La Formule 1 qu’on aime !

12 04 2014

Quel Grand Prix ! Enfin, à Bahreïn, la Formule 1 version 2014 nous a apporté le spectacle tant attendu ! Il ne reste plus à espérer maintenant que cette course ne soit pas une exception. Quelques éléments permettent cependant d’être optimiste pour la suite.

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Le circuit de Sakhir n’est peut être pas le plus spectaculaire de toute la saison, mais ce week-end, il nous a offert une des plus belles course de la décennie. La première course de nuit au Royaume de Bahreïn a fait briller la Formule 1 de mille feux.

Tous les ingrédients qui font la beauté du sport automobile étaient effectivement présents ce dimanche pour faire frissonner jusqu’au plus blasé des passionnés de Formule 1 : des bagarres roues contre roues, des duels fratricides entre équipiers, des sorties de piste effrayantes…

Chaque saison connaît une course folle lors de laquelle tout le monde s’extasie avant de vite retrouver le cours normal des choses. C’était le cas l’année dernière en Grande Bretagne avec les explosions de pneumatiques ou bien encore au Canada en 2011 avec la victoire surprise de Jenson Button au dernier tour, dans des conditions dantesques. Mais cette année, à Bahreïn, rien d’extérieur n’est venu brouiller les cartes et plusieurs raisons font qu’il y a de quoi être optimiste pour que pareille course se renouvelle tout au long de la saison.

L’élément principal à prendre en compte est bien entendu l’absence de consigne chez Mercedes. L’équipe a laissé ses deux pilotes se battre pour la victoire, ce qui nous a offert un duel fratricide digne des plus beaux moments de la Formule 1. Pour cela, il faut saluer l’état d’esprit de l’équipe allemande qui n’a pas souhaité favoriser un de ses pilotes en piste. L’avance des Flèches d’argent est tellement grande face à la concurrence, que de telles consignes n’auraient pas été comprises par la majorité des observateurs. Et elles auraient été incompréhensibles ! Mercedes vient de nous démontrer ce qu’est l’essence même du sport automobile. La compétition, le frisson, l’affrontement des talents, bien des caractéristiques qui avaient été galvaudées ces dernières années, muselées par des tristes consignes des Ferrari, Red Bull ou plus récemment Williams. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont prouvé que l’on pouvait être équipiers en se battant en piste comme des chiffonniers tout en gardant une relation empreinte de respect. Leurs accolades à la sortie de leurs monoplaces en sont les preuves ultimes.

Mercedes d’ailleurs n’a pas été la seule à réagir de cette manière puisque Force India et Red Bull ont, elles aussi, laissé leurs pilotes se bagarrer en piste pour la beauté du spectacle. La polémique soulevée par Williams à Sepang aurait-elle réveillé chez ses concurrents une loyauté envers le public si souvent oubliée ? Et que dire aussi de la révolte des équipiers lorsque l’on voit des Sergio Pérez ou des Daniel Ricciardo faire trembler leur collègue respectif que l’on pensait pourtant établis et dominants au sein de leur équipe ? On ne saurait que s’en satisfaire car la Formule 1 est avant tout un spectacle !

Pastor Maldonado semble également avoir compris qu’à défaut de faire rêver les aficionados avec ses performances, il pouvait lui aussi faire partie du spectacle en réalisant des gestes que seul lui arrive encore à justifier. La Formule 1 est de plus en plus sécurisée et c’est un bienfait. Mais à cause de cette absence de peur qui pouvait envahir les pilotes au volant il y a encore quelques dizaines d’années, certains se pensent invincibles et tentent des gestes qui auraient pu être dramatiques à une autre époque.

Pour cette mésaventure, le Vénézuélien a écopé d’un stop-and-go de dix seconde durant la course, une pénalité de cinq places sur la grille de départ en Chine et trois points en moins sur son permis. En comparaison, Daniel Ricciardo, relâché hâtivement de son stand avec une roue desserrée en Malaisie par son équipe, à qui la faute en était entièrement imputable, avait reçu un stop-and-go à Sepang en plus d’une pénalité de dix places sur la grille du prochain Grand Prix. Le manque de cohérence des sanctions est encore flagrant mais il ne saurait néanmoins gâcher le plaisir d’avoir vu une course d’une telle intensité aussi tôt dans la saison. Les polémiques sur le bruit des moteurs et le manque de spectacle en piste ont subitement pris un sérieux coup de vieux !

Si l’état d’esprit des pilotes et des écuries reste le même durant toutes la saison, il n’y a pas de raisons de ne pas revoir un pareil spectacle se reproduire fréquemment. Chaque duo de pilotes semble très proche l’un de l’autre, et les difficultés constatées à piloter ces nouvelles monoplaces ont tendance à niveler les performances. Les vaincus d’une course voudront être les vainqueurs de la suivante et les rois déchus, tels Sebastian Vettel, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen ou Jenson Button ne sauront se satisfaire de l’affront qui leur a été fait en ce début de saison. Leurs réveils risquent de pimenter encore plus la compétition, et c’est ça, la Formule 1 qu’on aime !

Axel B.





