Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, d’Hamilton à Pérez

29 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Première partie, de Lewis Hamilton à Sergio Pérez.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

LEWIS HAMILTON :

Un champion trois étoiles ! Le but, à peine caché, du pilote britannique a été atteint cette année puisqu’il rejoint au palmarès de la Formule 1 son idole de toujours, Ayrton Senna. Hamilton a été magistral en 2015, coiffant la couronne dès le Grand Prix des Etats-Unis, bien aidé par un Nico Rosberg absent, comme durant une bonne partie de la saison. Sans véritable rivaux, le désormais triple champion du monde n’avait plus qu’à se méfier de lui-même. Mais ses errances passées ont laissé place à une assurance de tous les instants, même lorsque tous les éléments semblaient contre lui, comme à Monaco ou en Hongrie par exemple. Ce troisième titre devrait être marquant dans la vie du pilote britannique.

NICO ROSBERG :

En début d’année, tout le monde pensait que l’Allemand pourrait contester le titre suprême à son équipier. Las, en manque flagrant de rythme, Rosberg a laissé filer devant lui un Hamilton écrasant tout sur son passage en début de saison. Sebastian Vettel est venue jouer les troubles fêtes au milieu du clan Mercedes et il est apparu, au cours de la saison, que Rosberg n’allait se battre que pour essayer de conserver sa deuxième place au championnat face au pilote Ferrari. Un constat d’échec qui doit néanmoins être nuancé par sa formidable fin de saison qui l’a vu aligner six pole positions et trois victoires en six courses. De quoi repartir sur un bel élan en 2016 ?

SEBASTIAN VETTEL :

Après une saison 2014 complètement raté, Vettel est revenu sur le devant de la scène en faisant de Ferrari une équipe capable de contester la victoire aux Mercedes de façon sérieuse. Trois victoires, dans des circonstances différentes, on fait de l’Allemand le poil à gratter de Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Le pilote est redevenu incisif et l’homme est apparu plus détendu. Si le doute a pu le ronger l’an passé, 2015 l’aura remis sur les bons rails. Son sérieux, son abnégation, son esprit d’équipe et sa redoutable rapidité font qu’il semble inévitable qu’il ne soit pas titré dans les années à venir avec Ferrari. Mais on pensait exactement la même chose de Fernando Alonso, avec le résultat que l’ont connait aujourd’hui.

KIMI RAIKKONEN :

Cette année, on a vu le Finlandais souriant dans le paddock, et c’est sûrement grâce à son état d’esprit que son contrat chez Ferrari a été renouvelé. Parce que du point de vue des résultats, l’année de Raikkonen a été plutôt décevante. Trois podiums contre Trois victoires face à son équipier, le bilan est maigre. On retiendra surtout ses accrochages, avec Alonso en Autriche ou Bottas en Russie et au Mexique, et une quatrième place logique au championnat du monde des pilotes. Il va falloir cependant qu’il fournisse bien plus en 2016 s’il veut conserver une chance de rester en Formule 1 encore quelques temps. Il l’a avoué lui-même, il n’ira nulle par ailleurs que chez Ferrari, et si la Scuderia redevient une machine à gagner, sa place sera hautement convoitée.

VALTTERI BOTTAS :

A l’image de son équipe, Bottas a été quelque peu décevant cette année. Dominé en début de saison par son vétéran d’équipier, Felipe Massa, le Finlandais aura relevé la tête en fin de saison, avec un seul podium au Canada comme meilleur résultat. Forfait suite à des problèmes de dos pour la première course en Australie, Bottas aura surtout fait les gros titres pour ses deux affrontements, en Russie et au Mexique, avec son compatriote Kimi Raikkonen. Gageons que sa saison 2016 soit un pu plus flamboyante au risque de passer d’espoir en devenir à pilote de seconde zone.

FELIPE MASSA :

Auteur d’un bon début de saison, Felipe Massa n’en a quand même pas moins été contraint à un rôle d’outsider toute l’année, à l’image de son équiper, faute à une monoplace rétive. Avec deux podiums, en Autriche et à Monza, où il est resté très populaire, son bilan reste meilleur que celui de Bottas. Mais, avec un peu de fatigue et de lassitude, sa fin de saison ne lui aura pas permis de devancer le Finlandais au championnat, comme il l’a pourtant fait durant une bonne partie de l’année. Le Brésilien a sûrement sauvé son baquet pour 2016 grâce à une saison honnête et une volonté de stabilité chez Williams. Mais l’an prochain prendra probablement la forme d’un tour d’adieu pour l’un des pilotes les plus expérimenté de la discipline.

