Gérard Ducarouge, l’élégance de l’ingénierie à la française

15 03 2015

Gérard Ducarouge a été à l’origine de quelques unes des plus belles et efficaces lignes des monoplaces de Formule 1 des années 70 et 80. Cet ingénieur français, qui a connu le succès chez Ligier et Lotus, notamment, nous a quittés le mois dernier, laissant le sport automobile orphelin.

(c) DR

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A l’époque où la Formule 1 était encore un sport en plein essor, bien loin de la machine parfaitement huilée que l’on connait aujourd’hui, Gérard Ducarouge, en ingénieur talentueux qu’il était, a pu écrire quelques unes des plus belles pages de la conception et de l’ingénierie.

Après une formation en aérospatiale, plutôt courante dans ce milieu, qu’il jugeait peu intéressante, le Français se dirige avec passion vers l’automobile au sein de la structure sportive de Matra, qui conçoit des voitures de courses. A l’aube des années 70, les innovations sont légions et Ducarouge va rapidement grimper les échelons de la Formule 3 au sport prototype jusqu’à atteindre le Graal d’une triple victoire au 24 heures du Mans entre 1972 et 1974.

Mais c’est en Formule 1, au sein de l’écurie Ligier qu’il rejoindra après avoir claqué la porte de Matra, qu’il sera sous les feux de la rampe. Il participera à la formidable épopée de l’écurie française aux côtés notamment de Jacques Laffite, en remportant plusieurs victoires et en frôlant le titre en 1979.

Mis à la porte par l’autoritaire Guy Ligier au début des années 80, Ducarouge n’aura aucun mal à trouver une place au sein d’une équipe Lotus récemment devenue orpheline de son concepteur, Colin Chapman. Le Français reprend en mains l’écurie moribonde, en y intégrant des innovations importantes, comme les coques en nid d’abeilles et la conception des châssis en fibre de carbone.

Avec l’équipe britannique, il accompagnera les premiers succès en Formule 1 du jeune Ayrton Senna au volant de la fameuse 97T qui permettra au Brésilien de se faire suffisamment remarquer pour rejoindre la grande équipe McLaren. Ducarouge, lui, restera fidèle à Lotus encore quelques temps avant de refaire un tour du côté de Ligier et finir sa carrière chez Matra, terre de ses débuts, en tant que directeur du développement international.

Avec la mort de Gérard Ducarouge, c’est une page de l’histoire de la Formule 1 qui se referme. Un homme intègre et discret qui n’aura sûrement pas manqué d’influencer toute une génération d’ingénieurs de génie à laquelle appartiennent notamment Adrian Newey ou encore Paddy Lowe.

Axel B.





Toro Rosso en mode junior !

5 03 2015

L’équipe Toro Rosso est en train de s’affirmer dans son rôle de formatrice de talents pour sa grande sœur Red Bull. Après Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, tous deux désormais titulaires à Milton Keynes, c’est au tour de Max Verstappen et Carlos Sainz Jr de bénéficier du talent de formation de l’équipe de Faenza.

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

Dans l’histoire de Toro Rosso, les motifs de satisfaction ne sont pas légion. Au tout début de sa présence en Formule 1, l’écurie construite sur les cendres de Minardi aurait pu prétendre à bien mieux. En perpétuelle progression, elle se paiera même le luxe de devancer sa grande sœur Red Bull au championnat du monde des constructeurs en 2008. Cette sixième place acquise notamment grâce à la magnifique victoire de Sebastian Vettel sous la pluie italienne de Monza, reste à ce jour son meilleur résultat.

Vexée, Red Bull chipera l’Allemand pour les saisons suivantes pour en faire le multiple champion d’aujourd’hui. De plus, l’époque des échanges de technologie entre équipes étant révolue, Toro Rosso rentrera rapidement dans le rang avec des pilotes moyens, comme Sebastian Buemi, Sébastien Bourdais ou Jaime Alguersuari, ayant du mal à faire fonctionner des monoplaces elles aussi moyennes.