Felipe Massa l’affranchi

4 04 2014

Il faut croire que la chaleur étouffante du circuit de Sepang est propice aux affrontements entre équipiers. Après les duels fratricides entre Sebastian Vettel et Mark Webber puis Lewis Hamilton et Nico Rosberg l’an passé, c’est au tour de Felipe Massa et Valtteri Bottas cette saison de faire parler d’eux avec des consignes d’équipe contestables.

(c) Lat

(c) Lat

Le sang chaud de Felipe Massa a dû se glacer subitement en fin de course lors du Grand Prix de Malaisie alors qu’il a entendu son ingénieur à la radio lui souffler une phrase qui l’a longtemps hantée chez Ferrari : « Valtteri est plus rapide que toi. »

Certes, le Fernando Alonso de l’époque rouge s’est muté en Valtteri Bottas chez Williams, mais l’émotion a dû être la même pour le Brésilien qui a cette fois refusé de jouer les faire-valoir de son jeune et inexpérimenté coéquipier.
Tous les pilotes le savent, la comparaison des talents et des performances se fait avant tout entre équipiers. Il était impensable pour Massa, après une premier Grand Prix d’Australie raté, de laisser passer sa chance en Malaisie de prouver qu’il était le pilote sur qui Williams pouvait et devait compter.

Pourtant, au sein de l’écurie britannique, l’histoire a maintes fois prouvé que les deux pilotes n’étaient pas sur un pied d’égalité. Frank Williams avait pour habitude d’avoir son petit préféré, ce qui lui a valu quelques victoires et sûrement aussi quelques titres en moins. Les luttes intestines entre Alan Jones et Carlos Reutemann ou encore Nigel Mansell et Nelson Piquet ont laissé des traces dans l’aventure de Williams en Formule 1. Après cela, les seconds pilotes clairement identifiés tels que David Coulthard ou Heinz-Harald Frentzen ont été gentiment muselés au profit des futurs champions du monde comme Damon Hill ou Jacques Villeneuve.

Aujourd’hui, Frank n’est plus au bout du micro pour donner les directives en piste, mais sa fille, Claire, semble vouloir tout de même garder l’esprit familial. Une telle communication radio imposée à Massa alors que la saison vient à peine d’être entamée, nous fait légitimement penser aux heures les plus sombres, tactiquement parlant, de la Scuderia Ferrari.
Depuis plusieurs années, les consignes d’équipe ne sont plus interdites. La FIA s’est bien rendu compte que cela ne servait à rien d’imposer une telle règle puisque les écuries, toujours les plus malignes, arrivaient quand même à passer des messages codés, connus uniquement des pilotes, pour imposer leur choix. Cette pratique est d’ailleurs toujours d’actualité comme l’a prouvé l’affaire du « Multi 21 » l’an passé chez Red Bull, peut être par souci d’afficher une image de marque plus sportive, ce qui a été un véritable fiasco pour l’équipe autrichienne.

Est-ce que cela veut donc dire que Williams aurait déjà choisi de privilégier Bottas à Massa cette année ? Le Finlandais, relativement inexpérimenté et pas franchement impressionnant l’an passé, possède le seul atout d’être le plus ancien pilote au sein de l’équipe. Il a réalisé une course solide à Melbourne, malgré une petite erreur, pour décrocher les premiers points de l’équipe en 2014. Massa, harponné au premier virage n’avait pas pu défendre ses chances. Difficile donc de trouver une raison valable et logique pour commencer à faire des choix entre les pilotes d’une même écurie à ce stade de la saison. La configuration de la course à Sepang ne répond pas non plus à cette interrogation. Massa s’était qualifié devant son équipier le samedi, mais en fond de grille, et les deux pilotes ont fait une remontée impressionnante dans les points durant la course jusqu’à ce fameux tour où, le Brésilien, bloqué derrière la McLaren de Jenson Button, a reçu cet ordre. Son équipier finlandais se jugeait plus rapide et apte à dépasser son rival britannique, mais personne ne saura finalement s’il en aurait été capable ou pas.

Felipe Massa a donc décidé de son propre chef d’ignorer cette consigne, et on ne saurait le blâmer au vu de son histoire dans la discipline et au nom de la beauté du sport et de la compétition. Il s’est également affranchi de son image de porteur d’eau et a prouvé par la même qu’il avait tiré les enseignements de ses expériences passées. Reste à savoir si ce choix va impacter sa position au sein de Williams et surtout s’il ne va pas envenimer sa relation avec Bottas, surtout après les échanges fleuris entendu à la radio en début de course entre les deux hommes.

Pareille mésaventure avait déjà eu lieu pour le Finlandais face à son équipier Pastor Maldonado l’an passé, mais la fuite du Vénézuélien vers d’autres cieux avait coupé court à un possible affrontement. Là, les deux pilotes vont devoir passer tout le reste de la saison côte à côte, avec une monoplace visiblement compétitive. De quoi donner des sueurs froides à Claire Williams durant quelques mois.

Axel B.





La cuisine des champions

26 03 2014

Plus que jamais, cette année, pour qu’un des vingt-deux acteurs de la Formule 1 devienne champion du monde, il faudra réunir les meilleurs ingrédients pour cette toute nouvelle recette qui nous est concoctée. Mais quels sont-ils ?

