Entre grand spectacle et intense émotion en Hongrie

31 07 2015

Tous les ingrédients qui font de la Formule 1 un sport excitant étaient présents sur la piste du Hungaroring le week-end dernier. Une victoire surprise de Sebastian Vettel et Ferrari, des accrochages et sorties de piste à profusion et sans gravité et, bien sûr, beaucoup d’émotions aussi.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Ce Grand Prix de Hongrie était placé sous le signe du souvenir et de l’émotion, juste une semaine après le décès de Jules Bianchi des suites de ses blessures consécutives à sa sortie de piste au Grand Prix du Japon 2014.

Si l’émotion était bien présente sur la grille de départ, avant le grand rush vers le premier virage, les pilotes, qui ont rendu un hommage poignant à Jules, tous réunis comme un seul homme autour de leur casque et de celui du Français, la course a vraiment repris ses droit une fois les visières baissées.

Dès le départ, on a compris que la course que nous allions vivre allait être spectaculaire. Un Lewis Hamilton, comme scotché sur son emplacement, se faisait déborder par les deux Ferrari, un peu à l’image du départ canon des deux Williams lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Si le double champion du monde en titre a estimé après la course que son départ n’avait pas été si mauvais que cela, il va falloir que Mercedes revoie ses références en la matière. D’autant plus qu’à cause de cet élan raté, la lutte fratricide entre Hamilton et Rosberg a bien failli refaire surface au détour d’un virage…

Ferrari, quant à elle, semblait filer vers un doublé plutôt aisément mais le chat noir coincé dans la monoplace de Kimi Raikkonen a choisi de ronronner pour empêcher le Finlandais de filer vers le podium. Plus loin dans le peloton, les habituels pourvoyeurs de carbone, à savoir, entres autres, Sergio Perez et Pastor Maldonado commençaient leur entreprise en semant ça et là des morceaux de leurs monoplaces respectives après des contacts virils.

Nico Hulkenberg, las de se sentir dans l’ombre en Formule 1 après sa prestigieuse victoire au 24 Heures du Mans cette année, décida alors de se rappeler au bon souvenir de tous en perdant son aileron avant et en allant s’encastrer dans le mur de pneumatiques en bout de ligne droite. La mise en place de la voiture de sécurité virtuelle rapidement inutile, la véritable safety car fit alors son entrée, réduisant à néant l’impressionnante avance de Vettel sur ses poursuivants.

La fin de course fût encore plus chaotique avec un festival d’accrochages et de crevaisons. Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo puis Nico Rosberg en furent les victimes et au milieu de ce champ de guerre, des combattants inespérés apparaissaient comme par miracle dans les dix premiers.

C’est ainsi que, comme un épilogue joyeux à cette course pleine de vie et de rebondissements, on retrouva deux McLaren dans les points, un Max Verstappen au pied du podium, ce dernier occupé par les deux Red Bull dont Daniil Kvyat qui signe là son meilleur résultat en Formule 1 et par là même le meilleur résultat d’un Russe dans la discipline.

Jules Bianchi aurait adoré cette course, c’est à n’en point douter. Il y aurait même sûrement marqué quelques points. La Formule 1 n’aurait pu lui rendre plus bel hommage.

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





L’hégémonie des pilotes européens en Formule 1

14 05 2015

Alors que la Formule 1 s’externalise de plus en plus en dehors des frontières européennes dans l’organisation de ses Grands Prix, il est intéressant de constater que la majorité des pilotes qui gagnent dans la discipline sont issus du Vieux Continent.

(c) Lat

(c) Lat

De plus en plus, l’Europe perd sa place dominatrice dans le calendrier mondial de la Formule 1. Bernie Ecclestone, avide de nouveaux horizons et de nouvelles sources de financement, cherche à exposer la discipline en dehors du Vieux Continent.

Depuis près de vingt ans, cette volonté a été exacerbée avec l’arrivée dans le calendrier de pays tels que la Malaisie, la Chine, la Corée, Bahreïn, Abou Dhabi, les États-Unis, la Russie, le Mexique et bien d’autres encore. Bien sûr, ces intégrations se font au détriment des autres courses, souvent en terres européennes, sans compter sur les menaces qui planent au dessus des rendez-vous mythiques comme en Italie, en Allemagne, en Belgique ou encore en Grande Bretagne.

Mais force est de constater que cette fuite vers des pays plus argentés et plus séduisants commercialement parlant, n’arrive pas forcement à trouver son pendant côté sportif. En effet, depuis toutes ces années où la Formule 1 va visiter des pays émergents, aucun pilote de course véritablement compétitif n’est venu représenter sa nation.

