Les faits marquants du GP d’Europe en F1

17 06 2016

Ce week-end, la ville de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, va accueillir le 23ème Grand Prix d’Europe de l’histoire de la Formule 1. Ce pays du Caucase sera seulement le 4ème à accueillir cette course qui a parfois marqué la discipline.

(c) F1

(c) F1

Le premier Grand Prix d’Europe s’est déroulé en Grande Bretagne en 1983. A cette époque, c’est le circuit de Brands Hatch qui avait obtenu l’opportunité de recevoir la Formule 1. Cette saison là, le Grand Prix de Grande Bretagne se déroulait à Silverstone et pour satisfaire la volonté anglaise d’organiser une seconde course sur ses terres, la notion de Grand Prix d’Europe fut introduite dans la discipline reine de sport automobile. On notera, pour l’histoire, que c’est le Brésilien Nelson Piquet, futur champion du monde cette année là, qui remporta la course. Il devança sur le podium le Français Alain Prost et le Britannique Nigel Mansell.

L’année suivante, c’est au mythique Nurburgring que revint l’honneur d’accueillir le titre de Grand Prix d’Europe avant que Brands Hatch ne reprenne la main en 1985. Mais il faudra attendre jusqu’en 1993 pour revoir le drapeau bleu étoilé au calendrier mondial. Avec une course devenue mythique, dans des conditions météorologiques dantesques sur la piste de Donnington Park, couronnée par la victoire d’un Ayrton Senna impérial, le Grand Prix d’Europe entra alors dans l’histoire.

En 1996, c’est une nouvelle fois le Nurburgring qui organise la course et qui voit Jacques Villeneuve s’imposer pour la première fois en Formule 1. L’année suivant, le Canadien remportera son titre mondial lors d’un Grand Prix d’Europe entré dans les annales, sur la piste de Jerez. En lutte avec Michael Schumacher et sa Ferrari, le montréalais subira une attaque violente de l’Allemand dont il se sortira sans dommage pour finir sur le podium et être porté en triomphe par les deux pilotes McLaren, David Coulthard et Mika Hakkinen, qui fêtait, lui, sa première victoire en F1.

Pendant les neuf années suivantes, le Nurbrugring a accueilli le Grand Prix d’Europe avant de céder sa place en 2008 au circuit urbain de Valence en Espagne, qui consolidera sa présence durant cinq années, sans enthousiasmer ni les foules ni les pilotes. Durant ces années, on verra passer une victoire surprise de Johnny Herbert sur sa Stewart-Ford en 1999, la seule dans le palmarès de l’équipe, et Fernando Alonso remportera trois fois la course avec trois équipes différentes : Renault, McLaren et Ferrari. L’Espagnol est à ce titre le recordman de victoire en Grand Prix d’Europe encore en activité, le record absolu étant détenu par Michael Schumacher avec six succès. On se souviendra également du vol plané impressionnant de Mark Webber au volant de sa Red Bull à Valence en 2010 après que l’Australien ait été propulsé dans les airs après un contact avec la Lotus d’Heikki Kovalainen.

Après trois ans d’absence, le Grand Prix d’Europe va donc faire son retour sur la piste de Bakou, qui s’annonce déjà spectaculaire tant par son décor que par son tracé, à en croire les quelques chanceux qui ont pu faire quelques tours de piste avant l’inauguration officielle ce vendredi.

Axel Brémond





Il y a 20 ans, Olivier Panis remportait le Grand Prix de Monaco

26 05 2016

La seule et unique victoire d’Olivier Panis en Formule 1 a été acquise à Monaco, il y a tout juste 20 ans, dans des circonstances de course rocambolesques, desquelles le pilote français s’était extirpé avec talent.

(c) Ligier

(c) Ligier

Il était écrit que ce Grand Prix de Monaco 1996 allait avoir une saveur particulière. Cette saison était la première de Michael Schumacher avec Ferrari. Le nouveau double champion du monde, star de la discipline, avait choisi de relever le dur défi de remettre la Scuderia sur le chemin de la victoire.

Face aux Williams dominatrices de Damon Hill et Jacques Villeneuve, l’Allemand avait fort à faire cette saison. Jusqu’à présent, le Britannique et le Canadien se sont échangés les victoires : trois pour Hill et une pour Villeneuve, lors de sa quatrième participation en Grand Prix. Un exploit retentissant qui place d’emblée le fils de Gilles comme un des sérieux prétendants à la victoire monégasque. D’autant plus que Damon Hill n’a jamais été à son aise dans les rues de la Principauté.