Après avoir rêvé des sommets, l’équipe basée à Faenza reprend alors son rôle initial de pouponnière à talents de la maison Red Bull. Daniel Ricciardo y fait ses armes pendant deux saisons avant d’être appelé pour remplacer le vétéran Mark Webber à Milton Keynes, avec la réussite qu’on lui connait. Le jeune Australien parvient à remporter les trois seuls Grands Prix qui échapperont à l’armada Mercedes en 2014, faisant par là même oublier les déboires du quadruple champion du monde en titre, Sebastian Vettel.

Sur ses traces, le jeune russe Daniil Kvyat va connaître une ascension encore plus fulgurante. En effet, le jeune homme de 20 ans reçoit la lourde tâche de remplacer Sebastian Vettel en 2015, après seulement une saison dans la discipline reine et quelques 19 Grands Prix qui représentent là sa seule expérience.

Du côté de Toro Rosso, le grand ménage a donc été fait avec le départ du déjà vieillissant Jean-Eric Vergne, du haut de ses 24 ans, parti chez Ferrari, comme Vettel par ailleurs, pour laisser place à deux pilotes « juniors », fils d’anciennes gloires du sport automobile : Max Verstappen et Carlos Sainz Jr.

Si le premier cité a déjà fait parler de lui en raison de la précocité de sa titularisation à seulement 17 ans, ce qui fait de lui le plus jeune participant à une course de Formule 1, le second, champion sortant de Formule Renault 3.5., représente l’excellence de la filière Red Bull. A 20 ans, l’Espagnol fait déjà figure d’ancien au sein de l’équipe italienne, c’est dire !

Petite sœur de la grande Red Bull, voilà maintenant que Toro Rosso devient le refuge des fils de champion. Carlos Sainz Senior et Jos Verstappen pourraient-il rapidement tomber dans l’oubli au profit des performances de leurs rejetons ? Ceux-ci peuvent en tout cas légitimement prétendre à un bel avenir, au vu des récentes ascensions des pilotes estampillés Red Bull comme Vettel, Ricciardo ou Kvyat. Après quelques balbutiements, la filière de la boisson énergisante semble désormais tourner à plein régime !

Axel B.





La Formule 1 doit éviter la psychose de l’accident

28 02 2015

Depuis le mois d’octobre 2014, la Formule 1 est traumatisée. A juste titre, bien entendu, mais il ne faut pas que la discipline sombre dans la psychose et que ses observateurs traitent le moindre incident comme un événement dramatique. L’accident de Fernando Alonso à Barcelone cette semaine en est le parfait exemple.

(c) McLaren

(c) McLaren

Il faut savoir raison garder : c’est un adage qui s’applique parfaitement à la situation dans laquelle la Formule 1 se trouve actuellement. Après le terrible accident de Jules Bianchi lors du Grand Prix du Japon 2014, la discipline s’est soudainement rappelée qu’elle était un sport dangereux, et semble aujourd’hui subir les conséquences de ce traumatisme encore récent

De cet accident, plusieurs mesures de sécurités sont ressorties afin de renforcer un système déjà très performant. L’électrochoc provoqué par les conséquences de la sortie de piste du jeune Français aura au moins permis une prise de conscience d’un certain endormissement concernant la dangerosité de ce sport.

Mais il ne faut cependant pas trop en faire et ne pas tomber non plus dans la psychose, notamment du côté des observateurs. Le récent incident qui a impliqué Fernando Alonso et sa McLaren sur la piste de Barcelone lors des séances d’essais hivernaux est à ce titre révélateur de l’état d’esprit dans lequel se trouve la Formule 1.

Le pilote espagnol a été victime d’une sortie de piste, à première vue banale et qui n’aurait inquiété personne si plusieurs éléments, présentés comme troublants, n’étaient pas intervenus. Le double champion du monde n’est pas sorti de lui-même de sa monoplace et il a fallu l’intervention de la voiture médicale, puis d’un hélicoptère, pour le transporter vers un lieu de premiers soins adéquat.

