Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

6 04 2016

Censé améliorer le spectacle, le nouveau système de qualifications mis en place depuis le Grand Prix d’Australie cette année l’a plutôt appauvri. En deux courses, la majorité des acteurs de la discipline est montée au créneau pour réclamer des changements. Les instances dirigeantes resteront-elles sourdes à cet appel ?

 

(c) Licence Creative Commons / Michael Potts

(c) Licence Creative Commons / Michael Potts

La Formule 1 est décidément un sport assez étrange, tant dans son fonctionnement que dans sa gérance. Monarchie sous l’égide de Bernie Ecclestone depuis 30 ans, la discipline a toujours, plus ou moins réussi à séduire un public de passionnés assez large.

Si les périodes de domination d’un seul homme ou d’une seule équipe, logiques et récurrentes, arrivent parfois à lasser le public, les promoteurs de la discipline, avec Ecclestone à leur tête, arrivent toujours à trouver des évolutions techniques ou règlementaires pour relancer le spectacle. On peut se souvenir à ce titre de la réglementation pneumatique modifiée en 2005 après une trop longue période de domination de Michael Schumacher et Ferrari.

Mais parfois, ces évolutions ont du mal à passer et se trouve être totalement inutiles, obsolètes voire idiotes. La dernière en date est bien évidemment le nouveau système à élimination des qualifications.

Ce changement, imposé par le règlement sans l’accord des pilotes et des écuries, a été mis en place dans le but d’améliorer le spectacle et de faire en sorte que l’activité en piste soit constante tout au long de l’heure de la séance.

Mais plutôt que ce résultat, on a constaté lors des deux premiers Grands Prix de l’année, que les pilotes s’efforcent de faire leur meilleur tour en début de chaque session et dans un souci d’économie de pneumatiques, restent ensuite à leur stand, abandonnant ainsi la piste vidée de tous ses acteurs.

Un spectacle désolant, mettant en abîme les limites de gouvernance de la Formule 1 et qui a passablement énervé le GPDA, l’association des pilotes de Grand Prix, qui est montée au créneau pour réclamer une participation de leur part dans les réflexions visant à l’avenir la discipline.

Si le système de qualifications devrait finalement être abandonné, l’intervention du GPDA pourrait cependant être très importante pour l’avenir. Les pilotes réclament, entre autre, d’être consultés sur les prochaines évolutions de la discipline et ont déjà quelques idées intéressantes pour améliorer le spectacle. Finalement, ne sont-ils pas les mieux placé pour avoir leur mot à dire ?

Axel Brémond





Essais hivernaux : Véritables faux indicateurs

2 03 2016

La semaine dernière, la saison 2016 a bel et bien commencé sur le circuit de Barcelone avec les premiers essais hivernaux. Mais quel crédit peut-ont réellement donner aux temps au tour affichés par les équipes et leurs pilotes ?

 

(c) McLaren

(c) McLaren

Alors que la Formule 1 a entamé sa tournée hivernale sur le circuit de Barcelone en Espagne, les observateurs du monde entier ont eu les yeux rivés sur les feuilles de temps afin d’obtenir une première hiérarchie des forces en présence.

Mais bien entendu, comme chaque année, ces journées de tests ne sont que très peu révélatrices des véritables performances des protagonistes qui prendront part au premier Grand Prix de la saison en Australie le 20 mars prochain.

En analysant de plus près les temps au tour réalisés sur ces quatre premières journées, on se rend bien compte que ceux-ci ne révèlent pas grand-chose.

Certes, le meilleur temps de Sebastien Vettel sur sa Ferrari, combiné au troisième chrono de son équipier Kimi Raikkonen, démontrent que la SF16-H est bien née et semble redoutablement rapide. Avec un nombre de tour parcourus plus que correct et l’absence de problème majeur de fiabilité, Ferrari réunit tous les atouts pour réussir sa saison.

Mais bien sûr, les plus de 600 tours bouclés par les deux pilotes Mercedes ont grandement étonné la concurrence et les rouges en particulier. Lewis Hamilton et Nico Rosberg n’ont pas chassé le chronomètre, c’est une évidence au regard de leur temps au tour qui les repoussent hors du Top 5 final. Mais engloutir autant de kilomètres et donc d’expérience avant même le début de la saison a de quoi inquiéter leurs rivaux les plus sûrs. Que va-t-il en être lorsque les flèches d’argent vont enfin se concentrer sur la vitesse pure ?

Au milieu de tout cela, les Force India ont également fait forte impression avec le deuxième temps de Nico Hulkenberg, le cinquième de Pérez et l’étonnante septième place du jeune Celis, qui faisait là ses grands débuts. Mais une fois la saison réellement lancée, même si les monoplaces indiennes feront belle figure, il serait très étonnant de les retrouver à ce niveau de la grille. D’autant plus que des équipes comme Mercedes donc, ou Williams ont largement caché leur jeu. A en croire les deux pilotes de Grove, Valtteri Bottas et Felipe Massa, la FW38 s’est améliorée dans tous les secteurs et a comblé une partie de ses faiblesses de l’an passé. Elle qui pouvait jouer le podium à la régulière en certaines circonstances s’attend donc à viser la victoire cette année.