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Tel un parfait chef cuisinier auréolé d’étoiles sur son tablier, le champion du monde des pilotes en 2014 sera celui qui aura présenté les mets les plus fins sans faire d’erreur. Il s’agira avant tout de soigner la présentation sans négliger d’exploiter au maximum la grandeur de l’assiette.
Aucune recette n’est parfaite, mais attardons-nous cependant sur celle qui pourrait être le mélange idéal pour remporter la plus grande distinction possible :

- Choisir un pilote expérimenté, mais pas trop, afin qu’il puisse s’adapter avec facilité à un nouveau style de pilotage sans être parasité par ses habitudes de vieux routard,
- Le faire maigrir de quelques kilos afin qu’il puisse se glisser dans le cockpit sans risquer de dépasser la limite de poids,
- Le faire revenir sur une piste abrasive afin qu’il comprenne au mieux l’usure de ses pneumatiques Pirelli par temps chaud,
- Ajouter de temps à autre, au fur et à mesure de la cuisson, diverses feuilles du nouveau règlement sportif afin qu’il en soit imbibé en douceur,
- Ne pas oublier de le couvrir et le couver en cas de relations difficiles avec son entourage proche,
- Si le bruit de la cuisson s’amenuise, ne pas s’inquiéter outre mesure, le pilote chauffe quand même,
- Arroser au champagne le plus fréquemment possible pour lui conserver une mine fraîche et un sourire…de champion,
- Touiller un nombre de tours suffisant durant 19 Grands Prix pour conserver le goût de la victoire,
- Couper régulièrement les gaz afin de conserver au mieux la résistance de votre plat,
- Servir le tout encore chaud dans une monoplace fraîchement peinte pour l’occasion et avec un museau en forme de cuillère, de pelle à tarte ou de tourne-broche selon votre envie,

En bref, et afin d’éviter toute faute de goût, une bonne dose de confiance en soi et d’optimisme semblent nécessaire pour mener à bien cette recette difficile. En cas de difficultés, n’hésitez pas à vous reporter aux différents ouvrages co-signés Sebastien Vettel et Christian Horner qui traitent du la cuisson des adversaires à feu brûlant. Ces deux-là sont devenus des experts en la matière et même si leur cuisine est pour l’instant en travaux, ils ne tarderont certainement pas à pianoter de nouveaux vers les sommets…

Axel B.





Faux départ

20 03 2014

Ca y est, le moment tant attendu du premier Grand Prix de la saison est enfin passé. Que reste-t-il maintenant de nos interrogations de l’hiver ? Même si la première course n’est jamais représentative, elle apporte cependant son lot d’informations importantes pour la suite de l’année.

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

Parfois, il faut savoir raison garder. La Formule 1, qui représente le pinacle du sport automobile, le sommet de la technologie, le chantre du développement et de l’adaptabilité vient de prouver une nouvelle fois que tous ces superlatifs ne sont pas usurpés.

Si certains pensaient que le Grand Prix d’Australie ne verrait qu’une poignée de monoplaces franchir la ligne d’arrivée, voire même, encore pire, aucune d’entre elles, ils doivent être bien déçu aujourd’hui. Finalement, tous les participants ont prouvé leur réactivité : seulement cinq abandons sur problèmes mécaniques, dont les deux Lotus de Romain Grosjean et Pastor Maldonado qui n’étaient visiblement pas prête à courir ce Grand Prix.

Parmi ces retraits, deux champions du monde. Sebastian Vettel et sa Red Bull, rapide mais peu fiable et surtout Lewis Hamilton, érigé comme le favori ultime cette année mais dont la W05 lui a joué un des pires tours possible en le faisant stopper après quelques pauvres kilomètres. Sa mésaventure du vendredi matin annonçait donc bien un week-end difficile pour le Britannique.

Mais attardons nous quelques instants de plus sur le cas Red Bull. Daniel Ricciardo a prouvé que la monoplace était redoutablement rapide. Ce qui laisse à penser que lorsque les hommes de Milton Keynes auront réglé leurs problèmes chroniques de fiabilité, le retour de Sebastian Vettel pourrait bien faire très mal. Déjà que l’homme est un ogre lorsqu’il gagne, sa volonté risque d’être décuplée avec un esprit de revanche évident après un hiver catastrophique et ce premier Grand Prix cauchemardesque. En plus, la mise en lumière de Ricciardo, certes déclassé, mais qui a marqué les esprits, ne va pas arranger les humeurs du quadruple champion du monde.

Devant, les Mercedes ont survolé les débats. Enfin, surtout Nico Rosberg épargné par les pannes. Mais soyons sur qu’Hamilton aurait été au même niveau que son équipier s’il avait pu courir la totalité de la course. Avec plus de vingt secondes d’avance sur son dauphin, Rosberg a écrasé la concurrence. Qu’en aurait-il était de cet écart si la voiture de sécurité n’était pas rentrée en piste ? Le choc psychologique pour la concurrence aurait été bien plus important…

Derrière, peu de surprises au final. Les Williams que l’on annonçait comme possibles vainqueurs ont saboté leur dimanche avec des qualifications très moyennes. Bottas, victime de sa fougue, a laissé échapper un possible podium et Massa, victime du fameux optimisme nippon, n’a pas fait un tour. Les Ferrari ont déjà prouvé leurs limites avec un Fernando Alonso en manque de vitesse et un Kimi Raïkkönen peu à son aise derrière le volant de sa F14-T. Les fantômes de l’anonymat de 2013 semblent toujours hanter la Scuderia.