Mais à la surprise générale, c’est bien Michael Schumacher qui signe la pole position le samedi à Monaco. Sa deuxième consécutive après celle acquise quinze jours plus tôt à Imola. Damon Hill, deuxième, était relégué à plus d’une demi-seconde et Jacques Villeneuve, qui découvrait la piste, ne pointait qu’à une décevante dixième place.

Jean Alesi et Olivier Panis représentaient la France cette saison en Formule 1. Le premier au volant d’une Benetton-Renault championne du monde en titre, et le second dans le baquet d’une modeste Ligier-Mugen-Honda, écurie en passe d’être rachetée par un certain Alain Prost.

Le premier coup de théâtre de cette course eu lieu dès le premier tour. A l’image d’Ayrton Senna en 1988, Michael Schumacher part à la faute à l’entrée du tunnel, sur une piste détrempée et doit abandonner sa monoplace rouge rutilante dans les barrières ! Voilà de quoi ouvrir la voie royale à Damon Hill qui se rêve en vainqueur monégasque, 27 ans après la dernière victoire de son père, Graham, grand spécialiste de Monaco avec ses cinq victoires au compteur.

Malchance ou malédiction, le moteur Renault de la Williams du Britannique part en fumée sous le tunnel à la mi-course, laissant les commandes à Jean Alesi. Le Français n’a pour le moment remporté qu’une seule victoire dans sa carrière. Celui que l’on surnomme le Poulidor de la F1, en référence à ses nombreuses deuxièmes places, se voit déjà accrocher à son palmarès une victoire de prestige. Mais à 20 tours de l’arrivée, la suspension de sa Benetton le trahit et le force à l’abandon.

C’est ainsi que l’on voit émerger en tête la Ligier d’Olivier Panis. La course du Grenoblois n’a cependant pas été de tout repos. Parti de la 14ème position sur la grille, il est longtemps resté coincé derrière un petit groupe comprenant notamment Eddie Irvine (Ferrari) et Heinz-Harald Frentzen (Sauber). C’est au prix d’un dépassement autoritaire sur l’Irlandais dans le 34ème tour, au virage du Loews, que la course de Panis prend réellement forme.

La piste s’asséchant, le pilote Ligier met en place la bonne stratégie et évite toutes les embûches d’une piste extrêmement piégeuse. En effet, nombre de ses collègues sont partis à la faute et, en y ajoutant les problèmes mécaniques, la liste des abandons s’allonge de tour en tour. Au rang des échoués, on retrouve notamment Gerhard Berger (Benetton), Rubens Barrichello (Jordan), Jacques Villeneuve, Martin Brundle (Jordan) ou encore Eddie Irvine.

Au final, seules quatre monoplaces franchiront la ligne d’arrivée, offrant un podium inattendu regroupant le vainqueur du jour, Olivier Panis, ivre de joie, le pilote McLaren David Coulthard, qui aura couru toute la course avec un casque prêté par Michael Schumacher à cause d’un problème d’aération sur le sien, et enfin Johnny Herbert, tous deux partis pourtant devant la Ligier du Français.

Jamais plus Olivier Panis ne remportera de Grand Prix. Un violent accident l’année suivant venant interrompre une montée en puissance qui semblait inexorable. Cette victoire, sur le circuit le plus prestigieux du monde, n’en a donc que plus de valeur et ce n’est pas un hasard si l’on en parle encore 20 ans après.

Axel Brémond

 





Lewis Hamilton à la recherche de la 44ème merveille

14 04 2016

Lewis Hamitlon subit de nombreux revers et contre-temps dans la quête de sa 44ème victoire. Symbole important pour le Britannique, ce succès se refuse à lui depuis plusieurs mois…

 

(c) Licence Creative Commons / Richard Paquet

(c) Licence Creative Commons / Richard Paquet

Le symbole est fort pour Lewis Hamilton : atteindre le chiffre de 44 pour son nombre de victoires en Formule 1, qui coïnciderait avec son chiffre fétiche, qu’il s’est même fait tatouer sur le cou.

Cela fait maintenant cinq Grands Prix, et plus de six mois, que le triple champion du monde court après ce fait personnellement historique. Cinq courses, que son frère ennemi, Nico Rosberg, l’empêche de célébrer cet instant symbolique qui pourrait paraître désuet à n’importe qui d’autre que lui.