Plus loin dans la hiérarchie, la nouvelle équipe Haas effectue son apprentissage plutôt rapidement et à mis sur roue une monoplace réactive et rapide, s’inspirant parfaitement bien des meilleures idées de la concurrence. Sauber, avec des moyens limités n’a pas encore mis sur route son nouveau millésime tandis que Red Bull et Toro Rosso sont apparues besogneuses et plutôt fières des progrès accomplis durant l’hiver. Il faudra sûrement se méfier du taureau rouge qui n’a pas encore quitté l’arène !

Plus inquiétant, la situation de Renault qui s’attend à un exercice 2016 difficile pour son retour à la compétition en tant que constructeur. Avec deux pilotes inexpérimentés et une monoplace basée sur la déficiente Lotus de l’an passé, la firme au losange s’attend à passer quelques Grands Prix douloureux.

Et que dire enfin des McLaren, très loin de leur standing, qui ont une nouvelle fois défrayé la chronique plus pour leur pannes et leur réorganisation interne chez Honda que pour leur performance en piste ? Les hommes de Woking restent optimises, à l’image de leurs deux pilotes champion du monde, mais la situation ne semble avoir guère changée. Une seule équipe aura effectué moins de tour que McLaren, il s’agit de Manor, motorisée depuis peu par Mercedes et qui semble, enfin, avoir quelque chose à dire avec l’étonnant Pascal Wehrlein.

Les jours de tests suivants, toujours à Barcelone, nous en apprendront peut être un peu plus sur la hiérarchie qui se dessine pour la saison 2016. Mais le véritable juge de paix sera le premier Grand Prix de l’année, à Melbourne, à la fin du mois.

Axel B.





Renault : Objectif 2017 !

14 02 2016

Avec le rachat de Lotus cette année, Renault pose les bases de son retour en Formule 1 avec la victoire comme objectif inévitable. Inenvisageable en 2016, cette finalité devrait plutôt être atteinte à partir de 2017.

(c) Renault

(c) Renault

En effet, en 2016, Renault ne sera pas vraiment l’équipe voulue à 100% par le constructeur français. Ayant décidé tardivement de faire son retour en rachetant la moribonde équipe Lotus, la marque au losange devient l’héritière des choix formulés par l’ancienne équipe dirigeante et va devoir faire avec certains éléments dont elle se serait bien passée.

N’ayant eu que très peu d’influence sur la conception de la monoplace 2016, Renault a donc décidé de ne pas chambouler l’équipe technique et s’est contentée de restructurer en profondeur, et avec une logique certaine, sa direction. L’arrivée de Frédéric Vasseur à la tête de la gestion sportive est, dans cette optique, un signe fort. L’homme est un habitué de la course automobile, à un poste où, jusqu’à présent, Lotus n’avait placé que des personnalités extérieures au monde de la Formule 1.

L’autre signe fort de la prise de pouvoir générale de Renault consiste en l’éviction de Pastor Maldonado au profit du jeune et prometteur Kevin Magnussen, repêché de chez McLaren. Le Vénézuélien, réputé trop inconstant et ramenant trop de tôle froissée n’était pas à l’image de la volonté du constructeur français de se construire un avenir solide en Formule 1.

L’avenir justement, c’est vers celui-ci qu’est tourné Renault avec comme premier objectif de présenter un plan d’attaque solide et cohérent en 2017, après une année de transition qui lui permettra de prendre ses marques, jauger ses adversaires et faire le point sur ses forces et faiblesses en vues de modifications, majeures ou mineures, lui permettant d’assouvir ses envies de titre.

Tout porte à croire qu’en 2017, Renault apportera de substantielles modifications pour parvenir à ses fins. Les pilotes ne seront pas épargnés eux non plus et Jolyon Palmer et Kevin Magnussen doivent déjà sentir une pression intense sur leurs épaules, d’autant plus que le grand patron de la marque, Carlos Ghosn lui même, n’a pas caché son envie d’attirer dans ses filets un ancien de la maison, le double champion, du monde espagnol, Fernando Alonso.

Axel B.





La F1 en manque d’essais

27 01 2016

Avec la réduction des essais pendant la pause hivernale et durant la saison, la Formule 1 est en manque de repère. Supprimé depuis des années pour motifs économiques, le manque de roulage devient des plus préjudiciable pour tous les acteurs de la discipline qui ont de plus en plus de mal à développer des technologies, souvent très poussées.

(c) V. Guignet/Motorsinside

Actée depuis le début des années 2010, la décision de supprimer les essais privés durant la saison n’a jamais été remise en question. Pire encore, le nombre de jours d’essais prévus durant la pause hivernale est en constante diminution.

Face à une marge de manœuvre de plus en plus ténue, les acteurs de la Formule 1 se débrouillent avec leurs moyens. Certains s’insurgent même de ce sort alors qu’ils étaient auparavant d’accord avec cette mesure de réduction. Ron Dennis, par exemple, serait en droit de se demander où en serait McLaren actuellement, avec une liberté totale de tourner comme bon leur semble sur toutes les pistes du monde, entre deux Grands Prix, pour enfin réussir à faire de son unité de puissance Honda un propulseur compétitif.