Narain Karthikeyan et Karun Chandhok ne sont restés que peu de temps en Formule 1, tout comme leur Grand Prix national en Inde d’ailleurs, rapidement rayé du calendrier. Daniil Kvyat essaye de faire mieux que son prédécesseur, Vitaly Petrov, pour défendre les couleurs russes, mais sans impressionner jusqu’à maintenant. Et on cherche encore la perle rare de l’Extrême Orient qui serait prête à relever le défi de la discipline la plus prestigieuse du sport automobile.

Pendant ce temps là, les pilotes européens se partagent les victoires avec une nette domination de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. Seuls le continent américain et l’Australie, où le sport automobile a des racines profondes, arrivent à concurrencer le Vieux Continent. L’Amérique du Sud, plus particulièrement, est un vivier de talentueux pilotes et la Formule 1 n’a d’ailleurs pas manqué de visiter le Brésil ou l’Argentine très tôt dans son histoire.

D’un point de vue purement statistique, les pilotes européens ont remporté un total de 664 Grands Prix répartis en 11 nations (Grande Bretagne, Allemagne, France, Finlande, Italie, Autriche, Espagne, Suède, Belgique, Suisse et Pologne) contre seulement 259 pour les pilotes d’autres nationalités, constitués de 10 pays (Brésil, Argentine, Australie, États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Colombie, Mexique et Venezuela).

Il est donc juste de constater que l’Europe et ses champions dominent depuis longtemps la Formule 1, comme le podium du récent Grand prix d’Espagne l’a encore prouvé avec deux Allemands et un Britannique aux trois premières places. Peut-être que, de temps en temps, Bernie Ecclestone devrait se pencher avec attention sur ces statistiques avant d’écarter d’un revers de la main les Grands Prix européens du calendrier…

Axel B.





Happy birthday mon cher Watson !

6 05 2015

Cette semaine, John Watson a fêté ses 69 ans. L’occasion rêvée de revenir sur le parcours de cet Irlandais né à Belfast, pilote robuste qui avait fait des remontées spectaculaires en course sa marque de fabrique.

(c) McLaren

(c) McLaren

Peu s’en souvienne encore aujourd’hui, mais John Watson a été un prétendant au titre de champion du monde de Formule 1 jusqu’à la dernière course de l’étrange saison 1982. Si Keke Rosberg a été couronné cette année là avec une seule victoire, Watson en avait lui remporté deux et pouvait légitiment prétendre à remporter également le titre au volant de sa McLaren. Mais une malchance tenace empêchera cependant le Britannique de réaliser son rêve et cet échec marquera plus ou moins le glas de sa carrière en Formule 1.

Avant cela, Watson à eu un parcours plutôt classique avant d’accéder à la discipline reine du sport automobile et se fera remarquer, en F2, en 1973 par l’équipe Brabham qui le fera débuter en Formule 1 dans des écuries privées qui ne lui permettrons cependant guère de briller.

Après quelques balbutiements, le barbu Watson trouve refuge au sein de l’équipe Penske avec laquelle, contre toute attente, il va remporter son premier Grand Prix en Autriche en 1976. Facétieux, le pilote avait parié en début de saison avec son patron, Roger Penske, qu’il se raserait la barbe s’il arrivait à faire triompher sa monoplace. Depuis ce jour, Watson est devenu un pilote respecté…et imberbe.

Cette victoire va lui ouvrir les portes de la prestigieuse écurie McLaren à compter de 1979 au sein de laquelle il restera durant six saisons, jusqu’à la fin de sa carrière en 1985. Une fois de plus, ses débuts seront laborieux et il faudra attendre 1981 pour qu’il renoue avec la victoire lors du Grand Prix de Grande Bretagne sur le circuit de Silverstone. Mais des ennuis mécaniques à répétition l’empêche de bien figurer au championnat et son inconstance lui fera donner le surnom de « John what’s wrong » (John, « qu’est ce qu’il ne va pas ? ») par ses mécaniciens. Il faut dire qu’en 1980, Watson est confronté au débutant Alain Prost, qui impressionne déjà par son analyse technique et sa vitesse pure au sein de l’équipe Britannique.