Mais la force des symboles est importante en Formule 1. Michael Schumacher, derrière sa carapace de vainqueur intouchable, autant sportivement qu’émotionnellement, était lui aussi sensible à cet aspect  pourtant purement statistique. Lors de sa 41ème victoire, au Grand Prix d’Italie en 2000, le Baron Rouge avait fondu en larme lors de la conférence de presse au moment où un journaliste soulignait qu’il était devenu l’égal d’Ayrton Senna au nombre de victoires dans la discipline.

Le pilote allemand ne s’est que très peu livré sur la saison 1994 et sur la mort de son modèle mais néanmoins rival Ayrton Senna. En choisissant d’éluder la question, il mettait surtout de côté toutes les émotions ressenties au moment du décès du Brésilien. L’égaler au nombre de victoires, vêtu de la combinaison rouge, à Monza dans le temple de Ferrari, avait fait resurgir des sentiments longtemps enfouis. L’importance de cette 41ème victoire était donc grande pour Schumacher.

Tout comme la 44ème victoire est importante pour Lewis Hamilton. Ce chiffre est le fétiche du Britannique et les facéties de l’histoire ne font que repousser encore un peu le moment fatidique de cette obtention. Ce succès n’apportera pas grand chose au pilote, si ce n’est sûrement sa première victoire de la saison, qui le rassurera un peu. Mais pour l’homme, ce symbole fera sûrement vaciller le solide triple champion du monde.

On connait le caractère émotif d’Hamilton, il l’a déjà prouvé à maintes reprises notamment lors de sa relation tumultueuse avec Nicole Scherzinger. L’émotion risque donc d’être palpable lors qu’il arrivera à inscrire le 44ème succès à son palmarès. Dès le prochain Grand Prix en Chine ?

Axel Brémond





Lewis Hamilton, la star aux trois étoiles

28 10 2015

Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda, Nelson Piquet, Ayrton Senna, et maintenant Lewis Hamilton. En remportant son troisième titre mondial en Formule 1, le pilote britannique entre encore un peu plus dans l’histoire de la discipline.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Lewis Hamilton est désormais triple champion du monde de Formule 1. Il va falloir s’habituer à l’appeler ainsi tant sa maestria a été totale lors de cette saison 2015.

Le petit gars de Stevenage vit un rêve éveillé depuis ses débuts en Formule 1 chez McLaren en 2007. Déjà, cette année là, il avait frôlé le titre lors de sa première année, ne le perdant que pour un misérable petit point face à Kimi Raikkonen dans une saison mouvementée. Il aura néanmoins le luxe de se payer la tête de son équipier et plus proche rival en piste et en dehors, Fernando Alonso, le devançant pour la deuxième place au championnat au nombre de deuxièmes places.

Son titre la saison suivante ne sera alors que plus mérité. Mais là aussi, la lutte avec Felipe Massa fera rage jusqu’au dernier virage de la dernière course au Brésil. Le Brésilien de Ferrari aura gouté aux joies de la consécration l’espace de quelques secondes, après la ligne franchie en vainqueur, juste avant qu’Hamilton, dans un dernier coup de volant, n’aille dépasser une Toyota en perdition pour glaner le point qui lui offrira son premier titre. Les larmes de tristesse de Massa faisant écho aux sourires et larmes d’émotion du clan Hamilton resteront comme le symbole d’une des saisons les plus folles de la discipline.

Après cette victoire marquante, Hamilton va se retrouver un peu en retrait. Emporté par le tourbillon médiatique et par une vie personnelle un peu dissolue, le pilote McLaren, qui avait grandi à Woking, a ressenti le besoin de quitter sa famille pour s’émanciper sous d’autres cieux.

Cet dans cet état d’esprit qu’il rejoint alors le projet Mercedes en 2013, prenant la place d’un Michael Schumacher fatigué, n’arrivant plus à retrouver son lustre d’antan. Il ne faudra guère de temps à Hamilton pour retrouver les chemins de la victoire en Hongrie alors que son équipier, Nico Rosberg, s’était déjà imposé deux fois en début de saison. Mais une plus grande régularité permettra au Britannique de devancer son rival allemand au championnat et de prendre, déjà un premier ascendant psychologique.

