacher. Le week-end a très mal débuté pour le monde de la Formule 1 après les accidents de Rubens Barrichello le vendredi et Roland Ratzenberger le samedi.

Si le Brésilien et ami de Senna s’en est sorti miraculeusement, l’Autrichien n’a pas eu la même chance et a trouvé la mort en piste. C’est la première fois depuis 1982 qu’un pilote décède dans le cadre officiel d’un week-end de course, et tout le monde est choqué par cet événement. Mais même si Ayrton semble particulièrement touché, il décide cependant de continuer à vivre sa passion et de ne pas abandonner sa quête en chemin.

Durant toute la course à Imola, Senna et Schumacher se livrent une lutte sans merci. Et c’est au bout d’un Grand Prix éreintant psychologiquement et physiquement, qu’Ayrton peut enfin lever les bras en signe de victoire. Sa saison est relancée en même temps que le championnat. Mais plus qu’une victoire de plus à son palmarès, ce succès est surtout une victoire sur le sort qui s’est abattu lors de ce week-end. Il fallait que le Brésilien gagne pour se rassurer son son état et sur son envie de courir.

Quinze jours plus tard, à Monaco, un autre drame survient avec la violente sortie de piste de Karl Wendlinger. Le pilote autrichien restera plusieurs jours dans le coma suite à cet accident mais aura la vie sauve. La septième victoire de Senna en principauté restera anecdotique face au coup de gueule lancé par le triple champion du monde face à l’insécurité qui règne sur les circuits. Pour lui, cette saison 1994 sera un véritable combat sur la piste et en dehors.

Face à Schumacher, les victoires et les défaites s’enchainent tout au long de la saison. Les deux hommes se livrent un combat de titans course après course et se partagent les points, si bien qu’ils se retrouvent à Adélaïde dans le cadre du Grand Prix d’Australie, le dernier de la saison, avec un seul petit point d’écart à l’avantage du Brésilien. Le reste appartient à l’histoire. Schumacher tente un dépassement osé sur son rival et les deux voitures terminent péniblement leur course sur la bas côté. Senna est sacré une quatrième fois champion du monde et rejoint au palmarès son rival de toujours, Alain Prost.

Lors de la conférence de presse d’après Grand prix, le Brésilien a du mal à contenir ses émotions. D’autant plus qu’il a décidé d’annoncer la fin de sa carrière après cet ultime titre. Ce grand cirque devenu morbide n’a plus guère d’intérêt à ses yeux et il souhaite mettre toute son énergie dans la lutte contre l’insécurité en sport automobile et plus particulièrement en Formule 1. Plus tôt dans la saison, Max Mosley, président de la FIA, l’avait sollicité pour faire partie d’un groupe de réflexion sur le sujet. Mieux que cela, Senna présidera à temps plein une commission sécuritaire qui fera faire des progrès énorme dans tous les domaines ayant trait à la sécurité des pilotes et des hommes qui travaillent sur les courses pour que ce funeste week-end d’Imola ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

Durant quelques années, Senna restera présent en marge de la Formule 1 pour faire appliquer toutes ses réflexions à ce sujet et pour aider la progression de son neveu, Bruno, dans la discipline. Puis il décidera enfin de s’éloigner de celle-ci, qui lui aura tant apporté et à laquelle il aura tellement contribué, pour retourner dans son Brésil natal et s’occuper de sa fondation, et même plus… Il se murmure d’ailleurs que Senna pourrait bientôt briguer la présidence de son pays…

 

Axel B.





La chasse aux records de Sebastian Vettel

11 01 2014

A seulement 26 ans, Sebastian Vettel est déjà à la tête de statistiques intéressantes. Contrairement à d’autres pilotes, l’Allemand est particulièrement attentif à cela et tente dès que possible de soigner ses performances pour se rapprocher un peu plus de certains records de la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

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120 Grands Prix, 39 victoires, 45 pole positions, 22 meilleurs tours et 62 podiums. Voilà le tableau de chasse impressionnant de Sebastian Vettel. Mais parmi les nombreux records en Formule 1, il y en a certains de plus significatifs que d’autres. Le nombre de points accumulés par exemple n’est pas très révélateur du niveau d’un pilote, tant les barèmes de distribution n’ont cessé d’évoluer depuis la création du championnat.

Du coup, la moyenne de points par Grand Prix, qui aurait pu être un révélateur intéressant du niveau de compétitivité d’un pilote, devient inutile.

Mais il reste tout de même une corrélation très pertinente à réaliser qui consiste à faire le rapport entre le nombre de Grands Prix et les victoires des pilotes. En effet, il est le seul indicateur fiable (si l’on peut parler de fiabilité en statistiques) sur lequel on peut s’appuyer pour se faire une idée du talent et de la domination d’un pilote.

A ce jeu-là, si Sebastian Vettel n’a pas obtenu encore le record de la discipline, qui est détenu par Michael Schumacher avec 91 victoires, on s’aperçoit de manière étonnante qu’il domine néanmoins ses ainés les plus victorieux.

En effet, avec 39 victoires en 120 Grands Prix, Vettel a gagné plus de 32% de ses courses. C’est plus que Michael Schumacher qui n’atteint pas les 30% avec 91 succès en 307 Grands Prix, ou qu’Alain Prost et Ayrton Senna qui dépassent tout juste les 25% avec respectivement 51 victoires en 199 courses et 41 victoires en 161 courses. Seul Juan-Manuel Fangio détient une statistique incroyable avec plus de 40% de ses courses remportées. Un record qui semble difficile à battre de nos jours.

Au niveau des pole positions cependant, et toujours en observant ce pourcentage, Vettel (37% de pole) reste encore relativement loin des cadors des statistiques que sont Ayrton Senna (40% de pole), Jim Clark (46% de pole) ou Juan Manuel Fangio (57% de pole).

Même constat pour les records du tour en course où Vettel se fait même dominer par un étonnant Kimi Räikkönen qui a remporté 20% des meilleurs tours en 194 Grands Prix (soit un total de 39) alors que l’Allemand n’en a que 22, soit un peu plus de 18% de ses courses.

Par contre, en ce qui concerne les podiums, Vettel se trouve à une belle troisième place derrière Fangio (69% de ses courses finies dans les trois premiers) et Alain Prost (53% de podiums) avec un beau ratio de 52%.

Mais ce qui est finalement le plus impressionnant, c’est que la carrière de Sebastian Vettel est très loin d’être terminée, et qu’à ce stade, il a déjà rejoint au palmarès les plus grands noms de la discipline avec des statistiques époustouflantes comme Juan-Manuel Fangio, Jim Clark, Ayrton Senna, Alain Prost ou Michael Schumacher. Chacun d’eux aura marqué l’histoire à son époque, et sans nul doute, Sebastian Vettel est en train de marquer la sienne.

Axel B.








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