Seule bonne surprise, les McLaren qui ont pris la place laissée vacante par les Lotus. Les gris ont retrouvé de la vigueur grâce à leurs blocs Mercedes et la fougue du déjà impressionnant Kevin Magnussen. Avec Daniil Kvyat également dans les points, ce vent de fraîcheur fait un bien fou à la Formule 1 et risque de bousculer la hiérarchie des anciens. Jenson Button doit commencer à sentir le vent de la retraite souffler dans son dos et il va falloir que le champion du monde 2009 ressorte ses plus belles armes pour prouver qu’il tient encore sa place dans la discipline.

La révolution tant attendue n’aura donc bousculé que très peu la discipline. Cette première manche aux antipodes aura eu un arrière gout de procession avec peu de dépassements ou de sorties de piste, pourtant annoncés à grand renfort d’optimisme durant l’hiver. Si Vijay Mallya, le patron de Force India, se demandait où était passé le son des Formule 1, on peut également se demander où est la révolution tant attendu par ces changements de réglementation… peut être en Malaisie dans quinze jours ?

Axel B.





L’année ou jamais pour Ferrari !

14 03 2014

Fernando Alonso, Kimi Räikkönen, une F14-T qui semble bien née et une soufflerie opérationnelle pour un développement constant tout au long de la saison… est-ce que 2014 ne serait pas l’année de Ferrari ?

(c) Fan F1 / Vincent Guignet

(c) Fan F1 / Vincent Guignet

La Scuderia Ferrari n’a plus remporté un titre de champion depuis la saison 2008 et son dernier titre des constructeurs acquis face à McLaren. Il faut remonter un an plus tôt, en 2007, pour trouver trace d’un pilote champion du monde sur une monoplace rouge avec Kimi Räikkönen.

En 2014, le Finlandais est de retour à Maranello avec une application qui étonne même les plus fervents supporters du Flyin’ Finn. Une première étape pour les rouges afin de se relancer sur le chemin du succès avec un pilote qui a déjà gouté à la victoire suprême dans la combinaison Ferrari. Peu de pilotes sont d’ailleurs revenus au sein de la Scuderia après en avoir claqué la porte. Seul Jacky Ickx et son caractère bien trempé avaient réussi pareil cheminement, et avec succès. La comparaison entre le Belge et le Finlandais s’arrêtera là car ce dernier a été champion du monde au détriment du premier nommé, deux fois second du championnat. Gerhard Berger a lui aussi connu pareille mésaventure, mais plus au gré d’un jeu des chaises musicales que par véritable volonté de sa part. D’autant plus que sa seconde période de présence chez les rouges (de 1993 à 1995) a coïncidé avec une des périodes les moins fructueuses de l’histoire de la Scuderia.

Bien sûr, l’autre atout majeur de Ferrari est son dernier pilote fétiche en date, Fernando Alonso. Le Taureau des Asturies a réussi à se mettre les tifosi en poche dès ses premières sorties au volant d’un bolide rouge. Sa combativité, sa hargne et son tempérament latin et râleur, sont en parfaite adéquation avec ce que le public italien admire le plus. Et pour ne rien gâcher, l’Espagnol est un des pilotes les plus doués de sa génération. Si une certaine lassitude a pu s’initier dans son comportement au fil des occasions de titres perdus, son association avec Kimi Räikkönen a été faite pour lui donner un coup de fouet qui pourrait bien le rendre invincible… pour un peu que sa monture soit à la hauteur.

Et il semblerait que la dernière née de Ferrari, l’étrange F14-T au museau de canard, cache bien son jeu. Plutôt fiable, relativement rapide, cette dernière n’a pas encore dévoilé son plein potentiel. Les deux pilotes se sont contentés d’engranger les kilomètres pour essayer de comprendre le nouveau comportement de leur monoplace et tenter d’arriver à Melbourne avec la certitude de terminer la course, ce qui serait une assurance de marquer quelques précieux points. Autre bonne nouvelle pour les hommes en rouge, la soufflerie de Maranello est de nouveau fonctionnelle depuis cet hiver. Les développements ratés des années précédentes devraient alors devenir de mauvais souvenirs et si la myriade d’ingénieurs regroupés autour de James Allison arrive à exploiter au mieux cet avantage, la F14-T devrait monter en puissance tout au long de la saison.

L’échec n’est quasiment pas permis en Formule 1. Mais chez Ferrari encore moins qu’ailleurs. Tous les éléments sont réunis cette année pour que la saison soit fructueuse. Et si tel n’était pas le cas, il faudra s’attendre à une situation de crise qui pourrait bien coûter leurs places à certains des cadres présents depuis plusieurs années, tels que Stefano Domenicali ou Fernando Alonso par exemple.

Axel B.





Les pilotes outsiders pour 2014

8 03 2014

Après un tour d’horizon des pilotes favoris pour la saison 2014, voici venu le temps de jeter un œil aux outsiders qui pourraient créer la surprise en cette saison de grands changements pour la Formule 1.