L’équipe McLaren, après une courte période de silence tout à fait normale, s’est empressée de déclarer que son nouveau pilote était indemne et conscient et qu’il avait pu s’entretenir avec les médecins présents autour de lui. A partir de là, rien n’autorisait vraiment à de graves inquiétudes. Et c’est là que la psychose relative au mois d’octobre 2014 est entrée en jeu. De nombreux acteurs différents de la Formule 1 y sont allés de leur réactions, plus ou moins nuancées…

Sebastian Vettel tout d’abord, qui suivait la McLaren dans ce virage 4 du circuit de Barcelone, a qualifié la sortie de piste de l’Espagnol « d’étrange ». En effet, elle pouvait n’être qu’étrange puisque la MP4-30 s’est projetée sur le mur intérieur, ce qui est plutôt inhabituel dans ces circonstances.

Il y a ensuite eu les images et les réactions d’un photographe présent sur place, montrant la McLaren peu abimée tout en déclarant que la tête du pilote était penchée en avant, précédemment au choc. De quoi tirer une conclusion hâtive sur un possible malaise de Fernando Alonso plutôt que de penser qu’il aurait pu être afféré à réaliser divers réglages sur son volant.

Les images, pourtant banales dans ces circonstances, de draps blancs servant à cacher la scène de l’accident ont, elles aussi, fait le tour des sites internet, des réseaux sociaux et des télévisions, pour encore plus dramatiser un instant qui ne l’était finalement pas tant que cela.

Finalement, Alonso s’en sort plutôt bien, tout au plus un peu commotionné ou choqué par ce qui reste une sortie de piste à grande vitesse, et des images rassurantes du pilote sont parvenus aux médias. Il restera cependant encore quelques voix pour s’étonner du temps d’observation de plusieurs jours que l’Espagnol doit subir à l’hôpital…la Formule 1 n’est donc pas encore guérie de sa psychose.

Axel B.





Williams a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

21 02 2015

Après un épisode 2014 des plus convaincants, Williams est annoncée comme une des forces qui pourraient bien concurrencer Mercedes. L’équipe anglaise, qui a digéré une restructuration profonde, aura-t-elle les épaules assez larges pour assumer ce nouveau rôle ?

(c) Williams

(c) Williams

Des bas fonds de la grille de départ à la pole position au dernier Grand Prix d’Autriche en seulement quelques mois, la résurrection de Williams a quelque chose de miraculeux. Cette écurie emblématique de la Formule 1 a su rapidement se restructurer sous l’égide de Claire Williams, fille du fondateur Franck, et de Pat Symonds, ingénieur tombé en disgrâce suite à l’histoire du crashgate, puis remis en selle par ce projet.

Ingénieuse dans la diversité et dans l’application de ses connaissances, l’équipe a réussi à rentabiliser de manière optimale son savoir-faire en créant des structures et des entreprises lui permettant d’exploiter au mieux son ingéniosité, et d’assurer ainsi un financement solide à son projet sportif, là où beaucoup d’autres indépendants, comme Force India ou Sauber, peinent encore à survire.

Sportivement, justement, la résurrection a été entrevue l’année dernière. Délaissant au moment opportun un bloc moteur Renault, qui n’aura servi qu’à faire rêver que quelques nostalgiques, l’équipe s’est tournée vers Mercedes et son hybride magique, largement en avance sur la concurrence.

Toutefois, il serait réducteur de n’accorder qu’au bloc allemand la paternité de la renaissance de Williams. En effet, les Anglais ont réussi à sortir une monoplace équilibrée et judicieusement dessinée qui aura permis à Valtteri Bottas et Felipe Massa de devancer les autres équipes propulsées par un moteur étoilé, à savoir McLaren et Force India.

Les bons résultats de Williams en 2014 – une pole position et neuf places sur le podium – ont directement propulsé l’équipe au rang des favoris pour contrecarrer la domination des Mercedes en 2015. Les deux pilotes maison se voient d’ailleurs déjà en bagarre pour le titre, Massa rêvant de prendre sa revanche sur le sort, et Bottas s’imaginant déjà tout de rouge vêtu chez Ferrari. Or l’équipe a-t-elle réellement les moyens des ambitions qu’on lui porte ?

Certes, Williams est une habituée des titres et des succès, mais cela fait maintenant depuis 1997, soit près de vingt ans, qu’elle court après son dernier titre. Quelques victoires parsemées lui ont permis de conserver le goût de la première place, mais pas la pression inhérente à un titre mondial. Pat Symonds, véritable cerveau de la nouvelle structure de l’équipe, est cependant rompu à la victoire avec les doubles titres de Fernando Alonso chez Renault au milieu des années 2000, et Claire Williams bénéficie avec intelligence de l’aura et de l’expérience de son père.