DANIEL RICCIARDO :

Prisonnier du conflit qui a sévit entre Red Bull et Renault, Daniel Ricciardo aura eu du mal à réaliser une saison aussi convaincante qu’en 2014. Lui qui se voyait se battre pour le titre après ses trois victoires l’an passé, est finalement dépassé au nombre de points par son équipier, transfuge de Toro Rosso. Deux podiums, chanceux ne suffiront pas à le satisfaire et on voit mal, malheureusement, comment sa situation pourrait évoluer en mieux en 2016. L’Australien devrait peut être commencer à regarder si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs, en dehors de sa maison Red Bull, comme l’a fait avec succès son ancien équipier, Sebastian Vettel. Un exemple à suivre, évidemment.

DANIIL KVYAT :

Le jeune russe avait beaucoup à prouver cette année. Beaucoup d’observateur ne le trouvaient pas réellement légitime pour remplacer le quadruple champion du monde Sebastian Vettel. Pourtant, après une entame de saison brouillonne et plutôt difficile, Kvyat a pris confiance en lui et a démontré une belle pointe de vitesse et une régularité étonnante. Ces deux qualités lui ont permis de devancer son équipier au championnat et devrait lui permettre d’aborder 2016 sous de bons auspices. En espérant que la nouvelle monoplace Red Bull lui en donne les moyens.

NICO HULKENBERG :

La saison de l’Allemand a été marquée par sa formidable victoire lors des 24 heures du Mans, en plein cœur de l’été. Un succès qui lui aura permis un temps d’occuper le devant de la scène dans les paddocks de la Formule 1, avant de retomber dans l’anonymat du peloton. « L’incroyable Hulk » aura commis beaucoup trop d’erreurs et d’approximations pour pouvoir prétendre au podium après lequel il court depuis le début de sa carrière. Il ne va pas falloir qu’il tarde trop avant de l’atteindre parce que le temps passe vite. Surtout lorsque l’on a à ses côtés un équipier rapide et richement doté en dollars.

SERGIO PEREZ :

Boosté par le retour de son Grand Prix national au calendrier, le Mexicain a passé un palier cette saison en devenant un pilote plus constant et moins fougueux. Certes, son agressivité peut encore se muer geste dangereux, mais il aura tenu son équipe à bout de bras en début de saison, avec une simple évolution de la monoplace de l’an passé et il aura inscrit le seul podium de Force India cette année, seulement le troisième de l’histoire de l’écurie, en Russie au terme d’une course d’attaque. Si la monoplace 2016 lui permet, on peut être sûr que Pérez deviendra un candidat crédible au podium de manière régulière.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





Tecpro : L’avenir de la sécurité en F1

20 12 2015

La présence française en Formule 1 ne se borne pas à Renault et à Romain Grosjean. En effet, une entreprise tricolore fait beaucoup pour la sécurité des pilotes sur les circuits grâce à une technologie innovante de barrière appelée Tecpro. Nous avons rencontré son créateur, Rafaël Galiana.

(c) Getty

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C’est au pied du Garlaban, sommet provençal mis en lumière par l’écrivain Marcel Pagnol, dans le Parc d’Activité de Napollon, poche d’Aubagne, que Rafaël Galiana a décidé d’installer les bureaux français de son entreprise Tecpro. Originaire de la région, ce natif de Marseille est avant tout un passionné, pilote à ses heures, qui a décidé, après avoir arpenté différents circuits mondiaux, de trouver une solution pour améliorer la sécurité des pilotes qui est souvent mise à mal par la piètre qualité d’absorption des murs de pneumatiques ou des glissières de sécurité classiques.

Implantée en France, l’entreprise n’en est pas moins internationale avec des usines en Chine, en Tunisie et aux Etats-Unis, des bureaux à Hong Kong et un rayonnement mondial sur une majorité de pistes qui accueillent des compétions de sport automobile.