 

L.Lefevbre / Fan F1

L.Lefevbre / Fan F1

La semaine dernière, nous avons tenté de faire un point sur les pilotes qui pourraient bien jouer le titre lors de cette nouvelle saison. Sebastian Vettel, Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen et Jenson Button constituaient cette liste. Aujourd’hui, parmi les autres pilotes de la grille, quelques outsiders ont été sélectionnés par rapport à leur chance de remporter le titre

Si les McLaren, équipées de moteur Mercedes, font office de favorites avec notamment Jenson Button, il faudra tout de même avoir un œil attentif au parcours du jeune Kevin Magnussen, dont ce sera la première saison en 2014. Les essais hivernaux se sont plutôt bien déroulés pour le jeune Danois, et son acclimatation à sa monoplace a semblé rapide. Beaucoup comparent le parcours du fils de Jan à celui de Lewis Hamilton, qui avait été lancé par Ron Dennis dans le grand bain très jeune, et qui n’avait pas tardé à impressionner. L’avantage principal pour Magnussen est le renouveau de la discipline. Tout le monde repart à zéro, autant au niveau du pilotage que de la compréhension technique. Certes, l’expérience d’un Button est irremplaçable dans ce type de situation, mais la fraicheur d’esprit de Magnussen et sa capacité d’adaptation pourraient bien lui permettre de jouer un rôle important en 2014. La MP4/29 semble bien née et s’il arrive à mettre toutes les chances de son côté avec un travail appliqué et un peu de réussite, le Danois pourrait bien créer la surprise comme Hamilton l’avait fait en son temps en tenant tête à Fernando Alonso et Kimi Raïkkönen jusqu’au dernier Grand Prix de 2007.

Forcement, toutes les équipes motorisées par Mercedes semblent avoir un avantage. Si les Force India, plutôt fringantes ces derniers jours, pourraient bien récolter quelques podiums ou quelques victoires, il sera difficile pour elles de se battre pour le championnat tout au long de la saison. Mais il y a une équipe qui a été rompue à cet exercice durant des années et qui possède en ses rangs un pilote qui a déjà prouvé par le passé qu’il était apte à remporter un titre : il s’agit bien entendu de Williams et Felipe Massa. Le Brésilien partage avec son équipe un esprit de revanche qui pourrait bien être le moteur de la réussite. L’association entre l’équipe britannique et le vice-champion du monde 2008 est déjà une réussite sur le plan humain. Les deux parties se sont déjà extasiées des performances et de l’application de chacune d’entre elles et pour une fois depuis longtemps, les résultats sur la piste confirment cet optimiste. Williams et Massa sont bien placés pour refaire le coup de Brawn GP et Jenson Button en 2009, qui avaient profité d’une monoplace bien née et des modifications du règlement technique pour dominer la saison et remporter les deux titres.

La grande inconnue concerne bien entendu les écuries propulsées par les blocs hybrides Renault, qui semblent avoir les pires difficultés à régler les problèmes rencontrés depuis le début de l’année. Il est donc difficile d’inclure Lotus et Romain Grosjean dans un rôle d’outsider pour cette saison malgré tous les progrès réalisés par le Français l’année dernière. Les moyens financiers limités de l’équipe ne laissent pas présager d’une capacité de retour rapide, au contraire de Red Bull, qui pourrait bien mettre quelques Grands Prix avant de pouvoir rejouer la victoire. Si tel est le cas, il faudra observer le comportement de Daniel Ricciardo, qui pourrait bien profiter des moments difficiles actuellement vécus par l’écurie autrichienne pour s’imposer par son travail, son optimisme et sa bonne humeur, aux côté d’un Sebastian Vettel rompu à la victoire et qui pourrait mal vivre ce revirement de situation.

Le grand saut dans l’inconnu que nous offre ce nouveau millésime va être passionnant à suivre. Il est très difficile de prévoir qui sera compétitif cette année et le premier Grand Prix, prévu en Australie dans une dizaine de jours, nous apportera déjà un premier lot de réponses sur les nombreuses questions qui planent actuellement sur la discipline.

 

Axel B.





Les pilotes favoris pour 2014

28 02 2014

A quelques jours du début de la saison 2014, un petit tour d’horizon des forces en présence côté pilotes s’impose. Cette semaine, ce sont les favoris pour le titre de champion du monde qui seront auscultés.

 

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Dans la pléthorique grille 2014 composée de 22 pilotes, il y en a certains qui sont à classer parmi les favoris pour le titre mondial suprême. Forcement tous les pilotes ne peuvent y prétendre, mais certains en ont fait clairement leur objectif pour cette nouvelle année.

Bien entendu, avec ses quatre titres de rang, Sebastian Vettel reste encore et toujours l’homme à (a)battre. L’Allemand a déjà prouvé son talent de pilotage et de gestion en course, ce qui, bien évidemment, devrait fortement lui servir aux vues des nouvelles règles techniques imposées cette année. Seulement, « Baby Schumi » commence 2014 avec des sueurs froides. L’extrémisme dans la conception de génie Adrian Newey couplé avec les difficultés de performance et fiabilité rencontrées par Renault, ont rendu la tâche difficile à Red Bull pour qui les essais de pré-saison se sont transformés en véritable calvaire. Mais l’équipe a les éléments capables de lui donner des ailes et de rebondir comme ils avaient pu le faire après un début de saison 2013 mitigé. C’est dans l’adversité que va se forger la véritable aura de Vettel, souvent critiqué pour sa facilité.