En 2014, contrairement à d’autres équipes aux moyens plus limités, comme Force India, le développement technique des Williams n’a pas semblé ralentir en cours d’année. Bien au contraire, Felipe Massa n’aura jamais été aussi près de la victoire que lors du final à Abu Dhabi. Un point positif qui pourrait permettre à l’équipe de continuer sur sa lancée et d’entamer 2015 dans de bien meilleures dispositions.

Reste la relative inexpérience de Valtteri Bottas au plus haut niveau, qui pourrait laisser quelques doutes quant à sa capacité de gérer la pression. Cependant le flegmatique finlandais a réussi à prouver tout au long de l’année passée qu’il avait les épaules assez larges pour assumer ses ambitions. De son côté, Felipe Massa n’a plus beaucoup de temps avant de réaliser la saison de trop, mais à 33 ans, le Brésilien semble revivre au sein d’une structure moins politiquement embarrassante que Ferrari.

Tous les indicateurs semblent au vert pour que Williams réalise une saison de rêve en 2015. Cependant la Formule 1, comme tous les sports, n’est pas réellement une science exacte, et quelques autres imprévus pourraient bien contrecarrer les plans de Williams et apporter son lot de surprises pour la saison à venir.

Axel B.





Manor et la F1 : une histoire devenue impossible

11 02 2015

Manor/Marussia réussira-t-elle à participer à la saison 2015 de Formule 1 ? Perdue au beau milieu d’un imbroglio politico-économique, l’équipe ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Avec pragmatisme, essayons de peser le pour et le contre d’un tel engagement pour la saison à venir.

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Si Manor, en tant qu’équipe, est bel est bien inscrite sur la liste des engagés pour la saison 2015 de Formule 1, personne ne peut encore garantir qu’elle participera bien au championnat à venir.

Sa situation semble des plus critiques et surtout des plus complexes. Après une vente aux enchères avortée des ses actifs, l’espoir de voir une dixième équipe participer au championnat est revenu. On avait laissé Marussia (nom du principal investisseur de l’équipe depuis 2012 et qui s’est désormais retiré) sur l’échec d’une tentative de participation au dernier Grand Prix de la saison 2014, là où une autre équipe moribonde, Caterham, avait réussi à se rendre, sans pour autant séduire de nouveaux investisseurs.

Dans l’incapacité de payer son personnel et de garantir sa participation sur le long terme en Formule 1, Marussia, l’investisseur, a donc jeté l’éponge. Mais Manor, l’équipe, a elle décidé que sa fin n’était pas encore actée. Les procédures judiciaires dans le cas d’entreprises en faillites sont d’une rare complexité. Néanmoins, il semblerait cependant qu’un investisseur ait réussi à sauver l’équipe de la déroute en garantissant un sérieux suffisant pour être amené à faire participer l’équipe à une partie, ou à la totalité du championnat 2015, avec, pour débuter, la monoplace de l’an passé.

Le secret qui entoure ses tractations ne permet pas vraiment d’éclairer précisément le champ d’action de l’équipe. Le groupe stratégique de la Formule 1, composé des écuries les plus puissantes financièrement et historiquement parlants (plus Force India qui, cette année, représente la meilleure des « autres »), aurait cependant émis son véto à une telle participation, niant le fait que l’équipe puisse s’engager sur le long terme.

Car en effet, outre le volet social de l’affaire qui permettrait de garantir des centaines d’emplois – dont quelques nouveaux comme l’a annoncé ce mystérieux investisseur – l’aspect sportif reste une des principales préoccupations des instances décisionnaires. Même si Marussia a été la petite écurie du clan des trois de 2010, avec Caterham et HRT, à faire le plus de progrès, elle n’a jamais vraiment réussi à atteindre ses objectifs, qui étaient de se rapprocher le plus possible des chronos de ses plus proches concurrents.