Après avoir commencé à équiper de nombreuses pistes de karting, plus de 300 dans le monde entier actuellement, Tecpro s’est fait connaitre sur les circuits de Formule 1 en présentant son projet à la FIA, garante de la sécurité sur les pistes homologuées. Le Grand Prix de Singapour en 2008 a été la première course à accueillir des barrières Tecpro qui doit son exceptionnelle absorption de chocs à hautes vitesses – à prés de 220 km/h – à sa conception en polyéthylène souple et à son innovant système de sangle intégrée qui permet aux barrières de ne pas se désolidariser où d’être traversées par une voiture lors d’un impact. Il aura fallu 6 ans pour que l’entreprise impose sa vision aux instances dirigeantes de la Formule 1, après diverses réunions et série de crash test.

La connaissance du sport automobile de Rafaël Galiana est un atout majeur pour son entreprise, comme il le précise lui-même : « Au niveau de la sécurité, nous savons de quoi nous parlons. Lorsque l’on arrive sur un circuit, nous savons où sont les points critiques et nous savons où nous pouvons améliorer la sécurité. »

Mais malgré ce savoir-faire évident, encore trop peu de promoteurs et de pistes décident de s’équiper de ce nouveau matériel pour remplacer les archaïques murs de pneumatiques. Ce que déplore son concepteur : « Les circuits font le minimum. Au Brésil par exemple, un seul virage est équipé Tecpro, mais les promoteurs ont préféré dépenser de l’argent pour refaire entièrement les stands. »

Pourtant l’histoire récente de la Formule 1 regorge d’exemple de nombreux pilotes qui sont sortis indemnes d’énormes crashs après avoir perdu le contrôle de leur monoplace dans les barrières Tecpro. Max Verstappen à Monaco ou Carlos Sainz Jr à Sotchi cette années sont parmi les exemples les plus flagrants. Le père de l’Espagnol viendra par ailleurs remercier Rafaël Galiana pour avoir permis à son fils de s’extraire indemne de son accident.

Aujourd’hui, tous les nouveaux circuits sont équipés de barrières Tecpro, mais pas forcément entièrement. Comme le précise ne souriant Rafaël Galiana : « C’est ou les pneus, ou nous ! » Légèrement plus cher que les barrières de pneumatiques, le Tecpro fait néanmoins désormais parti de la réflexion de la FIA et des designers lors de la conception des nouvelles pistes. Les coûts d’acheminement sont moins élevés, le temps passé à monter les barrières est réduit par rapport à un mur de pneumatiques : « On arrive avec très peu de container et avec une main d’œuvre rapide. Tous ces avantages commencent à rentrer dans les mentalités. Nous sommes une entreprise ‘green’. Un circuit jette 20 pneus par an en moyenne, ce n’est pas un gros pollueur. Mais un circuit ne jettera que deux bloc Tecpro par an. Et pour faire un circuit entièrement avec des pneumatiques, il faut aux alentours de 400 camions pour les acheminer, alors que seulement 40 container sont nécessaires de notre côté. »

Même si l’entreprise a réussi à imposer son savoir-faire et sa technologie dans le microcosme du sport automobile, il reste encore beaucoup de chemin à faire à Rafaël Galiana pour s’étendre encore plus, de manière mondiale. Mais la passion est le moteur principal de Rafaël Galiana et de son entreprise Tecpro. C’est pourquoi il donne également un coup de pouce discret à un ou deux pilotes en devenir.

 

Axel B.





Force India : Un développement inversé

10 12 2015

Traditionnellement, Force India démarre la saison sur les chapeaux de roue avant de rentrer petit à petit dans le rang suite au ralentissement de son développement par rapport à la concurrence. Cette année, l’équipe indienne a vécu la situation inverse, avec une monoplace qui s’est développée tout au long de la saison pour atteindre le podium en Russie. De bonne augure pour 2016 ?

Licence Creative Commons/ Morio

Licence Creative Commons/ Morio

Cette saison 2015 a été particulièrement riche en événement pour l’équipe Force India. Après un hiver et une intersaison difficile, notamment du point de vue financier, l’écurie a débarqué à Melbourne, pour la première manche du championnat du monde de Formule 1, avec une simple évolution de sa monoplace version 2014.

La VJM08 première version s’avérera rapidement obsolète et ne sera sauvée que par la puissance de son moteur Mercedes et les quelques coups d’éclats d’un Segio Pérez particulièrement en forme.

Au cœur de l’été, c’est la réussite de l’autre pilote maison, Nico Hulkenberg, qui retiendra l’attention. L’Allemand, badgé Force India en Formule 1, ira gagner les prestigieuses 24 heures du Mans, assurant ainsi une visibilité bienvenue à son équipe en manque de performance.