Du côté de Mercedes par contre tout semble aller pour le mieux. La stabilité du duo de pilotes est clairement un atout. Du coup, autant Lewis Hamilton que Nico Rosberg, se retrouvent parmi les archi-favoris du moment, surtout après des essais réussis à Jerez et à Bahreïn. Les fortes personnalités et les grands noms présents chez les gris ont de quoi faire peurs : Niki Lauda, Toto Wolff, Paddy Lowe et bien sûr Hamilton et Rosberg, arrivent presque à en faire oublier le départ de Ross Brawn, pourtant icône de toute une génération dans la discipline. La pression est sur leurs épaules, et l’entreprise Mercedes attend beaucoup de cette saison. La guerre interne entre les deux pilotes va être passionnante à suivre, d’autant plus que beaucoup d’observateurs pensent que Nico Rosberg est arrivé à maturité et pourrait bien chiper le titre à un Lewis Hamilton qui a tendance à s’éparpiller dans sa fastueuse vie de star.

L’autre binôme de pilotes à surveiller de près se trouve bien sûr chez Ferrari. Là aussi, Fernando Alonso et Kimi Raïkkonen sont des prétendants évidents au titre de champion du monde. Une fois encore, la nouvelle F14-T semble, comme ses devancières, bien née. Mais c’est dans le développement que la Scuderia a pêché dans le passé. Après avoir retrouvé sa soufflerie cet hiver, il semblerait que les hommes de Maranello soient un peu plus à leur aise à ce niveau-là. Après, il ne faudrait pas que les problèmes d’ego entre les deux hommes forts derrière le volant viennent gâcher des possibles chances de victoire finale. A plusieurs titres, cela va être une saison cruciale pour les rouges.

Dernier des favoris, mais non des moindres : Jenson Button au volant de sa McLaren. Comme toutes les équipes motorisées par Mercedes, celle basée à Woking a réalisé de bon tests de pré-saison. La monoplace semble rapide et fiable, ce qui va être très important en 2014. En plus, le Britannique a une capacité d’adaptation phénoménale, autant dans son pilotage que dans son comportement. Son titre mondial en 2009 a été acquis à une période de changement technique dont lui et son équipe ont su profiter pleinement. Sa capacité à gérer ses pneumatiques et sa monture sera cruciale et pourrait bien lui permettre de jouer un deuxième titre mondial.

 

Mais tous ces pilotes devront toutefois se méfier de quelques outsiders qui pourraient bien profiter de cette révolution technique pour se faire une place au soleil. Rendez-vous la semaine prochaine pour en savoir un peu plus sur eux…

 

Axel B.





Une histoire de nez

23 02 2014

« C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! » Voici une tirade du célèbre Cyrano de Bergerac qui sied très bien à la forme nasale des monoplaces de Formule 1 en 2014. Mais comme le fameux Cadet de Gascogne imaginé par Edmond Rostand, il y a fort à parier que ces nouvelles nées de l’année ne manqueront pas de panache.

Licence Creative Commons / Lea Hidalgo

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De tous temps, la Formule 1 a connu des bizarreries esthétiques, et s’en est finalement accoutumée.  Lorsque les moteurs sont passés à l’arrière, les plus conservateurs, Enzo Ferrari en tête, avaient poussé de hauts cris. Les réactions ont été les mêmes avec l’arrivée des premiers ailerons, placés à la manière d’un bricolage astucieux à partir de la saison 1968. Sans aucune réglementation sur le sujet, les pires idées ont traversé les esprits des ingénieurs et ont conduit à des situations esthétiques que renierait le moindre designer automobile aujourd’hui.

On peut se souvenir également, dans un passé plus récent, des fameuses ailes de mouettes apparues à la fin des années 90 sur les Tyrrell et qui avaient fait école au point de se retrouver sur la majorité des monoplaces du plateau avant d’être interdites grâce à un élan de lucidité par la FIA.

D’autres tentatives comme le capot moteur rectiligne surmonté d’un mini-aileron sur la McLaren-Mercedes de 1995 ou le nez en forme de morse de la Williams FW26 de 2004 n’ont heureusement pas fait date, suite à un manque d’intérêt en termes de performance.

Aujourd’hui donc, les museaux version 2014 créent la polémique. Il n’y a guère que Mercedes et Ferrari qui ont tenté d’apporter une solution esthétiquement neutre, mais pas forcément plus réussie, aux nouvelles donnes du règlement technique. Les autres, ont tenté de masquer leurs appendices apparents derrière de judicieuses robes peinturlurées.

Au final, il va falloir attendre les premiers Grands Prix pour que se détache une vérité sur l’influence de cet aspect aérodynamique sur les monoplaces. Est-ce que la forme nasale va avoir une incidence majeure sur les performances ? Certaines écuries adopteront-elles des solutions différentes ?

On sait d’ors et déjà que la FIA a décidé de plancher sur une évolution de la réglementation technique pour 2015 afin de modifier l’aspect des monoplaces. Un aveu clair et précis du manquement de cette dernière qui a, une fois de plus, fait primer l’envie de donner du spectacle avant de prendre en compte des considérations esthétiques.

Les observateurs les plus amusés par cette situation ont déjà fait leurs choux blancs de cette loufoquerie de ce début d’année. Certains parmi eux en ont déduis qu’une monoplaces de Formule 1 était finalement de genre masculin, alors que d’autres tentaient déjà de faire accoupler une McLaren à la protubérance affichée avec une Lotus au nez en tenaille.