Les deux points magnifiquement obtenus par Jules Bianchi à Monaco l’an passé l’ont surtout été grâce au coup de volant du Niçois et à des circonstances de course favorables. C’était l’exception confirmant la règle : dans les autres courses, la Marussia a toujours accusé plus ou moins cinq dixièmes de seconde de retard sur sa plus proche concurrente, et encore, ce dans des circonstances favorables et en prenant les temps du Français, seule véritable référence crédible.

Que ferait donc Manor en 2015 avec une monoplace dépassée d’un an qui était déjà la traîne en 2014 ? Certes, cela pourrait donner du temps pour qu’elle se refasse une santé financière afin de produire, comme ses investisseurs l’ont annoncé, une nouvelle monoplace millésimée 2015. Mais dans le système actuel de la Formule 1, quel que soit l’avis que l’on puisse porter à son propos, accepter que l’équipe britannique participe à la saison équivaudrait à l’envoyer à l’abattoir.

Oui, Marussia/Manor est une des équipes les plus sympathiques du plateau. Oui encore, après tout ce qu’elle a enduré en 2014, elle mériterait qu’on lui donne une nouvelle chance. Oui toujours, il faudrait que la Formule 1 accepte de s’humaniser et de compter parmi elle des artisans et des passionnés. Mais dans l’état actuel des choses, dans une Formule 1 qui n’est ni sympathique, ni humaine et qui privilégie l’économie au sport, Manor n’a pas sa place. Même si cela reste dur à avouer.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.





Une cascade de présentations

29 01 2015

Le mois de janvier sonne le réveil de la Formule 1, avec une cascade de présentations des nouvelles monoplaces. Si depuis quelques années, les shows luxueux ont laissé la place à des annonces plus sobres, l’excitation reste la même.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Fini le temps des fastueuses présentations de monoplaces dans des décors de plus en plus grandiloquents ! Le paroxysme atteint au milieu des années 2000 avec les palmes d’or d’originalité décernées à Jordan ou Benetton, entre autres, a laissé place à plus de sobriété de nos jours.

Depuis deux ans, Williams nous fait découvrir son nouveau millésime à travers la couverture d’un prestigieux magazine britannique spécialisé, F1 Racing, accordant donc une exclusivité remarquable à ce dernier et des économies substantielles bienvenues à l’écurie concernée. D’autres ont également fait le choix de la praticité, comme Ferrari par exemple, qui présentera sa nouvelle SF15-T en direct sur internet, comme de coutume désormais pour un certain nombre de ses concurrents.

Quoi de mieux au final que d’utiliser les nouvelles technologies comme support de présentation d’une ingénierie qui se veut à l’avant-garde ? Le logique semble tellement évidente que l’on ne saurait reprocher un certain manque de glamour à ce choix. Toutefois, l’excitation du public et des passionnés demeure la même, à l’idée de découvrir les nouvelles formes et les nouvelles livrées des monoplaces.

En réalité, il s’agit surtout des nouvelles livrées, tant les formes des monoplaces évoluent à vitesse grand V entre le mois de janvier et le mois de mars, date du premier Grand Prix de la saison. Les essais hivernaux révélant leur lot de difficultés, l’adaptabilité des équipes techniques est grande. De là, parfois, la facilité pour certaines écuries de présenter courant janvier une monoplace modèle 2014, mais sous ses nouvelles couleurs, comme l’a fait Force India la semaine dernière dans les nouvelles contrées mexicaines (qui seront d’ailleurs bientôt visitées par la Formule 1). Une rare touche d’exotisme en ce début d’année.

Restera toutefois l’excitation de connaitre la nouvelle allure des Ferrari, hideusement décevantes en 2014, ou encore le choix des nouvelles couleurs de McLaren, influencé par Honda ou un éventuel sponsor-titre. Il se murmure même qu’une révolution colorée pourrait intervenir chez la chancelante Sauber, qui pour éviter de se mettre dans le rouge pourrait choisir le bleu et jaune de son nouveau sponsor brésilien, attiré par la nouvelle recrue, Felipe Nasr.

Ces interrogations, futiles mais néanmoins excitantes, trouveront des réponses dans les jours à venir, avant que la compétition ne reprenne ses droits sur la piste, en direct des antipodes.

Axel B.








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