La psychologie aura une place importante dans la saison 2014. Les Mercedes sont dominatrices et le titre se jouera obligatoirement entre Hamilton et Rosberg. En piste et en dehors, les deux hommes s’accrochent, puis se réconcilient, puis s’accroche de nouveau. Le duel fait penser aux plus belles heures de la Formule 1 des années 80 lorsqu’Alain Prost et Ayrton Senna s’affrontaient sans retenue. Le profil de ces quatre pilotes d’exception est semblable. Cette lutte germano-britannique offrira encore de belles histoire à écrire dans les livres de la discipline et, au final, tout le monde se souviendra que c’est Lewis Hamilton qui coiffera le couronne mondiale, se rappelant au bon souvenir de tout le monde et ouvrant une nouvelle ère, technique et sportive, dans Formule 1 moderne.

Cette année, beaucoup pensait que Nico Rosberg allait prendre le taureau par les cornes et imposer son intelligence de la course pour gagner, à son tour, un titre mondial. Mais peut être avait-il sous-estimé la motivation d’Hamilton qui n’a laissé que des miettes à son rival. Impérial, majestueux, autoritaire, agressif…les superlatifs ne manquent pas pour qualifier l’état d’esprit et le pilotage du Britannique qui, grâce à une saison sans erreur, est allé rejoindre son idole de toujours, Ayrton Senna, au palmarès des triples champion du monde de Formule 1.

Axel B.





Suzuka, rendez-vous incontournable de la F1

24 09 2015

Ce week-end, la Formule 1 fait étape au Japon sur le mythique circuit de Suzuka. Bien malgré elle, la piste nippone a souvent marqué durablement la discipline. Retour sur quelques événements les plus remarquables.

(c) Lat

(c) Lat

Le circuit de Suzuka n’accueille la Formule 1 que depuis l’année1987, pourtant, la piste va rapidement devenir célèbre. En 1989, déjà, la saison atteint son paroxysme lors de la pénultième course, au Japon. Alain Prost et Ayrton Senna, tous deux chez McLaren, jouent le titre mondial des pilotes. Les deux hommes ne s’apprécient guère et leur lutte tout au long de l’année est un long calvaire.

Le Français mène la course au Japon mais son rival brésilien est plus rapide que lui à la deuxième place et tente un dépassement en fin de course à la chicane précédent la ligne droit des stands. Prost semble lui ouvrir la porte puis se rabat précipitamment sur son poursuivant. Les deux McLaren MP4/5 s’accrochent. Prost reste sur le carreau et sort rapidement de sa monoplace tandis que Senna invective les commissaires de piste pour l’aider à se relancer en piste. Il repart et gagne la course avant d’être disqualifié pour avoir été aidé à revenir en piste. Prost remporte de ce fait le titre mondial. La victoire du Grand Prix, anecdotique, revient à l’italien Alessandro Nanini et Senna, très en colère, gardera cet épisode en mémoire pendant longtemps, se sentant floué par la FIA, dirigée alors par Jean-Marie Balestre, qu’il accuse de favoritisme envers Prost.

Sa rancœur durera toute une année, jusqu’au prochain Grand Prix du Japon en 1990. Sa rivalité avec Prost est toujours très grande et les deux pilotes se retrouvent une nouvelle fois à Suzuka pour jouer le titre. Le Brésilien est en pole position sur la grille devant le Français, passé à l’intersaison chez Ferrari. Si Prost abandonne, Senna est champion du monde. Prost prend un meilleur envol et la McLaren de Senna semble ne pas se soucier de négocier la courbe et fonce délibérément sur la Ferrari. Les deux monoplaces s’accrochent dans un nuage de fumée et terminent leur course dans le bac à gravier. Prost, dépité, sort de sa voiture sans trop comprendre ce qu’il vient de lui arriver et Senna, impassible, se dirige à pied vers son stand en sachant qu’il vient de remporter son deuxième titre mondial. Le Brésilien s’est vengé à sa manière de sa désillusion de l’an passé.

Rendez-vous incontournable de la Formule 1, Suzuka l’est également pour les pilotes japonais. Peu nombreux et surtout peu victorieux dans la discipline, le Grand Prix du Japon a surtout été le théâtre des meilleurs résultats des nippons dans la discipline reine du sport automobile. En 1990, Aguri Suzuki au volant d’une Larousse motorisée par Lamborghini, va être le premier pilote japonais à monter sur un podium en Formule 1. Le natif de Tokyo s’offrira le meilleur résultat de sa carrière devant son public, après une course maitrisée de main de maitre. Il faudra attendre 14 ans pour revoir un Japonais sur un podium – Takuma Sato au Grand Prix des États-Unis 2004, et 22 ans pour applaudir un autre nippon sur le podium de son Grand Prix national, avec Kamui Kobayashi en 2012 au volant de sa Sauber.