Après une saison 1982 lors de laquelle il joue le titre suprême, mais qui est noircie par des accidents mortels et des querelles entres les instances dirigeantes de la Formule 1 et les équipes engagé, Watson entame de la plus belle des manières la saison suivante en remportant la deuxième course de la saison sur le difficile circuit de Long Beach aux États-Unis. Il réalise ce jour là la plus phénoménale des remontées jamais vu en Formule 1, remportant le Grand Prix après s’être élancé de la 22ème place sur la grille de départ. La suite de la saison sera plus chaotique et il ne participera même pas aux dernières courses, piégé par la fin de son contrat et remplacé par l’Allemand Stefan Bellof.

Il se tournera alors vers le championnat de voiture de sport en 1984 avant d’essayer de faire son retour chez McLaren l’année suivante en remplacement de Niki Lauda, souffrant et démotivé. Il assistera ce jour là, lors du Grand Prix d’Europe, au sacre de son équipier, Alain Prost, qui remporte son premier titre de champion du monde.

John Watson connaitra un relatif succès en Endurance, remportant par deux fois les 1 000 kilomètres de Fuji en 1984 et 1987 et les 1 000 kilomètres de Monza également en 1987. Irlandais de souche, Eddie Jordan le choisira en 1991 pour inaugurer son équipe de Formule 1 en lui faisant faire les premiers tours de roues de la 191 qui verra débuter, quelques mois plus tard, un certain Michael Schumacher.

Axel B.





Red Bull peut-elle vraiment manquer à la Formule 1 ?

1 05 2015

A l’heure où des rumeurs font état d’un possible retrait de Red Bull de la Formule 1, la question se pose de savoir si la perte de cette équipe, quadruple championne du monde, serait véritablement un désastre ?

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Dans l’histoire récente de la Formule 1, il est plus habituel de voir des équipes quitter la discipline qu’en voir d’autres arriver. Sans revenir sur les raisons profondes du manque d’attractivité de ce sport, le constat est flagrant. En vingt ans, pas moins d’une dizaine d’écuries a disparu ou changé de nom.

Le plateau de la Formule 1 en 1995 comprenait des équipes comme Ligier, Footwork/Arrows, Tyrrell, Minardi, Pacific, Simtek, Jordan ou encore Benetton et Forti qui ont, pour la plupart disparu des grilles de départ. Certaines ont changé de nom et de propriétaire plusieurs fois comme Jordan, aujourd’hui Force India après avoir été Midland puis Spyker ou encore Tyrrell passée par la case BAR, Honda et enfin la victorieuse Mercedes que nous connaissons aujourd’hui.

Les arrivées par contre ont été bien moindres puisqu’elles se résument a quasiment la moitié avec entre Jaguar (ex Stewart GP), Manor (ex Virgin et Marussia), et Caterham (ex Team Lotus), HRT, Toyota ou Super Aguri, aujourd’hui disparues.

Pour contourner les difficultés rencontrées pour créer de toutes pièces sa propre équipe, Dietrich Mateschitz, le patron de la marque de boissons énergétiques Red Bull, a trouvé la solution. Longtemps sponsor d’équipes de bas de tableau comme Arrows ou Sauber, le magnat autrichien a préféré racheter des structures existantes pour construire son empire en Formule 1.

En se tournant vers Jaguar pour créer Red Bull Racing et en rachetant la moribonde Minardi pour imposer la Scuderia Toro Rosso, Mateschitz s’est assuré des bases solides pour grimper vers les sommets. Force est de constater que sa stratégie a été la bonne puisqu’il ne lui a fallu que quelques saisons pour remporter ses premières victoires et ses premiers titres. Red Bull a donc parfaitement réussi son approche de la Formule 1 en donnant à sa marque l’image d’une entreprise jeune et victorieuse.

Désormais, avec les nouveaux changements de réglementation et les errances du motoriste Renault, partenaire de longue date de l’équipe, cette dernière se pose des questions sur l’utilité de sa présence en Formule 1, après avoir tout gagné et n’ayant plus grand chose à prouver.

D’un point de vue sportif, ce raisonnement semble étrange. Pourquoi quitter le navire en pleine gloire, à peine les premières difficultés rencontrées ? Le sport est aussi une affaire d’orgueil, et voir Red Bull Racing réagir après ses récentes déconvenues serait du plus bel effet pour l’histoire de la Formule 1.

Mais d’un point de vue économique, une équipe qui ne gagne plus est une équipe qui ne rapporte guère. Et en premier lieu, Red Bull est une entreprise qui est venue en Formule 1 pour se faire connaitre et rentabiliser sa présence par une image de marque victorieuse. Végéter dans l’anonymat du milieu de grille n’a plus aucun intérêt pour Mateschitz et ses hommes. Reste peut être la passion de l’homme pour le sport automobile, discipline dans laquelle il est engagé depuis plusieurs années par sa volonté seule et à laquelle il pourrait avoir des difficultés à renoncer.