L’introduction tant attendu de la version B de la monoplace indienne interviendra lors du Grand Prix de Grande Bretagne. A partir de ce moment là, Pérez ne manquera les points qu’à deux occasions jusqu’à la fin de la saison et montera même sur le podium du Grand Prix de Russie après une belle course d’attaque. Hulkenberg, étonnamment un peu moins performant que son équipier, marquera néanmoins quelques gros points pour assurer à l’équipe la cinquième place au championnat du monde des constructeurs, soit son meilleur résultat depuis son engagement dans la discipline en 2008.

La nouvelle stratégie de développement, même si elle a été plus subie que choisie, semble donc avoir portée ses fruits. Les années précédentes, l’équipe arrivait en début de saison avec une voiture compétitive, permettant à ses pilotes de jouer le podium à la régulière comme l’an passé au Grand Prix du Bahreïn avec Pérez. Mais au fil de la saison, à cause d’un manque de moyen flagrant, le développement technique de la monoplace ne pouvait plus suivre celui de la concurrence et l’équipe rentrait alors dans le rang pour se contenter de quelques places d’honneur en capitalisant sur ses bons résultats du début de saison.

Cette année, c’est l’inverse qui s’est produit, toujours avec le facteur financier comme principale cause. Impossible pour Force India, qui avait prit des retards de paiements à ses fournisseurs durant l’hiver, de proposer une toute nouvelle monoplace en début d’année,. La présence même de l’équipe sur la grille de départ en Australie était sujette à interrogation. Mais les deux VJM08 étaient bien là à Melbourne et l’équipe technique a planché sur une évolution de celle-ci pour proposer une version B, bien plus véloce à compter la mi-saison. Avec un développement tardif, mais constant et efficace, la monoplace à pu se distinguer plusieurs fois, tant en qualifications qu’en course.

Si l’équipe continue son développement en 2016 sur sa lancée de cette fin de saison, il se pourrait bien qu’elle passe un palier intéressant et qu’elle devienne une candidate crédible au podium chaque week-end. Mais une fois de plus, le critère financier sera déterminant.

Axel B.





Nico Rosberg sur sa lancée en 2016 ?

2 12 2015

Avec 6 pole positions d’affilée et 3 victoires consécutives, Nico Rosberg réalise une fin de saison tonitruante. Mais peut-il conserver ce bel élan pour entamer 2016 en rival crédible de Lewis Hamilton ?

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Littéralement étouffé par la dynamique victorieuse de son équipier Lewis Hamilton, Nico Rosberg à du se rendre à l’évidence de la supériorité de son rival au milieu de la saison. Incapable de suivre le rythme du Britannique (Grande-Bretagne, Belgique…) et parfois handicapé par des problèmes techniques contraignants (Italie, Russie…), l’Allemand n’a pas réussi à se donner une impulsion suffisante en début d’année pour pouvoir prétendre au titre mondial.

Pourtant, avec l’arrivée des premiers Grands Prix européens, Rosberg semblait en mesure de prendre le dessus sur Hamilton. Une belle victoire en Espagne, une autre plus chanceuse à Monaco et enfin un succès probant en Autriche aurait du le relancer. Mais alors qu’on aurait pu croire qu’un ascendant psychologique ait été pris par l’Allemand, c’est l’inverse qui s’est produit et cette série de déconvenues a vexé Hamilton qui a repris immédiatement, sur ses terres, les reines du championnat. Malgré quelques imprévus en Hongrie et à Singapour, le Britannique sera impossible à arrêter jusqu’à l’acquisition de son troisième titre mondial à Austin, au Texas.

Ce jour là, un déclic s’est produit dans le comportement de Nico Rosberg. L’Allemand a laissé s’échapper, sur une bête erreur de pilotage, une victoire qui aurait repoussé le titre d’Hamilton et aurait pu introduire le doute dans la tête du Britannique. A partir de ce moment, pétrit de honte et de remord, Rosberg n’a plus semblé être le même homme.

Au Mexique, au Brésil et à Abu Dhabi, il n’a laissé que des miettes à son équiper. Développant un pilotage pur, rapide et sans erreur, Rosberg s’est montré sous son plus beau jour, rappelant à tout le monde, et à Hamilton en particulier, le grand pilote qu’il pouvait être.