Cette année, aucun pilote japonais n’est sur la grille de départ et le titre ne se jouera pas à Suzuka. Mais la course promet d’être spectaculaire, sur un des circuits les plus exigeants au niveau du pilotage. D’ailleurs, les pilotes la citent souvent parmi leurs pistes préférées.

Axel B.





Jacky Ickx : La référence belge

20 08 2015

La Formule 1 et la Belgique ont une histoire liée depuis longtemps. Si jamais aucun pilote belge n’a réussi à décrocher le titre mondial, le Plat Pays a néanmoins fourni quelques acteurs marquants et importants de la discipline comme Willy Mairesse, Thierry Boutsen et le plus prestigieux d’entre tous, Jacky Ickx.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Depuis plusieurs années, la Belgique reste un des joyeux de la Formule 1 grâce à son mythique circuit de Spa-Francorchamps, qui reste un des rendez-vous incontournables de l’année et une des pistes préférées des pilotes. Mais la Belgique a également plusieurs pilotes de renom qui, même s’ils n’ont jamais été champion du monde, ont réussi plusieurs exploits et ont marqué l’histoire de la discipline.

Le plus connu des pilotes belges est sans conteste le Bruxellois Jacky Ickx. Fort d’une carrière de 113 Grands Prix s’étalant sur 13 ans, Ickx était un pilote très complet participant autant à des courses de monoplaces que d’Endurance ou de rallye-raid. Son palmarès est impressionnant : deux fois vice-champion du monde de Formule 1, sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans il remporte également le Paris-Dakar dans les années 80 pour ce qui sera une des ses dernières grandes victoires.

En Formule 1, Ickx n’aura jamais remporté le titre suprême tout en ayant pourtant couru pour les plus grandes équipes comme Ferrari, Lotus ou Williams. Mais les circonstances, plus que son talent incontestable, ne lui auront pas permis d’atteindre son but ultime. En 1970, il se bat pour la victoire finale face à Jochen Rindt. Le décès tragique de l’Autrichien lors de la manche italienne en fin de saison ouvrait une voie royale au Belge vers le titre mondial. Mais Ickx ne voulait pas profiter de cet événement malheureux et ne chercha pas vraiment à capitaliser sur le mort de son rival à qui il laissa finalement les honneurs mondiaux. C’est la deuxième fois d’affilé qu’il terminait donc vice-champion.

Malgré une suite de carrière chez Ferrari et quelques victoires de prestiges (Nurburgring, Monza…), Ickx ne parviendra plus à se battre pour le titre en Formule 1. Il mangera son pain noir pendant trois ans, entre 1976 et 1978, au volant des monoplaces Williams, écurie alors en pleine construction, bien loin de celle victorieuse qu’elle deviendra à l’aube des années 80. Après une dernière saison au sein de l’écurie française Ligier pour laquelle il marquera trois poins, Ickx se concentrera sur d’autres disciplines.

Car parallèlement à sa présence en Formule 1, il participera à de nombreuses épreuves d’Endurance et remportera notamment six fois les prestigieuses 24 Heures du Mans, ce qui lui vaudra le surnom de « Monsieur le Mans ». En 1983, il remporta également la plus prestigieuses des épreuves de rallye-raid, le Paris-Dakar, aux côtés de l’acteur français Claude Brasseur.

Toujours proche de la Formule 1, il deviendra directeur de course du Grand Prix de Monaco en 1984. Mais sa décision d’arrêter la course au drapeau rouge pour raison de sécurité sous une pluie battante ruine les espoirs de victoire d’un jeune pilote nommé Ayrton Senna. Accusé d’avoir voulu favoriser la victoire d’Alain Prost, en tête au moment de l’interruption, Ickx sera démis de ses fonctions par la FISA et ne s’impliquera alors plus dans un rôle décisionnaire en Formule 1.

Il reste néanmoins toujours une ambassadeur de prestige et une référence évidente en sport automobile et en Formule 1, discipline pour laquelle il se sera investit corps et âmes, notamment pour des questions de sécurité pour lesquelles son franc parler et ses idées arrêtées auront permis de grandes avancées, aux côtés de Jackie Stewart, notamment.

Axel B.