La Formule 1 a besoin d’avoir un plateau consistant et crédible. Red Bull est entrée dans l’histoire de la discipline ses dernières années comme une des équipes les plus victorieuses. Même si elle semble aujourd’hui mauvaise perdante en accusant, un coup la réglementation, un coup son motoriste, de ses résultats décevants, il faudrait tout de même que les instances dirigeantes soutiennent une entreprise qui a beaucoup investi et qui a permis à la Formule 1 de survivre ces dernières saisons.

Avec des équipes en grandes difficultés comme Manor, Sauber ou Force India, la Formule 1 voit le spectre de sa disparition roder au dessus d’elle. Si des équipes de plus grande envergure, comme Red Bull, quittent elles aussi la discipline, alors toutes les pires craintes pourraient bien se concrétiser.

Axel B.





La complainte de Nico Rosberg

19 04 2015

En Chine, terre de sa première victoire en Formule 1 il y a trois ans, Nico Rosberg s’est montré impuissant à contrarier la marche en avant de son équipier Lewis Hamilton. Pire encore, il a semblé perdre son calme tout en acceptant, bien malgré lui, un statut de numéro deux plutôt encombrant pour un prétendant au titre désigné.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Au soir de la saison 2014 de Formule 1, qui a vu le couronnement de Lewis Hamilton pour la seconde fois de sa carrière, on avait laissé un Nico Rosberg combattant, plein de panache et beau joueur face à la joie de son équipier.
En se doutant bien de la future suprématie des Mercedes pour la saison 2015, on s’attendait à voir une lutte acharnée entre les deux hommes, encore plus serrée que celle qu’ils nous ont offerte l’an passé, tant sur le plan sportif que psychologique. C’était sans compter sur le réveil de Ferrari et de son nouveau Prince Rouge, Sebastian Vettel. Déstabilisant pour Rosberg ? Sûrement, mais l’Allemand, challenger pour le titre en 2014, est bien loin de son meilleur niveau en ce début de saison 2015.
Battu largement par Hamilton en Australie pour l’ouverture de la saison, jamais dans le rythme en Malaisie, abandonnant même la première ligne à Vettel en qualifications, puis chutant jusqu’à la troisième place du podium en course, Rosberg se devait de réagir en Chine pour rester une menace crédible aux yeux du double champion du monde britannique.
Au lieu de cela, on a assisté à une nouvelle démonstration de force d’Hamilton et à un resserrement des performances entre Vettel et Rosberg. Ce dernier d’ailleurs n’est pas allé chercher bien loin les raisons de sa contre-performance en course. En conférence de presse d’après Grand Prix, il a accusé son équipier de ne pas avoir eu un rythme assez soutenu durant une période de la course, permettant au pilote Ferrari de revenir sur lui.
Une attaque plutôt étrange à laquelle Hamilton a répondu avec pragmatisme et logique en arguant qu’il n’avait pas à se soucier de la course de son équiper, ayant assez à faire avec la sienne. Avec cette déclaration, Rosberg a peut-être voulu lancer la guerre psychologique qui avait bien failli déstabiliser le Britannique en 2014. Mais ces propos raisonnent plus aujourd’hui comme un aveu de faiblesse de l’Allemand, déjà dépourvu de sa précieuse arme, sa vitesse sur un tour, lors des qualifications pour quelques centièmes de seconde.
Si Rosberg avait été l’homme fort du Grand Prix de Chine, plutôt que de se plaindre de la lenteur d’Hamilton, il aurait dû le rattraper, puis le dépasser en piste pour imposer son propre rythme et se défaire ainsi de la pression de la Ferrari de Vettel. Mais visiblement dans l’impossibilité de le faire, le vice-champion du monde 2014 a préféré attaquer son équipier sur un terrain qui semble bien peu fertile en ce début de saison.

L’année passé, Lewis avait déjà fait un début de saison tonitruant avant de tomber dans le piège tendu par Nico à Monaco, dans son jardin. A partir de ce moment, l’Allemand était devenu un réel challenger pour le Britannique. Il ne faudrait cependant pas que le déclic tarde trop à venir pour Rosberg cette année, au risque d’y perdre ses nerfs, comme il l’a laissé entrevoir le week-end dernier à Shanghai. D’autant plus que cette fois-ci, Vettel est en embuscade.

Axel B.








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