L’argument de la compétitivité n’étant pas suffisant, le manufacturier officiel de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, à mis en avant la nécessité de tests pour faire progresser ses gommes d’un point de vue sécuritaire. Pour cela, la FIA a accordé au l’entreprise italienne l’organisation de deux journées d’essais sur le circuit de leur choix, avec trois équipes de pointe utilisant des monoplaces vieilles d’un an afin de n’avoir aucun avantage concret sur la concurrence.

Ces quelques jours de tests, plutôt rares, ont donc permis à Pirelli de développer sa technologie pour le pneu de 2017, dans des conditions de piste humide créé spécialement et artificiellement pour l’occasion par le circuit Paul Ricard, passé maitre dans l’exploitation de sa piste comme un parfait terrain d’essais.

Mais ce manque d’essais privé se traduit également par une attitude conservatrice des équipes qui préfèrent garder d’une année sur l’autre leur duo de pilotes, comme cela est le cas pour les exercices 2015 et 2016. De plus, on constate également que les pilotes les plus expérimentés gardent la côte auprès des écuries de pointe, comme peuvent en témoigner Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Kimi Raikkonen.

Ces grosses écuries rechignent à délaisser l’expérience au profit de la jeunesse, quitte à mettre en danger la carrière de leur jeune poulains prometteurs comme Kevin Magnussen ou Stoffel Vandoorne chez McLaren par exemple.

Le manque d’essais en Formule 1 a donc ses bons et ses mauvais côtés, mais il semblerait que les instances dirigeantes aient déjà choisi leur camp et que la réintroduction de plus de tests durant la saison ne soit qu’une chimère qui en fasse rêver quelques uns.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





GP du Brésil 2010 : Le jour de gloire de Nico Hülkenberg

15 11 2015

Lors de l’édition 2010 du Grand Prix du Brésil, le jeune pilote allemand Nico Hülkenberg a fait éclater son talent à la face du monde en signant un pole position étonnante, au nez et à la barbe des favoris, au volant de sa Williams-Cosworth, pour sa première saison en Formule 1.

(c) Williams

(c) Williams

Fraichement auréolé d’un titre en GP2 Series, Nico Hülkenberg n’aura pas tardé à faire son entrée dans le petit monde de la Formule 1. Couvé par Frank Williams, qui a vu en lui un talent prêt à éclore, le jeune pilote allemand de seulement 23 ans allait courir sa première saison dans la discipline en 2010, au volant d’une mythique Williams propulsée par un non moins mythique moteur Cosworth.

Ses débuts ne sont cependant pas éblouissants, mais Hülkenberg arrive néanmoins à mettre en avant sa belle pointe de vitesse en signant notamment un excellent cinquième temps lors des qualifications du Grand Prix de Malaisie, sur un circuit de moteur et donc, désavantageux avec le vieillissant Cosworth qui équipe sa FW32.

Même s’il tarde à convertir de belles qualifications en points durant les courses, Hulk, comme le surnomme le paddock, réussi tout de même à scorer quelques fois et n’a pas à rougir de la comparaison avec son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello.

Les deux hommes se présentent donc au Grand prix du Brésil, avant dernière manche du championnat 2010, avec des ambitions modestes. Mais déjà, comme c’est souvent le cas sur la ville de Sao Paulo, les conditions météorologiques semblent vouloir jouer un rôle important lors de ce week-end. En effet, la pluie est attendue durant les trois jours du Grand Prix et elle s’intensifie lors du moment crucial des qualifications le samedi.

Jouant avec les nerfs des pilotes, les gouttes d’eau se font d’humeur et d’intensité changeantes. Tant est si bien que, à la fin de la séance, après une heure d’effort, la piste commence à s’assécher. A ce petit jeu, tous les protagonistes savent qu’il faut généralement sortir le plus tard possible pour réaliser le meilleur temps. Mais un championnat se joue à Interlagos et les gros bras se sentent fébriles. Ils ne se méfient pas d’Hülkenberg qui sera le dernier à rentrer en piste ce samedi.

Le jeune allemand réalise ainsi le meilleur temps de la journée, devançant de plus d’une seconde son plus proche rival, son compatriote Sebastian Vettel, qui réussi à accrocher la deuxième place sur la grille au volant de sa Red Bull. Mais avec ce résultat époustouflant, l’Incroyable Hulk signe là un authentique exploit qui permet à Williams de renouer avec la pole position après cinq années de disette.

Le lendemain, la course d’Hülkenberg sera anecdotique. Sur piste sèche sa Williams a du mal à lutter contre ses poursuivants et il devra se contenter d’une modeste huitième place à l’arrivée. Mais lors de ce Grand Prix du Brésil, l’Allemand sera rentré dans les livres d’Histoire de la Formule 1 et gageons qu’il espérera, cette année encore, marquer encore plus la discipline. Ça tombe bien, les Force India sont en forme en cette fin de saison !

Axel B.








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