1994-2015 : D’Ayrton Senna à Jules Bianchi, 21 ans de miracles

7 08 2015

Vingt et une années se sont passées entre les deux drames qui ont enlevé la vie à Ayrton Senna et Jules Bianchi. Durant cette période, la Formule 1 a fait des progrès importants en termes de sécurité. Certains pilotes ont néanmoins eu beaucoup de chance de sortir indemnes d’accidents spectaculaires.

(c) Pirelli

(c) Pirelli

La Formule 1 aurait voulu que le week-end noir vécu à Imola en 1994 soit le dernier. Pourtant, le décès de Jules Bianchi le 17 juillet 2015 des suites de son accident au Grand Prix du Japon en octobre 2014, a réveillé toutes les consciences sur la dangerosité inhérente au sport automobile.

Depuis ce triste 1er mai 1994, la discipline a pourtant déjà frôlé la catastrophe à de maintes reprises, mais sans déplorer d’issus fatales. Des miracles, pris pour autant d’avertissements qui ne pouvaient cependant influencer l’inévitable.

Quelques jours après les doubles sortis de piste meurtrière de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, c’est un autre Autrichien qui a frôlé la mort sur la périlleuse piste de Monaco. Karl Wendlinger perd le contrôle de sa Sauber à la sortie du tunnel et frappe violemment le mur, lui causant un grave traumatisme crânien qui le plongera de longs jours dans le coma. Il s’en sortira miraculeusement sans séquelles et continuera normalement sa carrière en sport automobile. En 2003, Jenson Button sortira au même endroit durant les essais au volant de sa BAR-Honda, mais sans aucun dommage, même s’il devra renoncer à la course pour raison de sécurité.

En 1996, lors du Grand Prix inaugural an Australie sur la toute nouvelle piste de Melbourne, le départ est mouvementé. A tel point que Martin Brundle perd le contrôle de sa Jordan à moteur Peugeot et s’envole sur la Sauber de Johnny Herber. Le vétéran fait plusieurs tonneaux mais sort lui-même de sa monoplace pour prendre le second départ.

Un an plus tard, en 1997, sur le circuit Gilles Villeneuve dans le cadre du Grand Prix du Canada, une embardée effroyable de la Ligier d’Olivier Panis mettra un terme à son magnifique début de saison et enverra le pilote français à l’hôpital avec les deux jambes fracturées. Il en sera de même pour Michael Schumacher, deux ans plus tard, après son tout droit dans la première courbe du circuit de Silverstone qui le privera d’un possible titre mondial en fin de saison et le gratifiera d’un repos forcé de plusieurs Grands Prix pour soigner sa jambe cassée.

En 2008, c’est un Heikki Kovalainen chanceux au volant de sa McLaren qui sortira indemne d’une sortie de piste violente dans les murs de pneus lors du Grand Prix d’Espagne. Le Finlandais, choqué mais sain et sauf, n’aura aucun souvenir de son accident. Il sera, en outre, le spectateur, deux ans plus tard, de l’envol de la Red Bull de Mark Webber sur l’arrière de sa Caterham sur le circuit urbain de Valence. Après un vol plané de plusieurs mètres, l’Australien échoue dans une échappatoire, indemne. Encore un miracle.

Il y a également deux accidents qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Celui de Luciano Burti tout d’abord, lors du Grand Prix de Belgique 2001. Le pilote brésilien se voit couper la route par la Jaguar d’Eddie Irvine et file tout droit au volant de sa Prost, à une vitesse folle, dans les pneus qui bordent la piste. Son casque, fortement endommagé lors du choc, lui a sauvé la vie. Une commotion cérébrale et 48 heures de coma sont des moindres maux aux vues de la violence du choc.

Cet accident rappelle aussi celui de Felipe Massa lors du Grand Prix de Hongrie 2009. Le pilote brésilien reçoit un élément de suspension dans le casque de la monoplace qui le précède et perd connaissance. Il fonce à toute allure dans le mur et va s’encastrer dans les pneus. Après une opération périlleuse de la boite crânienne et une longue période de repos, Massa a repris le cours normal de sa carrière et pilote aujourd’hui une Williams avec le succès que l’on connaît.

En ce 5 octobre 2014, cette série de miracle a pris fin. Cela serait mal connaître le sport automobile de vouloir que l’accident de Jules Bianchi soit le dernier. Le danger en fait partie et tous les pilotes le savent. Ils essayent simplement de l’oublier et en reprennent conscience au moment où les drames les rattrapent.

Axel B.








Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 2 137 autres abonnés