Toujours est-il que si la pièce d’Edmond Rostand vantant les mérites de Cyrano de Bergerac et de son attribut nasal protubérant, a nécessité une écriture en Alexandrin de douze pieds par vers, il ne faudra sûrement pas plus de douze tours pour que tous les fans de Formule 1 mettent de côté cette particularité et plongent le nez en premier dans une nouvelle saison qui s’annonce déjà passionnante à suivre. Quelle équipe et quel pilotes pourront alors dire en héros : « A la fin de l’envoi…je touche ! » ?

Axel B.





Happy birthday John Surtees

16 02 2014

Le 11 février 2014, John Surtees a fêté ses 80 ans. L’occasion de revenir sur la carrière atypique d’un homme qui a su relever les plus grands défis du sport mécanique et qui n’a pas été épargné par les drames.

Licence Creative Commons / Pot, Harry / Anefo

Licence Creative Commons / Pot, Harry / Anefo

La particularité la plus connue de John Surtees est d’avoir été champion du monde de moto et de Formule 1. Il n’est pas rare que des pilotes soient très performants dans plusieurs catégories automobiles, mais passer avec succès des deux aux quatre roues est un exploit inédit à ce jour dans la discipline reine.

C’est à l’âge de 17 ans que l’Anglais débute sa carrière moto en 500cm³ et il ne lui faudra guère de temps pour remporter sa première victoire, un an plus tard, en 1952. Il gravit peu à peu les échelons de la discipline pour conquérir son premier titre de champion en 1956 dans la catégorie des 350cm³. Entre 1958 et 1960, le natif de Tatsfield s’adjugera six autres titres et signera une série impressionnante de 35 podiums en autant de courses, dont 32 victoires.
C’est sur cette incroyable domination que Surtees va décider de passer à la course automobile, jugeant qu’il n’avait plus grand chose à prouver sur deux roues. Et c’est avec Lotus qu’il décide de faire le grand saut, en 1960, en participant conjointement à son dernier championnat moto.

Après un bref apprentissage en F2 qui le rassura sur son aptitude derrière un volant, il participe à son premier Grand Prix sur le difficile circuit de Monaco. Il se qualifiera à une modeste 15ème place avant de devoir abandonner en course suite à un problème mécanique. Mais dès sa seconde participation, chez lui à Silverstone, il va monter pour la première fois sur un podium en décrochant la deuxième place derrière l’intouchable Jack Brabham. Il frôlera même la victoire la course suivante au Portugal après avoir réalisé la pole position et se verra de ce fait affublé du statut de pilote le plus prometteur de sa génération.

Malgré cela, il fera le choix étonnant de participer à la saison 1961 au volant d’une modeste Cooper et ne réalisera pas d’exploit avec seulement 4 points marqués et une douzième place finale au championnat. Il s’engagera avec Lola l’année suivante, et ce choix lui sera profitable puisqu’il sera en pole position pour le Grand Prix inaugural de la saison aux Pays-Bas. Un podium en Grande Bretagne et une série de cinq arrivées dans les points ne lui permettront cependant pas de faire mieux qu’une quatrième place au championnat alors que sa saison semblait plus prometteuse.

Le déclic va intervenir avec son transfert chez Ferrari. Repéré par Il Commendatore, Enzo Ferrari, lui-même, Surtees va connaitre sa première victoire sur le difficile et terrifiant circuit du Nürbürgring, mais de trop nombreuses casses mécaniques l’empêcheront une nouvelle fois de se battre pour le titre. Sa seconde saison avec la Scuderia sera bien plus fructueuse et avec deux pole positions et deux victoires (en Allemagne et en Italie), il va devenir champion du monde lors d’un dernier Grand Prix dantesque au Mexique où, bien aidé par son équipier Lorenzo Bandini et par la casse moteur de Jim Clark, il terminera second pour coiffer la couronne.

Il gagnera ensuite deux autres courses avec Ferrari et Cooper avant de participer à la grande aventure de Honda en Formule 1. Il sera même le premier pilote à donner une victoire au constructeur japonais en 1968 lors du Grand Prix d’Italie. Il terminera sa carrière à l’orée des années 70 aux volants de BRM et McLaren avant de créer sa propre équipe, comme son contemporain Jack Brabham, avec laquelle il courra quelques courses entre 1970 et 1972 sans plus jamais remporter de victoires ni même monter sur un podium.

Sa carrière de patron d’équipe sera cependant bien moins florissante. Avec des moyens financiers très limités et une succession de mauvais choix dans la conception de ses monoplaces, les Surtees, toutes motorisées par Cosworth, n’arriveront jamais à remporter une victoire. Seuls deux podiums sont à mettre à l’actif de l’écurie grâce à Mike Hailwood et Carlos Pace en 1972 et 1973. Une quarantaine de pilotes se succéderont derrière le volant en huit ans, dont Vittorio Brambilla, Alan Jones, Jochen Mass ou John Watson pour les plus connus. L’équipe ne sera pas épargnée non plus par les drames. Helmutt Koinigg se tuera à la fin de la saison 1974, à Watkins Glen, au volant de la TS16 à une époque ou les accidents mortels étaient monnaie courante.