Mais ce réveil est arrivé trop tard pour inquiéter son triple champion du monde d’équipier. Peut-il d’ailleurs être vraiment inquiétant pour la suite ? Cette série de victoires, en fin de championnat face à un rival sans plus aucun objectif et un peu la tête ailleurs, n’a-t-elle pas les allures d’un baroud d’honneur de fin de cycle ?

Personne ne sait si Mercedes pourra conserver sa redoutable avance sur ses rivales en 2016. On a déjà vu l’équipe Ferrari se rapprocher dangereusement cette année et Sebastian Vettel semble être le prochain homme en forme. Il ne faudra pas non plus négliger la capacité de réaction de Renault et Honda, deux des motoristes les plus riches et les plus puissants du plateau.

Nico Rosberg a déjà eu deux chances d’être titré en 2014 et en 2015. Sur ces deux saisons, il s’est fait battre par son équipier, et de manière encore plus flagrante cette année. Psychologiquement, ces trois dernières victoires vont lui permettre de passer un hiver serein. Mais lorsque la saison 2016 sera lancée et que tous les pilotes seront tournés vers le même objectif de victoire, l’Allemand aura-t-il les épaules assez larges pour aller chercher le titre ? Il ne l’a malheureusement pas encore prouvé à ce jour.

Axel B.





Abu Dhabi : Les enjeux du dernier Grand Prix de la saison F1

27 11 2015

Le dernier Grand Prix de cette saison 2015 pourrait paraitre inutile après les consécrations de Mercedes et Lewis Hamilton dans les deux championnats. Mais des enjeux sont encore en cours pour quelques pilotes et équipes.

 

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(c) Mercedes

Le Grand Prix de Russie et celui des États-Unis ont chacun été le théâtre du couronnement des nouveaux champions du monde 2015. La piste de Sotchi a donc vu le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive et le tracé d’Austin a consacré Lewis Hamilton pour le troisième titre de sa carrière.

Au Mexique, l’enjeu pour la deuxième place du championnat pilote s’est réglé entre Sebastian Vettel et Nico Rosberg, à l’avantage de ce dernier, vainqueur sur la piste des frères Rodriguez tandis que que son rival se fourvoyait dans une série d’erreurs inhabituelles pour un quadruple champion du monde. Les quelques points restant à prendre au Brésil pour assurer l’autre pilote Mercedes de sa place de dauphin n’étaient plus qu’une simple formalité.

La Formule 1 va donc débarquer à Abu Dhabi, sur la piste de Yas Marina, avec peu de suspens à offrir mais sûrement beaucoup de spectacle. En effet, libérés de tout enjeu, les pilotes vont pouvoir s’expliquer sur la piste sans aucune retenue et devraient donc nous offrir quelques belles passes d’armes, si leurs équipes respectives les laissent jouer tranquillement.

Mais plus bas dans le tableau, quelques enjeux subsistent encore. La bagarre de Finlandais pour la quatrième place du championnat du monde risque bien de prendre un tournant épique au regard de l’animosité récente qui s’est construite ces dernières semaines entre Kimi Raikkonen et Valtteri Bottas. Les deux finnois ont déjà échangé quelques coups en Russie et au Mexique et seulement un point les sépare au championnat du monde. Plus qu’une place, c’est l’honneur qui est en jeux. Celui de Ferrari et Williams, aussi.

Encore un peu plus loin, la bataille pour la symbolique dixième place au championnat pourrait bien faire quelques étincelles. Elle mettra en concurrence Nico Hulkenberg, vainqueur cette année des 24 Heures du Mans, Max Verstappen, révélation de cette saison et Romain Grosjean, qui voudra quitter Lotus, son équipe de toujours, sur une bonne note. Les trois points qui les séparent pourraient bien être le plus animés de cette course.

Il restera également à observer une bataille d’égo entre les deux pilotes Red Bull; séparés de seulement dix points à l’avantage de Daniil Kvyat sur Daniel Ricciardo. L’Australien tombé des nues cette année, aimerait sûrement finir sur une belle note et, surtout, devant son équipier.

Rien que pour tous ces affrontements, la dernière course de la saison vaudra son pesant de cacahuètes, avant que tous les fans de Formule 1 ne se mettent en hibernation pour quelques mois.

 

Axel B.








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