Après cette série d’échecs, John Surtees décidera de tirer le rideau à la fin de l’année 1978 pour se consacrer à d’autres activités. Il participera ponctuellement à des courses rétro aux volants de voitures de collection et aidera son fils, Henry, à progresser dans sa carrière en sport automobile. Malheureusement, le 19 juillet 2009, alors qu’il participe à une course de Formule 2 sur le circuit de Brands Hatch, Henry est percuté à la tête par une roue qui s’est détachée de la monoplace d’un de ses concurrents suite à une sortie de piste. Inanimé sur le circuit, le jeune homme de 18 ans décédera des suites de ses blessures une heure plus tard à l’hôpital.

Si John Surtees avait réussi à survivre à une période où la course automobile était mortelle, l’ironie du destin a voulu que son fils trouve la mort a une époque où de phénoménaux progrès de sécurité ont été faits. Son accident – en plus de celui de Felipe Massa, au Hungaroring, quelques jours auparavant – aura cependant permis de renforcer la vigilance sur les problèmes de détachement des pneumatiques.

John Surtees, marqué durement par cet épisode douloureux de sa vie, continuera à militer malgré tout pour promouvoir l’automobile et les sports mécaniques qui ont fait de lui une véritable légende. En novembre 2009, il deviendra même le premier pilote à traverser le Tunnel sous la Manche au volant d’une voiture de course, une Ginetta spécialement préparée pour fêter les 15 ans de l’ouvrage franco-britannique. Avec Jack Brabham, il fait également partie des champions du monde les plus anciens encore en vie.

Axel B.





Ricciardo peut-il battre Vettel chez Red Bull ?

8 02 2014

Daniel Ricciardo fera ses débuts chez Red Bull sur ses terres, en Australie. Un contexte favorable pour le tout nouvel équipier du quadruple champion du monde Sebastian Vettel. L’Allemand, intouchable l’année dernière pourra-t-il être menacé par l’Australien en 2014 ?

(c)  Fan F1

(c) Fan F1

Les duels que nous offrent les pilotes d’une même équipe sont souvent passionnants à regarder. Cette année, outre la rivalité entre Fernando Alonso et Kimi Raïkkönen chez Ferrari, il sera très intéressant de se pencher sur celle que nous offre Red Bull avec l’arrivée du jeune Daniel Ricciardo aux côtés du déjà vétéran Sebastian Vettel.

En fait, seulement deux ans séparent les deux hommes. Mais l’Allemand a battu de tels records de précocité que la comparaison s’avère déjà difficile entre eux. Pourtant, le parcours de l’Australien n’est pas honteux. Il a su séduire les grands pontes de Red Bull, Helmut Marko en tête, qui lui ont donné sa chance d’abord chez HRT, puis ensuite chez Toro Rosso où il a été jugé assez rapide et talentueux pour faire le grand saut chez Red Bull après le départ de Mark Webber.

Il a remporté avec brio le rodéo qu’il avait entamé avec Jean-Eric Vergne, sans pour autant se détacher clairement de celui-ci au championnat. Et c’est peut être cela le plus inquiétant pour lui. Il lui aura fallu du temps et une deuxième partie de saison convaincante pour se défaire du pilote français et gagner sa place dans l’écurie championne du monde. Cette année, face à Vettel, il faudra qu’il soit d’entrée de jeu dans le coup pour avoir le moindre petit espoir de prendre le dessus.

La tâche ne sera pas facile, loin de là. Ricciardo va débarquer dans une équipe totalement acquise à la cause de son chouchou champion du monde et l’histoire de la discipline a démontré bien des fois que ce type de situation pouvait être compliqué. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’arrivée de Rubens Barrichello chez Ferrari en 2000, qui aura vite remisé au placard ses ambitions de titres et de domination aux côtés d’un Michael Schumacher véritable membre de la famille du cheval cabré et dominateur sans partage du Brésilien pendant six ans.

Mais l’approche de Ricciardo est sûrement plus sereine. Il n’a pas déclaré qu’il allait bousculer la hiérarchie au sein de Red Bull, et ce qui pourrait passer pour de la résignation ou un manque d’ambition pourrait en fait être sa meilleure arme contre l’ogre Vettel. L’apparente décontraction et la bonhomie affichée par l’Australien pourraient bien décontenancer « baby Schumi » plutôt habitué à la rudesse relationnelle imposée par Mark Webber ces dernières années.

Mais au final, le résultat se verra en piste. Vettel n’en est pas à sa première victime et Daniel Ricciardo devra être extrêmement concentré et vigilant s’il veut avoir une chance de se faire une place au soleil. Les difficultés rencontrées par Red Bull en ce début d’année pourraient lui être profitables, si elles sont durables. Son abnégation et son sourire seront alors ses meilleures armes à mettre au service d’un talent certain et d’une rapidité mainte fois prouvée le samedi après-midi.

Daniel Ricciardio est en tout cas le mieux placé cette année pour battre Sebastian Vettel. Et il faudra pour ça qu’il le déstabilise au sein même de l’équipe avant de vouloir le faire sur la piste. Le premier pilote qui arrivera à le devancer aux points n’en sera qu’encore plus méritant s’il fait partie de la même équipe que le champion. Les premières courses et la compétitivité de la nouvelle RB10 seront les clés d’un possible succès de l’Australien dans cette entreprise.

Axel B.

 








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